Fernando Arrabal Prononciation en espagnol d'Espagne retranscrite selon la norme API., né le à Melilla (Espagne), est un poète, romancier, essayiste, dramaturge et cinéaste franco-espagnol.
Ce vit en France à partir de 1955. Il a réalisé sept longs-métrages. Il a publié une centaine de pièces de théâtre, quatorze romans, de nombreux livres de poésie, plusieurs essais et sa célèbre Lettre au général Franco du vivant du dictateur. Son théâtre complet est publié en de nombreuses langues (en deux volumes de plus de deux mille pages). Il est cofondateur du mouvement Panique avec Roland Topor, Christian Zeimert et Alejandro Jodorowsky, et Transcendant satrape du Collège de 'Pataphysique depuis 1990. Pour le dramaturge, le Panique est une (Panique, Manifeste pour le troisième millénaire) (thèmes récurrents dans son art.)
Influencé par Lewis Carroll et son monde magique, mais aussi par Kafka, Beckett, Artaud ou encore Alfred Jarry, il a brisé les conventions, notamment au théâtre.
Ami d'Andy Warhol et de Tristan Tzara, il a passé trois années avec le groupe surréaliste d'André Breton. Le critique dramatique l'a considéré comme l'unique survivant des .
Biographie
Dans son enfance, Arrabal a souffert de la mystérieuse disparition de son père, condamné à mort par le régime de Franco, puis évadé en 1941. À cause de ce traumatisme, comme l'a écrit le prix Nobel Vicente Aleixandre,
Enfance (1932-1946)
Fernando Arrabal Terán est le fils du peintre Fernando Arrabal Ruiz et de Carmen Terán González.
Le lors de la tentative de coup d'État militaire à l'origine de la guerre civile espagnole, le père de Fernando Arrabal demeure fidèle à la République, et, en conséquence, est condamné à mort pour rébellion militaire. Par la suite, la peine sera commuée en trente années de prison. Fernando Arrabal senior passe par les prisons de Santi Espiritu à Melilla, Monte Hacho à Ceuta (où il tente de se suicider), Ciudad Rodrigo et Burgos, jusqu'à ce que, le , il soit transféré à l'hôpital de Burgos, étant supposé malade mental. Des recherches postérieures laissent à penser que la maladie était simulée afin d'obtenir un transfert dans un endroit moins surveillé. Le , Fernando Arrabal senior s'évade de l'hôpital en pyjama, alors qu'au-dehors un mètre de neige recouvre les champs. On n'aura plus jamais de nouvelles de lui, malgré des investigations minutieuses réalisées plus tard..
Arrabal écrit :
Pendant ce temps, la mère d'Arrabal, en 1936, était revenue à Ciudad Rodrigo, où elle installe Fernando tandis qu'elle va travailler à Burgos, alors capitale des Nationalistes et résidence du gouvernement du général Franco. En 1937 Fernando entre à l'école des Thérésiennes, jusqu'à ce que, en 1940, une fois terminée la guerre civile, sa mère aille vivre à Madrid, précisément au 17, rue de la Madera. Il apprend à lire et à écrire à Ciudad Rodrigo (dans la province de Salamanque).
En 1941, Fernando Arrabal gagne un concours d'« enfants surdoués ». Il fait ses études au collège des Escolapios de San Antón (école pie fréquentée en leur temps par Victor Hugo et Jacinto Benavente) et plus tard chez les Escolapios de Getafe. À cette époque Arrabal lit beaucoup et mène des expériences, qui, comme il le reconnaît lui-même, lui seront utiles plus tard.
Jeunesse (1946-1956) En 1947, sa mère l'oblige à suivre des cours préparatoires pour entrer à l'Académie générale militaire, mais Arrabal n'y assiste pas, de sorte qu'en 1949 il est envoyé à Tolosa (province de Guipuscoa) où il étudie à l'école théorico-pratique de l'industrie et du commerce du papier. C'est à cette époque, en 1950, qu'il écrit plusieurs pièces de théâtre aujourd'hui inédites.
En 1951 il commence à travailler à la Papelera Española. Il est envoyé à Valence où il passe le baccalauréat, puis à Madrid où il étudie le droit. Pendant ces années il fréquente l'Ateneo de Madrid et les poètes postistes, s'attelle à de nouvelles versions de Pique-nique (alors intitulée Les soldats), et il écrit El triciclo (premier titre : Les Hommes au tricycle).
En 1954, il se rend à Paris en auto-stop pour voir jouer Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht, car le Berliner Ensemble se produit dans la capitale. Plus tard, à Madrid, il fait la connaissance de Luce Moreau qui deviendra sa femme. En 1955 il obtient une bourse de trois mois pour étudier à Paris et pendant ce temps, il vit au collège d'Espagne de la Cité universitaire. Il fait alors une grave rechute de tuberculose, quinze jours après son arrivée en FranceLa règle du jeu et est il est accueilli comme émigré au Sanatorium universitaire Jacques-Arnaud, situé dans la commune de Bouffémont, près de Paris, dans le Val-d'Oise. C'est le lieu où il écrit ses premières pièces. et profité de ses « cures de sommeil » pour continuer à écrire. Un jour viennent à Bouffémont l’un des jurés du prix Jean Mercure et son épouse, et l'une des pièces écrites au sanatorium a obtenu ledit prix, aussi dénommé « L’aide à la première pièce ». Ainsi, il a toujours considéré cette maladie comme une « malheureuse chance » qui lui a permis de s'installer définitivement dans sa véritable patrie, celle de Kundera et de Vivès, d'Ignace de Loyola et de Picasso : l'exil.
Procès et prison
Jugé sous le régime franquiste en 1967 et emprisonné pour son engagement politique à travers son œuvre, et ce malgré le soutien énergique de la plupart des grands écrivains de l'époque, de François Mauriac à Arthur Miller, et une requête auprès du tribunal du célèbre romancier et dramaturge irlandais Samuel Beckett qui déclarera alors :
Années 1970 et l'après-franquisme En 1974, il apparaît dans Italiques pour parler de l'œuvre de Roland ToporItaliques, deuxième chaîne de l'ORTF, 30 août 1974..
Sa Lettre au général Franco, publiée du vivant de son destinataire, soulève beaucoup d'émotions.
À la mort de Franco, il fait partie du groupe des cinq Espagnols (interdits de retour) les plus dangereux, avec Santiago Carrillo, Dolores Ibárruri (la Pasionaria), Enrique Líster et Valentín González (El Campesino).
Plus tard la démocratie en Espagne lui permettra d'atteindre une véritable reconnaissance dans son pays natal avec une centaine de distinctions dont deux prix nationaux de théâtre. Certaines de ses pièces connaîtront de grands succès, comme Lettre d'amour interprétée par au Centro Dramático Nacional..
Prix et reconnaissance thumb|Buste de Fernando Arrabal par Mustafa Arruf. Bien que controversée, son œuvre est reconnue partout dans le monde (grand prix de théâtre de l'Académie française, prix Nabokov du roman, Espasa d'essai, World’ Theater, Pasolini de cinéma, le Mariano de Cavia de journalisme, Alessandro Manzoni de poésie, etc.).
Il a été finaliste du prix Cervantes avec l'appui de Camilo José Cela et José Hierro.
Il s'est vu décerner la Légion d'honneur le et, en 2007, le titre de docteur honoris causa de l'université Aristote (Grèce).
Il a reçu les prix suivants : 1986 : Médaille d'or du mérite des beaux-arts du ministère de la Culture. 1993 : Grand prix du théâtre de l’Académie française 1996 : Médaille d'or du Círculo de Bellas Artes. 2011 : « Grand Rectum » de la Symfolium Université de foulosophieFondée en 2000 par François Gourd. 2015 : Médaille d'honneur de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) 2019 : Gran Cruz de la Orden Civil de Alfoso X el Sabio.
Un buste de lui a été fait par Cyril de La Patellière pendant la représentation même d'une de ses pièces de théâtre à Nice en . Ce buste a fait partie d'une exposition itinérante en Europe sous le titre « ».
En 1994, le sculpteur Mustafa Arruf réalise un buste en bronze que la ville de Melilla consacre à la longue et internationale carrière du dramaturge.
Œuvre
Romans Arrabal a reçu le prix Nadal du roman en 1982 pour La torre herida por el rayo (publié en français aux éditions Grasset, sous le titre La tour prends garde). Il a remporté aussi le prix Nabokov international.
Œuvre poétique Prix Alessandro Manzoni de poésie, Arrabal a écrit : 1963 : La Pierre de la folie (La piedra de la locura) 1965 : Cent sonnets 1985 : Humbles paradis (Mis humildes paraísos) 1993 : Liberté couleur de femme ou Adieu Babylone, poème cinématographique, éd. Rougerie, Mortemart 1997 : Lettres à Julius Baltazar, éd. Rougerie, Mortemart 1997 : Diez poemas pánicos y un cuento, éd. Amphora Nova
Arrabal a publié aussi huit cents livres de bibliophilie illustrés par Salvador Dalí, René Magritte, Roland Topor, Enrico Baj, Antonio Saura, Alekos Fassianos, José San Martin, Jean Miotte, Antonio Seguí, etc. parmi lesquels se détachent : 1975 : L'Odeur de sainteté, avec Antonio Saura, éd. Yves Rivière, Paris 1980 : Cinq sonnets, avec Julius Baltazar, eaux-fortes, éd. André Biren, Paris 1991 : Sous le flux libertin, eaux-fortes, avec Jean Cortot, éd. Robert et Lydie Dutrou, Paris 2004 : Triptyque, avec Catherine Millet et Michel Houellebecq, éd. Menú, Cuenca 2008 : Clitoris, poème avec 56 traductions (dont la version tchèque de Milan Kundera) Réalisation sous la direction d'Ante Glibota d'une œuvre monumentale avec les cinq artistes chinois contemporains les plus connus : Yue Minjun, Wang Guangyi, Zhang Xiaogang, Yang Shaobin et le photographe Wang Quingsong. 2009 : Ma fellatrice idolâtre, poème illustré de neuf dessins licencieux d'Antonio Seguí, Bruxelles, Quadri gallery, 149 ex. numérotésNotice .Ma fellatrice idolâtrée sur e-litterature.net. 2009 : L’Adieu aux dinosaures, dess. Olivier O. Olivier, éd. Au crayon qui tue, Paris 2017 : Ma fellatrice idolâtrée..., avec la présence de Mathilde Reumaux, photographies de Jean-Louis Hess, pour Les Éroticiens, Strasbourg, Ponte Vecchio Éditions 2019 : Sarah et Victor, bois gravés originaux de José San Martin, 40 ex. numérotés, signés de l'auteur et de l'artiste, Au crayon qui tue, Paris
En 2015, certains de ses textes sont adaptés sur des pièces musicales par le groupe canadien Seagoat Bones. L'album porte le nom de PhonèmesVoir sur paniquesrecords.bandcamp.com..
Œuvre dramatique Premier prix international théâtre du millénaire (2010), il a publié une centaine de pièces de théâtre dans le monde entier, dont :
Essais
Fernando Arrabal, trop pris par ses activités littéraires, écrit de moins en moins dans la presse. Il a obtenu le prix Mariano de Cavia (la plus haute distinction pour un journaliste en Espagne) pour ses collaborations dans Generación , L'Express, El Mundo, Exceso, El innombrable, ses articles de fond (opinión) dans El País et ses terceras dans ABC.
Livres sur les échecs Arrabal est un grand amateur du jeu d'échecs : Sur Fischer : Initiation aux échecs, Éditions du Rocher, Monaco, 1972 Chroniques de L'Express. Les Échecs féeriques et libertaires, Éd. du Rocher, 1980. Échecs et mythe, Payot, Paris, 1984.
Correspondance Rendez-vous à Zanzibar, correspondance « en double aveugle » avec Patrice Trigano, Éditions de la Différence, Paris, 2010 Correspondance entre deux Rectums de l'Université de Foulosophie, avec François Yo Gourd, éditions L'Esprit frappeur, Paris, 2022.
Photo-roman • Vive la foulosophie !, avec Pierre Crépô, François Yo Gourd et Denis Rainville, éditions L'Esprit frappeur, Paris, 2022.
Opéras
Apokaliptica, musique de Milo Kelemen L'Opéra de la Bastille, musique de Marcel Landowski Guernica, musique de Ostfiend Busing Picknick im Felde, musique de Constantinos Stylianou
Le : première de son opéra « Faustbal », musique de Leonardo Balada (1933-) et mise en scène des Comediants de Barcelone. Au Teatro Real: Opéra de Madrid. Chœur et Orchestre Titulaire du Teatro Real. Orchestre symphonique de Madrid. Mise en scène : Joan Font. Jesús López Cobos: directeur musical. « Faustbal est la femme qui, au troisième millénaire est la réincarnation du docteur Faustroll d'Alfred Jarry.
Œuvre cinématographique