Noël Mamère, né le à Libourne (Gironde), est un ancien journaliste et homme politique français, partisan d'une écologie politique.
Membre des Verts, puis d'Europe Écologie Les Verts (EELV) jusqu'en 2013, il a été maire de Bègles de 1989 à 2017 et député de 1997 à 2017.
Candidat à l'élection présidentielle française de 2002, il obtient 5,25 % des suffrages, soit le meilleur score réalisé par un candidat des Verts ou d'Europe Écologie Les Verts lors d'un scrutin présidentiel.
Le , il célèbre illégalement, le premier mariage entre personnes de même sexe.
Biographie Jeunesse et études Issu d'une famille catholique de droite originaire de Libourne, ses parents, Roger et Marthe Mamère, sont négociants en chaussures. Il est le frère de Jean Mamère (journaliste sportif de télévision et père de Marie Mamère, journaliste sportive). Il se marie le à Françoise Pichon, maîtresse de conférences à l'université de Paris-Sorbonne. Ils ont un fils, Adrien, avocat au barreau de Paris.
Il décroche son baccalauréat en 1968 au sein du lycée Saint-Joseph de Sarlat-la-Canéda en Périgord.
Il poursuit ses études supérieures par une maîtrise en droit à la faculté de Bordeaux, avant d'intégrer l'Institut d'études politiques de Bordeaux (diplômé de la promotion 1973). et de terminer son cursus universitaire par un doctorat en sciences de l'information et de la communication (1977)..
Écologiste convaincu, il se réclame héritier de la pensée de Jacques EllulFrédéric Rognon, Générations Ellul - 60 héritiers de la pensée de Jacques Ellul, Labor et Fides, mars 2012., qu'il a pour enseignant durant ses études de droit, et de Bernard Charbonneau, avec lequel il accomplit ses premiers pas d'écologiste au début des années 1970, notamment aux « camps du Boucau »Propriété de Bernard Charbonneau au lieu-dit « Le Boucau » sur la commune de Saint-Pé-de-Léren (Pyrénées-Atlantiques)Dans son autobiographie Mes vertes années (Fayard, 2002, ), il écrit ainsi : sorte de séminaires de réflexion organisés par la famille Charbonneau.
De 1974 à 1977, il est assistant à l'Institut universitaire de technologie de journalisme de Bordeaux.
Carrière journalistique Il est journaliste pigiste pour l'ORTF de Bordeaux de 1969 à 1972 et correspondant aquitain du Quotidien de Paris de 1974 à 1975. Il est correspondant de Radio Monte Carlo pour l’Aquitaine, de 1974 à 1977. Sur Antenne 2, de 1977 à 1982 il devient animateur et rédacteur en chef du magazine télévisé C'est la Vie, créé par Louis Beriot, première émission généraliste traitant des questions d'environnement et de défense des consommateurs.
De 1982 jusqu'en 1986, toujours sur Antenne 2, il présente le journal de la mi-journée Antenne 2 Midi, avant d’exercer les mêmes fonctions aux journaux du week-end de la chaîne, pendant un an de 1986 à 1987.
Parallèlement, il présente le Grand Raid Le Cap Terre de Feu, de 1984 à 1985.
Il présente et anime, de 1986 à 1992, l'émission Résistances sur Antenne 2, consacrée à La défense des droits de l’homme dans le monde.
De 1991 à 1992, il co-anime avec Martine Chardon l’émission « Agape », commune au « Jour du Seigneur » et à « Présence protestante », sur .
Il tient entre 2012 et 2015 un blog sur le site Rue89, intitulé Noël toute l'annéeNoël toute l'année, sur blogs.rue89.nouvelobs.com.
Il est l'auteur d'éditoriaux réguliers publiés sur les sites Mediapart et Reporterre.
Il est également coauteur de documentaires. : Juste Planète, 2005, France 5, avec Jean-Michel Vennemani L'Homme qui est mort de chagrin, 2005, France 2, avec Jean-Michel Vennemani L'Affaire Finaly, 2007, Programm 33 et France 3, avec Alain Moreau et David Korn-Brzoza Un Monde sans humains ?, 2012, Arte France, avec Philippe Borrel L'Urgence de ralentir, 2014, Arte France, avec Philippe Borrel Climatosceptiques, la guerre du climat, 2015, France 5, avec Franck Guérin et Laure Noualhat « Un Monde sans travail ? »,avec Philippe Borrel. 2017, France 5 « Exister, c'est résister », avec Pierre Oscar Lévy. 2020, France 3 Nouvelle Aquitaine.
Depuis 2021, il anime un podcast audiovisuel, « l'avis de Mamère », produit par Guillaume Combastet (Wake up), dans lequel il interview des experts, des sociologues, des activistes qui portent un regard critique sur la société.
Entre 1981 et 1982, à l'invitation de Monique Cara et Alain Valentini, producteurs de l'émission « Un temps pour tout » (Antenne 2) et anciens de son équipe de l'émission « C'est la vie » créée par Louis Bériot, il chante Les Enfants de par-là, qu'il a écrite sur une musique de Dominique Galopin.
En 2010, il participe à la mini-série télévisée,Les Vivants et les Morts, de Gérard Mordillat.
À partir de , il contribue au Journal, une émission journalistique diffusée sur Internet quotidiennement à par Le Média, où il anime une interview hebdomadaire de philosophes, experts, militants ou auteurs.. Quelques semaines plus tard, en février, il décide de quitter Le Média évoquant dans la rédaction autour du départ d'Aude Rossigneux et le traitement de la crise syrienne.. Il explique n'avoir subi ..
Parcours politique En juin 1988, il est élu comme suppléant du député socialiste de la de Gironde, Gilbert Mitterrand.
En 1989, il est élu maire de Bègles à la tête d'une liste , contre le sortant communiste soutenu par les instances départementales du Parti socialiste. et réélu jusque-là. Il échoue toutefois à se faire élire député lors d'une législative partielle (causée par la démission de Catherine Lalumière) le dans la de la Gironde. Il échouera dans la même circonscription en sous l'étiquette écologiste.
En 1990, il crée Génération écologie (GE), avec Brice Lalonde, Haroun Tazieff et Jean-Louis Borloo. Deux ans plus tard, il devient vice-président et porte-parole national de Génération écologie. Il quitte le parti dès 1994, à la suite du virage centriste entamé sous l'impulsion de Brice Lalonde, et fonde Convergences écologie solidarité dont il devient le président. Cette même année, il est élu député européen sur la liste de Bernard Tapie, tête de liste , jugeant qu'il faut développer un véritable courant écologiste de gauche.
En 1995, après le retrait de Jacques Delors, il soutient Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle.
thumb|Noël Mamère, quelques minutes avant le vote du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, le 23 avril 2013.
Aux élections législatives de 1997, il est une troisième fois candidat dans la de la Gironde. Au nom de la gauche plurielle, il bénéficie du soutien des instances nationales du Parti socialiste, malgré les réticences des socialistes girondins qui, associés aux communistes, l'ont combattu aux municipales.. Il est élu et siège dans le groupe radical, citoyen et vert (constitué par les députés du PRG, du MDC et des Verts). En 1998, il adhère, avec l'ensemble de son mouvement, au parti écologiste Les Verts. Il est réélu député en 2002 : il siège dès lors parmi les non-inscrits, les Verts n'ayant pas assez d'élus (trois) pour pouvoir former un groupe.
Lors de la primaire présidentielle des Verts de mai et , il arrive en tête du premier tour avec 42,8 % des voix, puis est battu de peu au second tour par Alain Lipietz, qui obtient 50,3 %. Cependant, le , à la suite d'une prise de position controversée sur l'amnistie des nationalistes corses, Alain Lipietz est évincé du poste de candidat lors d'un référendum interne. Noël Mamère, pressenti pour reprendre le titre de candidat annonce alors son refus catégorique : .. Mais après le refus de Dominique Voynet d'être à nouveau candidate, Noël Mamère est désigné pour remplacer Alain Lipietz par le conseil national des Verts, le suivant, par contre 29.. Le , un second référendum interne approuve sa nomination à plus de 80 % des voix.
Après avoir obtenu 5,25 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, à l’occasion de laquelle il se prononce notamment pour la légalisation contrôlée du cannabis, le droit de mourir dans la dignité et le vote à seize ans, il appelle à voter pour Jacques Chirac, afin de barrer la route à Jean-Marie Le Pen au second tour. Il est le premier (et à ce jour le seul) candidat écologiste à avoir dépassé le score de 5 % lors d'un tel scrutin..
En 2003, lors de la première crise des intermittents, il crée à l’Assemblée nationale « le comité de suivi sur la réforme de l’assurance-chômage des intermittents du spectacle » avec Étienne Pinte, deputé UMP de Versailles. Le , ils déposent une proposition de loi définissant un nouveau régime d’assurance-chômage, signée par 469 parlementaires. Elle sera rejetée.
En , avec ses collègues Martine Billard et Yves Cochet, il dépose une demande de commission d’enquête parlementaire sur . Cette demande est examinée par la commission des affaires étrangères qui la rejette sur proposition du rapport du député Roland Blum.
Fin 2005, il renonce à se porter candidat à l'investiture des Verts pour la prochaine élection présidentielle. En , Les Verts valident son investiture pour les élections législatives. Il est réélu député avec 62,82 % des voix le .
Le , Noël Mamère prête serment comme avocat au barreau de Paris. afin d'exercer avec l'avocate Caroline Mécary. Ce cumul de fonctions semble être en contradiction avec ses propres déclarations. Ainsi, réagissant à la situation du député UMP Jean-François Copé, après que celui-ci fut devenu avocat selon la même procédure, il avait déclaré : , prônant .. Interviewé sur la radio RMC le vendredi , il déclare néanmoins : . Il a demandé et obtenu son omission du barreau de Paris en 2011. De 2008 à 2011, Noël Mamère a plaidé quatre affaires, toutes bénévolement, notamment en défense d’Olivier Besancenot contre la société Taser France et de faucheurs volontaires refusant le prélèvement ADN...
En 2008, il est nommé membre de la mission d’information sur la révision des lois bioéthiques présidée par Alain Claeys, rapporteur Jean Leonetti, où il défend la procréation médicalement assistée ouverte aux couples homosexuels ainsi que la gestation pour autrui et le droit à connaître ses origines. Le Président et le rapporteur de la Mission refusent sa demande de débattre du droit à mourir dans la dignité.
En , il est élu par l'Assemblée nationale juge suppléant à la Cour de justice de la Républiqueliste des membres de la Cour de justice, sur Légifrance..
Le , il rapporte et défend en séance la proposition de loi (déposée avec ses collègues Yves Cochet et François de Rugy) sur « le tiers secteur de l’habitat participatif, diversifié et écologique » . Elle est rejetée mais sera reprise quatre ans plus tard dans le cadre de la loi ALUR de la ministre du logement, Cécile Duflot.
De 2012 à 2017, il a été co-président du groupe d'études sur la question du Tibet à l'Assemblée nationale..
Durant la même période, il a présidé le Groupe d'amitié France-Nigeria.
Aux côtés de l’association « Survie », il est très actif dans la recherche de la vérité sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda. À l’Assemblée nationale, il demande une commission d’enquête parlementaire qui lui sera refusée au profit d’une mission d’information présidée par Paul Quiles. Il interpelle le gouvernement à plusieurs reprises. À Bègles, le , il fait ériger à la chapelle de Mussonville une fresque, « Les hommes debout », de l’artiste Bruce Clarke, à la mémoire des victimes du génocide des Tutsis au Rwanda. Il soutient des personnalités luttant pour la démocratie en Afrique, par exemple en en intervenant pour que l'opposant Makaila Nguebla expulsé du Sénégal soit accueilli en France comme réfugié politique..