Le Sahara (en , , « le grand désert », en berbère : ⵜⵉⵏⵉⵔⵉ Tiniri ou ⵜⵏⵔ Tenere) est un vaste désert chaud situé dans la partie nord du continent africain. Il s'étend sur d'ouest en est, de l'océan Atlantique à la mer Rouge, et couvre plus de (soit près de 30 % de la surface de l'Afrique), ce qui en fait la plus grande étendue de terre aride d'un seul tenant dans le monde et le troisième désert le plus étendu sur terre.

Le Sahara peut même être prolongé au-delà de la mer Rouge, les géographes parlant alors d'un grand « désert saharo-arabique ». Plus largement encore, le Sahara constitue la partie occidentale d'une vaste diagonale sèche qui s'étend des abords du fleuve Sénégal à la Mongolie.

Plus vaste désert chaud du monde, il divise le continent d'est en ouest. Il couvre d'immenses étendues et s'étend sur le territoire de dix États : l'Algérie, l'Égypte, le Maroc, la Libye, la Tunisie, la Mauritanie, le Niger, le Mali, le Tchad, le Soudan, ainsi que sur le territoire contesté du Sahara occidental.

Le désert de sable ne couvre que 20 % de sa superficie, les 80 % restants sont principalement constitués de surfaces rocheuses où dominent des roches sédimentaires. La zone géographique comprend plusieurs paysages et climats ; on y trouve des déserts de sable (Grand Erg oriental et Grand Erg occidental), des montagnes (Hoggar, Tassili, Tibesti), des hamadas (plateaux rocailleux) et des regs (déserts de pierre) tel le Tanezrouft.

Terminologie

Le mot Sahara vient du terme , qui n'a pas de signification géographique pour les Arabes mais qui leur sert à désigner une vaste plaine aride avec une végétation desséchée, roussie par la chaleur (d'où le verbe apparenté signifiant « être de couleur fauve »). .

Avant l'arabisation de l'Afrique du Nord, le nom Tenere ou Tiniri (qui a donné « Ténéré ») était utilisé en berbère pour signifier un « désert plat, grande plaine désertique, étendue de vaste terrain sans montagne ni végétation, plateau » en touareg.M. A. HADDADOU DICTIONNAIRE DES RACINES BERBERES COMMUNES, Suivi d’un index français-berbère des termes relevés, Haut Commissariat à l’Amazighité, 2006-2007, et en zénaga, les langues berbères de la région.

En Égypte antique, par opposition à la vallée du Nil nommée Kemet en égyptien ancien (qui veut dire noir/sombre, à cause du limon noir et fertile des crues du Nil), le territoire aride au-delà de la vallée était nommé Decheret ou Desheret, dšrt, c'est-à-dire la « terre ocre stérile » ; on note la consonance proche avec le mot latin , qui provient de l'égyptien ancien et qui devint « désert » en français ( en anglais, en espagnol, en italien, etc.). En copte le désert était appelé ϣⲁϥⲉ šafe (prononcé shafé ou chafé).

Le terme désert viendrait du nom latin (terre abandonnée), qui lui-même vient de l'égyptien ancien dšrt (desheret). Les romains appelaient Terra deserta la région au sud de Carthage..

Composante d'un vaste ensemble aride Ce grand désert est le plus vaste et le seul vrai désert au sens géographique du terme car il comporte des régions hyperarides (moins de de précipitations annuelles mais avec une extrême irrégularité interannuelle), arides (moins de de précipitations annuelles et une végétation concentrée dans les oueds), semi-arides et sub-humides sèches. La diagonale sèche dont il fait partie comprend également l'Arabie, le désert de Syrie (Syrie, Jordanie et Irak), le Dasht-e Kavir et le Dasht-e Lut (Iran), le Thar (Inde) et se poursuit par les déserts de latitude moyenne d'Asie centrale (le Karakoum, le Kyzyl Kum et en Chine le Taklamakan et le désert de Gobi).

Cette aridité s'explique par l'absence des deux sources principales de précipitations : le front polaire et les courants équatoriaux d'ouest et elle conduit à des épisodes de sécheresse particulièrement importants en intensité et en durée.

Limites géographiques bioclimatiques

Selon des critères climatiques, la limite septentrionale du Sahara est l'isohyète des (+ ou - ), correspondant à peu près à la limite d'implantation du palmier-dattier, l'une des espèces les plus caractéristiques de la zone de transition Méditerranée/Sahara. La limite sud est plus floue, elle peut être située sur l'isohyète des , voire ..

Selon des critères biogéographiques ou bioclimatiques., la limite au nord correspond à la limite septentrionale de maturité du palmier-dattier (Phoenix dactylifera) et à la limite méridionale de l'alfa). Au sud, elle correspond à la limite méridionale de (Cornulaca monacantha), Stipagrostis pungens et Panicum turgidum ou à la limite septentrionale de plusieurs espèces sahéliennes, notamment le cram-cram (Cenchrus biflorus, Poaceae sahélienne) et, parmi les plantes ligneuses, Commiphora africana et Boscia senegalensis. Toutefois le cram-cram est une espèce annuelle à durée de vie brève, n'est généralement plus visible après quelques mois de saison sèche, et son abondance varie directement en fonction des précipitations. Elle est de surcroit véhiculée sous forme d'épillets munis de glumes à crochets redoutablement efficaces par les animaux qui peuvent ainsi la transporter loin de son aire. Pour ces raisons, des auteurs ont proposé de déterminer la limite bio-climatique saharo-sahélienne à partir d'espèces arbustives qui intègrent les conditions pluviométriques tout au long de leur vie et sont aisément repérables : Commiphora africana se rencontre en abondance au Nord-Sahel. Acacia senegal (le gommier du Sénégal) et Zyziphus mauritiana ont la même répartition. Du côté saharien, s'observeront Stipagrostis pungens, (arabe : sbot ou Drinn), puissante graminée pérenne, Calligonum comosum (arabe : awarach) et Zyziphus lotus (arabe : Sder).

Climats Circulation atmosphérique vignette|Position de la ZCIT en janvier (en bleu) et en juillet (en rouge).

Son climat est conditionné par le mouvement descendant (subsidence) des masses d'air mises en mouvement par les cellules de Hadley. Dans une zone comprise entre les tropiques et l'équateur, la zone de convergence intertropicale (ZCIT), l'air humide apporté par les alizés suit un mouvement ascendant. La montée en altitude rafraîchit l'air et l'humidité est relâchée sous forme de précipitations à hauteur de l'équateur. L'air asséché converge ensuite vers les tropiques nord et sud, ce qui crée un climat aride à ces endroits, aux alentours des nord et sud. Cela correspond au Sahara au nord, et au Kalahari au sud. La zone correspond donc à une ceinture de hautes pressions subtropicales semi-permanentes où l'air venu des niveaux supérieurs de la troposphère tend à s'abaisser vers le sol. La subsidence empêche les ascendances de l'air et par conséquent annihile tout refroidissement adiabatique, ce qui rend la formation de nuages très difficile voire quasiment impossible. La masse d'air dominante stationnant sur le Sahara est donc un air tropical continental (cT), extrêmement chaud et sec. La dissipation permanente de la couverture nuageuse permet un ensoleillement et une radiation thermique ininterrompue. En conséquence, le ciel est le plus souvent clair, le temps est sec, stable, parfois avec une présence de sable dans l'atmosphère (couche d'air saharien).

Le climat saharien est caractérisé par l'extrême faiblesse, la rareté et la grande irrégularité des précipitations, les très hautes températures de l'air et du sol, l'insolation exceptionnelle, l'hygrométrie moyenne très basse en dehors des côtes, des contrastes thermiques (annuels et journaliers) accentués, une évaporation potentielle considérable, la plus forte de tous les déserts chauds du monde. Le Sahara est le désert le plus absolu : une sécheresse comparable à celle du Sahara ne se voit qu'au nord du Chili, mais sur une étendue infiniment moindre ; partout ailleurs les déserts sont bien plus « pluvieux ».

Pluviométrie vignette|Moyenne des précipitations en Afrique, 1971-2000. vignette|Hauteur moyenne des précipitations en Afrique de l'Ouest, 1995-2006.

L'aridité particulière du Sahara tient à la vigueur et surtout à la permanence des hautes pressions. Dans ces conditions, l'air surchauffé au sol ne peut s'élever ; il renforce l'anticyclone en se comprimant. L'affaissement de l'air est le plus fort et le plus efficace au-dessus du Sahara oriental, où l'absence de pluie est absolue, rivalisant avec le désert d'Atacama situé au Chili. L'inhibition pluviométrique et la dissolution des nuages sont par conséquent plus accentuées dans la partie orientale que dans l'occidentale. L'aridité plus grande du Sahara oriental vient du fait qu'il se retrouve encore plus rarement sur la trajectoire des systèmes dépressionnaires chargés de pluie. On y trouve donc les pluies annuelles les plus faibles de la planète ; ainsi, la moyenne annuelle est-elle à peine de dans la région de Taoudeni (Mali), elle descend à à Tedjerhi au sud du Fezzan (Libye) et elle devient quasiment nulle () à Louxor (Haute-Égypte). Ces moyennes sont d'ailleurs peu significatives car la variabilité interannuelle des précipitations peut être énorme, plus la moyenne annuelle pluviométrique est faible, plus celle-ci est variable d'une année à l'autre.

Au sud du désert, au niveau de la zone climatique sahélo-saharienne, la remontée latitudinaire de la zone de convergence intertropicale en été peut donner des averses brèves mais très irrégulières avec des précipitations annuelles moyennes comprises entre et , comme c'est le cas à Tombouctou (Mali) entre juillet et septembre, où tombe l'immense majorité des faibles précipitations annuelles. Dans ce cas, les hautes pressions ont migré vers des latitudes plus septentrionales. Si la ceinture anticyclonique est toujours présente au-dessus du Sahara, elle est relativement peu épaisse en hiver sur le Sahara septentrional ou bien rejetée en altitude dans le Sahara méridional à cause de la dépression thermique qui se forme dans les basses couches de l'atmosphère en été. La pluviogenèse requiert toutefois l'intervention de processus atmosphériques extérieurs suffisamment puissants pour annuler de façon temporaire le caractère stérilisant des structures aérologiques saisonnières, en raison de la grande vigueur des facteurs contrariants.

Sur les 8 ou de désert au Sahara, l'équivalent de la superficie cumulée de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, une superficie d'environ (31 % de la superficie totale) reçoit des précipitations moyennes annuelles inférieures ou égales à et près de (17 % de la superficie totale) reçoivent ou moins par an. La quantité annuelle moyenne de pluie est théoriquement de sur plus de (11 % de la superficie totale) au Sahara oriental en Libye, en Égypte et au Soudan où la moyenne calculée à long terme approche par an.

L'aridité extrême des régions sahariennes ne tient pas seulement à l'excessive faiblesse des précipitations. En effet, à précipitations égales, l'aridité est d'autant plus forte que les températures et l'évaporation potentielle sont élevées. Le minimum pluviométrique est atteint au Sahara oriental alors que le maximum thermique est atteint au Sahara occidental. À altitudes égales, les déserts de Libye et d'Égypte sont relativement moins chauds que les déserts d'Algérie et du Maroc.

Ensoleillement vignette|Ensoleillement mondial.

Au Sahara, on enregistre de façon courante une durée moyenne effective d'insolation supérieure à , soit plus de par jour.