vignette|redresse|Portrait de Louis-Auguste de Bourbon (1670-1736), duc de Maine. Un titre de noblesse est soit un titre hérité par des personnes de condition noble, soit un titre conférant la noblesse. Il correspond à l'origine à l'exercice de fonctions d'autorité déléguées de celles du souverain : militaires ou judiciaires. D'abord attaché à l'exercice de cette autorité sur une population ou un peuple : prince ou duc des Normands, duc des Francs, dux Bavarorum, à partir du , il devient attaché au nom de la circonscription territoriale sur laquelle il s'exerçait (duché, comté, vicomté, baronnie, etc.). Le plus souvent établi au masculin, le titre concerne aussi les femmes nobles.
Actuellement, il existe selon les pays plusieurs situations juridiques concernant les titres de noblesse, s'ils n'ont pas été abolis (attribution, port, transmission).
Statuts juridiques Dans les démocraties parlementaires
Les monarchies parlementaires Ces démocraties qui ont pour régime une royauté ont généralement conservé leur noblesse, ainsi que la faculté, pour le souverain, de créer de nouveaux titres. La création de titres diffère cependant selon les monarchies (voir ci-après le détail par pays).
Le cas le plus connu reste celui du Royaume-Uni, où le souverain peut anoblir un de ses sujets, après avis du gouvernement. En Espagne, le roi fait usage de la prérogative que la constitution espagnole lui reconnaît.. En Belgique, un roturier pourra être anobli par le souverain avec le titre d'écuyer, chevalier, baron, comte ou vicomte, les autres titres étant réservés à des membres de familles déjà nobles avant l'indépendance de la Belgique. À l'exception du Royaume-Uni, les titres de noblesse des monarchies parlementaires n'ont qu'un caractère purement symbolique ne donnant lieu à aucun avantage.
Dans les républiques parlementaires
Les régimes républicains ont généralement aboli les titres de noblesse. Dans certains de ces différents pays, les anciens titres authentiques peuvent figurer à l'état civil et dans les documents officiels. Lorsque la noblesse (ex : la noblesse italienneUnione della Nobiltà d'Italia) n'a plus d'existence légale, de tels titres ne sont qu'un accessoire du nom de famille.
Il faut remarquer que ces États républicains confèrent des distinctions et des récompenses honorifiques, parfois sous la forme apparemment similaire des ordres de chevalerie. Mais ces régimes républicains attribuent ces honneurs à titre individuel, non transmissible (par la filiation ou autre), à la différence des titres de noblesse. Ces régimes ont ainsi leur propre système de « récompenses » par exemple, la Légion d'honneur en France, fondée par l'empereur le 22 messidor An XII (). Par la suite, en 1814, le roi décide que celle-ci confère un titre de noblesse à toute famille l'ayant reçue durant trois générations consécutives : cette décision a été appliquée en dernier lieu en 1874. De même, certains grades des ordres impériaux russes conféraient la noblesse sous l'Empire russe avant 1917.
Les républiques socialistes Les , et notamment la Chine mais également l'URSS en son temps, ont aboli la noblesse à la fois dans son existence et dans sa création. Ces pays ne reconnaissent pas les titres de noblesse. De manière générale, les guerres civiles qui ont amené ces anciennes monarchies à devenir des républiques socialistes ont conduit soit à l'extermination des nobles soit à l'émergence d'une importante diaspora (le cas le plus connu étant la diaspora des Russes blancs durant la guerre civile de 1917).
Plusieurs classifications nobiliaires ont existé suivant les époques et les lieux. Il n'existe pas partout de règle officielle.
Allemagne Hiérarchie nobiliaire allemande
Titres souverains ou de maisons souveraines Empereur : Kaiser Roi : König Prince régnant : Fürst Prince-électeur : Kurfürst Prince (non régnant ou cadet des familles royales) : Prinz Grand-duc : Großherzog Archiduc (prince du sang impérial d'Autriche) : Erzherzog Duc : Herzog Comte : Pfalzgraf (plus simplement, « palatin », c-à-d. comtes palatins du Rhin) Margrave : Markgraf, « titulaire de marche » (dit « marquis ») Landgrave : Landgraf, « titulaire de province » Burgrave : Burggraf, « titulaire de bourg »
Titres nobiliaires Duc : Herzog (rare et supérieur au titre de dans la hiérarchie nobiliaire germanique) Prince : Fürst (régnant ou chef de maison) Grave : Graf Vicomte : Vizegraf Baron : Freiherr Chevalier : Ritter Noble : Edler, conféré en Autriche et dans les États d'Allemagne du sud (et rarement traduit en langue étrangère) Écuyer : Junker, généralement de courtoisie en Prusse (et rarement conféré).
Titres du Saint-Empire
Dans le Saint-Empire romain germanique, on distinguait deux types de titres : ceux accordés par l'empereur et les érections de terres à des titres supérieurs. Ainsi, on peut être prince à titre personnel (« prince de N. et du Saint-Empire ») mais n'avoir exercé une souveraineté que sur un comté (« comte de X. »). Les titres du Saint-Empire pouvaient être accordés par l'empereur à titre personnel (non héréditaire) (ex. : Johann Reichsgraf von Aldringen) mais ils l'étaient plus généralement à titre familial (héréditaire)Les titres « du Saint-Empire » étaient également rendus héréditaires si deux membres consécutifs d'une famille se le voyaient conférer. (ex. : Reichsfürst/Reichgraf Esterházy von Galántha, Kinsky, Lobkowicz, Metternich, Clary-Aldringen, von Wallenstein, etc.). Les règles de transmission étaient plus souples que dans d'autres pays et les titres pouvaient être transmis par les femmes. Dans certains cas même, à tous les descendants, à la simple condition de légitimes mariages, quand cela était précisé dans les lettres patentes et dans le cadre d'un titre sans fief. Ceci était hérité directement du droit romain. Quoi qu'il en soit, ils conféraient à leurs détenteurs la préséance sur les autres titres nobiliaires n'étant pas « du Saint-Empire ». Ce principe est resté en vigueur dans les cours autrichiennes et prussiennes même après la chute du Saint-Empire en 1806.
Hiérarchie nobiliaire du Saint-Empire : Empereur : Kaiser Roi : König Grand-duc : Großherzog Prince-électeur : Kurfürst Archiduc : Erzherzog Prince : Fürst Comte : Graf Baron : Freiherr Chevalier : Ritter Noble libre : Edelfrei Noble : Edler noble sans titre : Landmann von
Marquis, Burgraves, Palatins, Landgraves et Ducs Dans le Saint-Empire, tous ces titres de souveraineté sur un territoire de l'empire donnent en droit le titre de prince d'empire. D'ailleurs, les marquisats ont tous progressivement été transformés en principautés à partir du . Tout ceci explique pourquoi la hiérarchie nobiliaire du Saint-Empire est moins étoffée que celle du monde germanique en général.
Vicomte et Banneret Dans le Saint-Empire, ils représentaient une fonction, un privilège accordé à certains nobles, et non un titre en soi. Le privilège de banneret (qui accordait un rang équivalent de baron à son possesseur), ne parait pas avoir connu de désuétude et semble avoir perduré jusqu'à la fin du Saint-Empire. Tout à la fin du , ce privilège était toujours décerné.
Usage des particules nobiliaires La langue allemande permet des nuances par l'utilisation de deux particules : « von » (« de ») et « zu » (« en »). Si, à l'origine, « von » indiquait l'appartenance à un lieu ou la possession d'un fief, la particule « zu » s'est répandue au cours du pour différencier les familles nobles ayant changé de siège, les « von », de celles qui résidaient toujours dans leur fief d'origine, le plus souvent un château médiéval, les « zu ». On peut parfois combiner les deux et s'appeler « von und zu N ».
Belgique Hiérarchie nobiliaire belge La hiérarchie nobiliaire en Belgique est fixée par un arrêté royal du : Prince [en néerlandais Prins(es)] ; il existe huit familles princières : d'Arenberg (1576, admis en Belgique en 1953), de Ligne (Saint-Empire, 1601), de Croÿ (prince de Solre en 1677, prince du Saint-Empire en 1486), de Lobkowicz (Saint-Empire 1624, admis en Belgique en 1958), de Merode (confirmation des titres de prince de Rubempré et d'Everberg en 1823, et prince de Grimberghe en 1842 pour l'aîné; prince de Merode à tous en 1930), de Chimay (admis en 1824), de Béthune-Hesdigneul (Pays-Bas autrichiens 1781, reconnu en Belgique en 1888 (éteint en 1931), en 1932 (éteint en 1976) et en 2024). Duc [en néerlandais Hertog(in)] ; il existe ducales (d'Arenberg, de Beaufort-Spontin, de Looz-Corswarem, d'Ursel). Marquis [en néerlandais Markgraaf ou Markies / Markgravin ou Markiezin] ; il existe portant ce titre : , de Beauffort, Imperiali des Princes de Francavilla, du Parc, de Radiguès, Ruffo, de Trazegnies, Westerloo (titre porté par l'aîné des princes de Merode), d'Yve. Comte [en néerlandais Graaf / Gravin] ; il existe environ portant ce titre, dont 40 anciennes portant celui de comte du Saint-Empire telles que les familles : de Lannoy, de Liedekerke, de Limburg Stirum, de Meeûs d'Argenteuil, d'Oultremont, etc. Vicomte [en néerlandais Burggraaf / Burggravin] ; il existe environ portant ce titre, dont : Davignon, Eyskens, etc. Baron [en néerlandais Baron(es)] ; il existe environ portant ce titre, dont : de Favereau, Garcia de La Vega, etc. Chevalier [en néerlandais Ridder, pas d'équivalent féminin] ; il existe environ portant ce titre, dont : Parthon de Von, de Ghellinck. Écuyer [en néerlandais Jonkheer / Jonkvrouw] : l'état civil mentionne « Messire » au lieu de « Monsieur » et « Dame » au lieu de « Madame ». Cette qualification signifie l'appartenance simple à la noblesse (environ ).
Titres de courtoisie L'usage de courtoisie des titres comme en France (cf. ci-dessous) n'est pas d'application. Les règles de transmission des titres sont strictement observées et on n'attribue les titres qu'à leurs détenteurs réels. Aucune règle fixe ne permet de connaître à coup sûr le titre d'un membre d'une famille titrée : certaines familles dont le chef est comte ont des enfants sans titres, d'autres familles voient tous leurs membres porter le même titre..
Anoblissements
En 2008, la Belgique est l'un des rares pays où se pratique encore l'anoblissement, prérogative exclusive du roi. Cet anoblissement tend à récompenser des personnes ayant fait valoir des mérites particuliers dans divers domaines : politique : vicomte Eyskens (1973), comte Harmel (1991); arts : baron Ensor (1929), baron Horta (1932), baronne Fontyn (1993), baronne Cooreman (2005), baron Schuiten (2002), chevalier Bartholomée, chevalier Leduc (2001); sports : chevalier Ceulemans (2002), baron Merckx (1996); sciences : vicomte Prigogine (1990), vicomte Frimout (1993), vicomte de Winne (2003), baron Cassiers (2004), baronne Meunier (2008), chevalier Lengelé (2009); monde académique : baron Jaumotte, baron Woitrin (1982), baron Crochet (2004), baron Delpérée (1994); économie : comte Jacobs de Hagen, baron Frère (1994), ; domaine social ou service de l'État (diplomatie en particulier) : comte Clerdent..
Il appartient au roi de décider des règles de transmission des titres qu'il confère ; en général, si la concession de noblesse est presque toujours héréditaire, les titres héréditaires deviennent rares (comte d'Udekem d'Acoz, comte Harmel, comte Didisheim, baron Marquet, baron Grauls).
Patronymes nobiliaires