thumb|L'ikurriña fut créé en 1894 par Sabino Arana

Le nationalisme basque est une idéologie politique et culturelle qui défend l'unité politique et la défense de l'identité culturelle sur le territoire du Pays basque.

Il existe différentes conceptions nationalistes (autonomistes, fédéralistes et indépendantistes) qui se distinguent par le statut défendu pour le Pays basque. Le nationalisme basque est majoritairement inséré dans les processus électoraux bien qu'il y ait eu de nombreux groupes pratiquant la lutte armée : ETA, Iparretarrak, et Commandos autonomes anticapitalistes ( - CAA).

D'origine catholique, traditionaliste et racialiste, elle s'est sécularisée après la fin de la guerre civile espagnole et de la Seconde Guerre mondiale, abandonnant le concept de race basque au profit de la protection de la langue et de la culture.

Actuellement, les deux grands courants du nationalisme basque sont, d'une part, celui représenté par le Parti nationaliste basque et, d'autre part, la Gauche abertzale, cette dernière étant ouvertement indépendantiste et anticapitaliste et la première pactiste et chrétienne-démocrate. Actuellement, toutes les forces politiques nationalistes basques sont démocrates et se présentent aux élections espagnoles et françaises. Historiquement, une grande partie de la gauche nationaliste a défendu l'usage de la violence, notamment dans la zone d'Euskadi Ta Askatasuna (ETA) mais aussi par les Iparretarrak, les Commandements autonomes anticapitalistes, des groupes de hooligans et autres organisations politiques et syndicales.

Le nationalisme basque est plus largement implanté dans les zones rurales et parmi la population bascophone, mais il bénéficie également du soutien d'autres secteurs sociaux. Son soutien électoral est concentré en Biscaye, Guipúzcoa et la moitié nord de la NavarreResultados electorales del Ministerio del Interior (España)|Ministerio del Interior desde 1978....

Territoires concernés Le Pays basque (Euskal herria en langue basque) est partagé entre l'Espagne et la France. Le Pays basque français (Iparralde signifiant la « partie nord » en langue basque) correspondant aux anciens territoires de Labourd, Soule et la Basse-Navarre. Ces territoires font partie du département des Pyrénées-Atlantiques. 158 communes qui le composent sont maintenant membres de la Communauté d'agglomération du Pays basque. Le Pays basque espagnol (Hegoalde signifiant la « partie sud » en langue basque) correspondant aux communautés autonomes espagnoles du Pays basque et de la Navarre (connue comme la Haute-Navarre), l'enclave du Comté de Treviño (Castille-et-León) et l'enclave de Valle de Villaverde (Cantabrie).

Il faut préciser que le nationalisme basque n'est pas présent de manière homogène sur l'ensemble des territoires mentionnés. Il est majoritairement implanté dans la communauté autonome espagnole du Pays basque. Toutefois, il a existé des organisations nationalistes qui ont également revendiqué d'autres territoires comme La Rioja, la Valle de Mena, ou le Béarn.

Vocabulaire et symboles Aberri Eguna : le dimanche de Pâques, les partis nationalistes basques célèbrent l'Aberri Eguna, ou le jour de la patrie basque. Aberri : Sabino Arana Goiri a utilisé le mot aberri (patrie) pour la première fois afin de synthétiser en langue basque les aspirations de son idéologie. De la même manière, est né le terme Euzkadi, néologisme créé par Arana face au concept de Euskal Herria, utilisé largement jusqu'alors par des partis qu'il considérait « espagnolistes » pour désigner le Pays basque. Abertzale : ce mot vient du mot aberri pour former le mot « patriote ». Ce mot est régulièrement utilisé par les partis nationalistes basques pour se référer à leur communauté. Ikurriña : littéralement « drapeau ». Il a été dessiné par les frères Arana. Il devait être à la base le drapeau de Biscaye mais il a été adopté par la suite comme drapeau officiel de la communauté autonome du Pays basque. Le nationalisme basque l'a aussi adopté comme emblème. Lauburu: étoile solaire d'origine inconnue et très similaire à d'autres symboles très répandus dans d'autres cultures. Littéralement, Lauburu signifie « quatre têtes ». Certains auteurs ont établi des connexions entre cet emblème que l'on retrouve sur les tombes médiévales de la corniche cantabrique et le « Lábaro » de la Cantabrie. Le nationalisme basque l'utilise comme symbole de l'union des quatre territoires basque d'Espagne (Alava, Biscaye, Guipuscoa, et la Navarre), chaque tête du Lauburu correspondrait à un territoire. Cette union est connue sous le terme Laurak Bat signifiant « les quatre en un » et deviendrait par la suite Zazpiak Bat signifiant « les sept en un » en ajoutant les trois territoires de l'autre côté des Pyrénées : Labourd, Soule et la Basse-Navarre en France. Arrano beltza : littéralement « l'aigle noir ». C'était le sceau du roi de Navarre Sanche VII de Navarre, dit le Fort. Il a été utilisé comme premier drapeau du Pays basque.

Études sociologiques Les informations fournies par l'Euskobarómetro, études sociologiques périodiques réalisées par l'Université du Pays basque et dirigées par Francisco José Llera Ramo, professeur de sciences politiques et d'administration, sympathisant reconnu du PSOE, donnent des informations contradictoires : 34 % des personnes interrogées expriment un désir important d'indépendance, 22 % expriment un désir modéré et 32 % expriment aucun désir d'indépendance.

Selon cette même étude, 39 % veulent une autonomie, 30 % l'indépendance, 27 % le fédéralisme et seulement 1 % est favorable à l'État central. 42 % se considèrent nationalistes face à 51 % qui se considèrent non-nationalistes. On note une baisse des positions nationalistes qui se trouvaient juste à un point des non-nationalistes en . 3 % des sondés estimaient que l'Espagne était leur nation, 18 % que l'Espagne était leur pays.

En outre, l'étude montre qu'en 2007, 31 % des sondés se considéraient autant basques qu'espagnols, 33 % uniquement basques, 22 % plus basques d'espagnols, 5 % uniquement espagnols et 4 % plus espagnols que basques.

Par ailleurs, les résultats du sociomètre du Gouvernement basque montrent, avec une méthodologie différente, d'autres résultats. Selon le cabinet de prospection sociologique en , 32 % étaient d'accord avec l'indépendance du Pays basque par rapport à 26 % en . Cette baisse claire s'explique par le fait qu'en , 19 % « étaient d'accord ou pas selon les circonstances » alors que dans l'édition de , le pourcentage s'élevait jusqu'à 35 %. En 2007, 28 % s'opposent à l'indépendance alors qu'ils étaient 35 % l'année précédente. Ceux qui ne se prononcent pas passent alors de 15 % à 11 %.

Toutefois, les deux études ne s'étendent qu'au Pays basque, excluant ainsi à la fois la Navarre et les trois provinces de Iparralde en France.

L'étude présentée par Eusko Ikaskuntza en , « Identité et culture basques au début du », reflète les opinions de toutes les régions du Pays basque. Il s'agit d'une étude ample qui comporte 147 pages. 44 % des sondés assurent se sentir plus basques qu'espagnols ou français, 23 % aussi basques qu'espagnols ou français, 12 % plus espagnols ou français que basques, 7 % plus navarrais que basques, 4 % aussi espagnols que navarrais, 3 % aussi basques que navarrais et 7 % revendiquent une autre identité.

Durant la campagne électorale du Parlement basque en 2012 et au long des débats sur l'indépendance surgis en Catalogne après la manifestation du 11 septembre 2012, le journal Gara publia une enquête sur l'indépendance. 51 % des Basques déclarent alors ne pas être favorables à l'indépendance face à 49 % qui se prononcent pour. La majorité des Basques (56,4 %) n'a pas répondu à la question de savoir si l'indépendance améliorerait ou empirerait les conditions du Pays basque.

Histoire thumb|upright|Sabino Arana GoiriLe nationalisme basque est né à la fin du en réaction à la victoire des libéraux en Espagne qui, par imitation des idées professées par la Révolution française, voulaient construire un État espagnol centralisé.

Le sont abolis les fors du Pays basque. Leur restauration sera l’une des principales revendication du mouvement nationaliste basque qui apparaît à la fin du siècle.

Précurseur L'écrivain romantique Augustin Chaho (1810-1858) est considéré comme le précurseur du nationalisme basque moderne. Journaliste, il fonde et dirige la revue Ariel. Dans Viaje por Navarra durante la insurrección de los vascos, publié en 1836, soit pendant la Première Guerre carliste, il réalise la première formulation explicite du nationalisme basque.

Origines thumb|Affichage du nationalisme basque|upright

Le fondateur du nationalisme basque, Sabino Arana Goiri, mit en place une idéologie nationaliste (« Euzkadi est la patrie des Basques » déclare-t-il) liée à un peuple (« race » dans la phraséologie de l'époque), un hymne, un drapeau, l'Ikurriña (au départ chaque province s'était vue attribuée par Sabino Arana son drapeau propre, mais c'est celui de la Biscaye qui a été adopté par l'ensemble des sept provinces historiques), des devises (« Dieu et l'ancienne loi » ou « Les Basques pour Euzkadi et Euzkadi pour Dieu ») et créa un parti politique pour populariser ses idées : EAJ-PNV. Après avoir souffert des attaques incessantes du côté espagnol et plusieurs séjours en prison, il meurt à l'âge de et laisse le parti aux mains de son frère, Luis Arana Goiri, et de l'industriel, Ramon de la Sota. Sabino Arana a été le premier à envoyer un télégramme de félicitations au président des États-Unis à la suite de la défaite des Espagnols contre les Américains à Cuba en 1898, la colonie espagnole devint de ce fait indépendante. Sabino avait aussi défendu les droits des noirs Hottentots face aux Blancs, Britanniques et Néerlandais durant la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud au début du .

La guerre civile espagnole Après la mort de Sabino Arana, son œuvre est poursuivie par le parti qu'il a fondé, EAJ-PNV. Pendant la Seconde République, EAJ-PNV mobilise le Pays basque sud en faveur d'un statut d'autonomie qui n'est accordé par la République, dans l'urgence créée par le soulèvement franquiste de , qu'à l'automne de cette année-là. Le premier gouvernement d'Euzkadi est présidé par José Antonio Agirre (EAJ-PNV) et compte des ministres nationalistes basques et des partis de gauche qui soutiennent la république espagnole. Après le bombardement de Guernica en et la chute de Bilbao en juin de cette même année, le gouvernement d'Euzkadi prend la route de l'exil, pendant que la répression franquiste s'abat sur les nationalistes basques et la gauche espagnole. C'est clandestinement qu'EAJ-PNV poursuit la lutte de l'intérieur, pendant qu'en exil le gouvernement du lehendakari Agirre tente de mobiliser l'opinion publique internationale en faveur de la cause des BasquesExil et solidarité, la ligue internationale des amis des Basques, Jean-Claude Larronde, 1998.

Les « années rouges »