Les Téké sont un peuple bantou des savanes d’Afrique centrale, établi de part et d’autre du fleuve Congo. Ils sont répartis principalement au sud, au centre et au nord de la République du Congo, à l’ouest de la République démocratique du Congo ainsi que dans le sud-est du Gabon. Le terme Bateke désigne l’ensemble du peuple téké, le préfixe ba- marquant le pluriel dans leur langue.

Ethnonymes

Selon les sources et le contexte, on observe de multiples variantes (cf. polyonymie) : Anzicana, Anzichi, Anzicho, Anzika, Anzique, Ateo, Baketi, Bateke, Ba-Teke, Batéké, Mbéti, Tege, Atege, Tégué, Téké, Téo, Téré, Atéré, Otéré, Tio, Tsio, TyoSource RAMEAU, BnF , Manjolo (au Brésil).

Les Tékés étaient autrefois connus sous le nom d'« Anzico »Th. Simar, Le Congo au d'après la relation de Lopez-Pigafetta, p. 79 & sq., Simonetti, Bruxelles, 1919 . Ce nom apparaît en 1535 dans les titres revendiqués par Alphonse Ier du KongoLouis Jadin et Mireille Dicorato, Correspondance de Dom Afonso, roi du Congo, Bruxelles, 1974.. Le terme serait une désignation péjorative employée par les Bakongos et signifiant « petits », en référence aux Pygmées auxquels les Teke se sont mêlés en se répandant sur l'ancien territoire de ceux-là. De nombreuses autres hypothèses sur l'étymologie d'Anzico ont été émises par divers auteurs sans être plus satisfaisantes. Ils sont souvent appelés aujourd'hui « Téké » (« Batéké » en kikongo) ou « Teke » selon l’orthographe africaniste. D'une façon comparable à l'ethnonyme « Dioula » en Côte d'Ivoire, le terme signifie ou a pris en kituba la signification de « commerçants ».

Groupes Téké : Aboma, Akaniki, Foumou, Houm ou Woum, Küküa (kukuya) ou Koukouya, Lali, Mfinou, Ndzikou, Ndzinzali, Ngoungoulou, Nguengué,Tégué, Tié, Tsayi (Tsaayi), Tswar. ces derniers sous groupes teke précités concernent surtout le Congo- Brazzaville. Pour la RDC on doit ajouter par exemple les Babwa, les Nkana, les Batswara, les Banku, les Bamfinu, les Baboma, les Batankundi, les Basingala, etc. En RDC les Yaka ne font pas partis du grand groupe teke. Quant aux Bahumbu ils refusent catégoriquement que les considère comme un sous groupe teke. Ils acceptent qu'on les considère comme un peuple lié aux teke, peuple frère. Il faut noter que les graphies peuvent varier beaucoup d'un conquérant occidental à l'autre, et ensuite avec les distinctions érudites, carte..

Langues Ils parlent les langues teke, qui sont des langues bantoues.

Population En 1973, l'historien et anthropologue Jan VansinaJan Vansina reprend la Carte ethnique de l'Afrique Équatoriale Française de Marcel Soret, publiée à partir de 1955. publie une carte sur laquelle sont situés du Sud au Nord et de l'Ouest à l'Est : tout au Sud, les Kwei et les Fumu, les Bale sur l'île Mbamou du Pool Malebo, puis les Mbina et les Wu ; sur la rive droite du Congo et plus au Nord sur cette rive, les Dzindzali ; un peu plus vers le centre, depuis l'Ouest : les Yaa, Laali (Nkoo), Laali [ou Lali] et Mbembe ; depuis l'Ouest : les Teke (Ntsaye) [ou Tsayi], Sese du Sud, Nwongwoni, Jinju, Boo ; sur la rive gauche du Congo, les Ngenge ; depuis l'Ouest : les Ntsinsege, Jiju, Kukuya, Jinju, Sese du Nord; et enfin depuis l'Ouest, au nord du Dziele, les Tege, puis les Ngungulu à l'ouest de la rivière [Mpama]

. Feu le président Omar Bongo, son fils Ali Bongo et l'actuel président Brice Clotaire Oligui Nguema

. Les Téké Tsayi occupent la forêt sur les contreforts orientaux du massif du Chaillu.

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Histoire Archéologie Avec la formation d'une nouvelle emprise de la forêt sous un climat devenu chaud et humide (plus humide qu'actuellement) en Afrique centrale, vers - ans BP, de la fin du Pléistocène, sec, au début de l'Holocène, humide, une nouvelle industrie lithique apparaît : le tshitolien. Voir aussi : .. Ceci n'implique pas un phénomène uniforme et régulier, mais de fortes variations et des adaptations locales en conséquence. N'ont subsisté que quelques traces des anciens habitants chasseurs-collecteurs, et leurs outils marquent peu de différences avec ceux de la fin du Pléistocène, de l'industrie lupembienne. Localement, les assemblages du Nord-ouest de la zone sont proches de ceux trouvés en Afrique de l'Ouest, il en est de même au Sud avec des populations situées plus au Sud. Le Tshitolien, à dominance de microlithes, recouvre une grande partie du Congo et certaines zones du Gabon (le plateau des Batéké), ainsi qu'à l'Ouest de la RDC, et au nord-ouest de l'Angola. Ce sont des chasseurs-collecteurs à large spectre, et mobiles. Les populations du tshitolien vont laisser des traces de leur activité dans l'aire téké pendant ans et ..

Dans les temps qui suivent 7000 BP, à la frontière sud-est du Nigeria avec le Cameroun apparaissent la poterie, des meules et la preuve de consommation de fruits du Canarium schweinfurthii (élémi, ou élémier). On rencontre d'autres indices, ainsi de grands bifaces non tshitoliens et des outils de pierre polie (avec des microlithes). Plus tard, ces outils seront utilisés pour défricher et pour le jardinage. Cet ensemble va dominer toute la région pendant les quatre millénaires suivants, tandis que des plantes semi-domestiquées, comme le palmier à huile, vont être abondamment utilisées. On en déduit que ces populations seront moins mobiles, plus sédentaires et plus agricultrices, tandis qu'un peu moins chasseurs-collecteurs. La banane et le millet, pourtant originaires d'Extrême-Orient, apparaissent dans des fosses, à l'ouest du Gabon et au sud-ouest du Cameroun. Leur dispersion vers le Sud est probablement à associer avec la diffusion des langues bantoues. Une période climatique sèche intervient entre et BP dans le Grassland (Cameroun) et . Cet épisode, joint à une surpopulation, pourrait avoir déterminé la migration bantoue, depuis le Grassland, de ces populations de cultivateurs avec céramique possédant, pour certaines, la technologie du fer - apparue au plus tard vers 2150 BP, et venue du Nigeria (culture Nok) ; c'est d'ailleurs de Nok que proviendraient les décors à la roulette que l'on rencontre dès cette époque sur les céramiques. Le retour des populations dans le Grassland aurait limité la reforestation, l'épisode sec passé. Les plateaux Batéké auraient, peut-être, traversé une séquence semblable qui expliquerait son aspect actuel.

Sur le plateau téké, la sidérurgie se généralise aux premiers siècles de notre ère. Outils agricoles, flèches et armes emploient le fer. On lui donne une valeur symbolique, entre autres, dans le culte des morts. Puis aux alentours de l'an cette activité augmente nettement. On emploie des bas fourneaux à réduction directe dans des cuvettes creusées à même le sol. On activait la combustion par un ensemble composé de petits soufflets et de tuyères en terre cuite. Un fourneau, à usage unique, permettait de produire quelques kilos de métal. Les déchets pouvaient être entreposés en monticules de scories, dont certains correspondent à l'extraction de plusieurs tonnes de ferBruno Pinçon in .

L'archéologie a révélé, sur les deux rives du Congo et du Pool Malébo une riche tradition céramique depuis le , profitant d'une argile locale de qualité. La qualité des décors et la finesse de cette vaisselle se manifestent surtout du . Il s'agirait de témoins de la culture Téké Ndzindzali qui se serait développée depuis de . Elle serait le Pombo évoqué par Olfert Dapper comme ayant été un modèle pour les peuples de la côte atlantiqueBruno Pinçon in .

Histoire ancienne vignette|Carte topographique, villes actuelles et principales voies d'eau

Selon les mythes fondateurs, les Téké descendent de Nguunu, ancêtre de la plupart des populations du sud Congo.

Au , les Téké sont établisIls y sont établis depuis cinq siècles et plus : dans la savane sur la rive droite du fleuve Congo. Le cœur du royaume étant vers Mbé, il s'étend depuis les villes actuelles de Kinshasa et Brazzaville, au sud, jusqu'à proximité d'Ewo, au Nord, puis de la rive gauche de la Louessé à proximité de Mossendjo, à l'ouest, jusqu'au-delà de la rive gauche du fleuve Congo, à proximité de Mushie, à l'Est, soit environ sur 400 x 400 km.

Les Téké tirent à cette époque leur richesse d'importants gisements de cuivre, comme celui de Mindouli. Ils ont des contacts avec les Portugais qui explorent la région côtière à partir du . Ils subissent les assauts de l'empire Congo, attiré par cette source de profits et soutenu par le Royaume du Portugal. Une population, à l'origine du royaume de Loango, les chasse vers l'intérieur du territoire. Au leur espace se réduit sous la poussée des Sundi, du grand groupe Kongo, par le sud-ouest et par le sud.

Ils sont les successeurs des pygmées dans l'occupation de l'intérieur de l'actuel Congo-Brazzaville - c'est le Pygmée qui apporte le feu aux Teke. Ils s'émancipent du chef politique du peuple Kongo, le Manikongo au et fondent à leur tour le royaume Tio. Une rivalité s'instaure avec le Kongo qui dominait précédemment ce territoire, alors appelé Anzico. Le roi est appelé mikoko ou Makoko par les Européens, tandis que l'État est appelé le Royaume de Anzique et les habitants les AnzicainsOlfert Dapper, Description de l'Afrique..

. Ce commerce s'accompagne de plusieurs autres, à longue distance, comme le tabac et l'ivoire que des chefs Téké obtiennent des Pygmées. Le commerce du fer produit par les Téké de la forêt s'effectue sur des centaines de kilomètresBruno Pinçon dans . La sidérurgie se développe chez les Téké Tsayi avec l'arrivée d'un héros, qui propage des variations dans les techniques de tissage, mais, dans le même temps, modifie radicalement le système politique ancestral. Une partie d'entre eux échappe à cette rupture et développe d'autres lieux de production. Des affrontements opposent Téké et Bobangui, qui culmineront en 1820, avec une victoire des Téké, près de M'bé.

Les Teke Tsayi avaient un système politique bicéphale : le nga tsié, maître de la terre, qui a des relations avec l'extérieur, fait du commerce, et le nga baté, le maître des gens, d'une société qui préserve son étanchéité. Avec une distinction forte entre mpfumu, maîtres, et kéné, dépendants-esclaves. La guerre de l'impôt (1913-1920) a mis fin à ce mouvement.

Histoire moderne vignette|Façade ornée en fibres du palmier à huile. Le seuil surélevé protégeait du petit bétail. Environs du Malebo, entre 1897 et 1909Datation attribuée en fonction de la biographie du photographe L'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza part, en 1877, depuis les rives du fleuve Ogooué « à la recherche des lacs ou du fleuve par où doit s'écouler la grande masse d'eau qui tombe sous l'Équateur ». Il pénètre en pays téké et atteindra les rives de l'Alima, mais il subit l'attaque des Apfourou et doit faire demi-tour. Il entreprend un second voyage subventionné par le ministère de l'Instruction Publique en tant que représentant de la Société d'études pour l'exploration de l'Afrique équatoriale. Il fonde Franceville en 1880, puis entre à nouveau en pays téké.