vignette|300px|Genre cinématographique se passant principalement en Amérique du Nord au . Le western est un genre cinématographique dont l'action se déroule généralement en Amérique du Nord, plus spécifiquement aux États-Unis, lors de la conquête de l'Ouest dans les dernières décennies du . Ce sous-genre du film historique apparaît dès l'invention du cinématographe en 1895 prenant presque à chaque fois pour sujet l'Ouest américain. Il connaît son apogée aux États-Unis au milieu du avec l'âge d'or des studios hollywoodiens, avant d'être réinventé par les cinéastes européens dans les années 1960. Il existe plusieurs genres de Western différents.

Définitions et délimitations du genre

vignette|Frontier Strip fait référence aux six États américains allant du Dakota du Nord au Texas. Il est courant de circonscrire le western à son décor (le territoire des États-Unis) et à la période qu'il représente, qui s'étend de la fin de la guerre de Sécession à la disparition de la Frontière sauvage (soit 1865-1890)1890, le Bureau du recensement annonçait officiellement la fin de la Frontière, soit la disparition du front pionnier sur le territoire américain.. En effet, Le genre, toutefois, ne saurait être totalement défini par ces deux caractères. L'action des Désaxés (The Misfits), qui peut être rattaché au western, se déroule au . On a également coutume de rattacher au genre des œuvres se déroulant durant la guerre de Sept Ans, comme Le Dernier des Mohicans, ainsi que des films retraçant la guerre d'Indépendance contre les AnglaisJacques Aumont, Michel Marie, Dictionnaire théorique et critique du cinéma, Nathan, 2001, .. Mais paradoxalement ce sujet n'a été que très rarement exploité par le cinéma américainJean-Louis Leutrat, Le western, Paris, Armand Colin 1973. Comme l'écrit Roger Tailleur :

Mythe... La culture américaine a inventé avec le western un genre sans équivalent pour représenter l'histoire de la conquête de l'Ouest et diffuser son mythe. Il reflète aussi ses ambiguïtés et les obsessions de notre temps.

Origines

Le western, littéralement « de l'ouest », trouve ses origines au plus profond de l'histoire des États-Unis. Il retrace un épisode symbolique de la naissance de la nation américaine. La rude conquête de l'Ouest, la sanglante guerre de Sécession et les guerres indiennes qui se sont déroulées au témoignent de la douleur qui fut nécessaire à la construction du pays.

Avant d'être un genre cinématographique, le était un sujet de littérature. Des romans de James Fenimore Cooper (Histoires de Bas-de-Cuir, dont le célèbre Le Dernier des Mohicans, deuxième volume de la série, parut en 1836) au développement des dime novels dans la seconde moitié du , les aventures dans l'Ouest sauvage sont apparues comme une source de divertissement pour le public de l'Est. Les auteurs étaient américains mais aussi européens avec Karl May en Allemagne ou Gustave Aimard en France. À partir des années 1880, le Far West fut le thème de nombreux spectacles dont le célèbre Wild West Show de Buffalo Bill. La reproduction de l'Ouest est alors certes romancée, mais elle est aussi empreinte de réalité puisque nombre de ses personnages y vécurent une partie de leur vie : Buffalo Bill avait chassé le bison., Gustave Aimard avait été trappeur.

En 1900, le thème est populaire depuis longtemps et il devient donc naturellement une source d'inspiration pour les pionniers de l'industrie cinématographique. Le statut de premier western est accordé à Le Vol du grand rapide ( en version originale) tourné en 1903. Ce film de douze minutes montre l'attaque d'un train par des bandits à cheval. Ce genre de production s'inspire directement de faits récents comme les exploits du Wild Bunch dans les années 1890..

Très vite, le western prendra ses libertés vis-à-vis de la réalité. Le cinéma a largement mythifié des éléments centraux comme le cow-boy. Au départ simple vacher, ce personnage fut transformé en héros vertueux aux qualités irréprochables. Le western a aussi construit une légende autour de figures emblématiques telles que Billy the Kid et Jesse James. Il s'est inspiré de faits comme la fusillade d'O.K. Corral, qui fut mise en scène dans de nombreux films. À la fin de L'Homme qui tua Liberty Valance, une phrase résume l'essence du western : « This is the West, sir. When the legend becomes fact, print the legend. », traduite en français en « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ! ».

Histoire

Cinéma muet vignette|gauche|redresse|Tom Mix en 1925. vignette|William S. Hart dans The Gun Fighter (1917). À l'aube du , la conquête de l'Ouest est à peine terminée et les acteurs et les décors à disposition sont authentiques.. Toutefois, la plupart des premiers films américains sont tournés sur la côte est, notamment par le groupe français Pathé (qui était le leader mondial du cinéma), avant que les studios déménagent à Hollywood vers 1910. Les premiers enregistrements sur le Far West montrent des scènes contemporaines du tournage et n'ont aucune volonté historique.

En France, de 1909 à 1914, Joë Hamman, Folco de Baroncelli et Jean Durand réalisent une vingtaine de films dits western camarguais, dans les décors naturels de la Camargue donnant l'illusion de paysages de l'ouest américain.

À cette époque, le western n'est pas un genre à proprement parler. Le terme est plutôt utilisé en tant qu'adjectif pour qualifier les comédies ou les mélodrames se déroulant dans l'ouest, comme ceux de D. W. Griffith, par exemple. On parle de , Le terme s'impose en tant que genre à part entière seulement à partir des années 1920.

La première star du western est Gilbert M. Anderson (Broncho Billy Anderson), qui est très actif dès 1908. C'est lui qui développe à l'écran le personnage du cow-boy et surtout celui du hors-la-loi réformé. Les deux grandes vedettes du western muet arrivent dans les années 1910 : William S. Hart et Tom Mix. Les deux comédiens sont diamétralement opposés. Hart est un acteur venu du théâtre et ses westerns sont empreints de sérieux et de réalisme.. Mix, quant à lui, est un champion de rodéo. C'est un cavalier hors pair et ses films jouent sur le côté spectaculaire sans s'attarder sur les sentiments.. Là où Hart préfère porter des vêtements traditionnels, Mix arbore des costumes excentriques aux couleurs flamboyantes..

Hart et Mix obtiennent tous les deux un succès immense, mais c'est le style de Mix qui trouve le plus de successeurs. Dans les années 1920, les scènes de cirque et de rodéo prennent une place importante dans le western. Les artisans du genre sont parfois de véritables acrobates, comme Ken Maynard ou Yakima Canutt. La comédie burlesque exerce aussi une grande influence sur le western, qui intègre régulièrement des rôles à caractère humoristique. Les stars foisonnent durant cette décennie : Harry Carey, Jack Hoxie, Hoot Gibson, Buck Jones, Jack Holt, Tim McCoy, Fred Thomson, Gary Cooper, Art Acord et bien d'autres accèdent chacun leur tour à la popularité.

L'action des westerns muets étant le plus souvent contemporaine du tournage, apparaissent au cours du temps des signes de modernité comme le téléphone et la voiture. Mais en contraste, le genre acquiert aussi sa dimension historique avec l'émergence des westerns épiques. La Caravane vers l'Ouest (1923) raconte l'histoire d'un convoi de pionniers en 1848. Le Cheval de fer (1924) retrace la construction du premier chemin de fer transcontinental dans les années 1860.Trois Sublimes Canailles (1926) traite de la ruée vers l'or en 1876. Ces films se concentrent davantage sur l'histoire de l'Ouest et placent les côtés mélodramatiques et sentimentaux au second plan.. Ils imposent certains codes du genre, comme la traversée de la rivière par les convois et troupeaux..

Les pionniers du western durant l'époque du cinéma muet hors Amérique sont Joë Hamman, qui invente le premier western français, et Giacomo Puccini, qui crée, avec son opéra La fanciulla del West, le premier western spaghetti..

Joë Hamman tourne Cow-boy en 1906 et Le Desperado en 1907, pour la firme Lux. Après sa rencontre avec Folco de Baroncelli-Javon, il tourne ses films en Camargue, faisant appel au réalisateur chevronné Jean Durand.

Série B

Le premier western parlant, In Old Arizona, tourné dans le parc national de Zion en 1928, montre qu'il est possible de surmonter les difficultés liées à la prise de son en extérieur. En 1930 sort La Piste des géants, présenté à l'époque comme . Tourné au format large avec le procédé Grandeur, il devait être une révolution technologique. Mais le film s'avère être un désastre commercial car le format 70 mm utilisé nécessite de rééquiper toutes les salles de cinéma, or la conjoncture économique liée à la Grande Dépression n'y est pas favorable Documentaire The Big Vision: The Grandeur Process, États-Unis, 2008. Cet échec marque en quelque sorte l'extinction des grands westerns pour près d'une dizaine d'années Documentaire The Making of The Big Trail, États-Unis, 2008..

En 1930, avec l'apparition du double programme, le western se tourne clairement vers la série BLe terme « série B » a acquis au cours du temps une acceptation très large, étant utilisé pour qualifier toutes sortes de productions à petit budget. Ici, il s'agit bien du film B dans son sens originel, à savoir le deuxième film du double programme. La confusion est d'autant plus grande en France que ce film B a rarement été distribué hors des États-Unis. Voir . dont il devient le plus grand représentant. Ce western B s'inscrit droit dans la lignée des productions à bas budget instaurées par Tom Mix quelques années auparavant.. Dès 1932, la plupart des stars du western muet s'y sont reconverties avec succès. : Hoot Gibson, Ken Maynard, Buck Jones, Tim McCoy…

Le western B connaît durant les années 1930 et 1940 une popularité qu'il est difficile de s'imaginer, d'autant plus qu'il fut peu distribué en dehors des États-Unis. Le succès du western dans la série B peut s'expliquer par ses coûts extrêmement faibles : certains films sont tournés en quelques jours avec un budget aussi bas que À titre de comparaison, les films dont le budget dépasse un million de dollars ne sont pas rares dans les années 1930. On peut citer À l'ouest rien de nouveau (), La Ruée vers l'Ouest () et Autant en emporte le vent ().. Ils durent généralement entre cinquante et soixante minutes. Rien que sur les années 1930, environ un millier de ces productions voient le jour...

Les stars tournent typiquement les films en série pour un même producteur. C'est pourquoi les décors utilisés sont souvent identiques et les scénarios se ressemblent fort d'un film à l'autre. Les films sont stéréotypés et ne cherchent en aucun cas l'originalité. Les cowboys sont des héros parfaits dotés d'une morale inébranlable.. Les méchants sont facilement identifiables à l'aide de signes distinctifs comme la moustache et le chapeau noir. La limite entre les deux camps est donc clairement tracée et souvent infranchissable. Cette formule est majoritairement destinée à un public fidèle dont les enfants font notamment partie.

En 1935, la mode du cowboy chantant est lancée par Gene Autry, qui passe de la radio au grand écran. Il est suivi par Tex Ritter et surtout Roy Rogers. Autry et Rogers atteignent une célébrité extraordinaire. En tête de tous les classements., ils font partie des acteurs les mieux payés d'Hollywood dans les années 1940.. Dans les années 1950, avec le déclin du western B, tous les deux se tournent vers la télévision et animent chacun leur émission. Plusieurs autres stars du western B se convertissent au petit écran, comme William Boyd, dont les aventures de Hopalong Cassidy sont adaptées en série télévisée en 1952.

Période classique