Ferdinand Maximilien de Habsbourg-Lorraine, né le à Vienne et mort fusillé le au Cerro de las Campanas à Santiago de Querétaro (Mexique), est un archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie et de Bohême, devenu empereur du Mexique sous le nom de Maximilien en 1864. Frère cadet de l'empereur d'Autriche François-Joseph , il épouse en 1857 la princesse Charlotte de Belgique.
En 1857, Maximilien est nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche a acquis au congrès de Vienne et qui se montre rebelle au pouvoir de la maison de Habsbourg. Sa politique, trop libérale aux yeux du pouvoir autrichien, son indulgence envers les rebelles italiens et sa prodigalité le contraignent à la démission le .
Lors de l'expédition du Mexique qui débute au cours de l'hiver 1861-1862, la France, alliée à l'Espagne et au Royaume-Uni, envahit la République mexicaine. Les Espagnols et les Britanniques se retirent en , tandis que l'armée française demeure sur place, cherchant à conquérir le pays. Désireux de légitimer cette domination, soutient un groupe de monarchistes du parti conservateur hostiles à la république, qui établissent la deuxième régence du Mexique. Le , une députation de conservateurs mexicains propose à Maximilien d'Autriche la couronne impériale du Mexique. Maximilien conditionne son acceptation du trône à la tenue d'un référendum populaire assorti de garanties financières et militaires solides. Après plusieurs mois de tergiversations, Maximilien finit par accepter et devient empereur du Mexique le .
Le Second Empire mexicain réussit à se faire reconnaître par plusieurs puissances européennes, dont la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, l'Autriche et la Prusse. En vertu de la doctrine de Monroe, les États-Unis continuent toutefois de soutenir les insurgés républicains de Benito Juárez, que l'empereur Maximilien ne parvient pas à vaincre durablement. À la faveur de la fin de la guerre de Sécession en 1865, le soutien plus appuyé des États-Unis aux forces républicaines fragilise davantage la situation de Maximilien , laquelle s'aggrave encore lors de l'amorce du retrait de l'armée française du Mexique en 1866. Son épouse, l'impératrice Charlotte, revient en Europe pour tenter d'obtenir au profit de son mari un ultime soutien de Napoléon III, en vain. Vaincu à Querétaro, Maximilien est capturé, jugé et exécuté le par les insurgés, qui restaurent la République mexicaine.
Biographie Premières années gauche|vignette|187x187px|alt= âgé de six ans l'archiduc pose debout tenant une badine|Portrait du jeune archiduc Maximilien par Joseph Karl Stieler (1838). Maximilien naît au château de Schönbrunn, près de Vienne en Autriche le . Second fils de l'archiduc François-Charles d'Autriche et de l'archiduchesse née Sophie de Bavière, il est lors de sa naissance le petit-fils de l'empereur régnant François d'Autriche. Ses prénoms (Ferdinand Maximilien Joseph) rendent hommage à son parrain et oncle paternel, qui devient en 1835 l'empereur , et à son grand-père maternel, le roi . Frère cadet du futur empereur , il a deux frères puînés : Charles-Louis (1833–1896) et Louis-Victor (1842–1919), ainsi qu'une sœur, Marie-Anne (1835–1840).
Une rumeur récurrente voit en Maximilien le fils du duc de Reichstadt (), élevé à la cour d'Autriche parmi les Habsbourg. L'archiduchesse Sophie était devenue très proche du duc de Reichstadt après la naissance de François-Joseph en . Lorsque le duc de Reichstatdt meurt le , Sophie en est tellement bouleversée qu'elle devient incapable d'allaiter Maximilien qui n'a que deux semaines. Comme le veut la tradition, Maximilien est d'abord élevé par une gouvernante, la baronne Louise Sturmfeder von Oppenweiler, avant d'être, à , éduqué par des précepteurs à la tête desquels est placé le comte Heinrich de Bombelles, diplomate d'origine française au service de l'Autriche. Maximilien est de santé fragile et s'enrhume constamment dans les chambres mal chauffées de la Hofburg. Il apprécie particulièrement le jardin privé de l'empereur où une volière l'attire beaucoup. Il dispose d'un espace personnel constitué d'un bosquet de palmiers et de plantes tropicales où niche un couple de perroquets ; il y puise son goût pour l'aménagement des jardins qu'il développera dans ses résidences ultérieures.
De ses enfants, sa mère affirme qu'il est le plus aimant. Tandis que son frère François-Joseph se montre précocement économe, Maximilien révèle une nature plus rêveuse et dépensière. Toutefois, les quatre frères sont élevés de la même manière spartiate et doivent se plier dès leur plus jeune âge aux rigueurs de l'étiquette de la cour de Vienne. Enfants, Maximilien et François-Joseph sont très complices. Ils partagent un programme scolaire dense : jusqu'à d'études hebdomadaires lorsqu'il a . Outre l'allemand, l'anglais et le français, les archiducs apprennent les langues usitées dans le vaste empire des Habsbourg : italien, hongrois, polonais, roumain et quelques rudiments de tchèque. Maximilien étudie aussi le piano, le modelage et l'équitation. Lorsque Maximilien atteint ses , son frère et lui effectuent un tour des provinces italiennes appartenant à l'Autriche en compagnie du maréchal Radetzky. Depuis 1835, c'est leur oncle Ferdinand qui règne en Autriche. Les deux adolescents se plaisent à se gausser de ce souverain considéré comme intellectuellement déficient.
Dans l'ombre de François-Joseph vignette|redresse|alt=âgé de , l'archiduc pose en buste en uniforme de la marine autrichienne|L'archiduc Maximilien par Carl Haase en 1853. vignette|redresse|alt=la princesse représentée en buste porte une robe en satin bleu pâle et une fleur dans ses cheveux noirs séparés en bandeaux|Marie-Amélie du Brésil par Friedrich Dürck (vers 1849). En , la révolution des patriotes italiens gagne rapidement tout l'empire. Le renvoi de Metternich signe la fin d'une ère. L'empereur Ferdinand est reconnu inapte à gouverner. Son frère et successeur légitime, l'archiduc François-Charles, incité par son épouse l'archiduchesse Sophie, renonce à ses droits au trône au profit de son fils aîné François-Joseph, qui commence son règne le .
Dès le début, François-Joseph prend sérieusement et efficacement le pouvoir en main. Les Hongrois résistant jusqu'à l'été 1849, François-Joseph emmène Maximilien sur le théâtre des opérations militaires. Tandis que François-Joseph demeure impassible, Maximilien rapporte que . Après la victoire sur les Hongrois, une répression implacable est exercée à l'encontre des opposants dont certains sont pendus et fusillés en présence des archiducs. Contrairement à son frère, Maximilien est heurté par la brutalité des exécutions. Maximilien admire le naturel avec lequel François-Joseph reçoit les hommages des ministres et des généraux. Désormais, lui aussi doit demander audience avant de rencontrer son frère.
Les analyses de sa personnalité sont contrastées : O. Defrance le présente comme moins doué et de caractère plus complexe que son frère aîné, tandis que L. Sondhaus indique au contraire qu'il avait souvent éclipsé son frère dès l'enfance et que ce dernier paraissait plus terne et moins talentueux en comparaison. Maximilien à est décrit comme séduisant, rêveur, romantique et dilettante. Émotif et nerveux, il est plutôt faible de caractère tout en manifestant des élans d'énergie. Souvent indécis, il passe aisément de la colère à l'entêtement et à la dépression. Moralement moins stable que François-Joseph, il s'entoure d'amis libertins. Toutefois, il est pleinement conscient de son rang et du sens de la grandeur de sa maison. Alors qu'il voudrait seconder son frère, ce dernier lui répond par une fin de non recevoir.
En 1850, Maximilien est amoureux de la comtesse Paula von Linden, la fille de l'ambassadeur de Wurtemberg à Vienne. Leurs sentiments sont réciproques, mais en raison du rang inférieur de la comtesse, François-Joseph met fin à cette idylle en expédiant Maximilien à Trieste afin de le familiariser avec la marine autrichienne, dans laquelle il est appelé à faire carrière.
Maximilien s'embarque sur la corvette Vulcain pour une courte croisière en Grèce. En , il est nommé lieutenant de vaisseau avant d'effectuer, en été 1851, un voyage à bord de la Novara. Ce premier long voyage l'enchante : Ce voyage le mène notamment à Lisbonne. Il y fait la connaissance de la princesse Marie-Amélie du Brésil, âgée de , fille unique du défunt empereur du Brésil . Décrite comme ravissante, pieuse et vive d'esprit, elle a reçu une éducation raffinée. Elle joue du piano et se montre douée pour le dessin et la peinture. Tous deux sont amoureux. François-Joseph et sa mère autorisent leur mariage. En , Marie-Amélie contracte la scarlatine. Les mois passant, son état de santé empire avant que ne se déclare la tuberculose. Ses médecins lui conseillent de quitter Lisbonne pour Madère, où elle arrive en . À la fin novembre, tout espoir qu'elle recouvre la santé est perdu. La jeune fille meurt le . Le chagrin de Maximilien est immense.
Maximilien se perfectionne dans l'art de commander les équipages et reçoit une solide formation technique navale. Le , il est nommé commandant en chef de la marine autrichienne et promu contre-amiral. Il a enfin trouvé sa voie et prend plaisir à voyager vers des destinations telles que Beyrouth, la Palestine ou l'Égypte. À l'automne 1855, alors qu'il navigue sur une mer houleuse dans les eaux de l'Adriatique, il trouve refuge dans le golfe de Trieste. Aussitôt, il songe à y bâtir un jour une résidence de plaisance. Les travaux de construction du château de Miramare débutent en . Après la guerre de Crimée, le traité de Paris signé le offre à Maximilien l'occasion de se rendre en France auprès de et de l'impératrice Eugénie, deux personnages qui influencent bientôt son destin.
Union avec Charlotte de Belgique vignette|gauche|redresse|alt=photographie représentant Charlotte en robe à crinoline au bras de Maximilien en habit civil|La princesse Charlotte et son fiancé l'archiduc Maximilien par Louis-Joseph Ghémar (1857).
En , François-Joseph demande à Maximilien qu'à son retour de Paris, et avant de regagner Vienne, il s'arrête à Bruxelles afin de rendre visite au roi des Belges Léopold . Le , Maximilien arrive en Belgique où l'accueille Philippe, comte de Flandre, fils cadet du roi Léopold. Accompagné par les princes de Belgique, Maximilien visite les villes de Tournai, Courtrai, Bruges, Gand, Anvers et Charleroi. À Bruxelles, Maximilien fait la connaissance de la fille du roi âgée de , la princesse Charlotte, laquelle tombe immédiatement sous son charme.
Le père de Charlotte, ayant remarqué les sentiments de sa fille à son égard, suggère à Maximilien de demander la main de cette dernière. Maximilien accepte donc de se déclarer. Il reçoit un accueil cordial à la cour de Belgique, mais ne peut s'empêcher de juger la sobriété du château de Laeken tellement éloignée du luxe des résidences impériales viennoises. À son futur gendre, le roi Léopold écrit : .
En réalité, si Maximilien accepte le mariage belge, il ne manifeste pas d'enthousiasme et n'est pas amoureux. Opportuniste, il négocie âprement la dot de sa promise. Éconduit par Charlotte, le prince Georges de Saxe met en garde le roi Léopold contre . Quant au duc de Brabant, le futur , il écrit à la reine Victoria :
Tandis que les âpres transactions financières entre Vienne et Bruxelles en vue du mariage se poursuivent, le roi Léopold demande que soit dressé un acte de séparation de biens afin de protéger les intérêts de sa fille. Peu soucieuse du règlement de ces considérations purement matérielles, Charlotte déclare : . Les fiançailles sont conclues le . Quelques semaines plus tard, le , Maximilien est officiellement nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche avait acquis au congrès de Vienne et qui se montrait rebelle au pouvoir de la maison de Habsbourg.