Crataegus est un genre de plantes à fleurs de la famille des Rosacées, communément appelées aubépines. Ce sont des arbres ou des arbustes épineux de l'hémisphère nord.

Les espèces les plus utilisées pour leurs propriétés médicinales sont l'Aubépine monogyne, ou Aubépine à un style (Crataegus monogyna), et l'Aubépine épineuse, ou Aubépine à deux styles (Crataegus laevigata), tandis que l'Azérolier, ou Épine d'Espagne (Crataegus azarolus), est recherché pour ses fruits appelés cenelles, de même que l'Aubépine du Mexique ou Tejocote et C. pinnatifida ou 山楂 shān zhā. thumb|280px| Fruits d'un Crataegus. Nomenclature, étymologie

Le nom de genre Crataegus fut décrit par Carl Linné en 1753 dans Species Plantarum 1: 475.

Avant Linné, Tournefort incluait aussi diverses espèces dans ce genre. Linné a généralement repris les noms de genres de Tournefort donnés dans Institutiones rei herbariae, à la différence des botanistes pré-linnéens qui appelaient l’aubépine Oxyacantha.

Le nom de genre Crataegus vient du grec ancien , désignant ., une espèce d'aubépine (terme dérivé en grec de , « force, vigueur, solidité », en rapport avec la dureté du bois).

Classification En , comme c'était déjà le cas en , le genre Crataegus est assigné à la famille des Rosaceae.

Le nombre d'espèces appartenant au genre est difficile à déterminer compte tenu de la facilité avec laquelle les différentes espèces d'aubépine s'hybrident entre elles en générant des variétés polyploïdes se reproduisant par apomixie. La classification dépend donc des différentes interprétations taxonomiques et varie de 200 à Christensen, K. I. (1992), Revision of Crataegus sect. Crataegus and nothosect. Crataeguineae (Rosaceae-Maloideae) in the Old World, Systematic botany monographs, v. 35. Ann Arbor, Mich, American Society of Plant Taxonomists., sans compter les cultivars ornementaux.

Espèces européennes En France, les espèces le plus souvent rencontrées sont Crataegus laevigata et Crataegus monogyna.

Crataegus laevigata est plus précoce et possède des feuilles à moins découpées que Crataegus monogyna. Ces deux espèces s'hybrident cependant spontanément. Crataegus monogyna possède des fleurs à un seul style et des fruits à un seul noyau qui ressemblent à de petites pommes.

Crataegus altaica Crataegus ambigua Crataegus azarolus (azérolier) Crataegus crus-galli Crataegus heldreichii Crataegus intricata Crataegus karadaghensis Crataegus laciniata Crataegus laevigata (aubépine épineuse) Crataegus macrocarpa Crataegus microphylla Crataegus mollis Crataegus monogyna (aubépine monogyne, épine blanche ou aubépine à un style) Crataegus nigra Crataegus pallasii Crataegus pentagyna Crataegus pycnoloba Crataegus sanguinea Crataegus schraderana Crataegus sphaenophylla

Liste d'espèces

Selon :

Selon :

Selon (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

Sections

Catégorie Section ou Nothosection Série ou Nothosérie Espèce

Crataegus Mexicanae Mexicanae Crataegus mexicana DC. Henryanae Crataegus scabrifolia Parvifoliae Crataegus uniflora Muenchh. Crataegus Crataegus Crataegus caucasica Crataegus laevigata (Poir.) DC. macrocarpa Hegetschw. media Bechst. Crataegus monogyna Jacq. Crataegus rhipidophylla Gand. Crataegus songarica Crataegus subsphaericea Gand. Apiifoliae Crataegus marshallii Egglest. Pentagynae Crataegus pentagyna Waldst. & Kit. ex Willd. Azaroli (Orientales + Tanacetifoliae) Crataegus azarolus L. Crataegus heldreichii Crataegus orientalis Pall. ex M. Bieb. Pinnatifidae pinnatifida Bunge Tanacetifoliae (Azaroli — Orientales) Crataegynae (Crataegus × Pentagynae) zangezura Orientaegus (Crataegus × Azaroli) Crataegifoliae (Crataegus × Tanacetifoliae) Orientagynae (Azaroli × Pentagynae) pseudoazarolus Tanacetitales (Tanacetifoliae × Azaroli) Sanguineae Nigrae chlorosarca Maxim. kansuensis E.H. Wilson Crataegus nigra Waldst. & Kit. Sanguineae sanguinea Pall. Hupehensis Hupehenses hupehensis shensiensis Cuneatae Cuneatae cuneata Siebold & Zucc. Cordatae Cordatae phaenopyrum (L. f.) Medik. Virides Virides nitida (Engelm.) Sarg. Microcarpae Microcarpae spathulata Michx. Lacrimatae Lacrimatae lacrimata Small Aestivales Aestivales aestivalis (Walt.) Torr. & A.Gray Brevispinae Brevispinae Douglasianae Douglasii douglasii Lindl. suksdorfii (Sarg.) Kruschke Crus-galli Crus-galli Crataegus crus-galli L. - Aubépine ergot de Coq persimilis Sarg. Punctatae collina punctata Jacq. Coccineae Triflorae triflora Chapman Bracteatae Molles mollis Scheele submollis Sarg. Coccineae holmesiana Ashe pedicellata Sarg. Tenuifoliae macrosperma Ashe schuettei Ashe Rotundifoliae chrysocarpa Ashe dodgei Ashe Intricatae boyntonii sargentii Beadle Pulcherrimae pulcherrima Ashe Brainerdianae scabrida Sarg. sylvestris Macracanthae calpodendron macracantha Silvicolae compacta Sarg. iracunda Beadle Suborbiculatae suborbiculata Sarg. Pruinosae dissona Sarg. pruinosa (Wendl. f.) K. Koch Dilatatae coccinioides Ashe

Aubépines remarquables Bouquetot (Eure) thumb|L'aubépine de Bouquetot. L'aubépine de Bouquetot, dans l'Eure, passe pour être une des plus anciennes de France, ayant été plantée près de l'église du village vers 1360.

Saint-Mars-sur-la-Futaie (Mayenne) thumb|Saint-Mars-sur-la-Futaie. La plaque commémorative déclare que cet arbre serait « le plus vieux de France », daté, selon la tradition locale, du .

Soulcoudus

Glastonbury Thorn La légende autour de l'aubépine de Glastonbury est chrétienne. Joseph d'Arimathie aurait planté son bâton sur la colline de Wearyall (Wearyall Hill) où il poussa pour devenir une magnifique aubépine. Cette aubépine est mentionnée pour la première fois dans Lyfe of Joseph of Arimathea [la vie anglo-saxonne en vers de Joseph d'Arématie] qui date du . Cette aubépine fleurissait deux fois l'an. Une floraison peu après le solstice d'hiver sur le « vieux bois » et un autre au printemps sur le « jeune bois ». La floraison de l'hiver était considérée comme un miracle.

Glastonbury.—A vast concourse of people attended the noted thorn on Christmas-day, new style; but, to their great disappointment, there was no appearance of its blowing, which made them watch it narrowly the 5th of January, the Christmas-day, old style, when it blowed as usual. Gentleman's Magazine January 1753 [Glastonbury.- Une foule de gens s'attendaient à voir le bouton fameux le jour de Noël, date moderneDate moderne fait ici référence à la date du calendrier grégorien instauré en 1582 pour les catholiques, mais dans les pays protestants la mise en place s'est faite petit à petit. Le calendrier grégorien a décalé les dates de . Le se trouvait donc être le . mais à leur grande déception il n'y avait aucune trace de sa floraison, c'est pour cette raison qu'ils la scrutaient anxieusement le , Noël ancien temps, et là elle fleurissait comme d'habitude.]

L'arbre fut abattu pendant la Première Révolution anglaise au milieu du . Un autre fut planté à sa place en 1951 mais celui-ci fut vandalisé en 2010..

Usages Propriétés médicinales

Les fleurs sont utilisées comme hypotenseur, antispasmodique et sédatif.

Les feuilles sont en revanche tonicardiaques. Il est donc préférable de ne pas mélanger feuilles et fleurs dans une même infusion ou tisane.

Autres usages Les moines médiévaux, pour colorer leurs enluminures ont notamment utilisé une encre à base d'écorce d'Aubépine. L'une des recettes ayant été conservée, datant du XIIe siècle est celle du moine Théophile ; elle nécessitait six semaines de fabrication. L'écorce fraîche de l'aubépine teinte l'eau en jaune d'or, mais elle servait à faire une encre noire : des branches d'aubépine étaient cueillies en avril ou mai (avant l'apparition des premières feuilles). Elles étaient ensuite mises à sécher durant 4 semaines, puis l'écorce était séparée du bois sur un billot, en les frappant au moyen d'un maillet. Les morceaux d'écorce étaient ensuite mis à macérer dans une bassine d'eau durant 1 semaine. Cette eau était ensuite "cuite" dans une autre bassine, propre, avec quelques morceaux d'écorce. Il fallait ensuite filtrer ce liquide, puis le réduire de 2 tiers, et continuer à chauffer jusqu'à ce qu'il devienne noir. Quand le liquide épaississait, on lui ajoutait 1/3 de vin pur, puis on recuisait le tout jusqu'à ce qu'une sorte de peau apparaisse en surface, puis on laissait le liquide reposer au soleil. Enfin, le liquide était disposé dans de petits sacs de peau (parchemin) soigneusement cousus, et suspendus au soleil jusqu'à séchage complet. Le contenu, était une poudre pouvant être longuement conservée. Cette poudre était mélangée à un peu de vin et à du sulfate de fer pour produire de l'encre.

Les fruits rouges de l'aubépine ont parfois été consommés en compote, ou utilisés pour réaliser des confitures.

Le butinage des fleurs par les abeilles produit du miel d'aubepine.

Les peuples natifs de l'ouest du Canada utilisaient les épines comme hameçons.

L'arbuste à proximité des fermes bretonnes avait une fonction de porte-bonheur.

Ennemis vignette|gauche|Gale de Taphrina crataegi. Le champignon Taphrina crataegi (ascomycète) produit des cloques, boursoufflures roussâtres sur les feuilles. vignette|Aporia.crataegi, stade chenille. La chenille du papillon de jour (rhopalocère) suivant se nourrit d'Aubépine : Gazé, piéride de l'aubépine Aporia crataegi (Pieridae).

Maladies Les aubépines sont sensibles au feu bactérien (Erwinia amylovora).

L'aubépine dans l'imaginaire collectif Symbolique et ésotérisme vignette|Une aubépine dans les montagnes près de Vitoria-Gasteiz, Espagne. Depuis l'Antiquité, l'aubépine symbolise l'innocence et la pureté virginale. Chez les chrétiens elle est liée à la Vierge Marie. On dit que la foudre ne l'atteint jamais. On dit qu'elle est très liée aux pratiques de sorcellerie du mois de mai. Dans le Nivernais, on fixe dans la nuit du , une branche de celle-ci à l'entrée des écuries et des étables, afin d'empêcher les araignées dites sorcières d'y pénétrer. L'aubépine est donc liée au premier mai ou à la veille du premier mai. Ceci est peut-être dû au nom gaelique (celtique) de l'aubépine qui est "Buisson de Beltaine"(en)John Cameron, Gaelic names of plants, 1883. La branche d'aubépine bien épointée serait souveraine contre les vampires quand elle leur transpercerait le cœur.

Langage des fleurs Dans le langage des fleurs, l'aubépine symbolise la prudence et l'espérance. .

Calendrier républicain Dans le calendrier républicain, l'Aubépine était le nom attribué au du mois de floréalPh. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, ..

Littérature et chanson L'aubépine est l'objet de plusieurs poèmes, notamment des poètes Pierre de Ronsard et Rémy de Gourmont. Les aubépines tiennent un rôle central dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, notamment dans Combray : « Je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d'œuvre dont on croit qu'on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder, mais j'avais beau me faire un écran de mes mains pour n'avoir qu'elles sous les yeux, le sentiment qu'elles éveillaient en moi restait obscur et vague, cherchant en vain à se dégager, à venir adhérer à leurs fleurs. Elles ne m'aidaient pas à l'éclaircir, et je ne pouvais demander à d'autres fleurs de le satisfaire. » Marc Lavoine a interprété la chanson Rue des Acacias où il fait référence à une « rue des aubépines ». Ycare a intitulé l'une de ses chansons Aubépine. Biga Ranx et Pupajim reviennent sur leur enfance sur le morceau Aubépines.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Bocage Débocagisation Feu bactérien

Bibliographie .

Liens externes taxonomiques

Autres liens externes

L'aubépine, une plante médicinale L'aubépine, La plante contre l'inquiétude