, ou Le Destructeur au Québec, est un film de science-fiction américain réalisé par Marco Brambilla et sorti en 1993.
Il raconte l'histoire du policier John Spartan (Sylvester Stallone), qui a la réputation de provoquer des destructions énormes dans l'exercice de son travail, et du criminel Simon Phoenix (Wesley Snipes), qui sont tous deux condamnés à la cryogénisation en 1996. Phoenix est ensuite réveillé en 2032, à une époque où la société a totalement changé et où le crime semble avoir été éradiqué. Incapables de faire face à un criminel aussi dangereux, les autorités réveillent aussi Spartan pour l'aider à le capturer à nouveau. Le scénario s'inspire de nombreuses œuvres, notamment du roman dystopique Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley et de Quand le dormeur s'éveillera de H. G. Wells.
Synopsis vignette|Sylvester Stallone et le maître d'arts martiaux Toshishiro Obata lors du tournage en 1993. À Los Angeles en 1996, Simon Phoenix est traqué par la police et a transformé la ville en zone de guerre. Ce criminel psychopathe a détourné un bus et s'est emparé d'une trentaine d'otages, avant de se réfugier dans une planque pleine d'armes et d'explosifs avec ses sbires. Alors que ses supérieurs hésitent quant aux méthodes à employer, le sergent du Los Angeles Police Department John Spartan décide de passer à l'action et parvient à s'introduire dans le repaire de Phoenix. Ce dernier refuse de se rendre et déclenche une formidable explosion durant laquelle les 30 otages trouvent la mort. John Spartan est accusé d'homicide par imprudence et est condamné à une longue peine d'hibernation et de rééducation au cryo-pénitencier de Californie : il y est cryogénisé par William Smithers. Pendant 70 ans, il subira une sorte de lavage de cerveau, au terme duquel il devrait être un citoyen qui ne représente plus aucun danger pour les autres, avant d'être sorti de son état d'hibernation. Phoenix est également condamné à une peine de détention à vie au cryo-pénitencier.
, à San Angeles, une mégalopole née de la fusion de Los Angeles, San Diego et Santa Barbara, après un séisme dévastateur près de la faille de San Andreas. La société est désormais devenue pacifique et non violente : le dernier meurtre remonte au . La zone est dirigée par le Raymond Cocteau. Ce dernier a créé une utopie paisible, en tout cas en apparence. Raymond Cocteau déplore notamment les agissements souterrains d'un certain Edgar Friendly, qui vandalise régulièrement les bâtiments publics.
Simon Phoenix est décongelé plus tôt que prévu et, ne s'avérant nullement guéri de ses pulsions agressives, parvient à s'échapper de la cryo-prison, après avoir tué plusieurs personnes dont William Smithers, désormais directeur des lieux. Il commet de nombreux crimes sur son chemin. La police, le San Angeles Police Department, ne sait cependant plus comment lutter contre de tels criminels. Zachary Lamb, qui avait côtoyé Spartan dans les années 1990, parle alors de ses méthodes à ses collègues. Le lieutenant Lenina Huxley, fanatique du et auteure d'une thèse sur Spartan, suggère donc de faire appel à lui. Il est donc sorti de son hibernation, trente-quatre ans plus tôt que prévu. En échange de sa libération définitive, il est chargé d'arrêter son ennemi juré, Simon Phoenix.
À son réveil, John Spartan est totalement déboussolé. Lenina lui apprend que cela fait 36 ans qu'il a été congelé, que sa femme est morte lors du « grand chaos », l'important tremblement de terre de 2010. Il demande alors des nouvelles de sa fille, Kate, mais le chef de la police, George Earle, interrompt la conversation. Spartan découvre cette société futuriste faite de nombreux interdits, dont la cigarette, les contacts physiques, l'alcool, le langage grossier L'ancien policier apprend également que Phoenix s'est évadé. Il retrouve cependant son ancien collègue, Zachary Lamb. Temporairement réintégré aux forces de police, Spartan va être épaulé par Lenina, ainsi que par son collègue, Alfredo Garcia, qui est moins attiré par ses méthodes anciennes et peu orthodoxes.
Le trio parvient à localiser Simon Phoenix, dans un musée retraçant l'histoire de l'Humanité. Sur place, Spartan surprend Phoenix en train de piller une exposition d'armes. Phoenix s'échappe après une fusillade. Dans sa fuite, il tombe nez à nez avec le Cocteau et son assistant, Bob. Alors qu'il le met en joue, l'impitoyable criminel ne parvient cependant pas à le tuer, car Cocteau a modifié son programme de réhabilitation pour l'en empêcher. Raymond Cocteau révèle alors à Phoenix sa véritable mission : tuer Edgar Friendly, le chef des Scraps, une bande de renégats vivant en marge de la société. John Spartan arrive à son tour, surpris de découvrir Cocteau sain et sauf. Il se demande pourquoi Phoenix s'est arrêté pour parler si longtemps à cet homme. Voulant récompenser Spartan, le Cocteau l'invite à un diner-gala dans un Taco Bell (Pizza Hut dans certaines versions), seule chaine de restauration encore existante en 2032. La soirée est cependant bouleversée par Edgar Friendly et ses hommes. Spartan se rend cependant compte que ces personnes cherchent seulement à se nourrir.
En enquêtant sur les nouvelles compétences acquises par Phoenix durant sa congélation, John Spartan et Lenina Huxley découvrent que son programme de réhabilitation a été personnellement conçu par Cocteau. Phoenix est ainsi encore plus dangereux et opérationnel qu'en 1996. Mécontent de l'avancée de Phoenix, Cocteau menace de le renvoyer en cryostase s'il ne s'occupe pas de Friendly et Spartan. Le criminel persuade alors le Cocteau de libérer d'autres prisonniers cryogénisés, pour l'aider à contrer John Spartan. Il mène ensuite son nouveau gang dans les sous-sols de San Angeles, pour assassiner Edgar Friendly. Dans les bas-fonds, ils y localisent Friendly, ainsi que Spartan et Huxley. Ils déjouent la tentative d'assassinat. Phoenix provoque ensuite Spartan en lui révélant qu'il l'a piégé pour la mort des otages en 1996 : ces derniers étaient déjà morts bien avant l'explosion du bâtiment. Phoenix s'échappe ensuite pour rejoindre Cocteau. Spartan emprunte des armes aux rebelles et se lance à sa poursuite, à bord d'une Oldsmobile 442 trouvée dans les souterrains. thumb|right|Oldsmobile 442 de 1970 utilisée pour le film. Satisfait de la campagne de terreur orchestrée par Simon Phoenix, le Cocteau se vante avec jubilation de vouloir profiter du chaos provoqué pour rendre San Angeles encore plus autoritaire. Incapable de blesser Cocteau, Phoenix le fait assassiner par l'un de ses hommes de main. Il se rend ensuite dans la cryo-prison et y lance le processus de décongélation des détenus les plus dangereux. Après avoir endormi Lenina Huxley, pour sa propre sécurité, Spartan élimine le gang de cryo-détenus. Le policier affronte ensuite Phoenix à mains nues, dans la prison cryogénique. Il parvient à le congeler instantanément avec du produit cryogénique. La congélation fulgurante et incontrôlée provoque alors une explosion qui détruit toute la prison.
Dehors, le chef de la police craint que la disparition du Cocteau, de ses valeurs et de sa prison cryogénique ne sonne le glas de la société actuelle. Spartan les exhorte, ainsi que les rebelles, à collaborer, en alliant les meilleurs aspects de l'ordre et les libertés individuelles. Huxley et Spartan s'embrassent, puis partent ensemble.
Fiche technique
Titre original et français : Demolition Man Titre québécois : Le Destructeur Réalisation : Marco Brambilla Scénario : Peter M. Lenkov, Robert Reneau et Daniel Waters, avec la participation non créditée de Fred Dekker et Jonathan Lemkin Musique : Elliot Goldenthal Décors : C. J. Strawn Costumes : Sara Markowitz Photographie : Alex Thomson et Matthew F. Leonetti (prises de vues additionnelles) Montage : Stuart Baird Production : Joel Silver et Howard Kazanjian Producteurs délégués : Steven Bratter, Pete Catalano, Aaron Schwab, Faye Schwab et Craig Sheffer Coproducteurs : Steven Fazekas, Jacqueline George et James Herbert Sociétés de production : Silver Pictures Société de distribution : Warner Bros. Format : couleurs - 2,35:1 - Dolby - Genre : science-fiction, comédie policière, action, dystopie Durée : 115 minutes Budget : 45 millions de dollars Pays de production : Langue originale : anglais Dates de sortie. : États-Unis : France : Classification : États-Unis : R France : tous publics avec avertissement
Distribution Sylvester Stallone : le sergent John Spartan, alias Demolition Man Wesley Snipes : Simon Phoenix Sandra Bullock : le lieutenant Lenina Huxley Nigel Hawthorne : Benjamin Bratt : l'officier Alfredo Garcia Bob Gunton : le chef George Earle Glenn Shadix : Bob l'assistant (Associate Bob en ) Denis Leary : Edgar Friendly Grand L. Bush : Zachary Lamb, jeune Pat Skipper : le pilote de l'hélicoptère Steve Kahan : le capitaine Healy Mark Colson : William Smithers, jeune : le directeur William Smithers John Enos III : un prisonnier Troy Evans : un policier du SAPD Bill Cobbs : Zachary Lamb, âgé Kristopher Logan : l'homme troublé Brandy Ledford : la fille de Fiber Op Jack Black : un rebelle Jesse Ventura : Adam, un cryo-détenu Toshishiro Obata : un cryo-détenu Adrienne Barbeau : l'ordinateur L7 (voix, non créditée) Vanna Bonta et Jennifer Darling : des ordinateurs (voix, non créditées) Rob Schneider : Erwin (non crédité) Craig Sheffer : un officier du SAPD (caméo)
Production Genèse et développement
La première version du script est vendue en 1988. Le ton est alors bien plus sombre que le film sorti en salles. Peter M. Lenkov avait écrit la première version alors qu'il était assistant de production. L'idée de départ est venue alors qu'il conduisait sa voiture avec une boom box cassée sur la banquette arrière qui jouait de manière répétitive la chanson Demolition Man écrite par Sting. Les paroles (« Ne plaisante pas avec le Demolition Man ») le marquent. Il s'inspire par ailleurs des émissions télévisées policières comme COPS.
Le processus d'écriture du film a été assez complexe. Plusieurs scénaristes ont été impliqués pour écrire plusieurs ébauches d'après des demandes parfois extrêmement divergentes des différents producteurs. Peter M. Lenkov, Jonathan Lemkin et Craig Sheffer voulaient tous participer et travaillaient parfois en même temps sur des versions différentes. Le producteur Joel Silver a ensuite pris les choses en main. Il a donné à tous ces scénaristes une somme importante pour qu'ils quittent le projet. Il se base alors principalement sur la version de Jonathan Lemkin qui sera retravaillée par Daniel Waters avec lequel il avait collaboré sur Les Aventures de Ford Fairlane (1990). Fred Dekker a également participé au script. C'est notamment lui qui suggère le prologue du film se déroulant en 1996. Jonathan Lemkin et Fred Dekker ne seront pas crédités au générique en raison des règles de la Writers Guild of America.
Attribution des rôles Les premiers choix pour incarner John Spartan et Simon Phoenix étaient Steven Seagal pour Spartan et Jean-Claude Van Damme pour Phoenix, mais les deux comédiens ont refusé. Après avoir obtenu le rôle principal, Sylvester Stallone a proposé celui de Simon Phoenix à Jackie Chan, mais ce dernier ne voulait pas jouer le rôle d'un méchant. Wesley Snipes endosse donc le rôle de l'antagoniste.
À l'origine, Lenina Huxley était interprétée par Lori Petty, mais elle est remplacée par Sandra Bullock après quelques jours de tournage.
Dans les figurants, on retrouve Jack Black, crédité dans le générique de fin mais inconnu à l'époque. On notera aussi la présence du catcheur Jesse Ventura dans les hommes de Simon Phœnix .
Wesley Snipes a tellement détesté se teindre en blond qu'il a décidé de se faire la boule à zéro, à la fin du tournage du film.
Tournage