Marie de Guise aussi appelée Marie de Lorraine (anglais: Mary of Guise) née le à Bar-le-Duc et morte le à Édimbourg, est duchesse de Longueville puis reine de 1538 à 1542 et régente d'Écosse. Fille de Claude de Lorraine et d'Antoinette de Bourbon-Vendôme, elle appartient à la branche de Guise de la maison de Lorraine, et est la nièce du duc .

Elle épouse en premières noces le duc de Longueville, puis en 1538 le roi , devenant sa seconde épouse, membre de la dynastie des Stuart. Elle eut notamment pour petit-fils , qui réunit en 1603 les trônes d'Écosse et d'Angleterre sous l'autorité d'un seul monarque. Elle a une fille nommée Marie Stuart, qui se maria avec le roi de France pour unir les deux pays.

Biographie Famille et enfance gauche|vignette|Claude de Lorraine Marie est née à Bar-le-Duc dans le duché de Lorraine le , un peu plus de deux mois après la bataille de Marignan. Fille aînée d'une fratrie de douze enfants du premier duc de Guise Claude de Lorraine et d'Antoinette de Bourbon, elle est la sœur de François de Guise, qui prit la tête des catholiques intransigeants durant les guerres de religion. Si son père, valeureux officier au service des rois de France, fut naturalisé français, il n'en garda pas moins la distinction de prince « issu d'une famille souveraine étrangère » à la cour de France et conserva les honneurs qui allaient de pair avec cette dignité. La famille de Guise, comme la maison de Lorraine tout entière, était alors ouvertement engagée dans la défense de la cause catholique. La mère de la princesse est issue de la maison de Bourbon qui descend du roi . Par elle, Marie est une cousine germaine d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre duc de Vendôme et père du roi . A 5 ans elle est faite marraine de sa sœur cadette Louise. Peu de temps après, elle rejoint sa grand-mère paternelle Philippe de Gueldre au couvent des Clarisses de Pont-à-Mousson. Vers l'âge de 14 ans, son oncle Antoine de Lorraine, duc de Lorraine, et sa tante Renée de Bourbon-Montpensier lui rendent visite. Impressionnés par les qualités et la stature de leur nièce (elle fait près d'1m80 à une époque ou la taille moyenne avoisinait les 1m60 à l'instar de Charles Quint), ils l'éloignèrent du couvent et la préparèrent à la vie à la cour de France. En 1531, Marie fit sa première apparition et ses débuts lors du mariage de François Ier et d'Éléonore de Habsbourg. Elle noue une amitié avec les filles du roi, Madeleine (à qui elle succédera plus tard en tant que reine d'Écosse) et Marguerite de France.

Premier mariage vignette|Armoiries de Marie de Guise durant son premier mariage Marie de Guise fut élevée pendant au château de FrouardMichel Perrin, Les grandes heures de la Lorraine, . et reçut une excellente éducation catholique au couvent des Clarisses de Pont-à-Mousson avant d'épouser le à , au Louvre, , duc de Longueville grand chambellan de France, dont elle eut deux fils, , né le et mort en 1551, et Louis d'Orléans-Longueville, né en 1536 et mort la même année. Le , Louis meurt à Rouen et la laisse veuve et enceinte à l'âge de 20 ans et demi. Pour le reste de sa vie, Marie garde la dernière lettre de son bon mari et ami Louis, qui mentionnait sa maladie et expliquait son absence à Rouen. On peut encore la voir à la Bibliothèque nationale d'Écosse.

Reine d’Écosse

Henri VIII Veuve à du duc de Longueville, Marie était une jeune femme riche et brillante. Au roi qui s'intéressait à elle notamment pour sa très grande taille (environ cinq pieds et onze pouces soit ), elle fit savoir avec ironie « qu'elle n'avait pas le cou assez long », faisant allusion à la décapitation d'Anne Boleyn, précédente épouse du roiOrthense Dufour, Marie Stuart, Édition Durocher, .. C'est l'ambassadeur de France à Londres, Louis de Perreau Sieur de Castillon, qui lui annonça la demande.

Contrat avec Jacques V d'Ecosse vignette| et Marie de Guise, . thumb|Armoiries de Marie de Guise, reine d’Écosse (1560).

L'alliance de et du roi d'Écosse se concrétisa quand celui-ci, d'abord fiancé à Marie de Bourbon-Vendôme mais qu'il n'a pas aimée en se rendant à Lyon auprès de la cour de France pour la voir, cousine de Marie de Guise, il épousa finalement Madeleine de France, âgée de seulement de 16 ans, que François 1er fut réticent au début à marier dans un pays du nord du fait de sa santé fragile ; la jeune fille, de complexion délicate, mourut quelques mois plus tard de la tuberculose. Jacques V entêté à avoir une épouse française renvoya ses ambassadeurs auprès de François Ier qui était pour lui l'exemple du roi chevaleresque, grand, sportif, victorieux etc. Selon un écrivain du siècle, William Drummond de Hawthornden, Jacques V avait remarqué les attraits de Marie lorsqu'il se rendit en France pour rencontrer Madeleine et Marie de Bourbon, et elle était la suivante dans ses affections. Le roi François Ier de France a accepté la proposition de Jacques plutôt que celle d'Henri et a transmis ses vœux au père de Marie. François fit préparer un contrat de mariage qui offrait à Jacques une dot aussi importante que si Marie était née princesse de France, ce qui montre un symbole fort de l'amitié et de la proximité des deux peuples. La mère de Marie trouva le contrat « merveilleusement étrange », car le roi avait inclus l'héritage du fils de Marie François dans la dot. Elle ne souhaitait pas quitter sa famille et son pays, d'autant plus qu'elle venait de perdre son premier mari et son plus jeune fils Louis. Il semblerait que son père ait tenté de retarder les choses. David Beaton (qui fut nommé cardinal en 1538 et deviendra un de ses principaux conseillers une fois Marie devenue reine ainsi que son ami) se rendit en France pour les négociations de mariage. Il écrivit à Jacques V de Lyon le que Marie était « austère (forte), au teint clair et apte à voyager ». Beaton a écrit que le duc de Guise était "merveilleusement désireux de l'expédition et d'une fin précipitée de l'affaire", et avait déjà consulté son frère, le duc de Lorraine, et Marie elle-même, qui était avec sa mère en Champagne attendant la résolution des négociations. Le contrat de mariage fut finalisé en , Jacques V recevant une dot de 150 000 livres. Comme c'était la coutume, si le roi mourait le premier, Marie conserverait toute sa vie ses maisons communes du palais de Falkland, du château de Stirling, du château de Dingwall et du château de Threave, ainsi que les locations des comtés de Fife, Strathearn, Ross et Orkney, et les seigneuries de Galloway, Ardmannoch et des îles. Finalement, Marie accepta l’offre et fit des plans de départ précipité. Le mariage par procuration de Jacques V et de Marie de Guise eut lieu le à la Sainte Chapelle du château de Châteaudun. Quelque 2 000 seigneurs et barons écossais sont venus d'Écosse à bord d'une flotte de navires dirigée par Robert Maxwell pour y assister, Maxwell représentant lors de la cérémonie Jacques V. Marie quitta la France et embarqua au Havre le , laissant derrière elle son fils de trois ans, François, duc de Longueville qui sera élevé par sa grand-mère Antoinette de Bourbon.

L'Ecosse Elle accosta en Écosse 6 jours plus tard à Crail dans le Fife. Elle est venue dans une flotte de trois galères françaises commandées par Jacques de Fountaines, sieur de Mormoulins. Elle fut officiellement reçue par le roi à St Andrews quelques jours plus tard au milieu de spectacles et de pièces de théâtre joués en son honneur. Arrivée en Ecosse, Marie de Guise dit au roi Jacques V qu'on lui avait présenté un pays barbare et hostile mais que ce n'en était pas le cas, de quoi le roi fut charmé. Ils se sont mariés en personne à la cathédrale de St Andrews le . La mère de James, Marguerite Tudor, a écrit à son frère Henri VIII en juillet : « J'espère qu'elle se révélera une princesse sage. J'ai été beaucoup en sa compagnie et elle porte elle-même très honorablement envers moi, avec de très bons divertissements. ». En août, elle visita les Highlands avec Jacques pour un voyage de chasse à Glen Finglas. Sa mère lui envoie des maçons, dont Nicolas Roy, des mineurs et un armurier. Elle avait un peintre français, Pierre Quesnel, pour décorer ses palais. Sa maison comprenait un nain et un bouffon qui étaient tous deux vêtus de vert. Depuis plusieurs règnes, du fait de l'instabilité politique, peu de réalisations avaient été faites, elle fit moderniser ses palais à la mode française. En , la cour se trouvait au palais de Falkland et ses dames d'honneur recevaient des robes de velours violet ou noir, avec des jupes en taffetas blanc, en damassé rouge ou en satin noir. Ses servantes recevaient des robes en tissu noir de Paris et marron français. Le , ils effectuèrent un pèlerinage sur l'île de May dans le Forth. Ils prirent trois navires, le Unicorn (la licorne), le Little Unicorn (la petite licorne) et le Mary Willoughby. On croyait qu'une visite au sanctuaire de saint Adrien pouvait aider une femme à tomber enceinte car Jacques V était pressé d'avoir enfin un héritier au trône. Elle fut couronnée reine à l'Abbaye de Holyrood le . Les préparatifs de son couronnement avaient commencé en lorsque le joaillier John Mosman fabriqua une nouvelle couronne en or et que son sceptre d'argent fut doré. Les paiements effectués pour la cérémonie comprennent l'accrochage des tapisseries ; le transport du mobilier de l'église de la chapelle du palais jusqu'à l'abbaye ; la présence de onze aumôniers ; des planches pour scènes de l'Abbaye et des messagers envoyés pour convoquer les dames du royaume. Une salve de 30 canons a été tirée depuis la tour David dans le château d'Édimbourg, et des feux d'artifice ont été conçus par James et réalisés par ses artilleurs royaux.

Le à Saint-Andrews, elle épousa donc le roi dont elle eut trois enfants, deux fils, Jacques, duc de Rothesay, et Robert, duc d'Albany, tous deux morts au berceau. Jacques V qui était un homme assez volage, devint toutefois un père exemplaire, mais leur décès le fit retomber dans ses anciens démons. Puis vint une fille née le : Marie, future reine d’Écosse. Le roi Jacques V aurait dit que cela avait commencé par une fille et se terminait par une fille en référence à Robert II qui avait fait monter la dynastie Stuart sur le trône parce que David II n'avait pas d'enfant et que sa soeur Marjorie Bruce fut nommée héritière et qu'étant morte, son fils était monté sur le trône. À la mort de son époux en 1542, elle est nommée régente pour le compte de sa fille.

Régente d'Écosse

Arran étant mort le , six jours après la naissance de leur fille, le gouvernement de l'Écosse fut d'abord confié à James Hamilton, 2e comte d'Arran, comme régent. Henri VIII d'Angleterre souhaitait que l'enfant épouse son fils, le prince Edward, futur Édouard VI. Cela a conduit à des conflits internes en Écosse entre ceux qui étaient favorables au mariage et ceux qui préféraient l'alliance avec la France et a conduit à une invasion anglaise, ce qu'on appelle le Rough Wooing. Marie de Guise a déclaré au diplomate anglais Ralph Sadler que le régent Arran était un « homme simple » et qu'elle pouvait facilement découvrir « toute son intention ». En , elle déménagea avec l'enfant au château de Stirling. Lorsque Ralph Sadler lui a de nouveau parlé en août, elle lui a assuré que le mariage anglais aurait lieu lorsque la reine aurait dix ans. Pendant ce temps, Mary était en sécurité à Stirling ; Guise a déclaré qu'elle était heureuse d'être à Stirling et "qu'elle y a beaucoup loué à propos de la maison". Il devint bientôt clair pour Henri VIII que Mary et Edward ne se marieraient pas, malgré les promesses écossaises et le traité de Greenwich, et à la fin de 1543, il lança la guerre désormais appelée la Rough Wooing, dans l'espoir de renverser la situation. En 1544, elle fut le fer de lance d'une tentative infructueuse pour remplacer Arran comme régente.

La régence de Marie