L’histoire de l'Uruguay comprend différentes périodes : l'époque précolombienne ou l'histoire ancienne (jusqu'au ), la période coloniale espagnole (1516-1811), la période de construction de la nation (1811-1830) et l'histoire de l'Uruguay en tant que pays indépendant (depuis 1830).

L’Uruguay naît de la sécession de la Cisplatine, province la plus méridionale de l’empire du Brésil, et de l’échec de sa réincorporation aux Provinces-Unies du Río de la Plata : son histoire est donc jusqu'en 1830 une partie de l'histoire de ses deux grands voisins (Brésil, Argentine).

La population du pays en 2024 est estimée à d'habitants (hors diasporas et émigrations), contre 3 en 1975, 2 en 1930, 1 en 1903, en 1840, et seulement , mais ce ne sont pas encore des Uruguayens.

Préhistoire Les premières traces de vie humaine sont repérables par les premières industries lithiques datant du Paléolithique supérieur repérées dans le nord du pays. Les populations étaient alors très nomades à cause des différentes glaciations.

Avant 1500 : peuples indigènes précolombiens Durant le Néolithique, la fin de la dernière glaciation pousse de petits groupes nomades (Charrúas, , Minuanes, , Guenoas, , et Guaranis), à se sédentariser et à délaisser les régions les plus arides et pour peupler les îles fertiles du río Uruguay.

Les hommes auraient alors commencé à tailler efficacement les pierres pour en faire des outils puis vers , à s'organiser en groupes sédentaires d'une vingtaine d'individus fabriquant des tumulus de terre pouvant atteindre de de diamètre et de 2 à de haut. Ces tumulus pouvaient alors servir de sépulture pour les morts (tombeau individuel ou collectif), de zones cultivables ou de tour de guet pour se protéger.

Finalement les peuples charrúas et guaranis se démarquent des autres groupes, et sont les premiers que l'on peut désigner par « peuple », car le nombre d'individus est significatif. On a depuis retrouvé les marques de la culture avancée de ces peuples pêcheurs et agriculteurs avec diverses céramiques. Néanmoins, nous ne connaissons quasiment rien de ces peuples puisqu'ils ne connaissaient pas l'écriture, les seuls éléments archéologiques étant leurs outils et leurs habitats.

Arrivée des Européens, implantation, colonisation (1500c-1810c) Les Charrúas, une petite tribu repoussée par les Guaranis, sont les seuls habitants (connus) de la région à l'arrivée des Européens. Les conquistadores espagnols de Juan Díaz de Solís découvrent cette zone en 1516 : (1515-1516). En 1527, Sébastien Cabot (1477-1557), sous les ordres du royaume d'Espagne, construit un fortin à près de l'actuelle Carmelo (ville), puis un fort à l'embouchure de la rivière San Salvador. Ensuite, le , (1515c-1576) bâtit, à proximité des ruines de ce fort entretemps détruit par les Charrúas, la première ville s'appelant aussi San Salvador.

En 1603, les Espagnols introduisent du bétail en Uruguay pour tenter de développer l'économie locale, mais l'absence d'or et d'argent, combinée à la forte résistance des Charrúas aux intrusions européennes, dissuade les Européens de s'y installer durant les .

En 1624, des missionnaires jésuites fondent une réduction (reducción) sur les bords du Río Negro, presque à la confluence avec le fleuve Uruguay, dénommée Santo Domingo Soriano, à l'emplacement actuel de la ville de Soriano.

Plus tard, les Espagnols augmentent leur présence pour limiter l'expansion des Portugais installés au Brésil parce que, dès 1680, les Portugais violent le traité de Tordesillas en fondant la ville de Colonia del Sacramento juste en face de la ville de Buenos Aires, afin de dominer complètement le Río de la Plata (avant Porto Alegre (1732), Rio Grande (1737) et la (1762) près de Rocha (ville)).

Ainsi, le capitaine espagnol Bruno Mauricio de Zabala (1682-1736) fonde Montevideo le pour placer une armée dans ce poste fortifié, avant de coloniser la Banda oriental, à l'est du fleuve Uruguay.

Le traité de Madrid (1750), qui met fin à la guerre hispano-portugaise de 1735-1737, impose d'établir de nouvelles divisions administratives. Lors des opérations de fixation de la nouvelle frontière, les troupes espagnoles et portugaises se heurtent à la résistance de sept missions jésuites dans la province de la Bande orientale (actuel Uruguay), au cours de ce qu'on appelle la guerre des Guaranis (1754-1756). Ce problème est réglé par le traité de San Ildefonso (1777), qui attribue cette région à l'Espagne. Ces événements sont évoqués dans le film Mission d'Alex Joffé (1986).

En 1777, les Espagnols établissent leur autorité sur la région en la mettant sous contrôle de la vice-royauté du Río de la Plata (à Buenos Aires) (1776-1816), avec certaine latitude des autorités portugaises. Le port naturel de Montevideo finit par concurrencer le commerce de Buenos Aires.

Le début du est marqué par des luttes entre les envahisseurs britanniques, les Portugais et les Espagnols pour la domination de cette zone s'étendant sur le territoire uruguayen, une partie de l'Argentine et une autre du Brésil.

(1810c-1900c) Lutte pour l'indépendance (1810c-1830c) vignette|Les Treinta y Tres Orientales prêtant serment. vignette|Portrait d'Artigas, héros national de l'indépendance uruguayenne. vignette|Juan Antonio Lavalleja.

Alors qu'en 1810, la guerre d'indépendance est commencée en Argentine sous le nom de révolution de Mai (), l'Uruguay ne connaît aucune rébellion. C'est le ()L'Asencio est un cours d'eau. du qui est généralement considéré comme étant le point de départ de la révolution dans le pays. Rapidement, une partie de la population menée par José Gervasio Artigas, héros national de l'Uruguay, participe à ce soulèvement, attaquant directement l'armée espagnole et les royalistes en les battant à la bataille de Las Piedras le de la même année et allant jusqu'à encercler la ville de Montevideo où l'armée espagnole s'était retranchée.

Pour anéantir la rébellion, l'Espagne et le Portugal signent un accord qui permet à un contingent de soldats portugais de venir en aide aux Espagnols. Cette alliance ordonne alors aux révolutionnaires de quitter les abords de Montevideo, toute la Banda oriental et la région Mesopotamia (au nord de l'Argentine), ordre qu'Artigas applique puisqu'il part avec toute la population locale jusqu'à la rivière Ayuí dans le nord du territoire, près de Salto, laissant une région quasiment inhabitée derrière lui. Cet exode montre à quel point le peuple veut son indépendance et qu'il est prêt à tout pour cela.

À partir du , les indépendantistes encerclent de nouveau Montevideo au cours des batailles du Cerrito et du port del Buceo, et prennent la ville le . Pendant cette période, de nombreux affrontements ont lieu entre l'armée d'Artigas le fédéraliste et celle du gouvernement de Buenos Aires. En 1815, Artigas arrive à réunir dans la ville frontière d'Arroyo de la China (aujourd'hui Concepción del Uruguay) l'ébauche d'un congrès de l'indépendance argentine avec les représentants de la Banda oriental, de la province de Córdoba, de Corrientes, de l'Entre Ríos, de MisionesDont la superficie était plus importante que la province argentine actuelle. et de Santa Fe, unis dans la Ligue fédérale (Liga Federal), les autres provinces des territoires de l'ancienne vice-royauté du Río de la Plata sont alors aussi conviées même si elles ne demandent pas le rattachement à cette ligue.

Mais les armées portugaises et espagnoles sont trop expérimentées pour des paysans révolutionnaires et, à la suite des nombreuses défaites que son armée subit, Artigas doit fuir le pays en 1820 et s'exile au Paraguay. Le Portugal annexe en 1821 le territoire de l'actuel Uruguay en l'intégrant dans le Brésil sous le nom de Província Cisplatina.

Des révoltes sont tentées dès 1821 et 1823 mais elles n’ont pas d'effets notables. Les Trente-trois Orientaux (Treinta y Tres Orientales), commandés par Juan Antonio Lavalleja, arrivent sur le territoire uruguayen le , rejoints par beaucoup d'hommes, et forcent l'armée brésilienne à se retirer de la province cisplatine. Dès le , l'Uruguay déclare son indépendance vis-à-vis du Brésil, cet évènement historique est célébré au site de la Piedra Alta, à Florida, où sont alors proclamées les trois Lois de l'Indépendance de l'Uruguay.

Cependant, le tout nouveau pays souhaite rejoindre l'Argentine pour former une fédération régionale, ce que l'Argentine accepte le . Cette décision déclenche une nouvelle guerre entre l'Argentine, alliée à l'Uruguay, contre le Brésil, vaincu au bout de trois ans de guerre.

La Convention préliminaire de paix puis le traité de Montevideo (), approuvé par le Royaume-Uni, officialise la création de la « république orientale de l'Uruguay » en tant que pays indépendant et souverain et trace les frontières du nouvel État. La première constitution du pays est adoptée le .

Indépendance mouvementée (1830-1870) vignette|redresse|Fructuoso Rivera. vignette|redresse|Manuel Oribe. Le premier président de l'Uruguay doit être approuvé par le Brésil, par conséquent, même si Lavalleja est considéré comme étant le héros national de cette nouvelle rébellion, il n'est pas élu à cause du refus du Brésil. Fructuoso Rivera forme donc le premier gouvernement du pays. Puis, le second président, Manuel Oribe, en 1835 crée une commission pour étudier les dépenses faites par le premier gouvernement, ce que Rivera refuse, au fil des différentes tensions comme cette dernière, les partis politiques se créent avec d'un côté, les Colorados du général Rivera et de l'autre les Blancos du Brigadier général Oribe, les deux factions commencent rapidement à se battre et Oribe démissionne et est remplacé par Rivera toujours soutenu par le Brésil.

Lorsque Rivera est élu pour la seconde fois en 1839, la guerre civile éclate entre les conservateurs nommés Blancos (blancs), menés par Manuel Oribe et soutenus par l'Argentine de Juan Manuel de Rosas et les libéraux ou Colorados (rouges), menés dans un premier temps par Fructuoso Rivera et ensuite par Joaquín Suárez. On les a ainsi nommés en raison de la couleur de leurs drapeaux respectifs (blanc pour les premiers et rouge pour les seconds). Le conflit armé se prolonge jusqu'en 1851 sous le nom de Grande Guerre (Guerra Grande) durant laquelle la quasi-totalité du pays est sous le contrôle d'Oribe à l'exception de la ville de Montevideo qui reste fidèle au Parti Colorado. Oribe construit alors une nouvelle capitale collée à Montevideo qu'il nomme Villa Restauración (actuellement le quartier de Villa Unión).

Les puissances européennes, principalement la France et le royaume de Sardaigne, mais aussi l'Angleterre, défendent Montevideo pour protéger leurs ressortissants et pour sauvegarder leurs intérêts économiques. Giuseppe Garibaldi (1807-1882), alors exilé en Amérique du Sud, participe à la défense de Montevideo. Par la suite, les grandes puissances partent, les Colorados demandent le soutien armé du Brésil et des fédéralistes de la province argentine d'Entre Ríos qui est contre le régime de Rosas. En 1851, la guerre se termine par la défaite de l'union Rosas-Oribe, et ces deux hommes doivent quitter la région. À la suite de l'intervention des Européens, beaucoup d'immigrants s'installent en Uruguay, mais le pays est alors ruiné par cette guerre et sa population décimée.

De 1865 à 1870, maintenant alliée à ses deux grands voisins que sont le Brésil et l'Argentine, la nation est partie prenante de la guerre de la Triple-Alliance contre le Paraguay.

Modernisation et militarisme (1870c-1900c) La modernisation du pays commence en 1876, après le chaos politique gouverné par les révolutionnaires et se termine au avec les réformes sociales et économiques de José Batlle y Ordóñez (1856-1929).

vignette|redresse|Lorenzo Latorre