San Martino di Lota est une commune située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Lota.

Géographie vignette|centré|redresse=2.4|Panorama de San-Martino-di-Lota.

Situation San-Martino-di-Lota est une commune située dans l'ancienne piève de Lota au voisinage nord de la ville de Bastia, à la base de la façade orientale du cap Corse dont elle ne fait historiquement pas partie.

Communes limitrophes

Géologie et relief Commune située à la base orientale du cap Corse, San-Martino-di-Lota est adossée à la Serra, la chaîne dorsale du cap Corse qui est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien.

Cette partie au sud-est de la province offre des paysages où s'apposent des schistes qui s'altèrent facilement et des ophiolites très résistantes aux reliefs aigus et abrupts. Ces ophiolites sont ici composées essentiellement de roches volcaniques, laves basiques en milieu océanique au secondaire nommées pillow-lavas souvent déformés et transformés par le métamorphisme alpin en prasinites de teinte verte (présence d'épidote) ou en glaucophanites (de teinte bleue)Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse - Bastia Toga 1994.

San-Martino-di-Lota occupe la basse vallée du ruisseau de Grigione (fiume di Grisgioni), prolongée en amont par le vallon du ruisseau de Fornelli son affluent, ainsi que le versant méridional de la vallée du ruisseau de Poggiolo. Ce dernier la sépare de Santa-Maria-di-Lota au sud de Miomo où il a son embouchure.

Limites territoriales Compris du nord au sud entre Santa Maria di Lota et Ville-di-Pietrabugno (e Ville di Petrabugnu), le territoire communal descend d'une ligne de crête à l'ouest qui le sépare de Farinole (Farrìngule), section de la chaîne principale du Cap Corse comprise entre le monte Pinatelle (e Pinnatelle) () au nord et un point à () au sud sur le ruisseau d'Alziccia, « à cheval » sur Farinole, San-Martino-di-Lota, Ville-di-Pietrabugno et Patrimonio.

Au nord, un chaînon secondaire de la Serra, articulé sur la dorsale au monte Pinatelle, et orienté à l'est, délimite la commune jusqu'à la cima di Morelli (). Sur ce chaînon qui se poursuit en déclinant vers la mer au nord de Grigione, a été construit la plupart des villages de l'intérieur de la commune : Mucchiete, Castagnetu, Acqualto et Oratoggio.

Au sud, la démarcation passe sur le versant méridional de la ligne de crête, sous notamment Pietra Ellerata (), la pointe de Guaitella (), le monte Giorgo où se trouve une borne à , avant de décliner rapidement sur la source () du ruisseau de Guaita. De ce point, la démarcation descend la partie haute du cours du dit-ruisseau avant d'obliquer au sud-est jusqu'au nord des Minelli (Ville-di-Pietrabugno).

Façade maritime Sa façade maritime va depuis l'embouchure du ruisseau de Poggiolo au nord, jusqu'aux limites septentrionales du quartier des Minelli de Ville-di-Pietrabugno. C'est une côte déchiquetée, n'offrant aucun abri pour les navires et ne comportant que de minuscules plages. Elle comprend les deux localités de Grisgione et de Pietranera qui se sont développées sur le littoral capcorsin.

Hydrographie vignette|Embouchure du ruisseau Poggiolo et extrémité nord de Licciola.|alt=

Déjà cités ci-dessus, trois petits cours d'eau parcourent le territoire communal ou le traversent dans autant de vallons : ruisseau de Grigione (ou ruisseau de Milaja)., qui a sa source à environ sur les flancs orientaux du Monte Giagoppa ( - Farinole), parcourt l'extrémité occidentale de la commune de Ville-di-Pietrabugno sur près de avant de passer sur San-Martino-di-Lota et confluer avec le ruisseau de Fornelli. ; ruisseau de Poggiolo.. Le fiume di Poggiolu a sa source à près de d'altitude, au sud du Monte Foscu () de la serra di Guadalone, sur la commune de Santa-Maria-di-Lota. Il a son embouchure au sud de la plage de galets de Miomo. ruisseau de Guaita., long de , dont l'embouchure se situe à Pietranera.

À à l'ouest du hameau de Mola, se trouve la source des Pinzi dont les eaux ont la vertu d'être diurétiques et soulagent les maux de reins.

Climat et végétation Tout le cap Corse bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés. L'hiver est plus chaud et l'été plus tempéré que sur le reste du littoral de l'île. L'hiver sur la côte, il ne gèle qu'un seul jour par an. En montagne, la neige n'abonde que tous les 5 à 7 ans. San-Martino-di-Lota, tout comme les communes voisines, est parfois soumis au libeccio, vent violent d'ouest qui se renforce après avoir franchi la dorsale du Cap Corse. L'automne s'achève par des pluies orageuses méditerranéennes parfois trop fortes.

Les hauteurs sont recouvertes de maquis, fruticées, pelouses et milieux rupestres. À l'étage inférieur, se trouvent des chênaies, des bosquets de châtaigniers, puis un épais maquis. Toutefois, sur le flanc sud de la Cima di a Cornicchiola, on aperçoit une cascade de terrasses jadis soigneusement cultivées.

Voies de communication et transports Accès routiers Sur le littoral, la commune est traversée par la route D 80 qui fait le tour du cap Corse. Sur la commune, la D 80 porte le nom de route du cap. À l'intérieur, le village est desservi par la D 31, route en corniche reliant le nord de la ville de Bastia à Miomo, via Ville-di-Pietrabugno, San-Martino-di-Lota et Santa-Maria-di-Lota. Entre ces deux routes, la D 131 permet d'accéder à Porragia et d'autres lieux habités de l'intérieur, depuis sa jonction avec la D 80 à Pelagacciu, entrée sud de la commune. Étroite et sinueuse, elle remonte la vallée sauvage de Grigione qu'elle franchit à d'altitude, au pont de Canastanu. Elle se termine en aboutissant sur la D 31.

Transports La commune est desservie par la ligne 13 « San Martino - Mairie Bastia » de la société des autobus bastiais..

San-Martino-di-Lota est distant depuis Pietranera, par routeViaMichelin.fr, de du port de commerce de Bastia, de de la gare des CFC de Bastia et de de l'aéroport de Bastia Poretta.

Urbanisme Typologie Au , San-Martino-di-Lota est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BastiaUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant sept communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Bastia, il y a une ville-centre et six communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,4 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (90,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (25,2 %), zones urbanisées (12,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (4,7 %), eaux maritimes (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'intérieur de la vallée Il est composé des lieux habités anciens, qui avaient été construits sur les hauteurs, afin de voir venir l'envahisseur barbaresque. L'insécurité côtière a perduré durant treize siècles. À cet effet, les Génois avaient fait construire une tour proche de l'embouchure du fiume di Poggiolu pour assurer le guet. À l'intérieur de la vallée, le village et les hameaux sont donc composés à l'origine de maisons anciennes, certaines aux murs de pierres apparentes, aux toits de teghje (lauzes).

Neuf villages et hameaux de crête sont desservis par la RD 31 qui serpente de Ville (e Ville di Petrabugnu) à Santa Maria, par quelques routes communales, ainsi que par la RD 131 qui relie Petra Negra au hameau d'Annetu. Dans ces villages de caractère se trouvent des maisons parfois anciennes aux toits de lauze, des fours, lavoirs et fontaines anciens. Ces hameaux sont successivement :

Aneto Aneto (ou Anneto, Annetu) signifie « aulnaie ». Ses habitants sont les Annetacci. C'est un petit hameau à une altitude moyenne de , c'est la première localité desservie par la route D 131 au départ du littoral. S'y trouve la chapelle San Sebastiano construite au . On y trouve également une fontaine privée datée du (1416).

Mola Mola signifiant « rond comme une meule », est un petit hameau perché au-dessus de la route. À à l'est, sous la route, se dresse l'ancien couvent des capucins, une grande bâtisse du début du renfermant un petit cloître. Cédé à un particulier en 1908, le couvent a été transformé en château. Il est par la suite aménagé en colonie de vacances pour EDF avant d'être acquis par un Cagninacci, « comte romain ». Depuis, la bâtisse porte le nom de Château Cagninacci. Elle comprend l'ancienne église conventuelle Notre-Dame-des-Anges qui est inscrite « Monuments historiques ; label »..

L'Eglise Notre-Dame-des-Anges sert actuellement de salle des fêtes. Les religieux du couvent furent longtemps chargés de l'instruction des enfants de la pieve de Lota. Ils desservaient également les paroisses voisines.

Casanova A Casanova est un hameau déjà attesté au . À d'altitude, il se situe entre les hameaux de Castagneto et Acqualto dans la continuité de l'église paroissiale San Martino. Cette église est implantée sur la place dite Piazza a a Crò, nommée vraisemblablement ainsi de fait de la présence d'un calvaire présent jusqu'au début du . Sur cette place se trouve la maison Graziani bâtie au par la famille Graziani originaire de ce hameau de Casanova. Il s'agit d'une « maison d'Américain » construite à l'époque du courant d'immigration corse au Venezuela. Cette place, offre par ailleurs un remarquable panorama sur la mer et des îles de l'archipel toscan (Capraia, Elbe, Pianosa et Montecristo), ainsi que sur les vallées avoisinantes. Sur cette place se trouvent deux fontaines dont la plus ancienne fut bâtie en 1870.

Acqualto