André-François Boureau-Deslandes, né le à Bandel (Inde française) et mort le à Paris, est un commissaire de la Marine, scientifique, philosophe et écrivain français.

Biographie

Petit-fils et filleul de François Martin - gouverneur de Pondichéry de 1699 à 1706 - et fils d’André Boureau-DeslandesNé à Tours, il joua un rôle très important dans les relations diplomatiques entre la France et le Siam, puis dans les Indes où il fut directeur général du Commerce au Bengale. Revenu en France, il fut envoyé à Saint Domingue comme ordonnateur de la Marine pour les rois de France et d’Espagne, et inspecteur général de « l’Assiente ». Il reçut des lettres de noblesse en 1703 et mourut à Léogane en 1707. Il avait épousé en 1686 Marie-Françoise, fille du célèbre chevalier Martin, gouverneur de Pondichery. Ils avaient eu huit enfants dont six survécurent, parmi lesquels deux ecclésiastiques. Il apporta en France avec lui les volumes manuscrits des Mémoires de son beau-père François Martin qui seront publiés en trois tomes., marié en février 1686 avec Marie-Françoise Martin, André-François Boureau-Deslandes est baptisé le en la basilique du Saint-Rosaire de Bandel sise au bord du fleuve Hoogly. Il quitte Chandernagor pour arriver en France à l’âge de 13 ans seulement et entre au service du roi en comme contrôleur à Brest où il est nommé commissaire ordonnateur de la marine le . Reçu élève géomètre à l’Académie des sciences en , il participe à de nombreuses études rendues par des Académies ou des SociétésPierre-Jacques Charliat, Le temps des grands voiliers, tome III de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, et collabore à de nombreux journaux savants (il est membre de l’Académie des Sciences de Berlin). Commissaire général de la marine à Rochefort le , il prend sa retraite en 1746 après s'être lié avec Nicolas Malebranche.

Auteur de nombreux ouvrages de littérature, d’économie et d’histoire, correspondant de Maupertuis, La Condamine, Diderot et de Voltaire qui le traite de « bel esprit provincial », il n’hésite pas à critiquer la vie luxueuse des gens d’église et la politique de la marine du gouvernement dans plusieurs œuvres audacieuses et courageuses.. Savant et philosophe mondain à tendances épicuriennes, athée, disciple de Pétrone, de Fontenelle et de Saint-Évremond, il se fait d’abord connaître, en 1712, par ses Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant, ouvrage libertin qui est mis à l’index en 1758.

Accordant une grande place aux techniques, son Histoire critique de la philosophie, parue en 1737, lui vaut la reconnaissance des philosophes qui la pilleront dans de multiples articles de philosophie de l’Encyclopédie, sans prendre la peine de le citer. Son nom ne sera mentionné que dans le Discours préliminaire comme l’inspirateur des articles sur la marine.

En 1741, dans Pygmalion ou la Statue animée, « un système d’impiétéJournal encyclopédique. », condamné au feu dès 1742 en raison de son caractère libertin, il développe, avant Diderot et La Mettrie, une conception matérialiste de l’homme à laquelle des études récentes attribuent une place significative parmi la littérature matérialiste de son époqueAnne Deneys-Tunney, « Le Roman de la matière dans Pigmalion » (in Être matérialiste à l’âge des Lumières, 1999), et Sébastien Drouin Allégorisme et matérialisme dans Pigmalion, 2003.. Il est également l’auteur de très nombreux ouvrages scientifiques et historiques sur la marine.

Lorsqu’il meurt, célibataire, la surprise est grande d’apprendre qu’il avait fait une fin chrétienne assortie d’un mea culpa en bonne et due forme, lorsque le Journal de Trévoux rapporte qu’il avait demandé sincèrement pardon à Dieu et à l’Église du scandale qu’il avait causé à la religion avec ses ouvrages Réflexions sur les grands hommes… Pygmalion... Histoire critique… dont il demandait la destruction. En réalité, Malesherbes laisse une note manuscrite sur la mort de Deslandes, telle qu’elle lui est racontée par un témoin, révélant une manipulation de l’Église, avec la complicité de certains membres de la famille, pour falsifier les derniers moments du philosophe.

Jugements Selon Dreux du Radier,

Publications L’Apothéose du Beau-Sexe, Londres, Van der Hoeck, 1712. Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant. La première édition date de 1712. Rochefort, Jacques le Noir, 1714, 1755. L’Art de ne point s’ennuyer, Paris, Ganneau, 1715. Remarques historiques critiques et satiriques d’un cosmopolite tant en prose qu’en poésie sur différens sujets, Cologne [i.e. Nantes], chez les Héritiers de Pierre Marteau, 1731. Recueil de differens Traitez de Physique et d’Histoires Naturelles, propres à perfectionner ces deux sciences, Paris, Étienne Ganeau, 1736. Histoire critique de la philosophie où l’on traite de son origine, de ses progrès, & des diverses révolutions qui lui sont arrivées jusqu’à notre tems. Par Mr. D***, Amsterdam, François Changuion, 1737. Pigmalion, ou la Statue Animée, Londres, Samuel Harding, 1741. Essai sur la marine et sur le commerce. Par Mr. D****. Avec des Remarques Historiques & Critiques de l’Auteur, Paris, François Changuion, 1743. Lettre sur le Luxe, Francfort, Joseph-André Vanebben, 1745. Essai sur la marine des Anciens et particulièrement sur leurs vaisseaux de guerre, 1748 réédité en 1763. Des différents degrés de la certitude morale, 1750. La Fortune, histoire critique, 1751.

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Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

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