vignette|Herminettes au tranchant poli, site de Hinatabayashi B , Shinanomachi, Nagano, 35-32 000 ans BP, début du paléolithique supérieur.. Musée national de Tokyo (TNM) vignette|Lames d'obsidienne (microlithes). Site : Shirohebiyama-Iwakage à Imari, Saga. 13 000- BP, Proto-Jōmon ou premiers temps de la période Jōmon
Le Paléolithique du Japon débute vers avant le présent (AP), d'après les premiers outils lithiques indiscutables trouvés au Japon, et s'achève vers AP, quand commence la période Jōmon, marquée par les premières céramiques connues au Japon, période considérée comme relevant d'un Mésolithique à céramique. Toutefois, la période Jōmon initial, dénommée aussi Proto-Jōmon, est parfois qualifiée d'Épipaléolithique et incluse alors dans le Paléolithique du Japon.
Histoire de la recherche sur le Paléolithique japonais Il y avait deux cultures paléolithiques sur le site d'Iwajuku., le premier site paléolithique découvert au Japon, en 1949. Parmi les outils du niveau le plus ancien, les fouilleurs ont trouvé deux outils de type « hache » qui semblaient aussi avoir un tranchant affûté par frottement ou usé. Bien que le fouilleur, Chosuke Serizawa, ait hésité à porter un jugement sur le caractère du tranchant, Sugao Yamanouchi. jugea qu'il était le résultat d'un affûtage intentionnel. Et, en prenant en compte des outils semblables en provenance d'autres sites, il conçut la théorie selon laquelle la période « précéramique » du Japon n'était pas équivalente au Paléolithique supérieur européen ou africain, avec l'argumentation suivante : qu'il s'agissait d'un Néolithique (en suivant la définition ancienne des types d'outils) sans céramiqueYamanouchi & Sato, The age of the Jōmon pottery, 1962, (Kagaku Yomiuri).. Cette idée et le fait qu'il était difficile de dater le début de la période Jomon et de ses poteries ont généré une violente controverse sur la position du Japon dans la préhistoire mondiale.
Dans les années 1970, avec des fouilles à grande échelle, on a découvert de nombreux outils de type « hache » à tranchant affuté, aux niveaux les plus bas, - BP, et elles étaient souvent accompagnées par la pierre à affuter. Leur nombre baissait dans les phases post-AT (après l'éruption de la caldeira d'Aira, 21 000-22 000 BP) dans le contexte de la culture du loch de Tachikawa et ses équivalents, mais vers BP de nombreuses et grandes haches à un seul tranchant, ou gouge. apparaissaient de nouveau dans le contexte de la culture de Mikoshiba-Chojakubo, qui faisait figure de phase ultime du « Pré-céramique » ou du Paléolithique japonaisMiyake et al. 1979 : Report of the excavation research at the Odai-Yamamoto I site, The Ushirono site 1976, Suzuki & Shiraishi 1980 : The Terao site..
On a remarqué ultérieurement que la période ancienne de ces outils affutés par frottement, soit 30 000-22 000 BP, correspond à une période relativement moins froide. et que la teinte noirâtre de la couche dans laquelle ils ont été déposés correspondrait à un apport d'humus conséquent, lié à la forte végétation de l'époque, dans la région de Kantō. La corrélation entre les périodes de poussée végétale et l'abondance de ces haches semble ainsi se confirmer.
Généralités Un grand nombre de sites Selon la Japanese Palaeolithic Research Association (JPRA). ce sont sites paléolithiques qui ont été répertoriés en 2010 sur l'ensemble des îles. Les assemblages lithiques sont bien préservés dans des sites de plein air (couches de lœss) et les plus anciens remontent au Paléolithique supérieur, au sud de la région de Kantō. Les différents repères que nous possédons aujourd’hui sont assez nombreux pour qu’il soit possible de donner une vue d'ensemble du Paléolithique des différentes régions de l’archipel japonais.
vignette|ApproximationPour une représentation exacte se reporter à : , où le détroit de Corée est considérablement réduit au milieu du chenal Ouest. de la dernière glaciation, v. ans avant le présent (BP). Au-delà des côtes actuelles, la ligne des terres émergées alors. vignette|Routes migratoires selon une étude de génétique sur les haplogroupes, publiée en 2014. Fig. a : vers et BP, au Würmien moyen.
Les sols volcaniques et leur acidité Au Japon la nature volcanique des sols de l'archipelRéférence : Géologie du Japon. en couches bien identifiables sur tout le territoire favorise une datation précise des industries lithiques. Mais la nature acide de ces sols ne permet pas la conservation des restes fossiles, ossements humains et animaux en particulier dans les sites de plein air, qui représentent l'essentiel des sites et .. Certains sites marécageux, comme le lac Nojiri, ont conservé de nombreux fossiles animaux et quelques outils paléolithiques. Mais ceux-ci sont trop clairsemés et ne sont pas aisément connectés avec la stratigraphie volcanique. La découverte de sites de caverne ou d'abris sous roche est rare et cela a contribué à rendre difficile la corrélation entre les assemblages d'outils, la faune et les stratégies de subsistance. Par contre l'obsidienne, qui a été abondamment utilisée, permet que l'on détermine précisément son origine par une analyse physico-chimique.. Et ainsi percevoir la circulation de cette roche, parfois sur de longues distances en haute mer.
Périodisation Après 2003, à la suite de l'affaire du faussaire Fujimura dénoncée en 2000, la mise au point effectuée par la communauté archéologique japonaise a rétabli la liste des sites scientifiquement reconnus et datésCette mise au point été possible grâce au travail d'un comité de validation des sites du Paléolithique ancien et moyen, remis en 2003, accompagné d'une liste des sites datés du Paléolithique récent et une réévaluation du concept des premières céramiques associées à la période Jōmon : les sites anciennement attribués au Paléolithique ancien et moyen sont en grande partie attribués à la période Jōmon, quelques-uns au Paléolithique récent. ..
La période comprise entre et BP est désignée « Paléolithique supérieur I ». Ce Paléolithique supérieur I, est caractérisé, au Japon, par des outils en forme de « couteaux » et des industries trapézoïdes. La tradition anglo-saxons utilise l'expression : « Late Paleolithic I », Paléolithique Supérieur I.. La rupture entre les deux périodes est marquée par une éruption volcanique majeure au sud de KyushuFumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 7112).. La période comprise entre et environ BP (/ AEC, début de la période Jōmon) est désignée « Paléolithique supérieur II »Fumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 7106-7107).. Le Paléolithique supérieur II étant caractérisé par l'apparition de microlithes.
En 2017Fumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 7092-7102) et pour la suite de ce paragraphe. la communauté archéologique japonaise semble être divisée en deux camps. Pour les uns, la colonisation de l'archipel ne peut être envisagée avant 40 000 BP. Mais, s'appuyant sur plusieurs découvertes, les autres sont préparés à accepter des dates beaucoup plus hautes. En fait, ces assemblages apparemment très anciens partagent certaines caractéristiques, telles que: (1) l’absence de méthodes normalisées d’élimination des éclats (flakes); (2) une prédominance des petits outils à éclats retouchés de manière minimale; et (3) la fréquence des denticulés, des racloirs denticulés et des becs. Ce sont des caractéristiques que l'on retrouve dans les assemblages précoces du continent asiatique, tels que Xibaimaying et Houjiayao dans le bassin de Nihewan, dans le nord de la Chine (Takehana, 2012), à l'exception du fait que les pierres sphériques, souvent présentes dans leurs homologues continentales, sont très rares dans les assemblages japonais.
Les sites acceptés par tous : La très grande majorité des 14 500 assemblages appartiennent au Paléolithique supérieur, qui appartiennent aux niveaux MIS 3 et MIS 2, de 40 000 BP à 16 000 BP dans le Paléo-Honshu, et 10 000 BP pour la Paléo-péninsule d'HokkaidoFumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 7103-7104)..
Les sites en débat : Sur le site de Kanedori, dans la préfecture d'Iwate (Nord-est de Honshu), non affecté par les activités du faussaire Fujimura malgré sa proximité avec Sendai, les recherches étaient en cours depuis 1984. Des assemblages lithiques ont été récupérés sur deux niveaux situés au-dessous des couches contenant des artefacts appartenant au Jomon et aux Paléolithique tardif. Du niveau supérieur des deux niveaux, appelé couche de la Culture 3, 40 objets en cornéenne / hornfels (décrits comme étant des choppers, chopping tools, grattoirs, des lames (flakes) et des chips) ont été découverts et un échantillon de charbon de bois de cette couche a été daté à 46 480 ± 710 cal. BP. Dans la partie inférieure, appelée couche de la Culture 4, huit objets, également en cornéenne, ont été mis au jour. Un âge voisin de 85 000 BP est suggéré pour cet assemblage, en raison de la présence d'un verre volcanique de cet âge dans la couche (Kuroda et al. 2016)Fumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 7077-7081).. Deux autres découvertes posent problème sur les sites de Sinabara et Itazu, Izumo City, préfecture de Shimane, côté mer du Japon, à l’ouest de Honshu.
Les chercheurs suggèrent que les formations sur lesquelles 36 objets lithiques ont été découverts dans deux couches du site de Sunabara remontent aux étapes 5d et 5e du MIS, il y a environ 110 000 à 120 000 ans (Sunabara Iseki Gakujutsu Chosadan, 2013; Uemine et al. 2016). L'unique pièce récupérée sur un chantier de construction à Itazu semble avoir été, à l'origine, contenue dans une couche de loess déposée lors du MIS6, il y a environ 186 000– 128 000 ans (Matsufuji et al. 2013). Cependant, de nombreux archéologues ont du mal à accepter la nature artificielle de ces spécimensFumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 7087-7092)..
Début du Paléolithique japonais Paléogéographie. Terres émergées, détroits et mers Lors du dernier maximum glaciaire l'archipel était constitué de deux blocs, le Paléo-Honshu (Honshu, Shikoku et les îles Kyushu) et la Paléo-péninsule Sakhaline, Hokkaido et les îles Kouriles en connexion avec le continent par la RussieFumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 6863) et pour la suite de ce paragraphe.. La mer Jaune et la mer de Chine orientale étaient plus ou moins exondées, tandis que Taiwan était reliée au continent, et que la péninsule de Corée était reliée à l'est de la Chine. Les détroits de Tatarie et de La Pérouse seraient devenus exondés avec une baisse modérée du niveau de la mer au cours du Pléistocène. Par contre les détroits de Corée et de Tsugaru (entre Honshū et Hokkaidō) seraient restés ouverts, quoique moins larges.
Le climat de l'archipel était beaucoup plus froid et sec qu’aujourd’hui. La forêt de feuillus qui caractérise aujourd'hui la partie sud-ouest de l'archipel était alors une forêt mixte de conifères et d'arbres à feuilles caduques, tandis que les conifères dominaient les zones plus au nord.
Au Sud, une question reste débattue, la question de savoir si l'archipel des Ryūkyū a été reliée, momentanément ou pas au continent, et ainsi aurait pu servir de pont à l'arrivée des humains par le sud du JaponFumiko IKAWA-SMITH dans : (Emplacement du Kindle 6877)..
Premières migrations Pour ce qui est des tout premiers indices d'une population paléolithique sur les îles on manque de traces indiscutables sur le plan stratigraphique et de la typologie des formes. Une hypothèse qui semble acceptable (en 2014). propose que les premières populations humaines auraient commencé à s'implanter dans les îles à partir de AP. En effet au cours de la dernière moitié du Pléistocène supérieur ce peuplement est reconnu par des industries lithiques, datées sur le plan stratigraphique et morpho-typologique, précisément vers le milieu du SIO 3 (stade isotopique 3 : de Paléo-environnement, site du CNRS.), c'est-à-dire autour de AP.