Andéol du Vivarais est considéré comme un saint par les catholiques romains et les orthodoxes. Il est né à Smyrne, dans la province romaine d'Asie au .

On célèbre saint Andéol, premier apôtre du Vivarais, le , jour de son martyre selon le martyrologe romainMartyrologe romain - 1er mai : In territorio Vivariensi, in Galliis, beati Andeoli Subdiaconi, qui, una cum aliis, a beato Polycarpo, Smyrnensi Episcopo, ex Oriente in Galliam ad praedicandum verbum Dei missus est. Hic, sub Severo Imperatore, spinosis fustibus caesus, demum, per ensem ligneum capite in quatuor partes in modum crucis conscisso, martyrium consummavit, ou bien le selon le diocèse de ViviersSaintes et saints du vivarais - Diocèse de Viviers.

Terminologie

Les saints ne sont pas nommés selon le lieu de leur naissanceIl y a cependant des exceptions comme saint François d'Assise ou sainte Colette de Corbie, par exemples., comme les personnalités de l'Antiquité grecque et latine. Ils sont nommés selon le lieu où ils ont subi leur martyre, ou bien selon le lieu où ils exerçaient leurs fonctions au moment de leur mort, ou bien selon le lieu où ont été transportées leurs reliques et où elles sont vénérées. Ainsi, même si l'origine smyrniote de saint Andéol était attestée de façon plus certaine, on n'appellerait pas ce saint « Andéol de Smyrne » mais « Andéol du Vivarais » ou éventuellement « Andéol de Bourg ». En effet, le synaxaire (ou martyrologe) de l'Église de Smyrne ignore saint Andéol, tandis que celui de l'Église de Viviers en a jusqu'à nos jours maintenu le souvenir.

De la même façon, tout le monde dit « Saint Irénée de Lyon » (lieu de son martyre) et non « Saint Irénée de Smyrne » (lieu de sa naissance).

Histoire et légendes 175px|thumb|Blason de Saint-Andiol De sable,à un saint Andéol d'argent . Le Bulletin d'histoire ecclésiastique et d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers Églises et reliques à Bourg-Saint-Andéol - Bulletin d'histoire ecclésiastique et d'archéologie religieuse, le livre de l'abbé Jean Charay (Petite histoire de l'église diocésaine de Viviers), le site internet du diocèse de ViviersSaint Andéol sur le site internet du diocèse de Viviers, le livre écrit par l'abbé Onésime Mirabel Onésime Marie Louis Mirabel, né à Chalencon (Ardèche), le 2 mai 1840, décédé à Villeneuve-de-Berg (Ardèche), le 28 septembre 1910. Ordonné prêtre le 19 décembre 1863. Vicaire à Chalencon, le 2 mai 1864, puis à Bourg-Saint-Andéol, le 20 juin 1865; curé de Gilhoc, le juillet 1874; curé de Meysse, le juillet 1879. Retiré à Villeneuve-de-Berg, le octobre 1906, chez son neveu, Maître Mirabel, notaire. (Saint Andéol et son culte) sont les principales références de cet article, ainsi que d'autres écrits tels que Le sarcophage de Saint Andéol de Robert Saint-JeanLe sarcophage de Saint Andéol par Robert Saint-Jean, Bourg-Saint-Andéol d'Albert du BoysBourg-Saint-Andéol par Albert du Boys et Les Petits Bollandistes : vie des Saints de Paul Guérin« Saint Andéol 208 », Les Petits Bollandistes : vie des Saints de Paul Guérin Tome 5.

Pour certains auteurs laïcs, mais aussi pour l'abbé Jean Charay, la passion d'Andéol est une légende à mettre au conditionnel2000 ans de religion à Bourg-Saint-Andéol. Le martyre des chrétiens de Lyon en 177, proche de celui de saint Andéol dans le temps et dans l'espace, a donné lieu à des études scientifiques faisant la part entre croyances populaires et histoireBlandine, livrée aux lions - Centre National de Documentation PédagogiqueColloque sur les Martyrs de Lyon - Septembre 1977, études facilitées par l'existence de peu de légendes concernant sainte Blandine et saint Pothin, car l'« on possède un récit circonstancié et vivant de leur martyreLettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et de Phrygie ». A contrario, on possède uniquement sur saint Andéol des récits que l'« on ne peut utiliser qu'avec une extrême prudence, en raison de leur caractère apocryphe » (les Acta sancti Andeoli, le Livre des miracles de saint Andéol).

Biographie 250px|left|thumb|Église Saint-Andéol de Bourg-Saint-Andéol. Andéol (du gallo-romain Andeolus) est né à Smyrne (aujourd'hui Izmir en Turquie) au .

Andoche et Bénigne, prêtres, Thyrse, diacre, et Andéol, sous-diacre, originaires de Smyrne tous les quatre, furent envoyés évangéliser la Gaule par saint Polycarpe (évêque de Smyrne, disciple de l'apôtre Jean, martyrisé en 155 ou en 167, selon les sources), à l'appel de saint Irénée, évêque de Lyon (né à Smyrne)Petite histoire de l'église diocésaine de Viviers, travail d'équipe coordonné par l'Abbé Jean Charay (Imprimerie Lienhart - 1977 - Aubenas-en-Vivarais). Ils sont accueillis à Lyon par Irénée et par son prédécesseur, saint Pothin, tous les deux formés à l'école de Polycarpe et envoyés par lui en Gaule, précédemment« Dans un grenier de Blanot, une gravure de Ludovic Alleaume... », Les Amis de La Plaine à Blanot (Côte d'Or), 27 février 2014.

Andoche, Thyrse et Bénigne sont envoyés en mission dans la région d'Autun. Et c'est là qu'en 177, les deux premiers meurent en martyrs pour leur foi, avec Félix, un riche commerçant qui les hébergeait. Leurs reliques reposent dans l'église Saint-Andéol de Saint-AndeuxÉglise Saint-Andéol de Saint-Andeux et dans la basilique Saint-Andoche de SaulieuBourgogne romane - SaulieuAbbatiale Saint-Andoche de Saulieu, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Andeux. Quant à Bénigne, il subit le martyre à Dijon, vers 179Martyre de Bénigne.

Andéol reçoit pour mission de « porter l'évangile dans les régions méridionales que fertilise le RhôneSaint Andéol et son culte, par l'Abbé Onésime Mirabel - Éditeur : Victor Palmé - Paris - 1868 ».

Le , alors qu’il prêche devant une foule nombreuse à Bergoïata, dans le Vivarais (Ardèche actuelle), l'empereur Septime Sévère, de passage dans la cité, le fait arrêter et comparaître devant lui, le christianisme étant interdit.

Andéol ne cède ni aux menaces, ni aux promesses, refuse avec force de renier sa foi et prononce cette prière : « Seigneur Jésus, je te rends grâce de ce que tu m'accordes de souffrir pour ton nom »« Prière de saint Andéol », Site catholique.fr. Après l'avoir fait torturer, Septime Sévère le fait jeter dans un cachot, puis ordonne sa mise à mort.

Andéol meurt la tête « fendue en croix par une épée en bois », le , à Gentibus (Haut-Bergoïata : partie amont de Bergoïata, sur la rive gauche du Rhône).

Son corps, jeté dans le Rhône et poussé par le courant jusqu'au rivage de Bas-Bergoïata (partie avale de Bergoïata, sur la rive droite du Rhône, devenue Bourg-Saint-Andéol au ), y est recueilli le , par une riche gallo-romaine secrètement convertie, Amycia Eucheria Tullia, épouse de Barbinius. Elle fait ensuite creuser dans sa maison un oratoire, où elle dépose les restes de saint Andéol, dans le sarcophage qui avait contenu le corps d’un enfant de sa famille, pour ne pas éveiller les soupçons et les protéger ainsi de toute profanation.

Culte Bernoin (ou Bernouin), l'évêque de Viviers de 851 à 874, retrouve en 858 les restes d'Andéol, à l'emplacement de la demeure de Tullia (sur lequel la chapelle Saint-Polycarpe sera érigée plus tard). Il dédie à saint Andéol l'église achevée la même année à Bergoïata (qu'il avait fait bâtir en l'honneur de saint Étienne et de saint Jean) et y fait transporter ses reliques. Il met à l'honneur le culte de saint Andéol et le pèlerinage de Bergoïata connaît tout de suite un grand succès. La vénération du saint se répand, principalement dans la vallée du Rhône (cf. ci-dessous « Religion et toponomye »). Elle ira jusqu'au Nord de l'Espagne avec l'appui de Charles II le Chauve (cf. l'histoire du monastère de créé en 859. Elle avait déjà atteint Paris au et touchera le nord de Paris au (cf. ci-dessous « L'énigme de saint Ache… »).

Pour certains auteurs, l'édification de l'église Saint-Andéol de Bergoïata est datée du et non du (858 - Bernoin), et la première utilisation du sarcophage gallo-romain comme réceptacle des restes de saint Andéol, du et non du (208 - Tullia). Au sein même de l'église de Bourg-Saint-Andéol, les différentes versions cohabitent...

Sarcophage de saint Andéol L'église romane Saint-Andéol de Bourg-Saint-Andéol (Bergoïata) est en fait le fruit de rénovations et d'agrandissements successifs de l'édifice original de Bernoin, effectués au cours des , , .

On découvre aujourd'hui, dans l'abside située à droite du chœur de l'église, le sarcophage en marbre blanc utilisé par Tullia en 208, auquel est donné le nom de « tombeau de saint AndéolTombeau de saint Andéol ».

260px|thumb|Sarcophage de saint Andéol.

Il s'agit d'un sarcophage antiqueSarcophage de saint Andéol dans l'Église Saint-Andéol de Bourg-Saint-Andéol.

On peut lire sur l'une de ses deux longues faces l'inscription païenne suivante, en l'honneur du défunt (un garçon de cinq ans) :

D. M. TIB. IVLI. VALERIANUS O. ANN. V. M. VII. D. VI. JVLIVS CRANTOR ET TERENTIA VALERIA FILIO DVLCISSIMO

Traduction : Aux Dieux Manes, Tiberius Julius Valérianus est mort à l'âge de cinq ans sept mois et six jours. Julius Crantor et Terentia Valeria à leur enfant chéri.

On a gravé au début du sur l'autre longue face une inscription en latin à la gloire du saint, et les figures de saint Polycarpe et de saint Bénigne.

Inscription de la façade chrétienne :

QUICUMQUE ETERNE SPEM VIS AFFIGERE VITE ASPICE SARCOPHAGUM QUADRO SINUAMINE DIGNUM + QUATUOR UT MUNDI PARTES MAGNALIA XPI + HINC EFFEBE QUEANT JUSTI PIE VINCERE DISCANT + ANDEOLE INDICIO TU FELIX MARTYR ADESTO + CORPORE TE PARVI TENET ISTIUS ARCA SEPULCRI + SED VIRTUTE PIIS JUNCTUS SUPER ASTRA DE ARIS + AD TE VENIANT QUOS SEVA FLAGELLA FATIGANT + FRISTIS NEMO REDIT TUA MUNIMINA POSCIT.

Qui signifie :

Vous tous qui placez votre espérance en la vie éternelle, regardez ce tombeau à quatre faces : Il est digne de manifester aux quatre parties du monde les merveilles du Christ et d'apprendre aux justes à vaincre dans les combats de la foi. Ô Andéol, heureux martyr, donnez-nous des marques de votre protection. L'enceinte de ce petit tombeau renferme votre corps, mais votre âme vertueuse jouit avec les saints, par delà les astres, de la félicité céleste. Qu'ils accourent à vous ceux que de cruelles douleurs affligent; il n'est aucun de ceux qui implorent votre protection, qui ne s'en retourne consolé.

Le couvercle du sarcophage a été détérioré. Les reliques de saint Andéol ont été profanées en 1562, au début des guerres de religion, puis en 1792, au début de la Révolution française (selon le diocèse de Viviers- cf. La tradition critique dans le monde occidental concernant la question des reliques).

Les restes des reliques se trouvent dans l’alvéole situé au milieu de l’abside.

À proximité du sarcophage, est exposée l'épitaphe de l'évêque de Viviers, Bernoin, sous l'épiscopat duquel les reliques d'Andéol ont été découvertes en 858.

Voici l'obit de Bernoin (retrouvé par l'abbé Paradis en 1851Nécrologie de l'abbé Paradis par Mazon - Bibliothèque de l'école des chartes - 1898) :

HIC INEVENITUR TUMULUS BER NUINI EPISCOPI QUI INVENIT CORPUS BEATI ANDEOLI MARTYRIS ET HANC DONUM ET FUNDAMENTUM EREXIT, REXIT ECCLESIAM VIVARIENSEM ANNOS 23 ET OBIIT PACIFICE IDUS DECEMBRIS 5°.

Traduction :

Ici se trouve le tombeau de l'évêque Bernoin qui découvrit le corps du bienheureux Andéol, martyr; ce fut lui qui bâtit cet édifice dont il avait jeté les fondements; il gouverna l'église de Viviers pendant 23 ans et mourut paisiblement le 5 des ides de décembre.

Représentations du saint : tableaux et statues left|upright=0.8|thumb|Église de Saint-Andéol-de-Berg.