Saint-Nicolas-du-Pélem (, mais au ; en ) est une commune française et un chef-lieu de canton du département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. Ses habitants sont appelés Pélémois.

Géographie

Situation

La commune de Saint-Nicolas-du-Pélem est située dans le pays traditionnel du Poher, à environ de Rostrenen, de Saint-Brieuc et de Guingamp. Elle s’étend sur plus de .

Géologie et relief

De Duault à Corlay en passant par Saint-Nicolas-du-Pélem, sur plus de , un massif granitique correspondant à la partie ouest du batholite de Quintin, domine, atteignant , les collines schisteuses de la partie orientale du bassin de Châteaulin situées à son sud.

Le relief culmine, au nord, à , et au sud, à . Le bourg de Saint-Nicolas constitue une limite entre deux zones géologiques : le granite domine au nord, tandis que le sud est constitué de schiste. La commune de Saint-Nicolas-du-Pélem est traversée par plusieurs cours d’eau : le Blavet est un fleuve qui forme la limite sud-ouest de la commune ; le Sulon est une rivière au sud-est ; la rivière de Corlay est aussi au sud-est ;

et les ruisseaux de Beaucours et du Faoudel descendent les hauteurs granitiques vers le sud.

Communes limitrophes

Communes voisines

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Blavet, le Sulon, le Corlay et le Faoudel..

Le Blavet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bourbriac et se jette dans le canal de Nantes à Brest en limite de Plélauff et de Gouarec, après avoir traversé ..

Le Sulon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Vieux-Bourg et se jette dans le Blavet à Gouarec, après avoir traversé ..

Le Corlay, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Haut-Corlay et se jette dans le Sulon sur la commune, après avoir traversé ..

Le Faoudel, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lanrivain et se jette dans le Blavet sur la commune..

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Beaucours ()..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Nicolas-du-PélemLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Nicolas-du-Pélem est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols

Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu3,0 %123Zones industrielles ou commerciales et installations publiques0,8 %35Terres arables hors périmètres d'irrigation32,3 %1339Prairies et autres surfaces toujours en herbe5,3 %218Systèmes culturaux et parcellaires complexes36,3 %1505Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants5,1 %210Forêts de feuillus7,3 %305Forêts de conifères4,0 %168Forêts mélangées3,2 %133Forêt et végétation arbustive en mutation2,7 %114Source : Corine Land Cover.

Toponymie L'histoire de Saint-Nicolas-du-Pélem est d'abord celle de Bothoa ou Botoha suivant l'orthographe ancienne (aujourd'hui simple village de la commune), le nom de Bothoa vient de bot (demeure) et de saint Doha, ancien évêque du appelé Docco ou Doac..

Saint-Nicolas-du-Pélem vient de l’ancienne chapelle de Saint-Nicolas et du château de Pélem.

Le nom de Pélem désigne l'une des seigneuries de la paroisse de Bothoa, il pourrait venir du breton pen linn, qui signifie du « bout de l'étang ». La famille Jourden ou Jourdain, seigneur du Pélem, fit construire le château du Pélem actuel et l'église actuelle. Lors de sa construction, à partir de 1474, l’actuelle église paroissiale Saint-Pierre s'appelait chapelle Saint-Nicolas, elle était la chapelle du château du Pélem, du nom de la famille Jourdain du Pélem qui fit construire le château comme la chapelle.

Le nom de village de Saint-Nicolas est cité qu'à partir de 1636 sous la forme Saint-Nicolas du Pellin. : que cette chapelle Saint-Nicolas, chapelle du château du Pélem, ait donné le nom de « Saint-Nicolas-du-Pélem » au village l’entourant parait une explication logique.

Histoire Préhistoire Le territoire de Saint-Nicolas-du-Pélem était habité dès la Préhistoire : les recherches de François Le Provost, Pierre-Roland Giot et Yvan Onnée ont notamment mis au jour : sur la colline du Colledic : des tessons de poterie rouge décorée datant de la civilisation de Hallstatt et de La Tène (premier et second âge du fer) : entre 900 et ; à Bothoa-Kerody : un enclos remontant à l’âge du bronze ou l’âge du fer ; au Cotterio : un enclos de l’âge du bronze ou de l’âge du fer ; ainsi que des tuiles, des haches polies, des silex taillés et des pointes de flèchesProspections sur les collines de Saint-Nicolas-du-Pelem (Côtes-du-Nord) du Chalcolithique à la Protohistoire.

Découvert en 2005, le cairn de Croaz Dom Herry, à Saint-Nicolas-du-Pélem, qui date du Néolithique moyen, malheureusement en grande partie détruit car il a servi de carrière par la suite, principalement à la fin du Moyen Âge, mesure : il a révélé quatre chambres funéraires approximativement circulaires individualisées, d'environ de diamètre chacune, à l'extrémité d'un long couloirYves Menez et Stéphane Hingant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, INRAP, 2010 [] et Jean-Yves Tinevez et autres auteurs, « Le cairn de Croaz Dom Herry et ses carrières de schiste (Saint-Nicolas-du-Pélem - Côtes-d'Armor) », Gallia Préhistoire, volume 54-2, 2012, ( en ligne sur revues-gallia.cnrs.fr)..

En raison de la proximité géographique de la forteresse de Paule (moins de ), des échanges viticoles avec l’Italie transitaient par le territoire où se trouve aujourd'hui Saint-Nicolas avant les invasions romaines. La forteresse de Paule est détruite par ses occupants quand ils déménagent à Vorgium (futur Carhaix), en

Époque romaine Le bourg de Saint-Nicolas-du-Pélem s’est établi à cinq cents mètres de la voie romaine reliant Vorgium (capitale des Osismes) à Corseul et Aleth (capitales des Coriosolites). La voie romaine traverse les actuels lieux-dits de Kerlun et la Picardie : la rue de Boisboissel (au centre de Saint-Nicolas-du-Pélem) est prolongée par la voie romaine jusqu’à la vallée du Faoudel.

Un vaste plateau entouré d’un fossé artificiel près de l’étang du Pélinec est parfois considéré comme une fortification gauloise antérieure à la présence romaineGuide des lieux insolites et secrets de Bretagne, par Alain Dag’Naud, éditions Gisserot, parfois comme un camp romain, parfois comme un camp médiéval (Frotier de la Messelière y a vu des substructions d'une tour circulaire en pierres).

Moyen Âge L'historien Bernard Tanguy n'exclut pas qu'un ordre militaire, les Templiers ou les Hospitaliers, soit à l'origine de la fondation d’une maladrerie au lieu-dit le Clandy, avant le , date de l'édification de l'église (1474-1575).

À Canihuel, trève de Bothoa, le lieu-dit Manaty, signifiant « maison des moines », conserve le souvenir d'une grange - un domaine agricole - de l'abbaye cistercienne de Coatmalouen.

L'enceinte du Rossil, la motte du Zilou, l’enceinte carrée du village de La Villeneuve, et le retranchement du Faoudel ont peut-être été édifiés au Moyen Âge.

Saint-Nicolas, village de la paroisse de Bothoa Le village de Bothoa (ou Botoha, ou Bothoua ou Botouha) est mentionné dès 1316. Dépendant de la baronnie de Quintin, il est partagé entre les seigneurs du Pellinec et de Beaucours.

Le nom de Bothoa pourrait venir de « Bot = demeure », et de saint Doha, un saint du qui a donné le nom de Saint-Doha à un village de Merdrignac. Saint Doha pourrait être saint Doccus, un saint de l’île de Bretagne aussi honoré au Pays de Galles. Bothoa devient une paroisse du diocèse de Cornouailles (évêché de Quimper) au début du , elle recouvre les territoires très étendus des municipalités actuelles de Saint-Nicolas-du-Pélem, Canihuel, Lanrivain, Kerien et Sainte-Tréphine. On ne parlait pas alors de Saint-Nicolas-du-Pélem, on disait Bothoa.

Époque moderne Progressivement, le bourg de Saint-Nicolas grandit et devient plus gros que Bothoa.

Le

Saint-Nicolas-du-Pélem devient la commune à la place de Bothoa

En 1836, par l’ordonnance 6435 du , le roi Louis-Philippe Ier change le nom de la commune de Bothoa et du canton de Bothoa qui prennent le nom de Saint-Nicolas-du-Pélem : c’est à cette date que le nom officiel du village devient Saint-Nicolas-du-Pélem, alors que Bothoa devient un lieu-dit de Saint-Nicolas-du-Pélem. En 1862, la paroisse est également transférée à Saint-Nicolas. Enfin en 1870, le colonel de Beaucours, propriétaire du château du Pélem, fait don à la commune de la chapelle Saint-Nicolas, qui devient église paroissiale Saint-Pierre en héritant du nom de l’ancienne église de Bothoa.

Dans la première décennie du , pour les Bretons souhaitant émigrer, St Nicolas du Pelem était réputé pour avoir établi des liens avec le Canada et en être en quelque sorte une porte d'entrée. Rappelons que cette émigration résultait de difficultés économiques majeures, et que le voyage n'était pas sans risque.

L'essor démographique jusqu'à la Première Guerre mondiale

La commune de Saint-Nicolas-du-Pélem connaît une croissance démographique continue jusqu'en 1911 où elle dépasse les . L'agriculture est alors la principale activité économique de la commune, dominée par de grands propriétaires terriens : écrit André Siegfried en 1913Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République, ..

Le

La Belle Époque

La Première Guerre mondiale