Valéri Williamovitch Tsepkalo (en ; en , Valiéry Williamavitch Tsapkala), né le , est un homme d'affaires et homme politique biélorusse. Ambassadeur de la Biélorussie dans divers pays, fondateur du , principal technopôle dédié aux technologies de l’information en Europe centrale et de l’Est, il tente de se présenter à l'élection présidentielle biélorusse de 2020 contre le président Alexandre Loukachenko, mais sa candidature est invalidée par les autorités.
Biographie Valéri Tsepkalo naît à Hrodna le dans une famille d’ingénieurs chimistes. Il intègre en 1982 l' à Minsk, où il poursuit ses études jusqu’en 1984. De 1984 à 1986 il effectue son service militaire dans les forces des fusées stratégiques de la fédération de Russie. Il étudie ensuite à l’Institut d'État des relations internationales de Moscou (rattaché au Ministère des affaires étrangères de l’Union soviétique), dont il est diplômé en 1991. Il y poursuit un cursus de troisième cycle, donne des conférences, et obtient son doctorat en droit international, également .
Carrière Carrière politique et diplomatique Valéri Tsepkalo commence sa carrière diplomatique en 1991 à l’ambassade de l’URSS en Finlande. Après la dissolution de l’Union soviétique, il choisit de rentrer en Biélorussie et obtient un poste au ministère des affaires étrangères de Biélorussie en 1992. De 1993 à 1994, il est conseiller en politique étrangère auprès du président du Conseil suprême de Biélorussie, Stanislaw Chouchkievitch. Ce dernier le décrira par la suite comme professionnel et fin psychologue, et se souviendra de l’aide qu’il lui apportera après sa disgrâce. Tsepkalo devient ensuite conseiller du secrétaire exécutif de la Communauté des États indépendants.
Durant la campagne pour l'élection présidentielle biélorusse de 1994, Tsepkalo rejoint le camp d’Alexandre Loukachenko, aux côtés de Viktar Hantchar, Léanid Sinitsyne, Alexandre Fédouta et Ioury Zakharanka. Certains analystes décriront par la suite Loukachenko comme . Tsepkalo est l’un de ses directeurs de campagne. Il organise la visite de Loukachenko à la Douma et sa rencontre avec des membres du parti libéral-démocrate de Russie afin d’accroître sa crédibilité politique.
Après la victoire de Loukachenko en 1994, il est nommé premier vice-ministre aux affaires étrangères. De 1997 à 2002, il est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la république de Biélorussie aux États-Unis et au Mexique. Après son service diplomatique, il est nommé assistant du président de la république de Biélorussie dans les domaines scientifique et technologique.
Création du Parc de haute technologie Durant son service diplomatique aux États-Unis, une visite de la lui donne l’idée d’établir un technopôle similaire en Biélorussie. Impressionné par l’efficacité d’une telle organisation, stimulante pour le développement du secteur des hautes technologies, et inspiré par la réussite des entreprises biélorusses implantées aux États-Unis, Tsepkalo crée en 2005 le dans le but de contenir le départ à l’étranger des spécialistes du domaine...
Il convainc les autorités de créer une zone franche pour les entreprises de hautes technologies et leurs employés. Le gouvernement lui attribue un immeuble abandonné à la périphérie de Minsk, ainsi qu’un prêt d’un an de à 17 % d’intérêts.
Un décret sur le Parc de haute technologie est signé le , assurant des bénéfices aux entreprises du secteur et le principe d’extraterritorialité de son fonctionnement.
Entre 2006 et 2017, le nombre de compagnies liées au technopôle passe de 4 à 237, celui des employés de à , et le chiffre d’affaires de 21 à de dollars. Sur la même période, la Biélorussie gagne au classement de l’Union internationale des télécommunications.
Licenciement Valéri Tsepkalo est démis de ses fonctions à la présidence du Parc par un décret du . Il lui est reproché le manque d’entreprises du secteur informatique, une excessive sélectivité des entreprises associées au technopôle ainsi qu’un recours massif à la sous-traitance. Tsepkalo se justifie en arguant du caractère toujours délicat du lancement d'un projet. Après son départ, la nouvelle direction se concentre sur la croissance statistique et accepte au sein du Parc plus de 200 nouvelles entreprises en 2018.
Après le Parc de haute technologie En 2018, Tsepkalo s’investit dans le développement du Centre d'innovation de Mirzo Ulughbek, en Ouzbékistan, après avoir consulté les gouvernements d’Azerbaïdjan et de Géorgie sur leur législation relative aux technologies de l’information. Il prend également part à un important projet en Arabie saoudite, toujours dans le domaine de l'information et de la communication. Il est membre du et conseiller auprès du secrétariat général des Nations-Unies dans le domaine de la sécurité informatique.
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Campagne présidentielle de 2020 Le , Valéri Tsepkalo se présente comme candidat à l'élection présidentielle en Biélorussie.
Il donne le coup d’envoi de sa campagne par cette déclaration : Il aborde lors d’une conférence de presse certains des problèmes du pays : .
Il déclare également au magazine :
Lorsque Loukachenko demande à Tsepkalo de révéler lui-même la raison pour laquelle il a été renvoyé de la direction du Parc de haute technologie, celui-ci déclare avoir été mis à pied pour avoir ouvertement défendu et d’autres entrepreneurs, incarcérés dans le cadre de leurs activités commerciales.
Le philosophe biélorusse Vladimir Matskévitch a comparé la campagne de Tsepkalo à celle d’Alexandre Kazouline en 2006, lancée dans le seul but de gêner le pouvoir en place. Le politologue biélorusse Artyom Schreibman souligne les similarités entre les programmes politiques de Valéri Tsepkalo et de Viktor Babariko : tous deux promettent une modernisation globale de l’État et la libéralisation économique, un président comparable à un chef d'entreprise et ne pouvant exercer que deux mandats consécutifs, ainsi qu’une politique étrangère consensuelle..
Afin de réunir les signatures nécessaire à l’enregistrement de sa campagne, Tsepkalo effectue une tournée dans les principales villes du pays, visite les permanences et rencontre les électeurs. Le , il annonce avoir réuni plus de , le seuil requis par le comité électoral central pour l’enregistrement étant de . Le , le comité annonce que seules des signatures recueillies sont valides..
Le , Valéri Tsepkalo fuit avec ses deux fils en Russie après avoir été empêché de maintenir sa candidature et menacé de poursuites par les autorités. Ces dernières refusent de commenter la fuite de Tsepkalo.
Opinions
Selon Valéri Tsepkalo, la propriété privée est à l'origine, non seulement d’un développement économique et social réussi, mais également de la liberté individuelle, de la dignité et de l’estime de soi. Il affirme que la liberté véritable dépend de la souveraineté économique. L’aspiration à la liberté économique et à l’indépendance individuelle est, selon lui, le principal vecteur d'évolution des civilisations.
Valéri Tsepkalo voit la propriété comme la manifestation tangible de la personnalité, la dimension principale de l’existence humaine, ainsi qu’une condition à la réalisation de son essence. Les gouvernements devraient donc avoir pour objectif de permettre aux citoyens d’atteindre la liberté économique, en tant qu’elle est condition de leur dignité.
Il déclare également que si la notion de propriété concerne uniquement la nourriture, l’habillement et le logement, elle est essentielle seulement à la reproduction de la vie, et n’est un moyen de satisfaire qu’aux besoins physiques des personnes. En revanche, envisagée comme la possession de terrain, d’action, de fonds, aussi bien que de connaissance ou de compétence, elle traduit la nature non plus biologique, mais sociale des individus. D’après Valéri Tsepkalo, la propriété privée donne la capacité de se refléter sur soi-même et sur la vie sociale, et la capacité de créer de nouveaux environnements .
Vie privée Il est marié à Veronika Tsepkalo. Le couple a deux enfants.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Élection présidentielle biélorusse de 2020 Veronika Tsepkalo Viktor Babariko
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