thumb|alt=Une femme en état d'arrestation marche entre deux policiers.|Arrestation d'une suffragette (Londres, 1914).

Le sexisme est une attitude discriminatoire fondée sur le sexe, ou, par extension, sur le genre d'une personne. Le sexisme est lié aux préjugés et au concept de stéréotype et de rôle de genre, pouvant comprendre la croyance qu'un sexe ou qu'un genre serait intrinsèquement supérieur à l'autre. Dans sa forme extrême, il peut encourager le harcèlement sexuel, le viol ou toute autre forme de violence sexuelle.. Le sexisme évoque également la discrimination menant à des inégalités de genre. Les cibles du sexisme étant principalement les femmes, cette notion renvoie ainsi plus souvent à la misogynie, à l'antiféminisme et à la discrimination envers les femmes.

La thématique du sexisme est abordée par différentes disciplines, comme l'analyse des médias, la sociologie, la science politique, la psychologie ou la philosophie.

Définitions et étymologie Étymologie Selon le bibliothécaire , le terme « sexisme » a très probablement été inventé le par Pauline M. Leet durant un « » au ... De manière plus spécifique, le terme sexisme apparaît durant la contribution de Pauline M. Leet intitulée . Elle définit celui-ci par comparaison au racisme, établissant que : Ce discours a été traduit en français sous le titre Sexisme, le mot pour le dire !..

Selon la même source, la première fois que le terme « sexisme » apparait à l'écrit se situe au sein du discours de « », publié le dans . Dans ce discours, elle affirme qu’.

Le mot apparaît ensuite pour la première fois dans un dictionnaire américain en 1972 ()..

Définition Le sexisme peut être défini comme l’adhésion à des croyances discriminatoires ou préjudiciables fondées sur le sexe ou le genre... Il peut également être considéré comme recouvrant des attitudes, des croyances et des comportements qui soutiennent l’inégalité entre le statut des femmes et celui des hommes. Ces croyances peuvent être structurées sous la forme d'une idéologie légitimant les rôles traditionnellement assignés en fonction du genre.. Cette idéologie sert d'assise au patriarcat...

La sociologie a examiné le sexisme comme une manifestation à la fois au niveau individuel et institutionnel.. Des comparaisons ont été établies avec d'autres systèmes idéologiques de discriminations agissant aux mêmes niveaux, tels que le racisme.. Selon Schaefer, le sexisme est perpétué par l'entièreté des organisations sociales les plus fréquentes. Les sociologues Charlotte Perkins Gilman, Ida B. Wells et Harriet Martineau ont décrit les systèmes aboutissant à une inégalité de genres, mais sans utiliser le terme encore inexistant au tournant du . Des sociologues, tels que Talcott Parsons, ayant adopté le paradigme fonctionnaliste, expliquent les inégalités de genre comme la conséquence naturelle du dimorphisme du modèle de genre.

Les psychologues Mary Crawford et Rhoda Unger définissent le sexisme comme un ensemble de préjugés tenus par des individus et englobant les attitudes et jugements négatifs à propos des femmes comme groupe.. Peter Glick et Susan Fiske ont appelé sexisme ambivalent le fait que les stéréotypes concernant les femmes peuvent être à la fois positifs et négatifs, et que ces stéréotypes orientent les comportements individuels..

L'autrice féministe bell hooks définit le sexisme comme un système discriminatoire ayant pour résultat de désavantager les femmes.. La philosophe et féministe radicale Marilyn Frye définit le sexisme comme de suprématie masculine, de chauvinisme masculin et de misogynie..

Il y a un consensus universitaire sur le fait que le sexisme touche principalement les femmes.

Les arguments en faveur de cette acception sont toutefois remis en cause, entre autres par Anthony Synnott, professeur de sociologie qui se consacre à l'étude de la masculinité au . Effectivement il définit le terme de misandrie en fonction de plusieurs notions, notamment l'histoire et la loi. Pointant la trop grande invisibilité de cette notion, alors que les comportements associés sont culturellement acceptés, voire normalisés, il estime que la misogynie engendre la misandrie.. Il qualifie d'ailleurs les travaux de Nathanson et Young sur ce sujet de « majeurs ». Leurs écrits (une trilogie sur le thème de la misandrie. écrite par deux professeurs de sciences des religions de l'université McGill The Second Annual Conference on Male Studies : Looking Forward to Solutions - The Foundation for Male Studies, 2011 (voir archive)) expriment effectivement l'idée que la misandrie serait le produit direct de la volonté de privilégier le point de vue féminin.. Against the male stream - review of Legalizing Misandry - Jean Bethke Elshtain, The Times Literary Supplement, 30 mars 2007.. Certains s'appuient sur ces écrits pour affirmer qu'à la fin du , la société s'est transformée, et est devenue misandre., notamment dans le domaine de la publicité et du cinéma/télévision.. En conséquence, la vision des femmes en tant que victimes de violences sexuelles (notamment au cinéma) serait plus misandre que misogyne.. Ces écrits ont également influencé une relecture du rôle joué par les hommes dans la fiction..

Notions approchantes

La misogynie est l'hostilité à l'égard des femmes, tandis que la misandrie est l'hostilité à l'égard des hommes.

Le terme « machisme », quant à lui, réfère à l’idéologie prônant la domination des hommes sur les femmes.. Bien qu'il n'ait pas de nom spécifique, le pendant féminin du machisme consacre la suprématie des femmes sur les hommes et vise à créer une société qui reflète cette supériorité..

Un biais de genre (terme utilisant par métaphore le mot biais, notion empruntée aux études statistiques pour désigner une anomalie systématique) . Il est souvent envisagé de façon quantitative, mais est susceptible de traduire des discriminations institutionnelles.

Origines Le concept de sexisme a été élaboré à la fin des années 1960 par la deuxième vague féministe. Il s'agissait de rendre compte de la spécificité du rapport de domination exercé sur les femmes. C'est à cette période qu'est reformulé le concept de patriarcat, élaboré celui de sexisme et que l'accent est mis sur la sphère privée comme lieu privilégié de la domination masculine : le « privé est politique », « The Personal Is Political », in Notes from the Second Year: Women’s Liberation in 1970, repris par Kate Millett dans La Politique du mâle, 1970. Une formulation traduite littéralement de l'anglais, « le personnel est politique », ne souligne pas la division entre le privé et le public..

Rôle de genre Approche de la psychologie évolutionniste Selon lEncyclopædia Universalis, la psychologie évolutionniste est une orientation et un courant de pensée mettant l’accent, dans l’explication de l’esprit et du comportement humain, sur les adaptations mises en place à l’époque préhistorique par la sélection naturelle, et qui constitueraient aujourd’hui le socle génétiquement inscrit de la nature humaine..

Cette approche, contrairement à l'approche essentialiste, est non globalisante. Elle ne prétend pas expliquer la « nature » de la personne en fonction de son genre. Elle cherche plutôt à fournir une explication évolutionniste à la présence renforcée de certaines caractéristiques selon le genre. En ceci, elle s'oppose à l'idée de tabula rasa souvent défendue au sein de la sociologie constructiviste.

L'origine biologique du lien social/femme et mécanique/homme est, par exemple, défendue au sein de la psychologie évolutionniste..

Approche essentialiste .

Pour les partisans de l’essentialisme, les différences entre hommes et femmes (que ce soit sur leur manière de penser, de ressentir ou encore d’agir) seraient donc biologiquement fixées et immuables. Ce sont leurs différences biologiques qui détermineraient leurs différences psychologiques. La domination masculine s'expliquerait par une supériorité par essence (ou naturelle) des hommes sur le « beau sexe », admiré, mais relégué aux tâches subalternes et sans grand intérêt (bavardages et commérages).

Deux raisons permettent d'expliquer la popularité de l'approche essentialiste. Tout d'abord, le sexe est sous-tendu par une dichotomie explicite (généralement visible) : on est soit une femme, soit un homme, ce qui n’est pas le cas pour d'autres catégories sociales. Du point de vue de l'approche essentialiste, les femmes et les hommes sont donc biologiquement divisés. Il existe une opposition claire entre les deux sexes, que l'on distingue très facilement, contrairement à d'autres catégories pour lesquelles les frontières sont plus floues. Par exemple, la religion n'est pas une catégorie bien distincte, on peut changer de religion au cours du temps. Ensuite, des caractéristiques physiques évidentes (y compris les organes génitaux) différencient les hommes et les femmes. Par exemple, les hommes sont en moyenne plus grands et plus lourds que les femmes.

L’essentialisme divise les hommes et les femmes en catégories mutuellement exclusives, et, de ce fait, renforce la perception des deux sexes comme biologiquement opposés. Dans l'approche essentialiste, c'est la nature qui l’emporte sur la culture.

Approche de la sociologie constructiviste Pour les défenseurs du constructivisme, ce sont principalement les croyances culturelles qui seraient à l'origine des différences comportementales entre les deux sexes.

Ainsi, les constructivistes mettent en avant diverses théories. On peut par exemple citer la théorie de l'apprentissage social, selon laquelle les nouveaux comportements sont acquis via un processus d'observation : en observant la manière dont se comportent les autres personnes (et dans ce cas précis, les autres personnes du même sexe), on acquiert de nouveaux comportements similaires. Cette théorie explique que les enfants découvrent et apprennent ce que c'est qu'être un homme / une femme via l'observation des personnes du même sexe qu'eux.

Une autre théorie est celle de la « socialisation du genre ». Il s'agit d'un processus dans lequel les enfants découvrent les identités féminines et masculines. Cela s'explique principalement par le fait que dès leur venue au monde, les enfants sont traités différemment selon qu'ils soient de sexe masculin ou féminin. Les enfants jouent un rôle actif dans ce processus.

Les constructivistes mettent également l'accent sur la manière dont la société communique les croyances culturelles, partagées par tous, sur la manière dont les hommes et les femmes devraient se comporter. Ces croyances culturelles touchent des domaines multiples tels que les couleurs ( rose pour les filles, bleu pour les garçons) ou encore les métiers ( docteur pour les garçons, infirmière pour les filles). Ces croyances culturelles sont à l'origine de ce que l'on appelle des « schémas de genre » : ces schémas guident les perceptions que les gens ont d'eux-mêmes et des autres (leur comportement, leurs préférences) et forment leur vision du monde social, ils apparaissent dès l'enfance et persistent à l'âge adulte.

Par ailleurs, on peut relever trois catégories d'acteurs qui joueraient un rôle capital dans la transmission des croyances culturelles qui influencent les enfants, à savoir : les médias ( la télévision, Internet), les figures d'autorité ( les parents, les professeurs) et les pairs. Étant donné que ces acteurs renvoient à des croyances culturelles, ils joueraient indirectement un rôle dans l'apparition des stéréotypes de genre.

Le constructivisme, via un mécanisme d'apprentissage des rôles sociaux, des valeurs, des normes et des attentes culturelles d'une société, peut expliquer l'apparition de certaines formes de sexisme.

Stéréotypes de sexe et de genre Définition