Alain Chamfort, né Alain Le Govic le dans le de Paris, est un auteur-compositeur-interprète français.
Il est remarqué par Claude François, qui lui fait enregistrer ses premiers succès comme Adieu mon bébé chanteur et L'Amour en France, qui lui valent d'être catalogué « chanteur à minettes ». Il quitte cet univers en 1976 en signant chez CBS afin de changer de style et d'avoir une totale liberté artistique.
En 1979, il interprète Manureva, qui reste à ce jour le plus grand succès de sa carrière et s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires.
Biographie La jeunesse
La famille Le Govic habite Clichy dans un petit deux-pièces d'un premier étage sur cour. Pendant l'été 1952, elle déménage à Eaubonne dans le Val-d'Oise. Il y vit dans une résidence tranquille, dans la campagne et les vergers. Dès son plus jeune âge, Alain apprend le piano qui deviendra son instrument de prédilection.. Il prend des cours avec un professeur dans une des arrières salles du casino de la ville d'Enghien. Il passe ensuite plusieurs concours en 1957, 1958 et 1959 et remporte le concours Nérini au cours duquel ses prestations sont enregistrées sur un disque monoface pour offrir à sa famille.
Devenu adolescent, il renonce à entrer au Conservatoire de Paris, alors qu'il s'y était préparé. Dès 11 ans, il crée, assez rapidement, son premier groupe avec un ami, « Les Dreamer's ». Puis, avec un troisième musicien, ils jouent principalement des standards de jazz d'Art Blakey, Jazz Messengers, Erroll Garner, John Coltrane, Art Tatum...
On lui offre ensuite un orgue, un instrument qui le faisait rêver.
Les débuts
Alain Chamfort finit par quitter ce groupe pour se joindre au groupe « Les Shakers » de Houilles avec qui il gagne un concours de meilleur orchestre sur le tremplin du Golf Drouot qui avait lieu tous les vendredis soir. Devenu « Les Murator's », le groupe joue très fidèlement le répertoire des Beatles, des Rolling Stones ou des Yardbirds, avec leur chanteur Richard, tous les dimanches après-midi à Argenteuil, à la « Porte Saint-Germain », dans une salle louée, située au-dessus d'un magasin de meubles, devant tous leurs jeunes fans venant de toute la région, pendant plusieurs années. Ils sont équipés de matériel de professionnels. L'une de leurs fans, la chanteuse Séverine, rejoint le groupe pour chanter Goldfinger et des chansons en vogue de ces années-là. Le groupe finit par se séparer après plusieurs années de succès. Alain rejoint alors les Mods et en devient le leader, et pour la première fois, se met au chant. Les « Mods » signent chez Vogue et enregistrent un 45 tours dont la chanson principale J'veux partir est composée par Alain. Ils sortent ensuite un deuxième 45 tours sans succès. La chance vient aux « Mods » grâce à Jacques Dutronc qui les repère et leur propose de l'accompagner ponctuellement sur sa chanson Et moi, et moi, et moi pour quelques émissions de télévision du moment. Dutronc finit par reprendre ses anciens musiciens, mais propose à Alain de rester avec lui, conquis par ses qualités de claviériste et de présence discrète pour compléter son groupe, ainsi qu'à un autre membre des Mods, Jean-Pierre Alarcen guitariste.
Alain Chamfort enregistre plusieurs titres avec Dutronc, comme On nous cache tout, on nous dit rien, La Fille du Père Noël, Les Play-Boys, J'aime les filles (où Alain joue toutes les introductions au piano), Les Cactus Il participe ainsi au de Dutronc qui est publié en . Alain quitte ensuite Dutronc au bout de deux années, pour enregistrer quelques titres seul en avec Dick Rivers qu'il a rencontré lors des événements de mai 68.
Au retour d'un séjour à Londres, il enregistre un nouveau 45 tours avec Étienne Roda-Gil, le parolier de Julien Clerc à l'époque. De 1968 à 1970, Alain enregistre cinq 45 tours qui ne rencontrent aucun succès. L'un des derniers disques ne sera même pas commercialisé, un autre ne paraîtra qu'en Allemagne.
En 1971, il est choriste dans un groupe lors de l'édition 1971 de l'Eurovision, qu'il remporta pour Monaco, avec la chanteuse Séverine.
Les premiers succès et un difficile changement de cap
Il rencontre Claude François en tant qu'auteur-compositeur, pour lui proposer des chansons, Claude François lui demande alors de travailler avec lui, c'est la période Flèche. Tout d'abord, il est compositeur avec Michel Pelay pour certains artistes et choristes, puis grâce à une proposition de Claude François, pour faire un disque, d'abord une maquette avec Michel Pelay où ils chantent ensemble, puis d'un commun accord, il est décidé qu'Alain Chamfort chantera seul.
Claude François trouve le nom Alain Le Govic trop marqué régionalement (la Bretagne) et cherche un pseudonyme dans le dictionnaire des noms propres. Les deux artistes se mettent d'accord sur « Chamfort ». Après un premier , Dans les ruisseaux, en 1972, il enchaîne les succès commerciaux (Signe de vie, signe d'amour, L'Amour en France, Je pense à elle, elle pense à moi, Adieu mon bébé chanteur) et les tournées, puis devient, malgré lui, un chanteur à minettes.Il sort un premier album qui n'est qu'une compilation des 45 tours déjà sortis.
A cette même période, son premier fan-club voit le jour en Belgique. C'est Raymond Tellier et sa femme Liliane qui ont mis cela en route à Braine-l'Alleud (rue Jules Hans). c'est peut être pour cela qu'il garde toujours un lien particulier avec la Belgique.
Il reprendra en 1975 la chanson de Barry Manilow Could It Be Magic en français (Le Temps qui court) sans grand succès. C'est Donna Summer qui fera décoller cette chanson l'année suivante. C'est l'occasion de la sortie d'une première compilation, un 33 tous intitulé Le disque d'or d'Alain Chamfort.
Ensuite, avec le succès et la jalousie maladive de son patron, les rapports avec Claude François vont se détériorer rapidement (il ne chantait pas des textes en rapport avec ses convictions). Alain quitte le label Flèche et continue sa carrière seul. Il emmène avec lui Gérard Louvin, qui devient, jusqu'en 1982, le gérant de la société de production de Chamfort (ACO Music) et le manager d'Alain Chamfort, et Michel Pelay.
En 1976, il signe chez CBS Disques avec une liberté totale dans le choix artistique. La même année, il se consacre à l'enregistrement de son deuxième album. En 1977, il fait les chœurs pour l'album de Véronique Sanson : Hollywood. À l'automne 1976, l'album Mariage à l'essai sort dans les bacs. Ce disque est un changement radical de style, après les six années passées avec Claude François, mais le succès se fait attendre.
Le renouveau : Gainsbourg, Manureva et les autres En 1977, Alain Chamfort décide avec l'accord de sa maison de disques, d'enregistrer son album suivant (Rock'n rose) dans un studio de Los Angeles, dont les musiciens l'ont fasciné par la qualité de leur jeu, leur perfectionnisme et leur sérieux, lors de l'enregistrement de l'album de Véronique Sanson. Durant l'été 1977, il part avec les compositeurs Michel Pelay et Jean-Noël Chaléat à Los Angeles et choisit des musiciens dont Jeff, Steve et Mike Porcaro, qui formeront plus tard le groupe Toto. Les percussions et cordes ont été d'abord enregistrées à Londres. Pour les textes, il fait appel à Serge Gainsbourg.
Le second album, Rock'n rose sort en septembre et ne connaît qu'un succès moyen malgré les titres Joujou à la casse et Baby Lou enregistré à Londres et collaboré avec son complice Jean-Noël Chaléat pour le maxi single instrumental Araxis Space Ship.
L'été 1978, il publie un 45 tours en , Seul à la fin (dont la face B, Danse, danse comme ça, est un succès).
En 1979 , il repart à Los Angeles pour préparer son troisième album Poses. Il compose la musique avec Jean-Noël Chaléat, les textes sont de nouveau écrits par Serge Gainsbourg, notamment ce qui sera son plus grand tube, Manureva, classé en France durant tout le mois de janvier 1980 Top France - Cliquer sur onglet 1980 et semaines de janvier et en Espagne au cours de l'été de la même année..
Cette chanson demeure à ce jour la plus célèbre de son répertoire. À l'origine, elle doit s'appeler Adieu California mais Chamfort n'est pas convaincu par la première version écrite par Gainsbourg. C'est à l'occasion d'un dîner que ce dernier entend parler du navigateur disparu Alain Colas et de son bateau Manureva. Le sujet lui inspire directement les paroles de la chanson qui, en plus de devenir un considérable succès, s'avère être un morceau de disco mélancolique révélant un travail de production inventif. D'une manière plus générale, la nouvelle orientation musicale d'Alain Chamfort, teintée de « nouveau romantisme », n'est pas sans rappeler les productions anglaises de Duran Duran ou Roxy Music. Gainsbourg n'écrit que quelques textes de l'album (Manureva, Démodé et Bébé Polaroïd). Pour les autres, Alain Chamfort fait appel à Jean-Michel Rivat (Géant, Béguine), Jay Alanski (Palais royal, Toute la ville en parle) et Jane Birkin (Let Me Try Again). Manureva se vend à près d'un million d'exemplaires. et permet à Alain de renouer avec le succès qu'il avait connu au début de la décennie.
En 1981 sort l'album Amour année zéro, enregistré à Los Angeles, qui est une nouvelle collaboration entre Serge Gainsbourg et Alain Chamfort (pour huit des neuf titres de l'album). La chanson Bambou est un succès avec exemplaires vendus en France..
En 1983 il produit le deuxième album de Lio, Amour toujours, pour lequel il compose notamment la chanson La Reine des pommesGilles Verlant, Pierre Mikaïloff, Le Dictionnaire des années 80, Paris, Larousse, 2011, 560 ..
Puis, débute une période durant laquelle la musique d'Alain Chamfort s'inscrit plus nettement dans une mouvance que l'on peut associer à la new wave naissante, tout en conservant le côté « nouveau romantisme » abordé quelques années plus tôt, avec l'utilisation marquée d'instruments électroniques comme les synthétiseurs (en collaboration avec Wally Badarou notamment), qui accompagnent des mélodies pop sucrées et des thèmes à la saveur exotique, évoquant les voyages ou encore l'Orient. Les albums s'enchaînent jusqu'au tout début des années 1990, faisant de Chamfort une figure incontournable de la musique pop française de cette époque-là : Bambou, Chasseur d'ivoire, Paradis, Bons baisers d'ici, Rendez-vous, Traces de toi, La Fièvre dans le sang, Souris puisque c'est grave, sont autant de succès.
Période plus délicate et nouvelle voie vignette|Alain Chamfort à Paris Plage en 2006. Les années 1990 se révèlent finalement plus difficiles pour Alain malgré quelques titres marquants, comme Clara veut la lune ou L'ennemi dans la glace (Victoire de la musique du meilleur vidéo-clip en 1994, réalisé par Jean-Baptiste Mondino9e cérémonie des Victoires de la musique). Avec cette baisse de succès et de vente de disques, son contrat avec Sony n'est pas reconduit : sa période de gloire semble passée. Après avoir publié en 2000 la compilation Ce n'est que moi, il signe chez « Delabel » et sort en 2003 l'album Le Plaisir. Lorsque le Label arrête ses comptes fin décembre, il estime que le disque, sorti en septembre, n'affiche pas des chiffres de vente suffisants. Alain Chamfort est alors contraint de quitter la maison de disques..
Il rebondit dès lors en 2004 avec le clip des Beaux Yeux de Laure, remarqué par les médias et très diffusé : il remporte la Victoire de la musique du meilleur vidéo-clip l'année suivante.
Depuis 2005, il a signé avec un label indépendant, XIII Bis Records, et s'est fait remarquer en donnant un concert surprise au Jardin du Luxembourg. Il donne une série de concerts à l'Alhambra où il reprend ses plus grands succès ainsi que des chansons en duo « virtuel » via une série d'écrans, avec Michel Delpech, Vincent Delerm et Jane Birkin (en 1998, il avait composé Les clés du Paradis pour le premier album non Gainsbourg de cette dernière, À la légère).