Le Prix de l'Arc de Triomphe est une course hippique de plat donnée le premier dimanche d'octobre sur l'hippodrome de Longchamp.
Cette course est considérée comme la plus prestigieuse au monde, et est souvent la plus relevée en matière de qualité. Course de Groupe 1 réservée aux chevaux pur-sang anglais de trois ans et plus, mâles entiers (les hongres en sont exclus) et femelles, elle se dispute sur la distance classique des de la grande piste de Longchamp et offre une allocation de .
Historique Dans la première moitié du , les courses françaises étaient réservées aux chevaux nés et élevés en France. L'ouverture intervint en 1863 lorsque la Société d'Encouragement, l'instance d'organisation des courses hippiques, créa le Grand Prix de Paris, une épreuve réservée aux meilleurs internationaux. Trente ans plus tard, une autre épreuve internationale fut créée, le Prix du Conseil Municipal, destinée à voir se confronter les meilleurs chevaux d'âge, quel que soit leur pays d'origine, avec un poids déterminé selon les performances antérieures de chaque compétiteur. En 1920, il fut décidé de créer une course ouverte aux chevaux de toutes origines, de tous âges, mâles et femelles (hongres exclus), mais où le poids serait attribué non plus en fonction des performances, selon la formule handicap, mais selon l'âge et le sexe des participants. Elle fut nommée Prix de l'Arc de Triomphe en l'honneur du monument où eut lieu en 1919 la parade des Alliés célébrant la victoire dans la Première Guerre mondiale.
La première édition du Prix de l'Arc de Triomphe se déroula le dimanche et vit la victoire du français Comrade. En 1923, Parth devient le premier cheval étranger à s'imposer et en 1931 Pearl Cap la première femelle. L'Arc n'eut pas lieu en 1939 et 1940, et se déroula sur l'hippodrome du Tremblay – aujourd'hui disparu – en 1943 et 1944, sur . L'hippodrome de Chantilly accueille la course en 2016 et 2017 en raison des importants travaux de rénovation de Longchamp alors en cours.
L'allocation de l'Arc n'a cessé d'augmenter au fil des années. De en 1920, elle s'élève depuis 2014 à , ce qui en fait la course sur gazon la mieux dotée au monde., grâce au sponsoring. Le sponsor actuel est le Qatar Racing and Equestrian Club (QREC), à la suite d'un accord avec France Galop signé à Doha en 2008, qui couvre les éditions de 2008 à 2022.
Le Prix de l'Arc de Triomphe se déroule au cours d'un week-end où se disputent également six autres courses de groupe 1 (les Prix Marcel Boussac, Jean-Luc Lagardère, de l'Abbaye de Longchamp, du Cadran, de l'Opéra, de la Forêt et de Royallieu), trois de groupe 2 (les Prix Chaudenay, Daniel Wildenstein et Dollar), ainsi que deux groupe 1 réservées aux pur-sang arabes (Arabian Trophy des Juments-Pouliches 4 Ans et l'Arabian World Cup).
Records
Chevaux (2 victoires) : Huit pur-sang ont réalisé un doublé., dont trois juments. Parmi ces chevaux, seul Motrico n'a pas réalisé le doublé deux ans de suite.
Ksar - 1921 et 1922 - Mâle - France Motrico - 1930 et 1932 - Mâle - France Corrida - 1936 et 1937 - Femelle - France Tantième - 1950 et 1951 - Mâle - France Ribot - 1955 et 1956 - Mâle - Italie Alleged - 1977 et 1978 - Mâle - Irlande Trêve - 2013 et 2014 - Femelle - France Enable - 2017 et 2018 - Femelle - Angleterre Chrono : 2'24"46 par Danedream en 2011 (le chrono de 2'23"61 de Found en 2016 n'est pas comptabilisé, car réalisé sur l'hippodrome de Chantilly)
Victoires par pays : France : 67 Royaume-Uni : 19 Irlande : 9 Italie : 7 Allemagne : 2
Jockeys
6 victoires Lanfranco Dettori – Italie : avec Lammtarra (1995), Sakhee (2001), Marienbard (2002), Golden Horn (2015), Enable (2017, 2018) 4 victoires Jacques Doyasbère – France : avec Djebel (1942), Ardan (1944), Tantième (1950, 1951) Freddy Head – France : avec Bon Mot (1966), San San (1972), Ivanjica (1976), Three Troikas (1979) Yves Saint-Martin – France : avec Sassafrás (1970), Allez France (1974), Akiyda (1982), Sagace (1984) Pat Eddery – Irlande : avec Detroit (1980), Rainbow Quest (1985), Dancing Brave (1986), Trempolino (1987) Olivier Peslier – France : avec Helissio (1996), Peintre Célèbre (1997), Sagamix (1998), Solémia (2012) Thierry Jarnet – France : avec Subotica (1992), Carnegie (1994), Trêve (2013, 2014)
Entraîneurs
8 victoires André Fabre – Trempolino (1987), Subotica (1992), Carnegie (1994), Peintre Célèbre (1997), Sagamix (1998), Hurricane Run (2005), Rail Link (2006), Waldgeist (2019)
Propriétaires
7 victoires Khalid Abdullah / Juddmonte Farms – Rainbow Quest (1985), Dancing Brave (1986), Rail Link (2006), Workforce (2010), Enable (2017, 2018), Bluestocking (2024) Étalons
4 victoires
Brûleur – Ksar (1921, 1922), Priori (1925), Samos (1935)
Les éditions récentes
Avant-course L’Arc 2025 s’est cherché un favori tout au long de la saison. Calandagan aurait pu être celui-là, fort de ses probants succès dans le Grand Prix de Saint-Cloud et les King George VI & Queen Elizabeth Stakes. L’incroyable et increvable Rebel's Romance aussi. Mais tous deux sont dépourvus de leurs attributs, et ont relancé l’éternel débat de l’admission des hongres à la plus grande course du monde. Les chevaux de Derbys ne sont pas dans le coup. Le Coolmore Lambourn a brillé au printemps (doublé Derby-Irish Derby), mais s’est éteint l’automne venu, et son compagnon d’écurie Camille Pissarro (Prix du Jockey Club), a mis un terme à sa carrière. Quant au plus haut rating européen, le Godolphin Ombudsman, il ne s’aventure pas au-delà de 2 000 mètres. L’Arc s’est cherché un favori, et semblait en avoir trouvé une à la fin de l’été : l’Anglaise Kalpana, qui certes n’avait pas gagné une seule de ses trois sorties (troisième de la Tattersalls Gold Cup, deuxième des Pretty Polly Stakes et des King Georges), mais dont l’entourage a fait de l’Arc son objectif affiché.
Puis les préparatoires de septembre ont rebattu les cartes. Kalpana a de nouveau été battue, dans les September Stakes. L’Irlandaise Whirl, qui avait sèchement dominé cette dernière dans les Pretty Polly Stakes, a sombré dans le Prix Vermeille. Les deux Wertheimer, Aventure et Sosie, deuxième et quatrième en 2024, ont avancé leur pion : la première a enfin remporté son groupe 1 dans le Vermeille, et s’est installée tout en haut du betting ; l’autre a rassuré dans le Prix Foy après un échec dans les International Stakes consécutifs à un beau printemps (Prix Ganay, Prix d’Ispahan). Mais les grands gagnants des préparatoires sont les Japonais, à commencer par leur meilleur 3 ans, Croix du Nord, auteur de bons débuts européens dans le Prix du Prince d'Orange, suivi par le 4 ans Byzantine Dream, qui n’a certes pas le plus clinquant des palmarès, mais qui s’affirme avec l’âge et a dominé Sosie dans le Foy. Autre Japonais aux dents longues, Alohi Alii s’est fait remarquer à l’été en s’adjugeant le Prix Guillaume d’Ornano. On le dit presque tous les ans, et on le redit encore : les Japonais, cette année, ont les moyens de gagner enfin l’Arc.
Reste un cas particulier, Minnie Hauk. Cette fille de Frankel n’a connu qu’une fois la défaite, le jour de ses débuts à 2 ans. Cette année, elle a remporté les Oaks (devant Whirl), les Irish Oaks et les Yorkshire Oaks – comme une certaine Enable avant elle. Mais les 3 ans de Coolmore, on le sait, atteignent leur pic de forme au printemps. Et le point fort de Minnie Hauk est aussi son point faible : elle n’a jamais connu de combats difficiles. Cela ne l’empêche pas d’être finalement favorite.
D’autres candidatures méritent d’être mentionnées : les 3 ans Gezora (Prix de Diane, deuxième du Vermeille), Cualificar (Prix Niel), Daryz, préservé au printemps, très estimé par Francis-Henri Graffard, et qui a bien lutté avec Croix du Nord dans le Prince d’Orange) et Leffard (décevant dans le Niel après une belle victoire dans le Grand Prix de Paris), la 5 ans Quisisana (difficile à situer mais lauréate du Prix Jean Romanet), ou encore Los Angeles, troisième en 2024, mais qui a réalisé une saison en demi-teinte. L’Arc 2025 est ouvert.
La course
Avant-course
L’Arc 2024 semble promis aux 3 ans, malgré l’absence de celui qui est a priori le meilleur d’entre eux, le Derby-winner City of Troy, son l'entraîneur Aidan O’Brien ayant choisi d’aller défier les Américains dans la Breeders’ Cup Classic. Entre les deux Français Look de Vega et Sosie, ce sera la belle : le premier a brillamment remporté le Prix du Jockey Club quand Sosie, sans doute pas encore mature, terminait bon troisième. Depuis, Sosie a survolé le Grand Prix de Paris, puis tous deux se sont retrouvés dans le Prix Niel, où il n’y a pas eu de match, Sosie l’emportant facilement devant un autre 3 ans au départ de l’Arc, Delius, et un Look de Vega sans doute pas encore au top de sa condition. Cette fois, les deux poulains se retrouveront à armes égales. Toutefois, l’Arc ne se résume pas à un duel, et d’autres 3 ans ont des ambitions : Delius, en progrès, Los Angeles, première chance de Coolmore, troisième du Derby, vainqueur de l’Irish Derby mais récemment battu dans les Irish Champion Stakes, et le Japonais Shin Emperor. Celui-ci, propre frère de Sottsass (lauréat de l’Arc 2020), n’a remporté qu’un groupe 3 au pays, mais il s’est classé troisième du Derby Japonais et vient de laisser une belle impression dans les Irish Champion Stakes, alors méfiance.Chez les chevaux d’âge, la candidature de l’Anglaise Bluestocking retient l’attention : elle vient de remporter le Prix Vermeille devant la 3 ans Aventure, elle aussi de la partie, et a été supplémentée. Fantastic Moon est sans doute le meilleur cheval allemand et reste sur une victoire dans le Grosser Preis von Baden, mais il avait nettement échoué l’an passé. Les Irlandais Al Riffa (deuxième de City of Troy dans les Eclipse Stakes, et vainqueur en août du Grosser Preis von Berlin) et Continuous (cinquième de l’Arc l’an passé) ont également leur mot à dire. Reste le cas de la championne française Mqse de Sévigné, invaincue en quatre courses cette année, dont trois groupe 1, mais qui aborde les 2 400 mètres pour la première fois de sa carrière.Outre City of Troy, on peut regretter l’absence du champion Auguste Rodin, qui privilégie la Japan Cup, de l’excellent 3 ans Economics, qui vient de le devancer dans les Irish Champion Stakes mais se cantonne aux 2 000 mètres, d’un autre 3 ans invaincu quant à lui, Jan Brueghel, qui vient de s’imposer dans le St. Leger, ou encore du phénoménal stayer Kyprios, qui n’a plus rien à prouver sur les longues distances et que l’on aurait aimé voir tenter sa chance sur 2 400 mètres. Sans panache, Aidan O’Brien a préféré lui faire faire une promenade de santé dans le Prix du Cadran, disputé le même jour. Comme chaque année ou presque, le débat sur l’exclusion des hongres de l’Arc a été relancé, mais les mâles privés d’attributs resteront encore privés d’Arc pour quelque temps, et l’on regrettera de ne pas voir à Longchamp Calandagan, excellent dauphin de City of Troy dans les International Stakes, le globe-trotter Rebel’s Romance, Goliath, qui a créé une belle surprise dans les King George en devançant Bluestocking, Rebel’s Romance et autres Auguste Rodin, voire le brave Irésine, bon vainqueur du Prix Foy.
La course
Avant-course