Elia Kazanjoglous, dit Elia Kazan, né Elias Kazantzoglou (en ), né le à Constantinople (Empire ottoman) et mort le à New York (États-Unis), est un réalisateur, metteur en scène de théâtre et écrivain américain d'origine grecque, décrit par le The New York Times comme « l'un des réalisateurs les plus honorés et les plus influents de l'histoire de Broadway et de Hollywood ».
Né à Constantinople (actuelle Istanbul) de parents , sa famille arrive aux États-Unis en 1913. Après avoir étudié au Williams College et à l', il est acteur pendant huit ans, rejoint le en 1932, apparaît notamment dans Ville conquise (1940), et co-fonde l'Actors Studio en 1947. Avec et Cheryl Crawford, son école introduit la « Méthode » sous la direction de Lee Strasberg.
Ses films portent sur des questions personnelles ou sociales qui le préoccupent particulièrement. Il écrit : « Je ne bouge pas à moins d'avoir une certaine empathie avec le thème de base ». Son premier film « problématique » est Le Mur invisible (1947), avec Gregory Peck, qui traite de l'antisémitisme aux États-Unis. Il est nommé huit fois aux Oscars et en remporte trois, dont celui du meilleur réalisateur. Son film suivant, L'Héritage de la chair (1949), est l'un des premiers films hollywoodiens à grand public à aborder les . Un tramway nommé Désir (1951), l'adaptation de la pièce de théâtre qu'il a également mise en scène, reçoit douze nominations aux Oscars et en remporte quatre, et révèle un nouvel acteur nommé Marlon Brando. Trois ans plus tard, il dirige à nouveau Brando dans Sur les quais, un film sur la corruption syndicale dans le port de New York. Il est nommé 12 fois aux Oscars et en remporte huit. En 1955, il réalise À l'est d'Éden qui révèle James Dean.
Un tournant dans sa carrière survient lors de son témoignage devant le comité parlementaire sur les activités antiaméricaines en 1952 à l'époque de la liste noire de Hollywood, qui lui vaut de vives réactions négatives de la part de nombreux amis et collègues. Son témoignage contribue à mettre fin à la carrière des comédiens Morris Carnovsky et Art Smith, ainsi qu'à celle du dramaturge Clifford Odets"A McCarthy Era Memory That Can Still Chill The New York Times, 16 janvier 1997. Kazan et Odets avaient conclu un pacte pour se nommer devant le comitéKazan, Elia, A Life. New York: Doubleday, 1988, pp. 462–63. Kazan justifie plus tard son acte en disant qu'il avait pris « seulement la plus tolérable des deux alternatives qui étaient dans les deux cas douloureuses et fausses"Scorsese gets personal in his A Letter to Elia" Gulf News, September 6, 2010 ». Près d'un demi-siècle plus tard, son témoignage anticommuniste continue à susciter la controverse. Lorsqu'il reçoit un Oscar d'honneur en 1999, des dizaines d'acteurs choisissent de ne pas applaudir tandis que 250 personnes manifestent"Amid Protests, Elia Kazan Receives His Oscar The New York Times, March 22, 1999.
Kazan a influencé le cinéma des années 1950 et 1960 avec ses sujets provocateurs et thématiques. Le réalisateur Stanley Kubrick l'a qualifié de « sans aucun doute le meilleur réalisateur que nous ayons en Amérique, capable de faire des miracles avec les acteurs qu'il utiliseCiment, Michel. Kubrick: The Definitive Edition, Faber and Faber, Inc. (1980; 1999)International Dictionary of Films and Filmmakers – 2: Directors, St. James Press (1997) pp. 519–522 ». L'auteur du cinéma conclut que même « si ses réalisations sont entachées par une controverse politique, la dette que Hollywood – et les acteurs du monde entier – lui doit est énormeFreer, Ian. Movie Makers: 50 Iconic Directors, Quercus Publishing (London) (2009) pp. 84–85 ». Orson Welles dira « Kazan est un traître [...] [mais] c'est un très bon réalisateur ». En 2010, Martin Scorsese co-réalise le documentaire A Letter to Elia en hommage à Kazan"Scorsese Film Defends Anti-Communist Informer Kazan" ABC News, September 4, 2010"A Letter to Elia" Variety, September 4, 2010.
Biographie Il est né à Constantinople dans l'Empire ottoman, fils d'un marchand de tapis grec, Yorgos (George) Kazanjoglous et d'Athéna (née Sismanoglou). Enfant, il immigre aux États-Unis avec sa famille en 1913. Sa famille s'installe dans un premier temps dans le quartier grec de Harlem, puis emménage à New Rochelle (État de New York).
Il suit ses études secondaires au New Rochelle High School, puis il s'inscrit au prestigieux Williams College où il obtiendra un Bachelor of Arts (option littérature anglaise).
Puis il suit des cours de théâtre à la Yale Drama School de l'université Yale de 1930 à 1932.
Dans les années 1930, il s'engage dans la vie théâtrale au sein du d'abord comme acteur, puis comme metteur en scène (notamment de Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams en 1947 et Mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller, en 1949). Il est un des fondateurs, avec Cheryl Crawford et Robert Lewis, d'une école d'art dramatique, l'Actors Studio, en 1947.
Il se tourne vers le cinéma dans les années 1940. Il réalise Un tramway nommé Désir (1951), Viva Zapata ! (1952), À l'est d’Éden (1955), Sur les quais (1954) qui est classé à la dix-neuvième place du Top 100 de l'American Film Institute, Le Fleuve sauvage (1960), la Fièvre dans le sang (1961), America, America (1963) et l'Arrangement (1969).
Il épouse Barbara Loden (réalisatrice de Wanda) en 1968.
Il reçoit en 1948 (Le Mur invisible) et en 1955 (Sur les quais) l'oscar du meilleur réalisateur, et en 1999 un oscar pour l'ensemble de sa carrière.
Divers festivals comme celui de Cannes, des Golden Globes, des Berlinales, etc. lui ont décerné divers prix et récompenses.
thumb|Étoile d'Elia Kazan sur le Hollywood Walk of Fame.
Elia Kazan possède son étoile sur le Hollywood Walk of Fame.
En 1934, il adhère au Parti communiste et en est exclu en 1936. Plus tard, il participera à la chasse aux sorcières en dénonçant des gens du cinéma dont certains de ses amis appartenant à la gauche auprès de la commission des activités anti-américaines, en pleine époque du Maccarthysme. Lors d'interviews ou même dans son autobiographie publiée en 1989 (Elia Kazan, une vie), le cinéaste s'est expliqué à de nombreuses reprises sur sa démarche de délation. Elia Kazan a pu expliquer ne ressentir ni embarras ni honte concernant ses dénonciations. Il les a revendiquées en considérant avoir fait ce qu'il pensait être juste. Cependant Elia Kazan a évoqué une forme d'indécence dans ses agissements et il en a questionné la moralité mais non la justesse selon lui.
Elia Kazan décède à l'âge de 94 ans dans son domicile de Manhattan.
Ses archives sont déposées à Reid Cinema Archives de l'université Wesleyenne.
Pièces de théâtre Comme metteur en scène
Comme collaborateur D'après son autobiographie, il participe à plusieurs pièces du Group : L'enfant chéri de Cliff OdetsUne Vie, p. 88 Success Story The Pure in heart de John LawsonUne Vie, p. 92 ChrysalideUne Vie, p. 97 Awake and Sing! de Clifford OdetsUne Vie, p. 112 Des hommes en blanc qui emporte le PulitzerUne Vie, p. 112-113 Gens de Cumberlands de Ralph SteinerUne Vie, p. 115
Filmographie Comme réalisateur vignette|Vivien Leigh et Marlon Brando dans une scène du film Un tramway nommé Désir (1951). vignette|Eva Marie Saint et Marlon Brando dans le film Sur les quais (1954).
Comme acteur
Œuvre littéraire Romans
Publications Elia Kazan, une odyssée américaine, textes et images choisis et présentés par Michel Ciment, Paris, Calmann-Lévy, 1987 . Elia Kazan, Une vie, Paris, Grasset, 1989 . Kazan, Jovis Verlag GmbH, 1996 . Kazan par Kazan, entretiens avec Michel Ciment, Paris, Ramsay, 1999 .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Patrick Brion, « Kazan », Les Cahiers du Cinéma, , Roger Tailleur, E. Kazan, Paris, Seghers, coll. « Cinéastes d'aujourd'hui », , 1971 Michel Ciment, Kazan par Kazan, 1973 Alain Carbonnier et Carole Desbarats, « Entretien avec Elia Kazan », Cinéma Quatre-Vingt-Cinq, , Fédération française des ciné-clubs (FFCC), Paris, juillet-, . Edoardo Bruno et Philippe d'Hugues, Elia Kazan, Italie, Gremese, 1989 Florence Colombani, Elia Kazan : une Amérique du chaos, Paris, Philippe Rey, 2004 Michel Ciment, John Lahr et Martin Scorsese, Elia Kazan, le plaisir de mettre en scène, Paris, G3J Éditeur, 2010 Jean-Michel Durafour et José Moure (dir.), Elia Kazan. La confusion des sentiments, Aix-en-Provence, PUP, coll. « Arts », 2019
Documentaires Des Écrivains à New York, Italiques, ORTF, 1972 Elia Kazan Outsider, film-entretien avec Elia Kazan sur sa vie et sa carrière réalisé par Michel Ciment et Annie Tresgot, Argos Films, 1982 A Letter to Elia, documentaire de Kent Jones et Martin Scorsese, 2010 Un Américain nommé Kazan de Claire Duguet, Arte - Folamour, 2018
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