vignette|Le premier serveur web, actuellement au musée du CERN, étiqueté « », ce qui signifie : « Cette machine est un serveur. NE PAS L'ÉTEINDRE !! »

Lhistoire d'Internet remonte au début des années 1960. L'idée d’un réseau informatique, permettant aux utilisateurs de différents ordinateurs de communiquer, se développa par de nombreuses étapes successives. La somme de tous ces développements conduisit au « réseau des réseaux » ( Ronda Hauben publia en 2004. Disponible ici : .) que nous connaissons aujourd’hui en tant qu'Internet. Il est le fruit à la fois de développements technologiques et du regroupement d’infrastructures réseau existantes et de systèmes de télécommunications.

Deux phases d'accélérations se produisirent : à la fin des années 1960-1970, l'application pratique, par des scientifiques américains, britanniques puis français, des concepts évoqués à la fin des années 1950 et ensuite, dans les années 1990, lorsque la popularisation des fondements de l’Internet moderne passa par l’apparition du .

L'infrastructure d'Internet se répandit autour du monde pour créer le large réseau mondial d'ordinateurs que nous connaissons aujourd'hui. Il se répandit au travers des pays occidentaux puis frappa à la porte des pays en voie de développement, créant ainsi un accès mondial à l'information et aux communications sans précédent ainsi qu'une fracture numérique. Internet contribua à modifier fondamentalement l'économie mondiale, y compris avec les retombées de la bulle Internet.

Chronologie sélective Les principales dates qui ont marqué l'histoire d'Internet sont () :

Année Évènement1940George Stibitz (de Bell) démontre pour la première fois le contrôle à distance d'un calculateur avec le Complex Number Calculator, lorsqu'une série de problèmes mathématiques lui a été transmise par ligne téléphonique, qui a ensuite rapidement renvoyé les résultats par télétype. Les Laboratoires Bell créent le premier modem permettant de transmettre des données binaires sur une simple ligne téléphonique. Début de la recherche par DARPA, une agence du département de la Défense américain, où J.C.R. Licklider défend avec succès ses idées relatives à un réseau global d'ordinateurs. Première conférence sur ARPANET. Création du Network Working Group et connexion des premiers ordinateurs entre quatre universités américaines via l'Interface Message Processor de Leonard Kleinrock. ordinateurs sont reliés sur ARPANET. Envoi du premier courriel par Ray Tomlinson. Naissance de l'International Network Working Group, organisme chargé de la gestion d’Internet. L'Angleterre et la Norvège rejoignent le réseau ARPANET avec chacune un ordinateur. Définition du protocole TCP/IP : TCP (Transmission Control Protocol) et IP (Internet Protocol). Création des NewsGroups (forums de discussion Usenet) par des étudiants américains. Adoption du protocole TCP/IP et du mot « Internet ». Premier serveur de noms de domaine (serveur DNS). ordinateurs connectés. ordinateurs connectés. ordinateurs inter-connectés. Disparition d'ARPANET (démilitarisé). Remplacé par Internet (civil). Annonce publique du World Wide Web (Tim Berners-Lee). ordinateurs connectés. Apparition du Navigateur web NCSA Mosaic. ordinateurs connectés. Explosion de la bulle Internet ( ordinateurs connectés). La barre du milliard de sites Web est franchie. ordinateurs connectés.

Avant Internet L'absence de connexions inter-réseaux Avant la propagation des connexions inter-réseaux qui amena l'Internet actuel, la plupart des réseaux de communication étaient limités à des communications entre les postes d'un même réseau. Quelques réseaux avaient des passerelles ou des ponts les reliant entre eux, mais la plupart du temps ils étaient limités ou conçus pour un usage unique. Une méthode déjà utilisée dans les réseaux de télécommunication reposait sur un ordinateur central raccordé à ses terminaux via de longues lignes.

Trois terminaux et une agence du département de la Défense des États-Unis Un pionnier important dans l'histoire du réseau mondial, J.C.R. Licklider, mit en avant l'idée, dans sa publication de , (« La symbiose homme-ordinateur ») : — J.C.R. Licklider J.C.R. Licklider publia Man-Computer Symbiosis en 1960. Disponible ici :.

En octobre 1962, J.C.R. Licklider fut promu à la tête du bureau de traitement de l'information de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA ou ARPA) sous tutelle du département de la Défense des États-Unis, et forma un groupe informel à l'intérieur de la DARPA afin de développer la recherche informatique. Trois terminaux furent installés sous la tutelle du bureau de traitement de l'information. Un pour à Santa Monica, Californie, un pour Projet Génie à l'université de Californie à Berkeley et un pour le projet Multics à l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT). De par les problèmes rencontrés, les besoins de création d'inter-réseaux de J.C.R. Licklider devinrent alors évidents : Pour chacun de ces trois terminaux, j'avais trois jeux différents de commandes. Si bien que si j'étais en train de parler en direct avec quelqu'un chez SDC et que je voulais discuter de ça avec quelqu'un que je connaissais à Berkeley ou au MIT, il fallait que je me lève de devant le terminal S.D.C., que j'aille m'enregistrer sur l'autre terminal afin d'entrer en contact avec eux. Je me suis dit, hé, mec, ce qu'il me reste à faire est évident : au lieu d'avoir ces trois terminaux, il nous faut un terminal qui va partout où tu veux et où il existe un ordinateur interactif. Cette idée était l'ARPAnet. — Robert Taylor, coauteur avec J.C.R. Licklider de The Computer as a Communications Device, dans un entretien avec le New York Times.

Répartition et commutation de paquets de données Au cœur du problème de connexion inter-réseau résidait la question de connecter plusieurs réseaux physiquement séparés pour ne former qu'un seul réseau logique. Au cours des années 1960, plusieurs groupes ont travaillé sur l'élaboration de la commutation de paquets (packet switching en anglais). Donald Davies (National Physical Laboratory) et Paul Baran (Research and Development RAND Corporation) se sont vu attribuer l'invention simultanément.

En Angleterre, Donald Davies, informaticien au National Physical Laboratory, a présenté son concept de commutation de paquets à la Conférence d'Edimbourg le Luke Collins, « Network pioneer remembered », Engineering & Technology, IET, 6 septembre 2008. Il reçut ensuite des crédits et une petite équipe pour développer un réseau d'ordinateurs à commutation de paquets, NPLNet, expérimenté dès 1970.

La croyance qu'Internet aurait eu comme but de survivre à une attaque nucléaire n'est qu'une « légende urbaine » qu'aucun document officiel n'appuie. Cette légende s'appuie sur les recherches de Paul Baran à la RAND, qui recommandaient la commutation de paquet comme technique de décentralisation. Celle-ci offrait des avantages économiques dans un réseau civil comme le futur Arpanet, et permettait dans un réseau militaire "durci" d'éviter que des dégradations résultant de bombardements ne le mettent hors serviceE. Lazard et P. Mounier-Kuhn, Histoire illustrée de l'Informatique, Paris, EDP Sciences, 2016, ..

Les réseaux qui conduisirent à Internet

Le réseau ARPANET Promu à la tête du bureau de traitement de l'information à l'ARPA, Matt Racoon souhaitait concrétiser les idées de J.C.R. Licklider sur les systèmes de réseaux interconnectés et en créa un avec Lawrence Roberts, du « Lincoln Laboratory » du MIT, qui en 1966 était devenu directeur de programme à l'ARPA, à la tête de l'(IPTO).

Le premier lien ARPANET (ARPA Network) fut établi le entre l'université de Californie à Los Angeles et le Stanford Research Institute.

Dès le , en y ajoutant l'université de l'Utah et l'université de Californie à Santa Barbara, un réseau à 4 nœuds voyait le jour.

À partir de 1972, le réseau (construit sur les idées développées en ALOHAnet) se développa rapidement jusqu'en 1981, date à laquelle le nombre d'hôtes s'élevait à 213 avec un rythme de croissance soutenu atteignant alors un nouvel hôte tous les environ Katie Hafner publia Where Wizards Stay Up Late: The Origins Of The Internet chez Simon & Schuster en 1998.

Ce premier réseau devint le cœur technique du futur Internet, et un outil primaire de développement de cette nouvelle technique. Son développement fut recentré sur les processus RFC, toujours utilisés de nos jours pour proposer et distribuer les protocoles et système Internet. , dénommé « Host Software » (littéralement « logiciel hôte »), fut codé par Steve Crocker de l'université de Californie à Los Angeles, et publié le .

Les collaborations internationales sur le projet ARPANET restèrent rares. Pour diverses raisons politiques, les développeurs européens travaillaient sur le développement du réseau X.25. Avec quelques exceptions telles que : Norwegian Seismic Array (NORSAR) en 1972, suivi en 1973 par la Suède et sa liaison satellite entre Tanum et l'University College de Londres.

Ces premières années ont été mises en scène par Steven King dans son film documentaire de 1972 Computer Networks: The Heralds of Resource Sharing (que l'on peut traduire par « Les Réseaux informatiques : les prémices du partage des ressources »).

Le réseau Cyclades En 1971, Louis Pouzin est chargé de bâtir en France le premier réseau à commutation de paquets reposant entièrement sur le datagramme, innovation essentielle du concept du réseau Internet : le projet Cyclades. Ses travaux ont été largement utilisés par Vinton Cerf pour la mise au point de l'Internet et du protocole TCP/IP. Mais trois ans après son lancement, le projet Cyclades se heurte au monopole des PTT françaises, à ses fournisseurs et à l'État français, qui jugent plus fiable et plus intéressant financièrement la commutation de circuits.

X.25 et accès public

Les réseaux à ordonnance de paquets, qui reposent sur une technologie plus conservatrice de commutation de circuits, ont été développés par l'Union internationale des télécommunications , pour les grands opérateurs de télécoms, alors tous publics en Europe, et en utilisant les formes de réseau X.25. En 1974, ce dernier sert de base au développement du réseau SERCnet, reliant les académiciens anglais à leurs sites de recherche, et qui deviendra par la suite lors de son association avec le Joint Academic NETwork. En , l'Union internationale des télécommunications lance le premier standard en X.25.

En 1978, l'administration postale britannique Western Union International et participèrent à la création de l', le premier réseau international à commutation de paquets. Ce réseau s'étendit depuis l'Europe et les États-Unis pour couvrir, en 1981, le Canada, Hong Kong et l'Australie. Dès les années 1990, il fournissait une infrastructure réseau mondiale.

Contrairement à l'ARPANET, le X.25 était disponible dans le monde de l'entreprise. Il sera utilisé pour les premiers réseaux téléphoniques publics, tels CompuServe et Tymnet. En 1979, CompuServe se présente comme le premier service capable de proposer un courrier électronique ainsi qu'un support technique aux utilisateurs d'ordinateurs personnels. Cette société repoussa une nouvelle fois les barrières des télécommunications en proposant l'année suivante des discussions en temps réel grâce à son , un simulateur radio. Il y eut aussi les réseaux America Online (AOL) et Prodigy ainsi que de nombreux réseaux bulletin board system comme The WELL et FidoNet. Ce dernier était particulièrement populaire dans le milieu des hackers et radioamateurs.

Unix to Unix Copy Protocol