Schirmeck est une commune française, située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune authentiquement alsacienne s'étend largement vers le massif des Vosges, à partir d'une portion de la vallée de la Bruche.

Schirmeck est une ville neuve fondée au Moyen-Âge par l'évêque de Strasbourg et est longtemps restée sous sa tutelle spirituelle et seigneuriale.

Dès le début du , Schirmeck a été un chef-lieu de canton du département des Vosges. En 1871, le traité de Francfort l'a intégrée au nouveau land d'Elsass-Lothringen. De retour dans le giron français en , malgré l'intermède nazi de 1940 à 1944, elle a retrouvé la région historique et culturelle d'Alsace.

Ses habitants sont nommés Schirmeckois(es).

Géographie Localisation La ville est située au bord de la Bruche, au cœur d'une vallée du massif des Vosges.

Géologie et relief La commune s'étend sur hectares du col entre les Deux Donon à la Bruche, du ruisseau Goutte du Marteau à celui de Tommelsbach, englobant le massif de l’Évêché et les chaumes du Colbery, de à d’altitude.

Le relief, très confus, appartient au Dévono-dinantien d’âge primaire et se compose d’une série de schistes et de grauwackes en coulissage irrégulier mis en place au fond d’une mer malmenée par des éruptions volcaniques. La quasi-totalité du territoire est occupée par la forêt caractérisée par un relief très accidenté mais riche du point de vue minéralogique avec la formation de lentilles et de filons ferrifères et accessoirement de manganèse.

Centre de gestion de l'Office National des Forêts.

Communes limitrophes

Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Bruche, le ruisseau de Framont., le ruisseau le Barenbach., le ruisseau de la Halle., le ruisseau le Steinbach. et le ruisseau le Tomelsbach...

La Bruche, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Strasbourg, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Bruche sont données par la station hydrologique située sur la commune de Russ. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 724 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1963 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le ruisseau de Framont, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Grandfontaine et se jette dans la Bruche sur la commune, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de SchirmeckLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la fontaine du Colbéry ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Belmont à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communications et transports Voies routières L’étroitesse du site urbain entre la montagne et la Bruche a conduit au percement d'un tunnel de afin de soulager la ville du transit automobile. Cette déviation est ouverte à la circulation depuis le . L'autoroute A352 : échangeur Molsheim - Obernai. L’autoroute A35, aussi appelée autoroute des Cigognes ou l'Alsacienne : échangeurs Barr Goxwiller - Valff - Obernai.

Transports en commun Transports en Alsace. Fluo Grand Est. les navettes de la Vallée de la Brucheles navettes de la Vallée de la Bruche. L'Alsace sans ma voiture.

vignette|Gare de Schirmeck - La Broque.|alt= SNCF Gare de Schirmeck - La Broque Gare de Schirmeck. Gare de Rothau, Gare de Russ - Hersbach, Gare de Wisches, Gare de Fouday.

Transports aériens Les aéroports les plus proches sont : Aéroport de Strasbourg-Entzheim, Aéroport de Colmar - Houssen.

Ports Port autonome de Strasbourg.

Urbanisme Typologie Au , Schirmeck est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de la BroqueUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de la Broque comprend cinq villes-centres (La Broque, Lutzelhouse, Rothau, Schirmeck, Wisches) et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (80,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (76 %), zones urbanisées (14,8 %), prairies (4,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.0|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques naturels et technologiques Commune située dans une zone de sismicité modérée..

Toponymie Schirmeck, qualifiant d'abord le château verrouillant la vallée, signifierait « endroit protégé », la localité est dite Chermec en langue romane ou en patois local, une variante de lorrain.

Histoire Première mention En 1315, la première mention écrite de la ville neuve de Barembach, dite Schirmecke apparaît dans un acte de fondation de la collégiale de Haslach (Niederhaslach). Dans la description des limites de l'abbaye de Senones, la ville nouvellement fondée réapparaît sous le nom de Neufville en Barembax : le terme de « ville neuve ou Neufville» suggère une création récente. La ville est cependant à peine plus grosse qu'un village, c'est une «micro-ville» dont on ignore tout des privilèges (marchés, franchises) et de l'étendue de sa justice, sinon qu'elle dépend étroitement de l'évêché de Strasbourg. Elle occupe néanmoins une position stratégique sur la Bruche, à un carrefour de routes fréquentées reliant l'Alsace à la Lorraine.

Le nom allemand Schirmeck, issue de la formule latine opido nostro Schirmeck, n'est adopté dans les actes de chancellerie qu'à partir de 1348.

Du Moyen Âge à la Renaissance Le territoire sur lequel la ville est fondée ex nihilo est une ancienne possession des comtes de Nordgau, acquise du dernier héritier Frédéric de Leiningen de l'illustre lignée de Linange en 1239 par Berthold de Buchhegg, évêque de Strasbourg. Vers la fin du un habitat dense se constitue vraisemblablement, juste avant qu'il ne soit emmuré et doté du statut de ville. L’évêque de Strasbourg Johann de Dirpheim (1308-1328) entoure la ville d'un mur d'enceinte, le Ringmauer encore attesté en 1666, et d'un château épiscopal.

Le château et la ville contrôlent un point de passage important entre l’Alsace et le comté de Salm, qui ouvre vers les grands chemins ou rivières du duché de Lorraine, après l'entrée fortement contrôlée et surveillée de La Broque. Vers 1350, un péage contrôlant le franchissement de la Bruche est cité pour la première fois. À cette date, une administration urbaine est en place, avec à sa tête un écoutète, équivalent roman du Schultheiss, fonctionnaire représentant l’évêque. Un péage non moins important était également établi en limite des terres évêchoises de Strasbourg sur le col entre les deux Donons, par où transitent encore au début de l'époque moderne plusieurs milliers de têtes de bétail en cinquante ans, selon la déposition d’un habitant de Harbouey en 1579. Des relations économiques élargies aux marchés et foires aux bestiaux de Francfort, de Strasbourg à Nuremberg font transiter par la ville du vin, du poisson, des céréales, du fer, des moutons, des porcs, des bœufs et des chevaux. Bovidés et céréales, fer et sel viennent plus souvent de Lorraine ou du comté de Salm, mais l'axe est nettement secondaire par rapport à Saverne, joignant Metz et Strasbourg.

En 1362, la ville est peuplée d'environ 260 habitants, les terres du finage de Wackenbach comprises. Rattaché au Moyen Âge au bailliage de Molsheim, le château devient la résidence d'un bailli, lequel se trouve à la tête du nouveau bailliage que forme Schirmeck, comprenant 19 localités, de Mutzig à Natzwiller.

Le , la ville (ou Statt) est vendue, avec tout le territoire compris entre la seigneurie du Ban de la Roche et le château de Guirbaden, au comte Jean III de Salm et à son épouse Philippine de Falkenburg, pour florins d'orHenri Lepage, , 1845, place la transaction étendue à la ville, au château et au val de Bruches en 1356. La somme indiquée est identique.. L'origine lorraine de l'évêque Jean de Luxembourg-Ligny, fier de ses origines ardennaises, ne paraît pas étrangère à cette vente en faveur du comte de Salm. Dès 1373 néanmoins, le comte de Salm revend en trois parts le territoire à des nobles strasbourgeois. Dès lors, les biens sont progressivement morcelés par des ventes, des successions et des engagements, jusqu'à leur retour à l'évêché en 1518 grâce aux efforts de l'évêque Guillaume de Honstein.