Rivarol est un hebdomadaire français d’extrême-droite, antisémite, négationniste se réclamant de l', fondé en 1951 par René Malliavin.

Nom

Le nom du journal fait référence au pamphlétaire contre-révolutionnaire français Antoine de Rivarol, émigré en . Le journal porte en exergue une citation de Rivarol : .

Historique Débuts et développement La fondation du journal a lieu le 18 . René MalliavinSource : notice bibliographique du catalogue BN-Opale Plus de la Bibliothèque nationale de France., plus connu sous le pseudonyme de Michel Dacier, avait déjà fondé en le mensuel Questions actuelles qui devint dès Écrits de Paris, conçu comme un organe de résistance au alors triomphant. Il milita pour l'amnistie des personnes visées par l'Épuration, dont il dénonça les .

Rivarol est l'héritier direct de La FrondePierre Milza, Fascisme français. Passé et présent, Éditions Flammarion, collection , 1987, , brûlot d’extrême-droite de Maurice Gaït, Julien Guernec, Antoine Blondin et , à l'audience ultra-confidentielle et financé par l'industriel Philippe WolfFrançois Duprat, Les mouvements d'extrême-droite depuis 1944, Les Éditions Albatros, 1972, .Joseph Algazy, La tentation néo-fasciste en France, 1944-1965, Paris, Fayard, 1984, ..

Organe se présentant comme « antisystème » dès sa fondation, Rivarol, s'est fixé pour objectif de réhabiliter le pétainisme et les collaborateurs sous le régime Vichy, de défendre les idées de l’Algérie française et combattre de façon constante la République depuis la chute de la . L'antisémitisme y est présent dès l'origine.

Rivarol soutient par ailleurs le des partisans du négationnismeNotamment un article de Paul Rassinier publié sous le pseudonyme de en mars 1964, pour lequel ce dernier a été jugé et condamné en octobre 1965. Selon Paul Rassinier, la mortalité dans les camps de concentration nazis serait due aux prisonniers qui se volaient la nourriture., dont il se fait le relais régulier. Il lui arrive selon l'association belge RésistanceS de faire l'apologie d'anciens nazis, RésistanceS, 14 janvier 2006..

L'une des originalités du titre au sein de la presse de droite radicale a longtemps été l'engagement européen de Rivarol dont les options de politique étrangère étaient proches de celles du Mouvement républicain populaire (MRP). Rivarol a notamment fait campagne pour la Communauté européenne de défense (CED), s'opposant ainsi à Jeune Nation. Son sous-titre initial, , est devenu ensuite afin d'insister sur la dimension européenne du journal. Le vif intérêt que ce journal témoigne pour les mouvements nationalistes européens est un héritage de cette orientation pro-européenne.

Rivarol est par ailleurs propriétaire du mensuel Écrits de Paris, également fondé par René Malliavin, et qui fait figure de revue théorique.

Le mouvement politique d'extrême-droite Ordre nouveau soutient un temps Rivarol en le vendant à la criée. François Duprat, stratège d'Ordre nouveau et l’une des principales plumes de Rivarol, propose qu’Ordre nouveau rachète le journal pour un montant de cent mille francs, mais l’affaire ne se fait pas..

Selon Nicolas Lebourg, .

En 1983, Marie-Luce Wacquez (dite Camille Galic), soutien d’Ordre nouveau, alors rédactrice en chef adjointe, devient la directrice de Rivarol et des Écrits de Paris. Multicondamnée, elle revendique une ligne négationniste, se ventant des articles de Paul Rassinier publiés dès 1952 dans Rivarol, et surfant sur les affaires Faurisson. En 2010, elle est contrainte de démissionner sous pressions de Jérôme Bourbon, alors rédacteur en chef, qui rachete la totalité des parts sociales de la société éditrice pour créer l’actuelle Eurl Éditions des Tuileries, et prend les fonctions de gérant, directeur de publication et directeur de la rédaction.

Jérôme Bourbon radicalise davantage la ligne idéologique de l’hebdomadaire en s’en prenant aux libertés individuelles, aux minorités comme les LGBT, aux valeurs de la République et de la démocratie, aux avancées sociales et à la lutte contre les discriminations. Il fait l’apologie des régimes fascistes et des criminels de guerre ou coupables de crimes contre l’humanité. Ses choix éditoriaux et ses méthodes de gestion entraînent le départ de plusieurs collaborateurs. Étant l’unique propriétaire de Rivarol et d'Écrits de ParisRiffifi à « Rivarol » : « Marine Le Pen est un démon » déclare son directeur, blog Droites extrêmes sur Le Monde, 17 novembre 2010, il installe les rédactions des deux journaux dans son appartement parisien. Du fait des départs ou des décès de divers collaborateurs historiques, il devient le principal rédacteur de Rivarol..

L'hebdomadaire, qui paraissait le jeudi après-midi à Paris et le vendredi matin dans le reste de la France, a avancée d'un jour sa parution à partir de . Il a emprunté de manière mesurée le virage vers l'économie numérique, en proposant un abonnement électronique, par réception le mercredi après-midi (le mardi après-midi, à partir de ) d'une version numérique de l'hebdomadaire à un tarif moindre que l'abonnement à la version imprimée.

Depuis les années 2010, le tirage de la version papier se maintient à environ . L'hebdomadaire est distribué par les Messageries lyonnaises de presse malgré son exclusion des aides de la Commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP) en 2022, et le nombre record de ses condamnations pénales pour délit de presse. Afin de compenser la réduction du nombre de points de vente, Jérôme Bourbon a développé son offre commerciale de la version numérique et tente de séduire un lectorat jeune en remplacement de la génération vieillissante.

En , dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, Jérôme Bourbon publie un édito dans Rivarol dans lequel il déclare « courageuses » les prises de position de Jean-Luc Mélenchon. Cependant, cet éditorial étant jugé a priori par d’autres médias comme un soutien inattendu et polémique, Jérôme Bourbon a dissipé le malentendu en précisant, dans son édito de Rivarol du 15 novembre 2023, qu' : « Alors même que Mélenchon a toujours fait profession d’antifascisme et d’antiracisme et que, s’il ne s’est pas rendu à la manifestation du 12 novembre, c’est avant tout pour ne pas défiler avec l’extrême droite qu’il juge encore... antisémite ! Et aussi sans doute parce qu’il savait qu’il y serait très mal reçu. Mais faire de Mélenchon un ami de RIVAROL, alors qu’il nous persécuterait s’il était au pouvoir, et un antisémite, ce qu’il n’est absolument pas (même si son intense diabolisation par le Lobby le fera peut-être évoluer sur cette question, comme d’autres hommes de gauche en d’autres temps…) montre à quel point nous vivons dans un univers qui fait fi du réel. » Le collectif Stoppons Rivarol avait déjà publié dans un post X du 24 octobre que : « Bourbon et sa clique ont toujours tapé sur Mélenchon. Mais, par affinité antisémite, ils étreignent "l’excité bolchevik" pour faire oublier que dans Rivarol, depuis 3 semaines, ce ne sont qu'apologies du terrorisme du Hamas et haine antijuive, en toute impunité. » Et d’ajouter, le 19 novembre, que : « Comme le précise ici Bourbon, Mélenchon, franc-maçon, a toujours été attaqué par Rivarol. Bourbon a manipulé ce non-événement pour lui donner un "baiser de la mort". Les journalistes qui ont pris ses propos au 1er degré, comme un soutien, se sont plantés. »

Rivarol est le dernier hebdomadaire d’extrême-droite né de l’antigaullisme et pour la revanche du régime de vichy, comme l’était l'hebdomadaire Minute fondé en 1962 et disparu en 2020. Autres disparitions : National Hebdo en 2008, Le Choc du mois en 2011, Le Crapouillot en 2017, la Nouvelle Revue d’histoire en 2017, Le Journal de l’Action française en 2018, Minute en 2020, Présent en 2022, Réfléchir & Agir en 2022 et Militant en 2024.

Conflit avec le RN vignette|redresse|Jérôme Bourbon, directeur de publication de Rivarol. À partir de 2005, les relations entre Rivarol et le Front national se dégradent quand Jérôme Bourbon publie le texte d'une conversation à bâtons rompus avec Jean-Marie Le Pen relative à la Seconde Guerre mondiale, qu'il présente comme un entretien et qui, selon le président du FN, n'aurait pas dû être publié comme telArticle du journal Le Point du 21 janvier 2009..

Jusqu'en 2010, Rivarol apporte un soutien quasiment constant mais non sans critiques ponctuellesPar exemple, le journal proteste contre la reprise du Chant des partisans lors de réunions publiques du FN et critique le projet de rencontre entre Jean-Marie Le Pen et Nelson Mandela au Front national, sans que les collaborateurs du journal soient pour autant membres de ce parti.

En 2010, lorsque Jérôme Bourbon devient directeur de publication du journal, ce soutien critique se transforme en conflit violent, notamment à compter de la campagne pour l'élection du président du Front national, pendant laquelle le journal se montre particulièrement hostile à Marine Le Pen. Jérôme Bourbon déclare ainsi en 2010 : . Pour lui, les proches de celle qui est alors vice-présidente du FN, sont .

Marine Le Pen déclare en sur le plateau de Serge Moati : . Ce à quoi Jérôme Bourbon répondra par une série d'articles virulents, accusant la nouvelle présidente du Front national de se rapprocher du « Système », et donc de trahir la cause du combat nationaliste dont Rivarol entend être un des héritiers les plus intransigeants. Jean-Marie Le Pen, quant à lui, qualifie Jérôme Bourbon de « FN : “gourgandine sans foi ni loi” contre “taliban hystérique” », Slate.fr, 19 novembre 2010. ; ce dernier intitule son éditorial du « Le Pen veut tuer Rivarol ».

En , un entretien accordé à Rivarol par Jean-Marie Le Pen entraîne la mise à l'écart du FN de ce dernier.

Pour marquer le soixante-cinquième anniversaire de l'hebdomadaire, Jérôme Bourbon organise, le , un banquet auquel participent six cents personnes. Le journaliste Robin D'Angelo y note la présence de Alain Escada, Alexandre Gabriac, Henry de Lesquen, Hervé Ryssen et Pierre Sidos. Jean-Marie Le Pen y évoque ; est également invité Robert Faurisson, acclamé dans la salle aux cris de , après un exposé de ses théories négationnistesBourbon aime Pétain et les chaussettes de Jean-Marie Le Pen, Robin d'Angelo, Streetpress, 11 avril 2016.Les images ahurissantes du banquet de Rivarol avec Jean-Marie Le Pen tournées par "Le Petit Journal", HuffingtonPost, 12 avril 2016.Le Pen, Faurisson et "musique de nègre" : le menu corsé du banquet de Rivarol, L'Express, 12 avril 2016..

Perte des aides à la presse Le , le député Jean-Louis Touraine (LREM) soumet une question écrite à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot à propos du Financement public de médias condamnés pour incitation à la haine. Il y mentionne Rivarol en tant qu'hebdomadaire qui bénéficie d'aides à la presse alors qu'il est , soulignant ainsi alors que .