L'Atari 2600, historiquement connue sous le nom d'Atari Video Computer System (également appelée Atari VCS), est une console de jeux vidéo de deuxième génération développée et produite par le fabricant américain Atari. L’appareil est commercialisé dans un premier temps aux États-Unis le ou le , avant de s'exporter à l’échelle mondiale au cours des années suivantes, sortant notamment en France le .
La VCS repose sur le microprocesseur MOS 6507, une variante du MOS 6502 spécialement produite pour Atari, et popularise les jeux stockés sur des cartouches interchangeables, un format utilisé pour la première fois avec la Video Entertainment System en 1976. La VCS est vendue avec deux contrôleurs dotés d'un joystick, une paire de manettes à paddle reliées entre elles et une cartouche de jeu, initialement Combat puis Pac-Man à compter de .
La VCS est lancée en avec neuf jeux sur des cartouches de . Atari réalise le portage de bon nombre de ses jeux d'arcade sur cette console, notamment celui de Breakout qui dispose de couleurs alors que les originaux d'arcade présentent un affichage monochrome. Le premier system seller de la console est l'adaptation pour le marché domestique du jeu Space Invaders en , année où paraît également Adventure qui est l'un des premiers jeux d'action-aventure et contient le premier easter egg largement reconnu. À partir d'Asteroids, de nombreux jeux utilisent la commutation de banques pour permettre l'utilisation de cartouches de ou plus. Au moment de l'apogée de la console, en , des jeux aux graphismes et au gameplay nettement plus avancés que ce pour quoi la console avait été conçue sont commercialisés à l'instar de Pitfall!.
Avec la commercialisation de l'Atari 5200 qui lui succède en , l'Atari VCS est renommée Atari 2600. Cette évolution s’accompagne de diverses modifications de l’apparence extérieure, tandis qu'une localisation au Japon paraît en sous le nom d'Atari 2800. Ces transformations se poursuivent malgré un changement de propriétaire en , lorsque Warner cède les actifs de la division électronique grand public d'Atari à Jack Tramiel, ancien PDG de Commodore. La même année apparaît une autre variante, communément appelée Atari 2600 Junior et caractérisée par un boîtier plus compact. En , la nouvelle société Atari Corporation commercialise un modèle 2600 révisé et à bas prix, ainsi que l'Atari 7800, compatible avec les anciens modèles.
Le cycle de vie de la console est durement marqué par le krach de 1983 et l'enfouissement de jeux vidéo par Atari tels que Pac-Man et E.T. the Extra-Terrestrial. En dépit de la mise en vente de nouvelles consoles Atari, la reprise de l'industrie vidéoludique est menée par Nintendo avec le lancement nord-américain de la Nintendo Entertainment System en . La production de l'Atari 2600 prend fin en avec environ 30 millions d'unités vendues dans le monde au cours de son existence, un chiffre englobant l’ensemble des modèles. L’Atari 2600 est considérée comme l’une des consoles les plus importantes sur les plans économique et culturel de l’histoire du jeu vidéo. Son succès a conduit à l'essor des développeurs de jeux tiers tels qu'Activision, ainsi qu'à l'émergence des consoles de deuxième génération dont l'Intellivision et la ColecoVision avec lesquelles l'Atari 2600 entre en concurrence aux côtés de l'Atari 5200.
Histoire
Contextualisation
Atari, Inc. est une entreprise américaine fondée par Nolan Bushnell et Ted Dabney, dont l'incorporation est datée du California Secretary of State - California Business Search - Corporation Search Results. Son premier produit majeur est Pong, lancé le sur borne d'arcade, premier jeu vidéo à pièces ayant rencontré un succès commercial.. Alors qu’Atari continue de développer de nouveaux jeux d’arcade dans les années suivantes, Pong entraîne l’apparition de nombreux concurrents sur le marché en pleine expansion des jeux d’arcade. Cette concurrence, associée à d’autres erreurs stratégiques, provoque des difficultés financières pour Atari en , avant que l’entreprise ne se redresse à la fin de l’année.
En , Atari commercialise une console domestique dédiée, la Home Pong, qui entre en concurrence avec l'Odyssey de Magnavox, alors seul autre grand fabricant de consoles de salon. En effet, l'Odyssey, première console de l'histoire commercialement disponible dans le monde entier, montre le potentiel d'une console de jeux vidéo. Ses jeux sont les premiers à utiliser un système d'affichage matriciel directement produit par transformation du signal vidéo. C'est aussi le premier système de jeux vidéo à fonctionner sur une télévision du commerce.. Toutefois, les ingénieurs d’Atari constatent les limites de la logique câblée intégrée aux circuits, qui confine définitivement la console Home Pong à un seul jeu.
L’intensification de la concurrence accroît les risques, comme Atari l’a déjà constaté avec les jeux d’arcade puis avec les consoles de salon. Ces deux types de plateformes reposent sur l’intégration de composants électromécaniques discrets dans des circuits, plutôt que sur une programmation comme sur un ordinateur central. Ainsi, le développement d’une console coûte au minimum (soit environ en ), auxquels s’ajoute le temps de conception, alors que le produit final ne dispose que d’une durée de vie commerciale d’environ trois mois avant d’être dépassé par la concurrence.
alt=Microprocesseur Motorola MC6800 en boîtier céramique à broches dorées.|vignette|204x204px|Le microprocesseur 8 bits Motorola MC6800 est annoncé en , avec des livraisons dès . Dès , Atari, Inc. acquiert , une entreprise d’électronique basée à Grass Valley et fondée par Steve Mayer et Larry Emmons, anciens collègues de Nolan Bushnell et Ted Dabney chez Ampex. Cette équipe contribue au développement de nouvelles idées pour les jeux d’arcade d’Atari. Avant même la sortie de la version domestique de Pong, les ingénieurs de Cyan, dirigés par Steve Mayer et Ron Milner, envisagent une console de salon reposant sur de nouveaux microprocesseurs programmables, capables d’exécuter les jeux d’arcade d’Atari de l’époque. Ces microprocesseurs programmables rendent la conception d’une console nettement plus simple et plus puissante que celle des systèmes dédiés à un seul jeu. Cependant, le coût de ces composants, compris entre 100 et , dépasse largement ce que le marché peut supporter. Atari entame néanmoins des négociations pour utiliser le nouveau Motorola 6800 de Motorola dans ses futurs systèmes.
Fabrication et programmation En , MOS Technology présente le microprocesseur MOS Technology 6502 au prix de lors du salon Wescon à San Francisco. Steve Mayer et Ron Milner assistent à l’événement et rencontrent Chuck Peddle, responsable de l’équipe ayant conçu la puce. Ils proposent d’utiliser le 6502 dans une console de jeu et suggèrent de poursuivre les discussions dans les locaux de après le salon. Pendant deux jours, les ingénieurs de et de esquissent une conception de console fondée sur le 6502, selon les spécifications de Steve Mayer et Ron Milner. Les modèles financiers montrent que, même à , le 6502 reste trop coûteux. Chuck Peddle leur propose alors le MOS Technology 6507, une version à coût réduit du 6502, ainsi que la puce destinée aux entrées-sorties. Cyan et MOS négocient ces deux composants à un prix de la paire.
MOS met également Cyan en relation avec , qui a développé indépendamment des logiciels et du matériel de débogage pour MOS, ainsi que le , conçu pour tester le 6502. Peddle suggère que cet outil pourrait être utile à Atari et Cyan pour le développement de leur système. Milner parvient à démontrer une preuve de concept d’une console programmable en adaptant , un jeu d’arcade de la filiale d’Atari Kee Games, sur le JOLT. Dans le cadre de l’accord, Atari souhaite disposer d’une seconde source d’approvisionnement pour le chipset. Chuck Peddle et Bill Paivinen suggèrent alors Synertek, dont le cofondateur, Bob Schreiner, est un proche de Peddle. En , Atari annonce au marché qu’elle poursuit son partenariat avec . L’équipe commerciale de Motorola a déjà informé sa direction que l’accord avec Atari est finalisé, ce qui provoque la colère de la direction. Celle-ci annonce le lancement d’une action en justice contre MOS la semaine suivante.
Atari se remet encore de ses difficultés financières de 1974 et a besoin de capitaux supplémentaires pour s'implanter pleinement sur le marché des consoles de salon. L'entreprise obtint des investissements modestes tout au long de l'année 1975, mais pas à l'échelle dont elle a besoin, et commence à envisager une vente à une entreprise plus importante. Atari est présentée à Warner Communications, qui voit dans l'industrie florissante du jeu vidéo un moyen de compenser la baisse des bénéfices de ses divisions cinéma et musique. Les négociations se déroulent au cours de l'année , période durant laquelle Atari se décharge de ses dettes, notamment en réglant un procès pour contrefaçon avec Magnavox concernant les brevets de Ralph Baer à la base de l'Odyssey. Pendant ce temps, le fabriquant Fairchild annonce la Video Entertainment System (VES) au milieu de l'année 1976 pour une sortie prévue plus tard dans l'année, devançant ainsi Atari sur le marché. En , Warner et Atari concluent un accord portant sur le rachat d'Atari pour . Warner apporte un financement estimé à 120 millions de dollars, ce qui permet d'accélérer le développement de la console. En , le projet est suffisamment avancé pour être baptisé « » (VCS) et pour initier le développement de ses jeux vidéo.
Lancement et succès
La console est présentée le lors du , avec une commercialisation prévue pour le mois d’. L’annonce est apparemment retardée afin de laisser expirer les termes de l’accord lié au litige de brevet avec Magnavox, qui aurait donné à cette dernière accès à toutes les informations techniques concernant les produits Atari annoncés entre le et le . Cependant, Atari rencontre des problèmes de production lors de sa première série, et les phases de test se révèlent compliquées en raison de l’utilisation de cartouches.
Des publicités dans la presse pour l' apparaissent dès , la console arrivant en magasin dans les mois suivants. La console est lancée au prix de , avec deux joysticks et une cartouche du jeu Combat ; huit autres jeux sont vendus séparément. La plupart des jeux de lancement sont adaptés de titres d’arcade développés par Atari ou sa filiale Kee Games : Combat s’inspire notamment de (1974) et de (1975).
Au cours de l’année , Atari, Inc. vend entre et unités de l’Atari VCS. Ce résultat est en partie attribué aux retards de livraison ainsi qu’au manque de familiarité des consommateurs avec une console à cartouches interchangeables, par opposition aux systèmes dédiés à un seul jeu. En , Atari, Inc. ne vend que des consoles produites, ce qui nécessite un soutien financier supplémentaire de la part de Warner Communications pour couvrir les pertes. Atari vend environ consoles VCS en , portant le parc installé à un peu plus de d’unités.
Atari, Inc. obtient une licence de Taito pour développer une adaptation sur la de son succès d’arcade de , Space Invaders, ce qui en fait le premier portage officiel d’un jeu d’arcade sur une console de salon. Atari vend de cartouches ainsi que plus d’un million de consoles VCS en , ce qui entraîne presque un doublement du parc installé, atteignant plus de d’unités, puis environ en .
En , de consoles sont écoulées aux États-Unis, tandis que le jeu le plus vendu est Pac-Man, dont plus de d’exemplaires sont écoulés en . Pac-Man contribue à porter les ventes mondiales de la VCS à d’unités en , selon un article de du magazine InfoWorld. Un article ultérieur d’InfoWorld d’ indique que plus de de VCS ont été vendus en . De son côté, un article de du magazine IEEE Spectrum estime les ventes à environ d’unités en et en , pour un total dépassant de consoles VCS et environ de cartouches écoulées.