Lalpaga, ou encore alpaca (Vicugna pacos), est un mammifère domestique de la famille des camélidés., surtout présent en Amérique du Sud, particulièrement au Pérou, et originaire de la Cordillère des Andes. Il est traditionnellement intégré au clade classique des ongulés, puis dans l'ordre récent des cétartiodactyles (nombre pair de doigts), sous-ordre des tylopodes (pieds à coussinets). Il a été importé, depuis ses terres d'origine, dans plusieurs autres régions du monde, notamment en Europe (et en France), où il est élevé pour sa toison, ou comme animal de compagnie.
Il est l'une des quatre espèces de camélidés des Andes, avec ses cousins la vigogne, le lama, et le guanaco. Alors qu'on a longtemps considéré qu'il était très proche du guanaco (Lama guanicoe), , une étude de 2001 a montré qu'il avait un ancêtre commun plus récent avec la vigogne (Vicugna vicugna) qu'avec le guanaco. Il a donc été reclassé depuis le genre Lama vers le genre Vicugna. Malgré quelques croisements possibles (ou hypothétiques dans le passé) entre les quatre espèces, celles-ci sont donc aujourd'hui regroupées deux à deux en deux genres : le lama (Lama glama), animal domestique, descend du guanaco (Lama guanicoe), animal sauvage, alors que l'alpaga, animal domestique, descend de la vigogne, animal sauvage.. D'ailleurs le premier genre, Lama, dans ses deux espèces, est plus grand et plus robuste, alors que le second, Vicugna, est plus gracile.
Comme les autres camélidés, l'alpaga rumine mais n'est pas classé dans la famille des ruminants. Selon le pelage, on distingue deux types (ou sous-espèces) d'alpagas : les alpagas et les alpagas huacayas.
Dans les Andes, l'alpaga est domestiqué depuis au moins ans, puisque l'on rencontre au Pérou des traces et témoignages archéologiques de culture Mochica avec des représentations d'alpaga domestique.
Dénominations, étymologie Le mot français alpaga vient de l'espagnol alpaca lui-même emprunté à l'aymara allpaqa (parfois écrit alpaka). Hypothétiquement, ce terme originel serait dérivé du mot quechua p'aku (qui signifie « blond »), en raison d'une des couleurs fréquentes du pelage de l'animal. D'ailleurs en quechua l'animal est appelé paqu ou paqucha.
En français le terme hispanique alpaca est également directement utilisé tel quelPar exemple, dans un site francophone récent, le titre même de l'article cite les deux dénominations : . De plus, on trouve aujourd'hui des occurrences et citations qui nomment plus volontiers cet animal « alpaca » : voir à l'entrée alpaca du wiktionnaire., quoique moins couramment, mais il correspond mieux à l'appellation autochtone de l'animal.
. Caractéristiques Description physique
Allure : gros mouton au long cou (mais attention : il fait partie des camélidés et non des ovidés). Poids : jusqu’à .. Taille : Mais leur taille dépasse rarement . Dos : plutôt arrondi. Avec son bassin plus incliné, il ne peut pas porter de charges, à la différence de son cousin le lama. Tête : courte. Front : très lainé et pourvu d'une sorte de houppette. Oreilles : courtes et pointues, en « fer de lance », quand celles du lama sont plus longues et en forme de « banane ». Bouche : fourchue et fendue (facilitant la récolte d’herbe). Dents : à croissance continue, elles doivent parfois être limées. Le mâle adulte est muni de dents en crochets, recourbées vers l'arrière, dont la pousse finale intervient vers l'âge de .. Pieds : ils n'ont pas de sabot mais comportent parallèles en appui au sol, chacun pourvu d'un coussinet au contact avec le sol, sur les deux dernières phalanges. Chacun des deux doigts présente un ongle au bout qui se termine en pointe. Les ongles doivent être taillés au moins une ou deux fois par an. C'est cette caractéristique qui classe les alpagas dans un sous-ordre à part, celui des tylopodes (Tylopoda, signifiant « pieds avec coussins » en grec), comme tous les camélidés. L’avantage est que leur piétinement abîme peu les sols, à la différence par exemple des équidés (monodactyles : un seul doigt), ou des bovidés (paridigités : à deux doigts comme les alpagas, mais sans coussinet) : ces deux familles pratiquent pour leur part la locomotion onguligrade, dans laquelle c'est l'ongle, développé en sabot et enveloppant complètement le ou les doigts, qui est exclusivement en contact avec le sol.
Laine Le diamètre de la fibre varie entre . Elle est officiellement classée en naturelles : noir, blanc, gris, marron, brun, brun-roux, beige, blond, doré, avec de nombreuses nuances. Elle peut être teintée (souvent en bleu, rouge ou vert : voir l'image des ponchos sur le marché artisanal d'Otavalo ci-dessous) ; mais la teinture peut modifier légèrement le toucher du produit final, de ce fait les couleurs naturelles sont souvent préférées.
Il existe deux sous-espèces d'alpagas que l'on différencie d'après leur pelage : L'alpaga huacaya a un poil mi-long et frisé / ondulé, d'aspect cotonneux ou pelucheux, qui lui donne une silhouette « toute ronde ». L'alpaga a un poil long et tombant comme des mèches, ou comme de fines dreadlocks.
Durée de vie Sa durée de vie est en moyenne de . .
Cri L'alpaga fait peu de bruit. Ces animaux communiquent entre eux avec des petits ‘hum hum’. Leur cri d'alerte est strident. : l'alpaga meule, un cri proche de celui du lama et du renard.
Comportement Une des caractéristiques de ces camélidés est la délimitation sur leur territoire, pour tout le troupeau, d’un endroit précis dédié uniquement à leurs besoins (fumier). Cela représente un grand avantage du point de vue sanitaire car cela réduit la diffusion des parasites . .
De même, ces petits camélidés sont des animaux très sociables. Ils ne peuvent vivre seuls : un troupeau de trois animaux au minimum est nécessaire à l’accompagnement de l’alpaga, ; et les groupes ne doivent pas être mixtes, car la physiologie de la reproduction rend les saillies répétées très dangereuses pour les femelles . Le mélange mâles castrés/femelles est pour la même raison à proscrire
L'alpaga peut même être qualifié d'animal grégaire tant il a besoin de la compagnie des siens. S'il est élevé isolément, il ne tarde pas à devenir dépressif et à dépérir, ou bien très irritable voire agressif. .
Avec l'homme, hormis s'il y a eu imprégnation du jeune dans sa première année, , souvent attaché à son maître et docile. C'est pourquoi, en plus de sa laine, il est souvent très apprécié comme animal de compagnie, ou comme compagnon de randonnée avec son pied très sûr (mais il n'est pas un animal de bât comme son cousin le lama), tant dans ses hauteurs andines d'origine qu'en Europe où il est importé depuis des décennies. . En Europe il peut protéger les poules des renards. Bien sûr, contre un puma ou un jaguar, ou des loups, l'alpaga ne pourrait pas grand chose...
au sein du troupeau. Les troupeaux sont composés d’un mâle dominant, et de femelles avec leurs petits. Tous les autres mâles constituent un troupeau à part.
Les rapports de force se règlent la plupart du temps par un coup de patte. L'alpaga est un animal qui crache comme le lama, pour signifier son mécontentement. Lorsqu’il s’agit de plusieurs mâles convoitant la même femelle, les rapports entre eux peuvent devenir très brutaux (morsures, coups de tête…). .
Alimentation
Reproduction
Garde contre les renards En Europe, l'alpaga peut être éduqué à protéger efficacement les troupeaux de volailles fermières contre les renards ; mais il est très vulnérable face à des chiens ou des loups.
Répartition
Population d'alpagas au Pérou Le Pérou est le plus grand producteur de camélidés sud-américains. La population d'alpagas est environ de de spécimens et la domestication de ces espèces remonte à plus de . Puno est la région la plus peuplée en alpagas avec approximativement , suivie de Cuzco avec et Arequipa avec une population de plus de . La production d'alpaga au Pérou représente 80 % de la production mondiale.. De ce fait, .
thumb|Autre alpaga bicolore à la pâture, bien pourvu en laine avant la tonte
Population d'alpagas selon le recensement de l'agriculture. :
Classification
Les relations entre les alpagas et les autres camélidés sud-américains ont été longtemps discutées. Aux , lorsque les naturalistes ont attribué à ceux-ci des noms scientifiques, ils pensaient que l'alpaga était un descendant du guanaco (Lama guanicoe). C'est la raison pour laquelle il a été longtemps nommé Lama pacos : on ignorait alors les similitudes entre l'alpaga et la vigogne (Vicugna vicugna) au niveau de la taille, de la laine et de la dentition. Sa classification s'est cependant compliquée quand les chercheurs ont vérifié que les quatre espèces de camélidés d'Amérique du Sud pouvaient se croiser entre elles et donner une progéniture fertile. Ce n'est qu'au qu'ils ont pu finalement démontrer grâce au développement des techniques d'analyse de l'ADN que l'alpaga et la vigogne sont étroitement liés et son nom scientifique est devenu Vicugna pacos. L'analyse génétique a cependant aussi permis de détecter qu'un pourcentage non négligeable du génome mitochondrial de ses populations provient du lama.
En clair, les espèces « lama » (domestique) et « guanaco » (sauvage) appartiennent au genre Lama, l'alpaga (domestique) et la vigogne (sauvage) appartiennent au genre Vicugna. Cité dans .. Les quatre espèces sont inter-reproductibles, par croisement interspécifique, et même par croisement intergénérique : leurs hybrides sont fertiles, ce qui est peu habituel dans le croisement entre genres différents, et indique donc une certaine proximité structurelle de leurs quatre génomes respectifs (voir à ce sujet l'article générique consacré à l'hybridation). Sur le plan évolutif, l'apparentement génétique de l'alpaga à la vigogne ne fait aujourd'hui plus de doute. Mais, du fait des interfécondations possibles entre les quatre espèces, l'analyse génétique des populations actuelles d'alpagas montre notamment une forte introgression génétique du lama (Lama glama) dans leur génome : ces rétrocroisements sont facilités par la proximité, dans le même habitat, de ces deux espèces domestiques.
L'alpaga et l'homme
Production de laine La laine d'alpaga est une fibre très haut de gamme, plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que la laine de mouton. Il reste possible de le tondre tous les ans, mais sa toison peut être gardée deux voire trois ans. Elle est reconnue internationalement comme étant une des fibres les plus fines et luxueuses au monde.
La laine d'alpaga, comme la laine de la vigogne son ancêtre sauvage , permet de tisser une étoffe de très haute qualité, d’un toucher soyeux et d’une douceur sans pareille, procurant une excellente isolation au froid. Le plus souvent ce sont ses couleurs naturelles qui sont utilisées (sauf pour les ponchos en couleurs vives), car la teinture lui enlève une partie de sa douceur naturelle.
Cette laine précieuse et rare (filée, tissée et teinte par les « Vierges du Soleil » ou femmes choisies, les aclla-cuna, au temps des Incas) était souvent l'apanage de la caste dirigeante voire du grand Inca lui-même, comme en témoigne la célèbre tunique en fine laine de vigogne et coton de l'empereur Tupac Yupanqui, le Sapa Inca (voir cette tunique, ou poncho ancien de l'époque incaïque, à la section « Épouses et descendance » de l'article consacré à Tupac Yupanqui).
Traditionnellement, on confectionne en laine d'alpaga : des ponchos des écharpes des gilets des pull-over ou chandails ou vestes intérieures des couvertures et plutôt des dessus-de-lit (étant donné le caractère luxueux du matériau).
Aujourd'hui certains manteaux de type manteau de Loden ou Duffle-coat, et malgré leurs noms, sont en laine d'alpaga plutôt qu'en laine de mouton.