Limmigration en France est l'entrée sur le territoire national de personnes en provenance d’un autre pays qui viennent pour un long séjour ou pour s'installer. Elle se traduit par des flux migratoires et par des franchissements de frontières. Le dénombrement et la caractérisation des différentes catégories de personnes (immigrants, immigrés, étrangers) sont établis à l'aide des données recueillies par l'Insee dans le cadre du recensement de la population ou d'études spécifiques récurrentes ou ponctuelles, comme l'étude Trajectoires et Origines, organisée conjointement avec l'Ined et de données en provenance du ministère de l'Intérieur, notamment les titres et documents de séjour.

L’immigration vers la France est un processus historique remarquable dès la révolution industrielle au et également lié à des recrutements de travail après la Seconde Guerre mondiale, depuis les colonies françaises, pour la reconstruction du pays. Des mines de Lorraine et du Nord aux industries parisiennes, jusqu’au couloir industriel lyonnais, les personnes immigrées ont constitué une force de travail majeure. Après les trois premières vagues d'immigration (Révolution industrielle, Entre-deux-guerres et Trente glorieuses) se sont succédé deux périodes : la mise en place une politique de maîtrise des flux migratoires (1974-2006) s'accompagnant notamment d'une immigration massive (années 1980 et 1990), suivie à partir de 2006 du développement de la notion d'immigration choisie avec des régularisations au cas par cas, puis d'un durcissement de la législation à partir de 2020.

La proportion d'immigrés au sein de la population française a assez peu évolué jusque dans les années 2000. Elle se situe dans une fourchette étroite entre 5 et 7 %, identique a celle de l'Entre-deux-guerres. Depuis le début des années 2000, elle croît régulièrement et atteint 10,7% au , soit d'immigrés, dont , soit 34 % d'entre eux, ont acquis la nationalité française. La population étrangère vivant en France s'élève quant à elle à la même date à de personnes, soit 8,2 % de la population totale. En comparaison, les personnes étrangères représentaient 7,2 % de la population de l'Union européenne.

Le nombre de migrants européens (notamment Espagnols, Italiens et Portugais) croît jusqu’en 1975 puis s’amenuise avant d’être dépassé par celui des populations originaires du continent africain au cours de la période 1982-1990. L’augmentation remarquable du nombre des Africains, originaires pour la plupart du Maghreb, atteste de la forte demande de main-d’œuvre durant les années de forte croissance économique des Trente Glorieuses. Elle s'accentue dans les années 2010 et singulièrement depuis 2015 avec la crise migratoire en Europe. Parmi l’ensemble des immigrés vivant en France en 2023, les nationalités les plus représentées sont l'Algérie (12,2 %), le Maroc (11,7 %) et le Portugal (7,9 %).

Selon les données du ministère de l'Intérieur, titres de séjour ont été délivrés en 2023, soit une légère hausse de 2,5 % par rapport à 2022. Le motif étudiant est le premier motif d’attribution d’un titre de séjour, suivi par les titres pour motif familial. Les principaux pays d'origine des bénéficiaires de premiers titres de séjour sont le Maroc, l'Algérie, la Tunisie.

Définitions et origine des données sur l'immigration alt=Des rectangles de couleurs correspondant aux 4 catégories encadrent des types de population|vignette|Schéma explicitant les définitions des catégories Étranger, Immigré, Immigrant et Français dans la démographie française.

Définitions Deux types de migrations sont à différencier : les migrations de court terme d'une durée de trois mois (durée de séjour à partir de laquelle un étranger est tenu d’avoir un titre de séjour) à un an et, au-delà de cette limite, les migrations de long terme au sens des conventions internationales. Seules les migrations de long terme sont étudiées statistiquement.

Immigrant Un immigrant de longue durée est, selon l’ONU, une « personne physique établissant sa résidence habituelle pour une période atteignant ou supposée atteindre au moins un an sur le territoire d’un État autre que celui de sa dernière résidence habituelle ». La résidence habituelle est définie comme l’endroit où une personne passe habituellement sa période de repos quotidien. Sont exclus les travailleurs frontaliers mais aussi les étudiants. Ces derniers peuvent bénéficier d’un titre de séjour d’une durée égale à un an, ce qui les range dans la catégorie « immigrants de long terme », au sens international, mais le groupe permanent chargé des statistiques pour le Haut Conseil à l'intégration (HCI) a choisi de ne pas les classer dans la catégorie des séjours à vocation permanente, du fait de leur caractère temporaire par nature.

Au sens de la loi sur les statistiques communautaires, un immigrant est celui qui entreprend une «immigration»: au sens de l'établissement, par une personne, de sa résidence habituelle, pour une période atteignant ou supposée atteindre douze mois au moins, sur le territoire d'un État membre après avoir eu précédemment sa résidence habituelle dans un autre État membre ou dans un pays tiersRèglement (CE) n° 862/2007 du Parlement européen et du Conseil du 11 juillet 2007 relatif aux statistiques communautaires sur la migration et la protection internationale, et abrogeant le règlement (CEE) n° 311/76 du Conseil relatif à l'établissement de statistiques concernant les travailleurs étrangers(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)..

Français La nationalité française est attribuée à la naissance dans les cas suivants : pour l’enfant né en France ou à l’étranger dont l’un au moins des parents est Français (droit du sang) ou pour l’enfant né en France de deux parents apatrides ou lorsque l’un de ses parents au moins y est lui-même né (double droit du sol)...

Étranger Est étrangère, toute personne résidant en France qui n’a pas la nationalité française. Certaines personnes acquièrent la nationalité française au cours de leur vie. Elles deviennent alors des « Français par acquisition » par opposition aux « Français de naissance ».

Immigré Dans la statistique française, les populations immigrantes ont longtemps été appréhendées uniquement par leur nationalité, la catégorisation par la nationalité étant alors présentée comme la classification la plus respectueuse des droits des populations immigrantes. Depuis 1851, le recensement produit ainsi une nomenclature en trois positions distinguant les Français de naissance, les Français par acquisition et les étrangers. L’usage de la catégorie « immigré » est officialisé en 1991 : est immigrée une personne née étrangère à l’étranger, c’est-à-dire venue s’installer en France pour un an au moins, qu’elle ait acquis ou non la nationalité française par la suite. Si elle acquiert la nationalité française après son arrivée, elle continue de compter parmi les immigrées. Les personnes nées Françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. Le recensement de la population comptabilise toutes les personnes résidant en France indépendamment de leur situation administrative. Aucune information n’est demandée sur la situation administrative des personnes enquêtées et aucun document relatif à leur identité n’est requis. Les personnes n’ayant pas de document autorisant leur séjour en France, c’est-à-dire en situation irrégulière, sont donc recensées et comptabilisées dans l’ensemble de la population, sans qu’il soit possible de les identifier en tant que telles.

Rapatriés Les rapatriés sont des « personnes nées Françaises dans l’un des anciens territoires coloniaux avant les indépendances, soit dans l’un des pays suivants : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, république du Congo (Congo-Brazzaville), Gabon, Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo, Djibouti, Comores, Madagascar, Vietnam, Cambodge et Laos. Les rapatriés sont inclus dans la population majoritaire et ne sont pas des immigrés. Cette terminologie ne renvoie pas à un statut légal particulier des personnes au moment de leur arrivée en France métropolitaine ».

Pays de naissance Au sens de la loi sur les statistiques communautaires, le «pays de naissance» est «le pays de résidence (dans ses frontières actuelles, si l'information est disponible) de la mère au moment de la naissance ou, à défaut, le pays (dans ses frontières actuelles, si l'information est disponible) dans lequel la naissance a eu lieu».

Origine des données sur l'immigration

Les données sur l'immigration en France proviennent de plusieurs sources et institutions, chacune ayant des méthodes et des objectifs spécifiques. Les principales origines de ces données sont les suivantes.

Insee L'Insee utilise les données issues du recensement de la population pour estimer le nombre d'immigrés résidant ou entrant chaque année en France. Le recensement comptabilise uniquement les personnes installées en France depuis douze mois ou plus ou qui comptent s'y installer pour douze mois ou plus.. Des enquêtes régulières auprès des ménages permettent également de collecter des informations détaillées sur les origines géographiques, la situation sur le marché du travail, la fédération des immigrés, etc. Ces enquêtes sont réalisées tous les ans pour un cinquième de la population, et les résultats sont actualisés en continu.. Certaines enquêtes spécifiques sont également spécialement conçues pour recueillir des données sur les populations immigrées, comme l'enquête « Trajectoires et Origines » (TeO), une enquête statistique sur la diversité des populations en France et la situation des populations d'origine immigrée réalisée par l'Insee et l'Ined. Ces données permette de fournir une image globale de la population, y compris les immigrants légaux, les naturalisés, et parfois même les sans-papiers si ces derniers participent aux enquêtes.

Ministère de l'Intérieur Le service statistique « immigration – intégration » du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer produit notamment des statistiques sur le nombre de titres de séjour en cours de validité ou délivrés chaque année, à partir de sources administratives. Les statistiques sur les entrées et sorties du territoire, ainsi que les régularisations, sont utilisées pour gérer les politiques migratoires et de sécurité..

Office français de l'immigration et de l'intégration L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), un établissement public créé en 2009 qui s'est substitué à l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrants, collecte des données sur les participants à ses programmes d'intégration, y compris les cours de langue et les formations professionnelles..

Eurostat et organisations internationales Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, collecte des données sur la migration internationale et la citoyenneté au niveau national auprès des instituts nationaux de statistique (INS) des membres de l'UE, des pays de l'AELE ainsi que des pays candidats ou candidats potentiels à l'adhésion à l'UE.. Des organisations internationales comme les Nations unies (ONU) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) produisent également des données et des rapports sur les migrations globales, contribuant à une meilleure compréhension des schémas et processus migratoires..

Histoire succincte des flux migratoires

Selon Gérard Noiriel, qui a en particulier écrit Le Creuset français, paru en 1988, qui constitue la toute première histoire générale de l'immigration en France, trois grandes vagues d’immigration en France peuvent être distinguées entre le et les années 2000, correspondant chacune à une période d’expansion économique.

Années 1850 à 1900 : révolution industrielle et première vague