, ou Les Enragés au Québec, est un film américain écrit et réalisé par Quentin Tarantino, sorti en 1992. Il décrit une bande de truands et les événements qui surviennent avant et après un braquage raté. Premier long-métrage du réalisateur, ce film indépendant compte, notamment, Harvey Keitel, Tim Roth, Michael Madsen et Steve Buscemi dans sa distribution. Il introduit dans ses thèmes et dans son esthétique ce qui deviendra la marque de fabrique Tarantino : dialogues stylisés, narration non linéaire, références à la culture populaire, violence et langage vulgaire.

Quentin Tarantino avait, à l'origine, l'intention de réaliser ce film en amateur, avec des moyens très limités ; l'implication de Harvey Keitel a permis au projet de prendre davantage d'ampleur. Le film a connu un succès commercial modeste dans l'absolu, mais très important comparé à son budget et fut très bien accueilli par la critique. Présenté en compétition lors de festivals de cinéma, il a remporté plusieurs récompenses. Il est désormais considéré comme un film culte dans l'histoire du cinéma indépendant et a permis à Quentin Tarantino de se faire connaître dans le milieu du cinéma, ouvrant ainsi la voie du succès pour son deuxième film, .

Synopsis Dans un restaurant, huit hommes, en apparence décontractés, parlent, entre autres, de musique, notamment de de Madonna, et du fait de savoir s'il faut laisser, ou non, un pourboire à la serveuse. Six d'entre eux utilisent des pseudonymes ( White, Blonde, Orange, Pink, Blue et Brown) et les deux autres sont Joe Cabot, un truand de Los Angeles, et son fils Eddie.

Ensuite White et Orange, lequel est gravement blessé par balle, arrivent dans un entrepôt abandonné. Peu après survient Pink. Tous ces hommes sont des gangsters engagés par Joe Cabot pour braquer un diamantaire. Le braquage - qui n'est jamais montré dans le film - a mal tourné en raison de l'intervention rapide de la police. Brown a été tué et Blonde ainsi que Blue ont disparu. Pink, qui a emporté les diamants, et White soupçonnent que l'un des membres de leur groupe est un informateur.

S'ensuivent deux flashbacks montrant la fuite de Pink avec les diamants lors d’une poursuite avec la police et le recrutement de White, de son vrai nom Larry, par Joe Cabot, les deux hommes étant des amis de longue date.

Dans la planque, Pink et White discutent ensuite du comportement de Blonde, qui a tué plusieurs civils. White se méfie de Blonde qu'il considère comme un dangereux psychopathe. Pink s'oppose alors à la volonté de White d'emmener Orange à l'hôpital et les deux hommes, à bout de nerfs, se braquent mutuellement, Blonde faisant son apparition à ce moment-là. Il les informe qu'Eddie Cabot est en route pour les rejoindre, puis qu'il a capturé un policier. Un autre flashback montre Blonde, de son véritable nom Vic Vega, recruté à sa sortie de prison car c'est un ami d'Eddie.

Tandis que les trois hommes interrogent le policier, Eddie Cabot arrive et, persuadé que personne ne les a balancés, s'emporte contre les gangsters. Il demande à White et à Pink de le suivre jusqu'à l'endroit où ce dernier a caché les diamants, laissant Blonde avec le policier et Orange, évanoui, se vidant de son sang. Blonde met la radio et, dansant sur de , torture le policier pour le plaisir : il lui coupe l'oreille droite au rasoir, puis l'asperge d'essence et s'apprête à le faire brûler vif quand Orange, sorti de sa torpeur, dégaine son pistolet et vide son chargeur sur Blonde. Il révèle alors au policier mutilé, nommé Marvin Nash, qu'il s'appelle Freddy Newandyke, et qu'il est lui-même agent de police, infiltré dans la bande de Cabot. La police est aux alentours, attendant l'arrivée de Joe Cabot pour intervenir.

Lors d'un nouveau flashback, intitulé "Mr. Orange", M. Orange est briefé sur son infiltration par l'inspecteur Holdaway, un soir, autour d'un repas dans un diner. Orange gagne ainsi la confiance de Joe Cabot en lui racontant une anecdote fictive répétée avec le policier. Il est engagé pour participer au braquage et reçoit, comme les autres malfrats, un nom de code de couleur. Orange se lie également d'amitié avec White. Plus tard, lors du braquage, la situation se dégrade. Brown, touché à la tête, emboutit leur voiture, puis meurt, forçant White et Orange à continuer à pied. Ils tentent de voler une voiture, dont la conductrice, armée, loge une balle dans le ventre d'Orange avant d'être abattue par ce dernier. White emmène alors Orange à la planque avec la voiture.

Dans l'entrepôt, les gangsters reviennent et constatent la mort de Blonde. Orange avoue l'avoir tué, ce qui met Eddie hors de lui. Il tue Marvin, refusant de croire à la version d'Orange selon laquelle Blonde s'apprêtait à tous les tuer pour récupérer le butin. White, qui a toujours pensé que Blonde était fou, prend la défense d'Orange. C'est alors que Joe arrive. Il dit aux autres que Blue est mort et que Orange est, selon lui, un policier infiltré. Il dégaine son arme pour achever Orange. White défend toujours Orange et braque son revolver sur le vieux Joe. Eddie menace alors White de le descendre s'il continue à viser son père. L'impasse mexicaine se dénoue soudain par une fusillade sanglante : Joe tire sur Orange, le blessant à nouveau, et est tué par White qui est lui-même gravement blessé par Eddie qu'il abat ensuite. Pink, resté à l'écart, en profite pour prendre les diamants et pour s'enfuir de l'entrepôt. En fond sonore, plusieurs coups de feu et des cris à l'extérieur s'entendent pendant que White, rampant sur le sol, rejoint Orange et le prend dans ses bras. Orange lui avoue alors être un policier. White, anéanti par cette révélation, l'achève avant d'être abattu par les policiers qui investissent le bâtiment.

Fiche technique vignette| marque les grands débuts de Quentin Tarantino à la réalisation.

Titre original et français : Titre québécois : Les Enragés Réalisation : Quentin Tarantino Scénario : Quentin Tarantino (assisté de Roger Avary pour les dialogues de l'animateur radio) Décors : David Wasco Costumes : Betsy Heimann Maquillage : Howard Berger Photographie : Andrzej Sekuła Son : Ron Bartlett, Stephen Hunter Flick, David E. Stone, Geoffrey G. Rubay, Curt Schulkey et Charles Ewing Smith Montage : Sally Menke Production : Lawrence Bender (producteur) et Harvey Keitel (coproducteur) Producteurs délégués : Monte Hellman, Richard N. Gladstein et Ronna B. Wallace Société de production : Live America Inc. et Dog Eat Dog Productions Inc. Sociétés de distribution : Miramax Films (États-Unis) ; Metropolitan Filmexport (France) ; Ascot Elite Entertainment Group (Suisse) Budget : . Pays d'origine : Langue originale : anglais Formats : Couleur (Eastmancolor) - 2,35:1 - Dolby stéréo - Genres : Drame, thriller et film de gangsters Durée : Dates de sortie. : États-Unis : (première mondiale lors du festival du film de Sundance), (sortie nationale) France, Belgique : Suisse : Classification : R () aux États-Unis (en raison de la violence et du langage)Le R signifie que les mineurs ( ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film., -16 en FranceEn France, le film est interdit aux moins de lors de sa sortie en salles., 13+ au QuébecAu Québec, la projection du film est déconseillée aux mineurs de moins de .Classé 16+ jusqu'en 2021, -14 en Italie.

Distribution Harvey Keitel (VF : Daniel Russo) : White / Larry Dimmick Tim Roth (VF : Jean-Philippe Puymartin) : Orange / Freddy Newandyke Michael Madsen (VF : Daniel Beretta) : Blonde / Vic Vega Steve Buscemi (VF : William Coryn) : Pink Chris Penn (VF : Jean-François Vlérick) : Eddie « le Gentil » Cabot Lawrence Tierney (VF : William Sabatier) : Joe Cabot Quentin Tarantino (VF : Luc Florian) : Brown Edward Bunker (VF : Michel Barbey) : Blue Kirk Baltz (VF : Thierry Mercier) : Marvin Nash Randy Brooks (VF : Greg Germain) : l'inspecteur Holdaway David Steen : un shérif Lawrence Bender : un jeune flic Steven Wright (VF : Luc Bernard) : K-Billy DJ (voix) Burr Steers : une voix de fond à la radio

Source doublage : VoxoFilm (VF).

Production Préproduction Quentin Tarantino écrit le scénario de en trois semaines et demie. alors qu'il est employé à , un vidéo-club de Manhattan Beach (Californie), et a l'intention d'en faire un film amateur en format 16 mm avec un budget de , somme que lui a rapporté la vente du scénario de , et la participation de ses amis, dont Lawrence Bender qui doit jouer le rôle d'Eddie Cabot.. Ce dernier, qui suit des cours d'art dramatique, fait lire le script à son professeur, lui disant que son rêve serait d'avoir Harvey Keitel pour jouer l'un des personnages principaux. Le professeur de Lawrence Bender envoie le script à sa femme, l'actrice Lily Parker, qui connaît Harvey Keitel. Elle le lui transmet à son tour et l'acteur, emballé par le scénario, contacte Lawrence Bender et Quentin Tarantino pour leur dire qu'il accepte de jouer dans le film et de le coproduire.. Grâce à son aide, Lawrence Bender et Quentin Tarantino parviennent à convaincre Monte Hellman, qui envisage de réaliser le film mais s'incline devant la volonté de Quentin Tarantino de le faire lui-même., et Richard Gladstein, de , de participer à la production et réunissent ainsi pour produire le film.. Le titre du film serait une allusion parodique à Un chien andalou de Luis Buñuel, selon une interview de Tarantino dans le magazine Empire.. Jusqu'en 2022, le réalisateur avait toujours laissé planer le doute sur la provenance du titre, s'amusant d'ailleurs au moment de la sortie du film à lui inventer comme origine une expression d'argot imaginaire des films de gangsters de Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Melville.. Une autre explication avait été avancée : une mauvaise prononciation de Au revoir les enfants quand Quentin Tarantino travaillait au vidéo-club. Dans une interview de 1992, Tarantino affirme qu'il aime le titre de Reservoir Dogs parce que « ça sonne comme dans un film d’Alain Delon de Jean-Pierre Melville... Je pouvais voir Alain Delon en costume noir dire : « Je suis M. Blonde ».

vignette|Le logo de A Band Apart, la société de production de Quentin Tarantino et Lawrence Bender, trouve son origine dans une scène de où les personnages, tous en costumes, marchent dans la rue.