Reinhold Hanning, né à Oerlinghausen (Helpup) en Allemagne, le et mort à Lage, le est un ancien membre de la SS. Il avait le grade d'Unterscharführer (sergent) et fut l'un des gardes du camp d'Auschwitz. En 2013, il est poursuivi pour avoir été l'un des « rouages » de l'industrie de la mort que constituait Auschwitz. Son procès, symbolique, se déroulant plus de après les faits connait un important retentissement médiatique et se déroule à Detmold, de à . Le verdict le condamne à cinq années de réclusion mais Reinhold Hanning s'il reconnait sa participation, la regrette et s'en excuse, interjette un appel parce que, estiment ses avocats, il n'a pas commis directement de violences ou été directement responsable de meurtres. Il meurt plus tard, ce qui éteint les poursuites entamées contre lui. Son procès a soulevé les questions de l'imprescriptibilité des crimes de guerre, de la culpabilité basée sur une participation passive et du fait de poursuivre si tardivement d'anciens membres subalternes des camps d'extermination.

Éléments biographiques

Ouvrier dans une fabrique de vélos, à , Reinhold Hanning, s'enrôle dans la Waffen-SS. Son unité intervient d'abord dans les Balkans puis sur le front de l'Est. En 1942, Reinhold Hanning a vingt ans, il est désormais membre de l’unité de division blindée Totenkopf de la SS. Début 1942, il est affecté à Auschwitz-I et intervient également au niveau de la rampe d'accès à Auschwitz II (Birkenau) où arrivaient les convois de la déportation des Juifs. Le Service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes a pu établir qu'il y a servi jusqu'en ... Il est arrêté en 1945 et reste détenu durant trois années. Il vit ensuite une vie normale et ne s'exprime pas sur son action durant la guerre. En 2013, la jurisprudence Demjanjuk le rattrape, des poursuites sont engagées. Son procès Reinhold Hanning était poursuivi par le parquet de Dortmund. Quarante plaignants venus de Hongrie, des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne ou d’Allemagne s'étaient constitués parties civiles.

Le , son procès s'ouvre à Detmold, dans l'ouest de l'Allemagne, devant une juridiction allemande. Des experts, en automne 2015, avaient évalué que l'état de santé du nonagénaire était satisfaisant pour lui permettre d'y assister. Toutefois, le procès devant durer douze jours, les médecins n'autorisent l'ancien sergent qu'à deux heures de présence par jour lors des audiences. En conséquence, le procès ne se tiendra que deux fois par semaine pour des séances de deux heures, il s'étalera donc sur une bien plus large période.

L'ancien garde d'Auschwitz est poursuivi pour complicité de meurtre de masse («Beihilfe zum Massenmord») d'au moins et encourt une peine allant de trois ans à la perpétuité soit quinze années incompressibles de réclusion.. Il est assisté de deux avocats. Ce ne sont pas des agissements précis qui lui sont reprochés mais le fait d'avoir été un rouage dans la mise en œuvre de la solution finale au problème juif envisagée par les Nazis.

Reinhold Hanning, s'il reconnait bien avoir été l'un des gardes du camp d'Auschwitz nie cependant toute implication personnelle dans l'extermination des Juifs. Sur la question de savoir si les gardes de la SS étaient au courant des exécutions de masse à l'intérieur du camp, Serge Klarsfeld commente: .

Le procureur, Andreas Brendel, acquiert cependant la conviction que Reinhold Hanning fut bien davantage impliqué que ce qu'il laisse entendre. Des témoins, rescapés de la Shoah sont appelés à la barreil s'agit entre autres de Leon Schwarzbaum, Justin Sonder, Irene Weiss, Angela Orosz et Erna de Vries.. Aucun d'entre eux ne se souvient personnellement de Reinhold Hanning, mais ils sont là pour témoigner des souffrances endurées dans l'enceinte d'Auschwitz et du comportement adopté par les gardes du camp.

À l'extérieur du tribunal, la foule est nombreuse. Les allemands sont « contre l'oubli ». Des heurts éclatent lorsque la révisionniste déjà connue pour ses esclandres lors de procès d'ex-Nazis, Ursula Haverbeck, arrive sur place.

La Réalité virtuelle est utilisée dans le cadre de son procès, il s'agit de la modélisation la plus précise jamais réalisée du camp d'Auschwitz. Ce modèle en trois dimensions a été développé par un expert en imagerie numérique de la police judiciaire de Munich, Ralf Breker. Il permet de se déplacer dans le camp à l'aide d'un casque de réalité virtuelle. Au départ d'une acquisition 3D du site, le modèle a été ensuite enrichi à l'aide des nombreux documents photographiques et des plans qui ont permis de reconstruire virtuellement les bâtiments détruits en 1945. La végétation de l'époque a également été reproduite. La précision scientifique du modèle permet de couper court à des argumentaires souvent évoqués consistant à dire que de l'endroit où d'anciens membres du personnel du camp étaient affectés, ils ne pouvaient rien percevoir du dispositif d'extermination naziBelga, La Libre Belgique, Auschwitz en réalité virtuelle pour les ultimes procès du nazisme, 2 octobre 2016, consulté le 19 octobre 2019.. vignette|droite|Les gardes SS à l'arrivée d'un convoi à l'été 1944. Le procès se poursuit et le , Reinhold Hanning évoque pour la première fois son activité dans le camp. Il se livre davantage encore dans un écrit lu en séance par son avocat: Dans ce texte de , Reinhold Hanning reconnait avoir été au courant à l'époque de la fonction véritable du camp. Il explique regretter d'avoir appartenu à une organisation criminelle responsable de la mort de millions d'innocents. Il conclut son écrit en disant:

Le , dans son réquisitoire, le parquet allemand requiert six années d'emprisonnement parce qu'il précise le procureur et parce que

La défense plaide l'acquittement en raison du fait

Le verdict est rendu, après un procès qui aura finalement duré , le et condamne Reinhold Hanning à cinq années de réclusion.. Invoquant enfin un semblant de justiceL'étrangeté des derniers procès nazis (Making Off, AFP, 28 juin 2016, par Coralie Febvre, la juge, Anke Grudda, a motivé la sanction: .

Reinhold Hanning interjette un appel. Le , Reinhold Hanning meurt à Lage près de Detmold ce qui éteint les poursuites pénales lancées à son encontre.

Des poursuites tardives Lors du procès de Nuremberg, ont été accusés de crimes de guerre. 13.000 dossiers furent instruits et jugés, ils débouchèrent pour la moitié d'entre eux sur des condamnations, seuls d'entre eux concernaient des crimes de guerre directement liés à la Shoah.

Le camp d'Auschwitz, à lui seul est la cause d' dont de Juifs. Sur les SS à Auschwitz, seuls une cinquantaine ont été jugés dans le cadre de différents procès.

Consultée en 1969, la Cour fédérale de justice allemande avait estimé que la simple appartenance au personnel des camps ne suffisait pas pour justifier une condamnation et qu'il convenait en conséquence d'apporter la preuve d'une implication personnelle pour que les poursuites puissent être engagées. vignette|250px|gauche|Serge Klarsfeld en septembre 2015. L'Allemagne qui a rechigné pendant à juger les dignitaires nazis entend désormais juger des subalternes qu'ils considèrent a priori coupables à moins qu'ils ne fassent la preuve de leur innocence, explique Serge Klarsfeld.

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Si certain, comme le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder se félicitèrent du jugement rendu dans le dossier Hanning, estimant qu'. D'autres voix apportant d'autres nuances se sont élevées, telle celle de Serge Klarsfeld, celui-là même qui, des années durant, traqua les anciens dignitaires nazis pour les voir traduits en justice:

Pour le Centre Simon-Wiesenthal, Son directeur, Efraim Zuroff poursuit :

En 2008, l'Allemagne adapte ses textes de lois pour y intégrer la notion de participation passive à des meurtres de masse l'autorisant désormais à poursuivre d'anciens Nazis pour leur seule appartenance à une organisation criminelle et tandis qu'aucun fait précis ne peut leur être attribué.

L'année suivante, le premier procès s'appuyant sur cette base légale élargie débute. Il s'agit du procès de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor. Le verdict est rendu en 2011, le prévenu est condamné à cinq années d'emprisonnement et meurt avant que ne soit traité son appel. En 2012, le Centre Simon-Wiesenthal publie la liste de dix dignitaires nazis encore activement recherchés et qu'il souhaite voir jugés. C'est en 2012 également que le Service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes a orienté ses recherches sur les anciens gardes des camps de concentration allemands.

En 2015, 29 dossiers sont transmis au parquet, cette même année, Oskar Gröning est jugé et condamné à de réclusion pour sa complicité dans la mort de . En 2016, 70 dossiers sont ouverts.

Dès l'entame du procès de Reinhold Hanning, trois autres procès sont d'ores et déjà programmés. Ces personnes sont poursuivies pour les mêmes motifs. Il concerne une femme, , ancienne opératrice radio à Auschwitz et deux hommes, Ernst Tremmel et dont les jugements sont programmés pour les semaines suivantes.

Helma Kissner est déclarée inapte à être poursuivie en raison de son âge avancé. Ernst Tremmel décède quelques jours avant son procès à l'âge de Comité international d'Auschwitz, Au sujet de la mort du garde SS, Ernst Tremmel, survenue peu avant l’ouverture de son procès à Hanau, 7 avril 2016. Le procès d'Hubert Zafke, rendu chaotique en raison de l'état de santé du prévenu, est finalement arrêté, Hubert Zafke ayant été déclaré inapte à être poursuivi. Il meurt en 2018.

En , 23 dossiers de ce type sont encore à l'instruction et en attente d'un jugement devant la juridiction allemande..

Bibliographie

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Autres personnes faisant ou ayant fait l'objet de poursuites similaires , Algimantas Dailidė, John Demjanjuk, Bruno Dey, Oskar Gröning, , Helmut Oberlander, , , Johann Rehbogen, , On trouve également Stoerk ou Stark., Ernst Tremmel, .

Notes et références Notes

Références

liens externes vidéo documentaire réalisée par Time Magazine Bérénice Gaudin, Oskar Gröning et Maurice Papon : mêmes crimes, même situation liée à l’âge et à la santé, même difficile remise en liberté, La Revue des droits de l'Homme, .

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