La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) est une association française, reconnue d'utilité publique fondée en 1967 par fusion de la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN, fondée en 1865) et des Hospitaliers Sauveteurs Bretons (HSB, fondée en 1873). Elle a pour vocation de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer, autour des côtes françaises, y compris dans les départements et territoires d'outre-mer.

En 2016, elle a effectué les deux tiers des interventions des secours en mer au large des côtes françaises effectuées par navire (donc hors moyens aériens ou par nageur depuis une plage), secourant en (on déplore entre par an en mer en France). 26 % de ces interventions se déroulent de nuit et la durée moyenne des interventions est de .

Les bateaux de secours de la SNSM sont répartis sur le long du littoral métropolitain et d'outre-mer et agissent sous l'autorité et à la demande des centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) qui en France sont les centres de coordination de secours en mer et qui dépendent de la direction des Affaires maritimes du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. La SNSM participe donc à des missions de service public dans son domaine de compétence.

Le financement de la SNSM (acquisition, entretien des vedettes de secours et formation des équipages) est très majoritairement assuré par la générosité du public (dons, legs) et de partenaires privés (mécénat). En 2017, 77 % de ses ressources annuelles étaient d’origine privée et 23 % provenaient de financements publics (État et collectivités territoriales).

Histoire thumb|left|Ancien logo de 1967 à 2022. thumb|left|Affiche expliquant le fonctionnement du système de va-et-vient pour le sauvetage en mer au Musée national de la Marine de Port-Louis. thumb|left|Bâtiment du centre de formation et d'intervention de Brest. thumb|left|Maquette du premier type de canot de sauvetage à avirons choisi par la SCSN dès 1865 pour équiper ses stations au Musée national de la Marine de Port-Louis.

La nécessité d’assurer la sauvegarde de la vie humaine le long des côtes du littoral français et outre-mer est apparue depuis très longtemps. En France, les premières initiatives, s'inspirant du modèle britannique de la et de la Royal National Lifeboat Institution, sont principalement redevables de l'essor touristique dont s'accompagne la naissance du « spectacle de rivage ». La première société de sauvetage est instituée en 1825 à Boulogne-sur-Mer, sous la dénomination « Société Humaine des Naufragés » (SHN), par un aristocratique à comité franco-britannique à majorité britannique et est à l’origine du sauvetage en mer en France ; si la station de Boulogne a intégré l'association SNSM, elle conserve aujourd'hui encore une certaine indépendanceLe canot tous temps de la station SNS 076 Président Jacques Huret porte l'inscription Société Humaine et des Naufragés sur sa cabine pour rappeler également l'appartenance à cette société. qui lui permet notamment de choisir ses embarcations d’intervention. ; elle est suivie par Le Havre sous l'impulsion de la chambre de commerce. Le est créée la société humaine de Dunkerque. suivie de celle de Calais, Rouen et Bayonne, de Dieppe en 1839, et enfin Montreuil-sur-Mer en 1841. La finalité de ces sociétés philanthropiques associe la surveillance des plages à l'assistance des navires en péril. Alors que les grandes nations maritimes européennes se dotent d'un service d'État voué à cette mission dès le début du (Norvège et Royaume-Uni en 1825, Belgique en 1838), un début de centralisation n'apparaît que plus tard en France.

En 1861, le ministre des travaux publics, Eugène Rouher met en place une commission pour "rechercher les mesures les plus propres à assurer sur le littoral un service de sauvetage" et mettre fin à la cacophonie des différentes sociétés de sauvetage existantes. Cette commission recommande la création d'une société privée unifiant les sociétés de sauvetage existantes.

Et donc, le , est fondée la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) sous la présidence de l'amiral de Genouilly. Peu après, en 1873, sur l'initiative de Nadault de Buffon est créée la Société des hospitaliers sauveteurs bretons (HSB) qui mit des moyens complémentaires à ceux de la SCSN principalement sur les plages en mettant l'accent sur le développement du secourisme maritime.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, tout est à reconstruire, la plupart des abris et des moyens nautiques de la SCSN et des HSB ayant été détruits. Les deux sociétés aux buts similaires ne peuvent plus répondre aux besoins de l'ensemble du littoral du territoire français notamment à cause des métiers de la mer qui se développent et des loisirs nautiques.

En 1967, Jean Morin, alors secrétaire général de la Marine marchande confie à une commission l’étude d’une possibilité de fusion de ces deux sociétés. La SNSM naît le de la fusion de la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) et des Hospitaliers sauveteurs bretons (HSB), l'amiral Maurice Amman étant désormais président de la nouvelle société. Le pavillon de la SNSM est né de la fusion entre ceux de la SCSN et des HSB, à cette date l'association démarre son fonctionnement en faisant un premier conseil d'administration. Depuis la fusion d', le nom est « Société nationale pour la sauvegarde de la vie humaine et le sauvetage des naufragés en mer et sur les côtes » ; jugé trop long, le nom retenu le est « Société nationale de sauvetage en mer » (SNSM). Pendant les de la présidence de l'amiral Amman, les anciennes structures HSB et SCSN sont progressivement harmonisées et modernisées. Outre les interventions au large des côtes (au-delà des ), est organisée la surveillance des plages le long du littoral français : un millier de jeunes sont formés en secourisme, sauvetage aquatique, conduite d'engins motorisés (quads, zodiacs) et radiotéléphonie par la création de de formation, ainsi, le nombre de nageurs-sauveteurs passe de 80 en 1975 à plus d’un millier en 1995. Ces nageurs-sauveteurs interviennent souvent à la demande des communes. Les coques des embarcations de la SCSN étaient peintes en vert foncé (en grande majorité des canots tous temps), celles des HSB en bleu-marine (en majorité des vedettes), l'association a alors gardé ces couleurs pour ses canots et vedettes de sauvetagehttps://www.snsm.org/sites/default/files/2019-06/instructions-generales-snsm-v2019.pdf.

La SNSM est reconnue d'utilité publique le et est une association loi de 1901 qui assure sa mission en Métropole et en Outre-Mer. Sa vocation est de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer..

Dès les années 1980, toutes les nouvelles constructions de bateaux de sauvetage sont soumises à l'application de la réglementation de la Marine marchande et du Bureau Veritas des navires de charge, gain de sécurité mais qui apporte de nombreuses contraintes techniques et de poidsMagazine de la SNSM, Sauvetage, du 1994.

Le , un décret portant organisation des secours et du sauvetage en mer établit que la SNSM participe aux côtés des services publics, à la sauvegarde des vies humaines en merhttps://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000504054/.

En 1991, les Sauveteurs en Mer ont obtenu le Prix Cristal de la transparence financière et depuis 1997, ils sont membres du Don en confiance, garant de la transparence de sa gestion.

En 2016, la SNSM est en grande difficulté financière, principalement dû au renouvellement de sa flotte. L'État cherche une solution pour compléter le budget, notamment via une possible contribution aux usagers de la mer.. Il faut renouveler l'adhésion à la SNSM, c'est le constat d'au moins un bénévole guadeloupéen en 2018. :

Le président actuel de la SNSM est l'amiral Emmanuel de Oliveira, ancien préfet maritime de l'Atlantique, élu pour six ans le . Il succède à Xavier de La Gorce, ancien Secrétaire général de la Mer, qui avait été élu le ..

Le , l'association ayant été mobilisée dans le cadre de la pandémie de la Covid-19 au-delà de ses champs d'action habituels, particulièrement à terre, un arrêté attribue un agrément B supplémentaire , ainsi elle peut désormais intervenir dans le cadre d’actions de soutien et d’accompagnement des populations victimes d’accidents, de sinistres ou de catastrophes..

En 2022, l'association change de logo..

En 2023, la SHN de Boulogne-sur-Mer intègre complètement la SNSM par sa dissolution actée le .

Pertes humaines

Le , lors d'une intervention pour un caseyeur, la vedette SNS 59 Belle Olonnaise (vedette de mise en service par les HSB en 1965, construite par le chantier Dubernet, vedette qui remplace le canot tous temps de l'époque qui est alors en réparation, le Docteur Paul le Dien, en service dès 1953) par visibilité nulle est prise dans les rouleaux et se retrouve drossée à la côte.. Le mécanicien Jack Morisseau se noie, son corps sera retrouvé le . Un nouveau canot tous temps de et d'une longueur de d'un genre nouveau est mis en service le et baptisé le à la station des Sables-d'Olonne et porte son nom, le SNS 061 Patron Jack Morisseau. Le au large de l’Aber-Wrac'h, dans le Finistère, cinq sauveteurs de la station de l'Aber Wrac'h membres du canot SNS 007 Capitaine de Corvette Cogniet (canot de , , construit en 1952 par le chantier Lemaistre à Fécamp) se noient après avoir porté secours au Loch-Motiv, un voilier en difficulté.. Le , lors d'une intervention de sauvetage d'un surfeur dans des conditions de forte houle, le canot SNS 061 Patron Jack Morisseau se couche à 90° ayant été projeté par une déferlante. Après que le canot ait repris sa position initiale, les sauveteurs aperçoivent Jacques Joly, canotier sur le SNS 061 Patron Jack Morisseau des Sables d'Olonne à l'eau ; il décédera d'un arrêt cardiaque (hydrocution). Des canotiers sont blessés. En hommage, son nom a été donné au canot tous temps SNS 002 Jacques Joly qui remplace le SNS 061 aux Sables-d'Olonne le . Le canot est endommagé, la cabine est inondée dans une eau glacée ; le canot voit l'un de ses deux moteurs stoppés. Le , Kathleen Ponsard-Fillette, , nageur-sauveteur., décède lors d'une mission de sauvetage sur la plage de l'Espiguette au Grau-du-Roi en chutant d'un quad en traversant une petite dunehttp://snsmcaen.free.fr/page.php?id=35&n=23. Le , Vincent Revelin, , nageur-sauveteur, décède lors d'un entraînement de sauvetage au Centre de Formation et d'Intervention de Montbéliard qu'il avait rejoint en 2013.. Le , le canot tous temps SNS 061 Patron Jack Morisseau chavire devant Les Sables-d'Olonne pendant une mission de sauvetage d'un pêcheur pris dans la tempête Miguel. Une vague très puissante brise les trois vitres avant de la cabine ce qui la noie ainsi que le compartiment inférieur, privant le canot de sa capacité à l'autoredressabilité, le rendant non manœuvrable à la suite des infiltrations d'eau créant des courts-circuits ce qui entraîne un arrêt des moteurs. Le canot reste à flot, coque à l'envers, ayant chaviré définitivement à la suite de l'assaut des vagues et finit par s'échouer sur la plage.. Trois sauveteurs (Yann Chagnolleau, 55 ans, patron du canot ; Alain Guibert, , sous-patron ; Dimitri Moulic, , mécanicien) ainsi que le pêcheur (Tony Guibert), se noient.. En , le rapport du BEA-mer note une certaine fragilité des vitres du bateau ; de plus, il mentionne que le canot, n'ayant pas une cloison entre la passerelle et le poste avant qui lui est situé en contrebas, a vu ses capacités de redressement largement dépassées du fait de l'envahissement par l'eau de ces deux compartiments.http://www.bea-mer.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/beamer-fr_patron_jack_morisseau_-_carrera_fr-en_2019.pdf.

Honneurs

Activités La SNSM a trois types d'activités, le sauvetage au large, la formation des nageurs sauveteurs saisonniers et la prévention des risques nautiques.