La Liste de Schindler () est un film américain réalisé par Steven Spielberg et sorti en 1993. Il s'agit d'une adaptation du roman biographique La Liste de Schindler (Schindler's Ark) de Thomas Keneally.
Avec dans les rôles principaux les acteurs Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes, le film décrit comment Oskar Schindler, un industriel allemand, réussit pendant la Seconde Guerre mondiale à sauver environ promis à la mort dans le camp de concentration de Płaszów, sans pour autant occulter les travers et ambiguïtés d’un espion de l’Abwehr et membre du parti nazi.
En 2004, le film est sélectionné par la bibliothèque du Congrès pour être conservé au National Film Registry en raison de son .
La Liste de Schindler est classé dans le de l' à la neuvième position en 1998, puis à la huitième en 2007. Il est également quatrième dans le classement des meilleurs films de tous les temps sur le site de référence IMDB avec une note de . Par ailleurs, les personnages d'Oskar Schindler et Amon Göth sont classés parmi les « et Méchants » du cinéma.
Synopsis thumb|Une des portes du ghetto de Cracovie en 1941. vignette|upright=1|La liquidation du ghetto de Cracovie en est le sujet d'un segment de 15 minutes du film. thumb|Le camp de concentration de Plaszow en 1943. À Cracovie, durant la Seconde Guerre mondiale début 1941, les soldats allemands forcent les Juifs à être parqués dans le ghetto de Cracovie. Oskar Schindler est un industriel allemand, membre du parti nazi. Ne pensant tout d'abord qu'à son profit, il corrompt des membres de la Wehrmacht et des officiers SS pour acquérir une usine de métal émaillé. Dès lors, pour l'aider dans la direction de son entreprise, il engage un comptable juif, Itzhak Stern. Celui-ci est par ailleurs un représentant local de la communauté juive et a des contacts parmi le marché noir et la communauté juive des affaires. Stern aide alors Schindler à trouver des financements pour lancer son entreprise. Schindler entretient des relations amicales avec les nazis, profite de sa fortune, de son statut de « Herr Direktor » et a Stern comme bras droit. Il emploie une main d'œuvre juive bon marché dans son usine. De son côté, Stern convainc Schindler d'engager le plus possible d'employés essentiels à l'effort de guerre allemand : ainsi, celui-ci les sauve de la déportation dans les camps de concentration ou d'une exécution sommaire.
Le SS-Untersturmführer (second lieutenant) Amon Göth arrive à Cracovie pour superviser la construction du camp de concentration de Płaszów. En , quand le camp est terminé, il ordonne la liquidation du ghetto. Oskar Schindler ne se rend véritablement compte de l'horreur et de la folie nazie qu'en assistant à la liquidation du ghetto de Cracovie et particulièrement en voyant une petite fille au manteau rouge perdue dans le massacre (c'est un des très rares éléments en couleur du film, principalement filmé en noir et blanc). La fillette se cache des nazis, et plus tard, son cadavre (identifiable par son manteau rouge) sera récupéré dans un charnier pour être acheminé sur un tapis roulant afin d'être brûlé avec les autres victimes de la liquidation du ghetto.
Schindler veille à entretenir son amitié avec Göth et, grâce à des pots-de-vin et des cadeaux, il continue à amuser les SS pour obtenir leur soutien. De son côté, Göth maltraite brutalement sa servante juive, Helen Hirsch, et abat des détenus à la carabine depuis le balcon de sa villa qui surplombe le camp. Les prisonniers vivent dans une terreur quotidienne. Schindler finit par renoncer à son intérêt financier : sa priorité est désormais de sauver le plus de vies possibles. Il corrompt Göth pour obtenir l'autorisation de construire son propre camp pour y abriter ses travailleurs, afin de mieux les protéger.
À l'automne 1944, les Allemands commençant à perdre la guerre, Göth reçoit l'ordre d'envoyer les derniers Juifs de Płaszów au camp de concentration d'Auschwitz. Schindler demande à Göth l'autorisation de déménager ses salariés vers une nouvelle usine de munitions qu'il prévoit de construire dans sa ville natale de Zwittau-Brinnlitz. Göth accepte, mais contre un énorme pot-de-vin. Schindler et Stern créent alors la « liste de Schindler », une liste de qui seront transférées au camp de travail de Brünnlitz et qui seront épargnées de la déportation vers Auschwitz.
Cependant, un train de femmes destiné à aller à son usine est détourné vers Auschwitz. Elles échappent de peu à la mort grâce à un pot-de-vin, des diamants, donné à Rudolf Höss, le commandant d'Auschwitz. Libérées, elles parviennent saines et sauves à l'usine de Schindler. Dans cette usine, Schindler interdit aux gardiens SS de se rendre dans la salle de production et de commettre tout méfait sur les employés. Il encourage les Juifs à célébrer le Shabbat du samedi. Schindler ira même jusqu'à saboter sa propre marchandise pour qu'elle ne puisse être utilisée militairement durant les sept mois de production de son entreprise. Il dépense alors une grande partie de sa fortune à corrompre les autorités nazies.
L'Armée rouge approche. Les gardes SS ont reçu pour ordre d'éliminer les Juifs, mais Schindler les persuade de ne pas le faire et . Schindler ne peut partir sans dire adieu aux qu'il a sauvés et qui lui offrent un anneau d'or fabriqué à partir de prothèses dentaires fondues, et portant la maxime tirée du Talmud : (Michna, Sanhédrin 4:5 « »). Schindler est touché par le geste mais il a honte de ne pas avoir fait plus. La guerre étant terminée, Oskar Schindler et sa femme, ruinés, quittent le pays dans la nuit. Schindler est pourchassé comme membre du parti nazi et comme un profiteur de guerre ; il fuit l'avancée de l'Armée rouge. Le jour de libération du camp de Brünnlitz, les Schindlerjuden (les Juifs de Schindler) se réveillent le matin suivant lorsqu'un soldat soviétique leur annonce qu'ils sont libres. Ils quittent la fabrique et se dirigent vers la ville la plus proche.
Dans les scènes suivantes, on peut voir l'exécution par pendaison de Göth le à Cracovie et un résumé de la vie de Schindler après la guerre. Puis le film en noir et blanc se colorise pour montrer les véritables Schindlerjuden en 1993, sur la tombe de Schindler dans le cimetière du Mont Sion à Jérusalem. Chacun accompagné par l’acteur du film qui l’interprète, ils placent des pierres sur la pierre tombale en signe d'hommage. Dans la dernière scène, l'acteur Liam Neeson y dépose deux roses.
Fiche technique vignette|upright=0.9|Steven Spielberg, le réalisateur du film. Titre francophone : La Liste de Schindler Titre original : Réalisation : Steven Spielberg Scénario : Steven Zaillian, d'après le roman biographique La Liste de Schindler (Schindler's Ark) de Thomas Keneally Musique : John Williams Décors : Allan Starski Costumes : Anna B. Sheppard Photographie : Janusz Kaminski Montage : Michael Kahn Production : Branko Lustig, Gerald R. Molen, Steven Spielberg et Société de production : et Amblin Entertainment Sociétés de distribution : (États-Unis) ; (France et pays divers) Budget : Pays de production : Langues originales : anglais, hébreu, allemand et polonais Format : noir et blanc et partiellement couleurs (DeLuxe) - 1,85:1 - DTS - Genre : biopic, drame et historique Durée : Dates de sortieDates de sortie - . : États-Unis : (avant-première à Washington, D.C.) puis France :
Distribution
Liam Neeson : Oskar Schindler Ben Kingsley : Itzhak Stern Ralph Fiennes : Amon Göth Caroline Goodall : Émilie Schindler Jonathan Sagall : Poldek Pfefferberg Embeth Davidtz : Helen Hirsch Mark Ivanir : Marcel Goldberg Friedrich von Thun : Rolf Czurda Andrzej Seweryn : Julian Scherner Norbert Weisser : Albert Hujar Jochen Nickel : Wilhelm Kunde Hans-Michael Rehberg : Rudolf Höss Henryk Bista : monsieur Löwenstein Elina Lowensohn : Diana Reiter Bettina Kupfer : Regina Perlman Beatrice Macola : Ingrid Jerzy Nowak : un investisseur Götz Otto : un SS Anna Mucha : Danka Dresner Piotr Polk : Leo Rosner Rami Heuberger : Joseph Bau Ezra Dagan : le rabbin Menasha Lewartow Hans-Jörg Assmanns : Julius Madritsch Daniel Del Ponte : Josef Mengele Oliwia Dąbrowska : la petite fille en rouge Geno Lechner : Majola Sources et légende : Version française (VF) sur AlloDoublage« Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage, consulté le 28 janvier 2024
Production Genèse et développement vignette|redresse|Oskar Schindler.
Poldek Pfefferberg, un des Juifs sauvés par Oskar Schindler (les ), avait pour mission de raconter la vie de son sauveur, tentant même de tourner un film biographique concernant Schindler avec la Metro Goldwyn Mayer en 1963. et écrit par Howard Koch. Mais le projet échoua.
En 1982, l'écrivain Thomas Keneally publie La Liste de Schindler après avoir rencontré Pfefferberg. Le président de MCA, Sid Sheinberg, envoya à Steven Spielberg une critique du livre parue dans le . Surpris par l'histoire de Schindler, le réalisateur fut attiré par le caractère paradoxal de l'industriel allemand et se montra suffisamment intéressé pour qu' en achète les droits. Il rencontra Pfefferberg en 1983, mais, ne se sentant pas encore prêt à réaliser un film sur la Shoah, Spielberg en proposa la réalisation à Roman Polanski, qui refusa, trouvant l'histoire trop proche de la sienne, sa mère étant morte à Auschwitz. et lui ayant vécu dans le ghetto de Cracovie.
La réalisation fut ensuite proposée à Martin Scorsese, qui refusa car il pensait que seul un réalisateur juif en serait capable. Spielberg décida alors de réaliser lui-même La Liste de Schindler après avoir entendu parler du nettoyage ethnique en Bosnie et des négationnistes de la Shoah. Avec la montée du néo-nazisme après la chute du mur de Berlin, il craignait que l'opinion puisse accepter l'intolérance, comme dans les . De plus, le réalisateur se sentait de plus en plus concerné en raison de ses origines juives. Sid Sheinberg donna le feu vert à Spielberg à condition qu'il tourne d'abord . Spielberg a dit plus tard à propos de Sheinberg :
Le réalisateur ne demanda aucun salaire en faisant ce film. Pour lui, ce salaire aurait été l'« argent du sang ».
Scénario L'adaptation cinématographique de La Liste de Schindler est écrite par le scénariste et réalisateur Steven Zaillian, connu pour avoir notamment écrit le scénario du Jeu du Faucon (1985), de John Schlesinger et L'Éveil (1990), de Penny Marshall, qui lui permet d'obtenir une nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté en 1991.
Kennealy avait tenté d'en faire une adaptation en 1983, en écrivant un script de . Son adaptation se focalisait sur les nombreuses relations de Schindler et Keneally admit qu'il n'avait pas assez résumé l'histoire. Spielberg engagea par la suite Kurt Luedtke, scénariste d’, mais ce dernier, ne trouvant pas de raison pour la transition de Schindler d'opportuniste à sympathisant, abandonna quatre ans plus tard.
Quand Scorsese fut attaché au projet, il engagea Zaillian pour écrire le script du film. De retour dans le projet, Spielberg trouva que le projet de script de de Zaillian était trop court, et lui demanda de l'étendre à . Spielberg voulait mettre l'accent sur les Juifs dans l'Histoire, et décida de prolonger la séquence de la liquidation du ghetto, dont il . Il voulait également que la transition de Schindler soit progressive et ambiguë « Spielberg and 'Schindler's List': How it came together », Anne Thompson, Entertainment Weekly.com, 21 janvier 1994 (consulté le 3 mars 2016)..
Attribution des rôles vignette|La liste de Schindler en date du 18 avril 1945.