vignette|Civils morts dans la nuit du 9 et . vignette|Carte de l'armée américaine de 1947 montrant l'étendue des bombardements. Les bombardements de Tokyo sont une opération militaire américaine d'envergure sur la capitale japonaise qui eut lieu en , et . Le nombre de morts s'est élevé à plus de , notamment à la suite du bombardement du . L'utilisation intensive de bombes incendiaires de nuit sur des bâtiments (et notamment des habitations) construits en bois qui ne disposaient pas de caves où se réfugier explique le nombre important de victimes. Les bombardements furent plus meurtriers que l'explosion atomique de Nagasaki cinq mois plus tard.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bombardement stratégique des cibles sans valeur militaire directe est devenu une politique commune, notamment au Japon. En tant que capitale économique et politique de l'empire du Japon, Tokyo était une cible évidente d'un assaut sur dans le cadre des bombardements stratégiques sur le Japon. La ville fut donc visée par de multiples vagues de bombardements de l'aviation des États-Unis, dont les plus ravageurs eurent lieu de février à , peu avant la capitulation du Japon.

Selon l'historien Kenneth P. Werrell, le bombardement de Tokyo est .

Premier raid

Le premier raid sur Tokyo, dit le raid de Doolittle, eut lieu le , où seize bombardiers B-25 Mitchell lancés du porte-avions attaquèrent Yokohama et Tokyo avec pour objectif de se replier sur des terrains d'aviation en zone libre de la République de Chine, alors envahie par le Japon. Lancées prématurément, ces incursions furent des « piqûres d'épingle » militaires mais elles constituèrent une victoire significative pour la propagande et incitèrent l'état-major japonais à lancer la bataille de Midway.

Multiplication des raids vignette|Quartier d'Ushigome détruit par les bombardements de mars 1945. À mesure que les troupes américaines se rapprochaient des côtes japonaises, les Forces aériennes américaines United States Air Force purent multiplier les raids et en augmenter l'intensité, d'autant plus que les nouveaux B-29 avaient un rayon d'action de . Ces derniers ont de ce fait lâché 90 % des de bombes reçues par le Japon.

Au début de l'année 1944, les escadrilles de B-29 décollaient d'Inde ou de Chine, puis, à partir d', des îles Mariannes (dont Tinian, d'où partit l’Enola Gay lors de sa mission sur Hiroshima). Le premier raid de B-29 sur le territoire du Japon eut lieu le .

Le eut lieu le premier raid venant de l'est en direction de Tokyo, mené par 88 bombardiers. Seulement 10 % des bombes, larguées à () d'altitude, atteignirent leur objectif.

La fréquence des bombardements augmenta après l'arrivée du général Curtis LeMay à la tête du Bomber Command situé sur les îles Mariannes en . LeMay déclara que les Japonais devaient être .. Les raids de B-29 eurent désormais lieu de nuit, à une altitude de () sur les principales agglomérations : Tokyo, Nagoya, Osaka, et Kobe. En dépit du succès limité des bombes incendiaires, LeMay était déterminé à employer de telles bombes contre les villes japonaises vulnérables. Les attaques sur des cibles stratégiques continuèrent de jour, à un rythme moins élevé.

Le premier raid avec des bombes incendiaires au napalm eut lieu sur Kobe le et son succès encouragea l'Air Force à continuer dans cette direction. La défense antiaérienne japonaise n'ayant presque plus les moyens de riposter, les bombardiers furent allégés de leur blindage et de leurs armes défensives pour pouvoir transporter des bombes de plus en plus lourdes. Le premier raid de ce type sur la capitale eut lieu dans la nuit du au et fut mené par 174 B-29.

Dans la nuit du au eut lieu le deuxième grand bombardement de Tokyo, qui fut le plus meurtrier des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.., dépassant en nombre de victimes les bombardements des villes allemandes de Hambourg en ou de Dresde du au , qui ont servi de « terrains d'essais » des bombardements incendiaires sur Tokyo. Cette nuit-là, larguèrent de bombes, détruisant environ et causant plus de dans la tempête de feu qui en résulta.

Un troisième raid nocturne fut lancé contre Tokyo le , pendant lequel larguèrent de bombes incendiaires. Il fut aussitôt suivi d'un dernier bombardement nocturne, dans la nuit du au , mené par qui larguèrent de bombes incendiaires et détruisirent de la superficie urbaine, principalement au centre. Étaient visés de nombreux ministères et une grande partie du palais impérial. Les pertes américaines furent de détruits et .

Après ce raid, le commandant du XX Bomber Command, puis du XXII Bomber Command de l'USAF, le général Curtis LeMay estima que 50,8 % de la surface urbaine de la capitale et de ses faubourgs avaient été rasés. La ville fut alors rayée des objectifs militaires de l'USAF.

Tokyo ne fut pas bombardée exclusivement à l'aide de bombes incendiaires, car des raids avec des bombes explosives avaient lieu régulièrement. Après la capture de l'île d'Okinawa, les États-Unis y placèrent une division aérienne, ce qui permit d'augmenter la quantité de bombes larguées, de en mars à en juillet avec un objectif de mensuelles.

Conséquences Cette campagne de bombardements détruisit une grande partie de la vieille ville de Tokyo (51 % environ), alors principalement construite en bois, du fait du grand incendie qui en résulta.

Notes et références

Bibliographie .

Voir aussi

Articles connexes

Tokyo Tokyo Tokyo Catégorie:Histoire de Tokyo Catégorie:Attaque chimique pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Attaque chimique sur le Japon