Lontra canadensis, la Loutre du Canada, également connue sous le nom de Loutre d’Amérique du Nord, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés.
Cette loutre (sous-famille des Lutrinae) est une espèce endémique du continent nord-américain, présente dans la majeure partie du Canada, le long des côtes des États-Unis et de ses voies navigables intérieures.
Il ne s’agit pas d’une loutre à proprement dite, mais une espèce du genre Lontra, bien plus grande que la loutre d’Eurasie. Un individu adulte peut atteindre une longueur dépassant les un mètre et peut peser entre . Elle est protégée et isolée par un pelage épais et imperméable.
La loutre du Canada, aux habitudes semi-aquatique, est tout aussi polyvalente dans l'eau que sur terre. Elle vit à proximité du bord de l'eau dans des écosystèmes de rivières, de lacs, de marécages, de rivages côtiers, de estrans ou d'estuaires. En opposition à l’Énhydre marine appelée Loutre de mer, la loutre du Canada est le plus souvent désignée sous le nom de Loutre de rivière.
Son terrier, creusé à proximité de l’eau, possède généralement plusieurs ouvertures, dont l'une permet généralement d'entrer et de sortir du plan d'eau. Les femelles y mettent bas, donnant naissance à des portées de un à six petits.
Les loutres du Canada, chassent les espèces les plus facilement accessibles. Le poisson est leur aliment de prédilection, mais elles consomment également divers amphibiens (tels que des salamandres et des grenouilles), des moules d'eau douce, des escargots d'eau douce, de petites tortues et des écrevisses. Les poissons les plus couramment consommés sont la perche, les meuniers et les poissons-chats. Des rapports occasionnels indiquent également qu’elle mange d'autres petits animaux, tels que des souris, des écureuils, des oiseaux, et même des chiens qu'elle a attaqués et noyés.
L'aire de répartition de la loutre du Canada a été considérablement réduite par la perte d'habitat, commençant avec la Colonisation européenne des Amériques. Dans certaines régions, cependant, leur population est contrôlée pour permettre le piégeage et la récolte des loutres pour leur fourrure. Les loutres du Canada sont très sensibles aux effets de la pollution, ce qui est probablement un facteur du déclin continu de l’espèce. Un certain nombre de projets de réintroduction ont été lancés pour aider à stopper la réduction de leur population globale.
Dénominations Nom scientifique valide : Lontra canadensis (Schreber, 1777) ; Nom normalisé anglais : North American river otter, Northern river otter ; Noms typique en français : Loutre du Canada Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. , 9780444518774. 857 pages Rechercher dans le document numériséMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada ; Noms vulgaires : Loutre d’Amérique du Nord ; Noms vernaculaires : Loutre, Loutre de rivière, Loutre d’Amérique Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française. ;
Taxonomie et évolution vignette|gauche|Illustration d’une Loutre du Canada par Jacques de Sève, apparaissant notamment dans l’Histoire naturelle de Buffon. Dans son histoire naturelle, Buffon ne considérait pas la loutre du Canada comme une espèce distincte de la loutre d'Europe, mais une simple variété. Il attribue sa plus grande taille et la beauté de son poil à l'influence du climat et de la nourriture en Amérique.
Dans la taxonomie moderne, la loutre du Canada a été décrite comme distincte pour la première fois par le naturaliste allemand Johann Christian Daniel von Schreber en 1777, sous le nom de Mustela lutra canadensis reprenant l’illustration de Jacques de Sève.
La loutre du Canada a d'abord été classée dans le genre Lutra, qui était le nom européen ancien (issu du latin), et l'épithète spécifique canadensis signifie « du Canada ».
Dans une nouvelle classification, l'espèce est nommée Lontra canadensis, où le genre Lontra comprend toutes les loutres de rivière du Nouveau Monde.
Des techniques de biologie moléculaire ont été utilisées pour déterminer à quel moment la loutre du Canada et la Loutre géante (Pteronura brasiliensis) d'Amérique du Sud ont divergé. Ces analyses suggèrent une divergence au cours de l'époque du Miocène, il y a 23,03 à 5,33 millions d'années, ce qui est « bien plus tôt » que ce qu'indique le registre fossile. Des fossiles d'une loutre géante datant de 3,5 millions d'années (pendant le Pliocène) ont été découverts dans le Midwest américain ; cependant, les fossiles de la loutre du Canada moderne ne sont apparus en Amérique du Nord qu'il y a environ 1,9 million d'années. Les loutres de rivière du Nouveau Monde descendent de celles de l'Ancien Monde à la suite d'une migration via le pont terrestre de Béring, qui a existé par intermittence entre 1,8 million et 10 000 ans. Les loutres ont migré vers l'Amérique du Nord, puis vers le sud en traversant le pont terrestre panaméen, formé il y a 3 millions d'années. Sous-espèces +Liste des sous-espèces selon : Nom et auteur Répartition Description Synonymes L. c. canadensis(Schreber, 1777)Loutre du Canada Est du Canada, États-Unis et Terre-Neuve. Sous-espèce nominale. Taille moyenne, pelage sombre et dense. Lutra canadensis (Schreber, 1777) L. c. kodiacensis(Goldman, 1935) Île Kodiak et îles adjacentes (Alaska). Adaptée aux milieux insulaires, crâne légèrement plus large que la forme continentale. L. c. lataxina(Cuvier, 1823)Loutre de la Caroline États-Unis (principalement l'Est et le Sud-Est). Pelage souvent plus clair (brunâtre) et taille légèrement plus réduite que la nominale. Lutra lataxina (Cuvier, 1823) L. c. mira(Goldman, 1935) Sud-est de l'Alaska et Colombie-Britannique. Grande taille, souvent rencontrée dans les fjords et les zones côtières. L. c. pacifica(J. A. Allen, 1898)Loutre du Pacifique De l'Alaska au centre de la Californie, Nevada et nord-est de l'Utah. Très large répartition ; forme robuste adaptée aux réseaux hydrographiques de l'Ouest. Lutra pacifica (J. A. Allen, 1898) L. c. periclyzomae(Elliot, 1905)Loutre de la reine Charlotte Îles de la Reine-Charlotte (Colombie-Britannique). Sous-espèce endémique de cet archipel, isolée géographiquement. L. c. sonora(Rhoads, 1898) Sud-ouest des États-Unis et Nord du Mexique. Adaptée aux climats plus arides et aux bassins versants du Sud. Lutra sonora (Rhoads, 1898)
Description vignette|alt=Se référer à la légende|Crâne d'une loutre du Canada. vignette|alt=Une loutre du Canada glissant à la surface de l'eau.|La forme profilée de la loutre du Canada lui permet de glisser dans l'eau.
La loutre du Canada possède des moustaches longues et fines qui lui servent à détecter ses proies dans les eaux sombres. Un mâle adulte pèse en moyenne environ contre une moyenne de pour la femelle. La longueur de son corps varie de . Environ un tiers de la longueur totale de l'animal est constitué d'une longue queue effilée, dont la taille varie entre . Les grands mâles peuvent dépasser un poids de . Elle se distingue de la Loutre d'Eurasie par son cou plus long, sa face plus étroite, l'espace plus réduit entre les oreilles et sa queue plus courte.
Les mâles et les femelles présentent un dimorphisme sexuel, les premiers étant généralement plus imposants.
La loutre du Canada peut vivre de 21 à 25 ans en captivité, et de 8 à 13 ans à l'état sauvage.
Adaptations vignette|alt=Une loutre du Canada allongée sur l'herbe, surveillant attentivement|Ses moustaches sensibles lui permettent de détecter des proies dans les eaux troubles. vignette|La loutre du Canada possède de petites oreilles.
La loutre du Canada a une certaine tendance à approcher à quelques mètres d'un bateau ou d'une personne sur le rivage en raison de sa myopie, conséquence d'une vision adaptée à la vue sous l'eau. Elles possèdent une paupière interne transparente, des membranes nictitantes, pour protéger leurs yeux lorsqu'elles nagent.
Comme la plupart des mustélidés, la loutre possède 36 dents spécialisées, notamment des canines pointues et des carnassières qui infligent des morsures mortelles aux proies. Elle possède également de grandes molaires utilisées pour broyer des objets durs, tels que les coquilles de mollusques. Des prémolaires supplémentaires peuvent être présentes.
Distribution et habitat vignette|L'espèce habite les zones côtières, telles que les marécages.
La loutre du Canada se trouve dans toute l'Amérique du Nord, habitant les voies navigables intérieures et les zones côtières du Canada, du Nord-Ouest Pacifique, des États de la côte Atlantique et des États bordant le golfe du Mexique. Elle peuple également les régions forestières proches de la côte Pacifique en Amérique du Nord. L'espèce est aussi présente dans toute l'Alaska, y compris les Îles Aléoutiennes et le versant nord de la Chaîne Brooks.
L'urbanisation et la pollution ont cependant entraîné une réduction de l'aire de répartition de l’espèce aux États-Unis. Elle est désormais absente ou rare dans l'Arizona, le Kansas, le Nebraska, le Nouveau-Mexique, le Dakota du Nord, l'Ohio, l'Oklahoma, le Dakota du Sud et le Tennessee. Des projets de réintroduction ont permis d'élargir sa distribution ces dernières années, notamment en Virginie-Occidentale, et particulièrement dans le Midwest des États-Unis. Depuis sa réintroduction au Kentucky au début des années 1990, la population s'est rétablie au point qu'une saison de piégeage a été mise en place en 2006, et l'espèce se trouve désormais dans toutes les principales voies navigables de l'État. En 2010, le Département de la faune du Colorado a rapporté que la loutre du Canada, réintroduite dans l'État dans les années 1980, était « florissante » et a recommandé que son statut de protection soit reconsidéréColorado Otters May No Longer Need Protection. CBS4denver.com (17-07-2010). Fin 2012, une loutre surnommée Sutro Sam s'est installée aux environs de l'ancien site des Bains Sutro à San Francisco, marquant la première observation de loutre de rivière dans cette ville depuis les années 1950. Les loutres du Canada occupent toutes les provinces et territoires canadiens, à l'exception, jusqu'à récemment, de l'Île-du-Prince-Édouard. Les loutres ont récemment commencé à se réinstaller sur l'Île-du-Prince-Édouard.
Au Minnesota, les populations de loutres ont rebondi grâce aux efforts de réintroduction des années 1980, à l'amélioration de la qualité de l'eau, à la restauration de l'habitat et à la réglementation de la chasse. Bien que les loutres soient plus communes dans le nord du Minnesota, on peut les observer dans les zones urbaines, y compris les Twin Cities.
Les archives historiques indiquent que les loutres du Canada étaient autrefois **abondantes** dans la plupart des grands bassins hydrographiques de la zone continentale des États-Unis et du Canada avant l'arrivée des Européens. Les populations les plus importantes d'Amérique du Nord se trouvaient dans des zones offrant une abondance et une diversité d'habitats aquatiques, telles que les marécages côtiers, la région des Grands Lacs et les zones glaciaires de la Nouvelle-Angleterre. De plus, les habitats riverains des régions intérieures abritaient des populations de loutres plus restreintes. La loutre du Canada était présente sur toutes les parties de la côte Pacifique, y compris le rivage et les ruisseaux et lacs intérieurs. Au Mexique, les loutres du Canada vivaient dans les deltas du Rio Grande et du fleuve Colorado.
vignette|Une loutre du Canada dans le San Anselmo Creek.