Jean de Bretagne, aussi appelé , né vers 1294 à Hennebont où il est mort le , fils d', duc de Bretagne, et de Yolande de Dreux, comtesse de Montfort-l'Amaury, est un noble franco-breton, comte de Montfort-l'Amaury de 1330 à 1345, comte de Richmond de 1341 à 1342 et duc de Bretagne prétendant de 1341 à 1345, dans le cadre de la guerre de Succession de Bretagne, face à son compétiteur Charles de Blois.
Il n'est donc pas désigné comme « Jean IV de Bretagne »Une partie de l'historiographie, surtout britannique, le désigne cependant sous le nom de de Bretagne., dénomination attribuée à son fils sorti vainqueur de la guerre contre Charles de Blois en 1364 et reconnu comme duc par le roi de France en 1365.
Biographie
Origines familiales Jean de Montfort est le fils aîné d' de Bretagne et de sa deuxième épouse Yolande de Dreux : il hérite de sa mère le titre de comte de Montfort-l'Amaury, et revendique le titre de duc de Bretagne à la mort de son demi-frère Frédéric Morvan, la Chevalerie de Bretagne et la formation de l'armée ducale 1260-1341, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2009, « Généalogie : ducs de Bretagne de la maison de Dreux »..
Emblématique Comte de Montfort-l'Amaury par sa mère, il hérite de son père sinon le duché de Bretagne, du moins ses prétentions au duché. Il hérite aussi de son emblématique et selon Laurent HablotLaurent Hablot, Les couleurs des armées à la fin du Moyen Âge, le cas breton. dans le bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire Atlantique, , Nantes, 2006. refuse le changement introduit en 1316 par son demi-frère , qui avait modifié les armoiries de Dreux-Bretagne en n'en conservant que l'hermine (promise à un long usage en Bretagne).
Le prétendant Le , le duc meurt sans héritier mâle. Son demi-frère Jean de Monfort se porte candidat à la succession, qui est aussi revendiquée par Jeanne de Penthièvre, nièce de et épouse de Charles de Blois, lui-même neveu du roi de France . Le roi est, bien sûr, favorable à son neveu.
Toutefois la position de Jean de Montfort est juridiquement fondée car il estime qu'un frère est un héritier plus proche qu'une nièce bénéficiaire de plus du « droit de représentation » qui du fait d'une interprétation récente et discutable de la loi des Francs saliens a été rejeté pour le royaume de France ce qui a permis à en 1316 et plus récemment à de monter sur le trône. Les partisans de Jean de Montfort insistent habilement sur le fait que la Bretagne est, depuis 1297, un duché-pairie « membre et partie de la couronne » et que la législation du royaume suzerain doit y être appliquée.
Une guerre, appelée Guerre de Succession de Bretagne, commence alors et va durer une vingtaine d'années. Ce conflit fut aussi appelé « Guerre des deux Jeanne », du nom des deux duchesses en compétition : Jeanne de Penthièvre et Jeanne de Flandre, l'épouse de Jean de Montfort.
Coup de force vignette|Entrée de Jean de Montfort à Nantes. Miniature du extraite des Chroniques de Froissart. BnF Ms 2675. Après les obsèques de , Charles de Blois regagne la cour de France et Jean de Montfort retourne sur son domaine breton de Guérande. De là, à l'incitation, selon la tradition, de son épouse Jeanne de Flandre, accompagné d'une petite troupe, il se rend à Nantes où il est bien reçu par les habitants qui lui jurent fidélité. Le prétendant descend ensuite à Limoges où il réussit à s'emparer du trésor ducal. Jean de Montfort, revient à Nantes et se fait reconnaître duc en , par une assemblée composées de députés des villes et de petits seigneurs, mais boudée par les grands vassaux à l'exception d'. Grâce au trésor ducal, il recrute des mercenaires, ce qui lui permet ensuite d'effectuer en - une « grande chevauchée en Bretagne » décrite avec emphase par Arthur de la Borderie, et de prendre le contrôle du domaine ducal. D'abord de Rennes puis de Vannes et des places qui l'entourent le château de Suscinio, Auray, Hennebont puis Quimperlé. Ayant échoué devant le domaine des Rohan, il soumet Quimper et Brest avant de redescendre vers Carhaix puis de remonter vers le nord et de s'emparer de Saint-Brieuc, Lamballe, Jugon, Dinan, Dol-de-Bretagne, et de regagner Nantes par PloërmelLa réalité de cette « geste héroïque » est désormais remise en cause par Jean-Christophe Cassard, « La querelle de Bretagne, 1341-1364-1381 », dans Toute l'histoire de Bretagne, Morlaix, 2003..
Toujours accompagné d', il obtient, sinon le ralliement, du moins la soumission de certains des grands seigneurs fidèles de Charles de Blois qui tenaient plusieurs de ces places fortes. Toutefois, il ne peut prendre Josselin ni obtenir le ralliement du haut clergé séculier et des grands barons, ni de plus, contrôler les domaines des Penthièvre et de la maison de Rohan qui représentent environ les deux tiers de la Bretagne. Jean de Montfort se rend également en Angleterre et rencontre à Windsor qui lui promet une aide militaire et l'investit du comté de Richmond.
Début de la Guerre de succession Charles de Blois fait alors appel au roi de France qui convoque Jean de Montfort devant la cour des Pairs réunie à Conflans en . Dans ce contexte, par l'arrêt de Conflans, le duché de Bretagne est logiquement attribué à Charles de Blois. accepte de recevoir l'hommage lige de Charles de Blois au nom de son épouse et confisque alors à Jean de Montfort son comté de Montfort-l'Amaury (en territoire français), ainsi que la vicomté de Limoges qu'il détenait de plus indument.
En , Charles de Blois et le duc de Normandie (futur roi de France), réunissent une armée et pénètrent en Bretagne. Ils réussissent alors, à récupérer un certain nombre de places fortes perdues dont Nantes qui est reprise le après trois semaines de siège. Jean de Montfort est fait prisonnier puis emmené dans une prison du Louvre à Paris. Malgré le changement de camp d', l'épouse de Montfort, Jeanne, continue la lutte armée soutenue par ses partisans.
Après une trêve hivernale qui s'achève le , Charles de Blois reprend la lutte et regagne une grande partie de la Bretagne entre et . Le roi décide alors d'intervenir en faveur du parti de Montfort. Charles de Blois échoue à prendre Hennebont défendu par Jeanne de Flandre pendant que à la tête d'un contingent anglais est mortellement blessé en assiégeant en vain Vannes. En , par l'entremise du pape , une trêve signée à Malestroit doit apporter la paix et la libération de Jean de Montfort. Ce dernier libéré se retire en Angleterre le . Son retour dans la lutte avec des renforts fournis par le roi , met fin à la trêve. Jean de Montfort met vainement le siège devant Quimper puis tombe malade et meurt à Hennebont le .
Il est inhumé dans le couvent des Dominicains de QuimperléFondé vers 1254 par la duchesse Blanche de Champagne et connu sous le nom breton d'« Abbaty Guen ». où son tombeau avec l'inscription suivante « Hic jacet Iohannes Dux Britanniæ et Comes Montfortis qui decessit septembris anno , orate pro eo »., déjà violé, a été retrouvé en Théodore Hersart de La Villemarqué, « Le tombeau de Jean de Montfort » rapport du de la Société archéologique du Finistère, 1884, 278-297.. Ses restes se trouvent désormais dans l'église Sainte-Croix de Quimperlé.
Mariage et descendance Il épouse à Chartres, en 1329, Jeanne (1295 - 1374) fille de comte de Nevers, et de Jeanne de Rethel, comtesse de Rethel, et eutGénéalogie de sur le site Medieval Lands. : (1339 – 1399), comte de Richmond et duc de Bretagne ; Jeanne (1341 – 1402), mariée en 1385 à Ralph, Basset de Drayton († 1398).
Ascendance
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie . . Réédition : Mayenne, Joseph Floch, 1972. . Eugène Déprez, « Une lettre missive du prétendant Jean de Bretagne, comte de Montfort ». Dans: Annales de Bretagne. , , 1919. 56-67. Frédéric Morvan, la Chevalerie de Bretagne et la formation de l'armée ducale 1260-1341, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2009, « Généalogie : ducs de Bretagne de la maison de Dreux ».
Articles connexes
Liste des héritiers du trône de Bretagne
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