Olivier Mathieu, né le à Boulogne-Billancourt, est un négationniste et néonazi français, également écrivain, journaliste et poète.

Il est principalement connu pour avoir, le , nié l'existence des chambres à gaz dans les camps nazis en direct à la télévision française.

Auteur de nombreux articles et ouvrages sous son nom et sous pseudonymeNotamment ceux d'« Ange Lepaige », « Holger Löns », « Robert Pioche », « Robert Spitzhacke », « Swann » et « Jean-Philippe de Vivier »., il est candidat à l'Académie française à diverses reprises ; il recueille une voix en 2003.

Biographie Olivier Mathieu est le petit-fils de la femme de lettres belge Marie Joséphine Jacquart, dite Marie de Vivier, qui entame en 1930 une liaison avec l'écrivain belge André Baillon (qu'il présente donc comme son probable grand-père.Il participe d'ailleurs à la rédaction des Nouveaux Cahiers André Baillon (cf. ; ).). Fils naturel de René Louis (1906-1991) (préface)., il vit une enfance pauvre., notamment à Sceaux, Trouville, Nanterre (à l'époque de Mai 68), Marly-le-Roi. Il n'est pas scolarisé jusqu'à son baccalauréat, qu'il passe en candidat libre en 1978, sa mère Marguerite MathieuMarguerite Mathieu (1925-1988), fille de Marie de Vivier, est, en 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, employée du service de presse de l'occupant allemand à Bruxelles. Après-guerre, elle obtient deux doctorats puis devient, de 1966 à sa mort, chargée de cours à Paris-X Nanterre (cf. ). s'occupant de son instruction. Il se produit en 1972 à la salle Pleyel au sein de l'orchestre de jeunes de son professeur de violon, Alfred Loewenguth.

En 1974, il est naturalisé français.

Sa jeunesse est marquée par la fréquentation de l'entourage de sa mère et de sa grand-mère ; on y voit Giuliano BonfanteQu'il tient pour l'un de ses . (préface)., Hergé, Robert Poulet, Ferdinand TeuléSon parrain. Sa marraine est Rita Bauwens., etc. En 1982, il se fait réformer de l'armée ; la même année, il remporte un concours de nouvelles organisé par la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), avec un texte intitulé Cousine. Il étudie les lettres classiques

Il publie des textes poétiques et en prose dès son adolescence (Gazette des grandes terres de Marly-le-Roi, en 1977, ou la revue belge Quetzalcoatl). Durant les années 1980, il est brièvement journaliste dans des publications d'extrême droite — Rivarol (articles sur Abel Bonnard), Présent, MinuteTancrède Ramonet (réal.), Patrick Buisson, le mauvais génie, France 3, 27 octobre 2016, à 12 min 53 s. —, et collabore à de nombreuses revues et magazines. (Le Spectacle du Monde, Nouvelle revue de Paris, Aspects de la France, Matulu, National-Hebdo, Écrits de Paris, Itinéraires, Éléments, Panorama des idées actuelles, J'ai tout compris). Il fréquente en outre le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Il publie des textes, entre autres, aux éditions Ouvertures de Jean Claude Bologne. De 1986 à 1990, il est conseiller littéraire de la maison d'édition-librairie négationniste Ogmios, où, , il .. Enfin, jusqu'en 1988, il prépare une thèse de doctorat intitulée Abel Bonnard ou la fin de l'homme blanc à l'université de Port Elizabeth, qui est finalement abandonnée..

En 1989, il publie une biographie d'Abel Bonnard, dans laquelle il exprime ses convictions pro-nazies, qualifiant notamment le Troisième Reich de .

En 2006, la revue Lectures françaisesLectures françaises, vol. 49, : . et RivarolPierre-Luc Moudenc reconnaîtra quelque temps plus tard, dans un article, l'erreur du journal. annoncent la mort de l'auteur à l'âge de 45 ans. Il dément cette nouvelle dès le mois de décembre suivant, dans Un peu d’encre, de larmes, de poudre et puis de sang ..

Militant politique (1985-1993) Actif en France et en Belgique dans les années 1980, il multiplie les polémiques, particulièrement au sujet de la Shoah, et se fait remarquer pour son militantisme négationniste.. Il est alors ouvertement néonazi et racialiste. Il dit également entretenir une correspondance avec Klaus Barbie, alors détenu en France, mais également avec la terroriste d'extrême gauche Joëlle Aubron.

Ses relations avec l'extrême droite sont néanmoins tumultueuses, et ses engagements dans plusieurs journaux lui valent de solides inimitiés : il quitte le quotidien Présent, avec lequel il considère n'avoir rien de commun, et est licencié du journal Minute. Le président du Front national (FN) belge, Daniel Féret, le menacera publiquement, en 1990, de représailles dans le principal quotidien francophone, Le Soir.

En 1988, il apparaît dans le documentaire Auschwitz ou l'introuvable sens d'André Dartevelle et Micheline Leblud.

Il est aussi arrêté, en , lors de la foire du livre de Bruxelles, dédiée cette année-là à la liberté d'expression et où il tient un stand en compagnie des militants du FN belge Patrick Cocriamont et Patrick Sessler et de l'éditeur d'ultra-gauche négationniste Pierre Guillaume. La même année, il participe au congrès d'histoire révisionniste de Los Angeles., et se déclare dans le second numéro de la feuille mensuelle d'Alain Guionnet. Toujours en 1989, il expose ce concept - qui revient à réhabiliter le nazisme sur la base des thèses négationnistes de Robert Faurisson - lors d'une conférence d'extrême droite au château du Corvier dans le Loir-et-Cher.

Olivier Mathieu habite ensuite en Belgique, où il est proche du Parti des forces nouvelles (PFN) belge. Il est par ailleurs l'un des auteurs de la thèse affirmant que Tintin a été inspiré par le chef rexiste belge Léon Degrelle, ami de Hergé. Le , à Bruxelles, il prononce une conférence intitulée à l'occasion de la première manifestation du cercle des étudiants révisionnistesBenoît Peeters, Hergé, fils de Tintin (livre numérique), n. p. Flammarion, 627 p., n. p., note 7.. La même année, la fondation Hergé lui interdit, par voie d'huissier, de révéler le contenu de sa correspondance avec Hergé (lequel avait rencontré Olivier Mathieu dès 1969, à Bruxelles, puis à Marly-le-Roi) ; celle-ci le fait condamner, pour ce motif, à une amende. Enfin, il joue un rôle dans l'édition posthume de l'ouvrage de Degrelle, Tintin mon copain.

Dans une émission diffusée en sur RTL-TVI, Enquête, il se dit ..

En , défendu par Xavier Hiernaux et Didier de Quévy, il est condamné, en vertu de la loi Moureaux, à une peine de dix-huit mois de prison ferme et francs d'amende par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour envers le journaliste Maurice Sarfati dit Serge DumontOn lui fait grief de l'avoir qualifié, lors d'une réunion publique le , de . et pour Il est accusé d'avoir déclaré lors de la même réunion de , paraphrasant Abel Bonnard : . Ne s'étant pas présenté à son procès, et ayant vu sa condamnation confirmée en appel., il gagne la France, l'Italie puis l'Espagne.

En 2003, dans Éléments, à Michel Marmin qui lui demande s'il n'est plus d'extrême droite, il répond : Il ajoute : .

Tenant des positions pro-palestiniennes, il a par ailleurs manifesté contre la première Guerre du Golfe ou contre l'exécution de Saddam Hussein .

Incident lors d'un débat télévisé (1990)

Invité à un débat sur l'extrême droite dans l'émission Ciel, mon mardi ! de Christophe Dechavanne le Aux côtés de Malek Boutih, Nicolas Bonnal, Stéphane Meyer, Jean-Pierre Pierre-Bloch, Patrick Quentin et Pierre Sidos ; Christophe Bourseiller et Régis Martin jouant quant à eux le rôle d'., il a marqué l'histoire de la télévision française en étant à l'origine d'une double bagarre générale en direct à la télévision française.

Tout d'abord, il dit se définir comme . Il précise même que et que, selon lui, il ne faut pas l'utiliser. Après sept minutes d'émission, il déclare : Il s'écrie ensuite : Cela donne lieu à une première bagarre générale impliquant à la fois les invités et le public. Christophe Dechavanne arrive à rétablir le calme après quelques minutes.

Après quinze minutes d'émission, Christophe Dechavanne redonne la parole à Olivier Mathieu. Ce dernier demande à l'une des personnes présentes sur le plateau, Jean-Pierre Pierre-Bloch, à l'époque président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (il fait allusion au déplacement de populations civiles allemandes d'Europe de l'Est et de la Prusse orientale, après la défaite allemande conférence de Potsdam., selon de la déclaration de Potsdam). Un militant du groupe extrémiste juif Betar-Tagar., présent dans le public de l'émission, manifestement offusqué par les propos très provocateurs d'Olivier Mathieu, se précipite sur le plateau et frappe Olivier Mathieu au visage. L'agression est officiellement revendiquée dans Tribune juive du .. Débute alors immédiatement une deuxième bagarre générale, plus importante que la première, impliquant à la fois les invités et le public. Christophe Dechavanne ramène le calme avec difficulté, en annonçant au public qu'Olivier Mathieu et l'agresseur du Betar-Tagar ont tous deux quitté la salle.

Bien que les propos révisionnistes d'Olivier Mathieu fassent l'objet de nombreuses controverses, ils n'étaient pas punissables, la loi Gayssot n'étant promulguée que quelques mois plus tard, le .

Candidatures à l'Académie française (depuis 1990) Olivier Mathieu présente à plusieurs reprises sa candidature à l'Académie française sous son propre nom ou sous le pseudonyme de Robert PiocheIl semble avoir utilisé ce sobriquet dès son enfance, comme attesté dès 1971 dans le livre Cent pages d'amour, de sa grand-mère Marie de Vivier..

En 1990, il n'obtient aucune voix face à Hélène Carrère d'Encausse. Sa candidature du , sous le nom de Robert Pioche, lui vaut une voix contre Valéry Giscard d'Estaing, à la succession de Léopold Sédar Senghor. Il fait de nouveau acte de candidature à l'Académie française, sous son vrai nom, le , mais sa candidature à la succession de Jean-François Revel en n'est pas officialisée. En 2008, sa candidature au fauteuil précédemment occupé par Pierre Messmer est officialiséeAcadémie française, actualités, 30 octobre 2008. Il n'obtient aucune voix au scrutin, qui voit l'élection de Simone VeilAcadémie française, actualités, 20 novembre 2008., et réitère sa candidature à la succession d'Alain Robbe-Grillet, en vue de l'élection du . En 2011, il est de nouveau candidat, cette fois au fauteuil laissé vacant par le décès de Maurice Druon. Lors de cette élection, il publie sur Internet un Éloge poétique de Maurice Druon en deux cents alexandrins en vers réguliers. Celui-ci est mentionné dans Le Figaro du , en marge de l'élection académique de la veilleÉtienne de Montety, « Candidat à l'habit vert, il sait discourir en vers », Le Figaro, 8 avril 2011, .. Olivier Mathieu fait de nouveau acte de candidature le au fauteuil 7 de l'Académie française, précédemment occupé par Jacqueline de Romilly sans obtenir de voix au scrutin du qui a vu l'élection de Jules Hoffmann par 17 voix sur 23 votants .. Il se représente encore le cette fois au fauteuil 40 en remplacement de l'académicien Pierre-Jean Remy, mais est rejeté le .

Il se présente à nouveau au printemps 2014, sous le nom d'emprunt de Robert Spitzhacke. Cela fait de lui la seule personne à avoir déposé sa candidature à l'Académie française sous trois identités distinctes. En , il réitère au fauteuil laissé vacant par Assia Djebar. puis, en , au siège de René Girard..

Il fait de nouveau acte de candidature en mai 2026 pour succéder à Mario Vargas au fauteuil numéro 16, sa candidature est enregistrée le 21 mai tout comme celle d'Eduardo Pisani.

Œuvres Cycle de Robert Pioche

Autres publications

Le Portrait de Dawn Dunlap, Cluj-Napoca, Casa Cartii de Stiinta, 2017, 69 p. C'est David Hamilton qu'on assassine (préf. Roland Jaccard), Nantes, Les Petits bonheurs, 2017, 151 p. Je crie à toutes filles mercis : mémoires éphèbophiles à peine romancés : opus préposthume en détournement de tonalité mi mineure, Nantes, Les Petits bonheurs, 2018, 530 p.