La Curie romaine () est l'ensemble des institutions administratives du Saint-Siège et l'organe central du gouvernement de l'Église catholique. Placée sous la primauté pontificale de l'évêque de Rome, elle est au service du pape, successeur de Pierre, et des évêques, successeurs des apôtres.

La structure et l'organisation des responsabilités au sein de la Curie sont régies par la constitution apostolique Praedicate evangelium, publiée par le pape François le et appliquée à partir du .

État ecclésiastique Pouvoir de gouvernement Cf. C.I.C., can. 129, § 1-2..

Offices ecclésiastiques Cf. C.I.C., can. 145..

Dispositions normatives

Les actes administratifs ou juridiques peuvent être énoncés en plusieurs variantes ou sous-classes, mais comprennent en général : lois, coutumes, décrets, instructions, préceptes, rescrits, privilèges, dispenses, statuts et règlements.

Communications publiques À la suite du Synode des évêques, qui eut lieu en et porta sur le thème de l'Eucharistie, le pontife romain Benoît XVI promulgua, en 2007, l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, par laquelle il recommanda l'usage de la langue latine dans les célébrations liturgiques internationales :

À l'échelle de l'Église universelle, de même que le latin est-il langue liturgique et juridique, l'italien est langue véhiculaire du diocèse de Rome et du Vatican, alors que le français est langue de la diplomatie du Saint-Siège et l'allemand, de la Garde suisse pontificale. Ainsi, toutes langues de l'écoumène, telles que l'anglais et l'espagnol, utilisées en lieu et place d'une des langues officielles nommées précédemment deviennent vernaculaires pour les fonctions et les offices auxquels elles contribuent provisoirement.

Autorité suprême de l'Église

Pontife romain Successeur du Prince des apôtres,

Serviteur des serviteurs de Dieu, le pontife romain se sert habituellement de la Curie romaine — avec laquelle il constitue le Saint-Siège — Cf. C.I.C., can. 360..

Collège des évêques Cf. C.I.C., can. 336..

Synode des évêques Cf. C.I.C., can. 342..

Collège des cardinaux Princes de l'Église, Cf. C.I.C., can. 349..

Légats et nonces apostoliques Souverain de l'État de la Cité du Vatican, Cf. C.I.C., can. 362-364..

Églises particulières Cf. C.I.C., can. 375, § 1-2..

Diocèses Chaque diocèse est une portion de l'Église universelle et gouverné par un évêque, monarque en sa curie diocésaine et archétype du prélat. En plus d'un presbytérium qui collabore à sa mission de pasteur, au nombre des organes assistant l'évêque se trouvent un conseil presbytéral, un collège des consulteurs ainsi qu'un conseil pastoral, et, selon le cas, un chapitre de chanoines ou un synode diocésain.

Les diocèses peuvent être regroupés en province ecclésiastique à la tête de laquelle se trouve un archevêque métropolitain et un concile provincial réunissant les évêques suffragants, en région ecclésiastique à la tête de laquelle se trouve une assemblée d'évêques ou en nation dont les Églises particulières coordonnent leur action sous les prérogatives honorifiques d'un primat et la charge pastorale d'une conférence épiscopale.

Les diocèses sont subdivisés en parties distinctes, les paroisses, à la tête desquelles se trouve un curé qui peut être assisté d'une équipe pastorale. Les paroisses peuvent être regroupées en vicariat forain.

Autres Églises particulières Sont assimilés aux diocèses la prélature territoriale, l'abbaye territoriale, le vicariat apostolique, la préfecture apostolique et l'administration apostolique.

Instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique Cf. C.I.C., can. 596, § 1-2..

Cf. C.I.C., can. 734..

Associations de fidèles Cf. C.I.C., can. 304, § 1 et can. 305, § 1., c'est-à-dire le Saint-Siège et, s'il y a lieu, l'Ordinaire local.

Curie romaine La curie romaine est l'ensemble des dicastères et autres organismes du Saint-Siège qui assistent le pape dans sa mission de pasteur suprême de l'Église catholique. Elle peut être vue comme le gouvernement central de l'Église.

Secrétairerie d'État

Le plus important des dicastères est la Secrétairerie d'État, présidée par un cardinal appelé secrétaire d'État. Elle est équivalente à un ministère des Affaires étrangères.

Elle est notamment chargée de la diplomatie du Saint-Siège. Depuis 1988, la Secrétairerie est divisée en deux sections : la section pour les Affaires générales ; la section pour les Relations avec les États (équivalent d'un ministère des Affaires étrangères), dans laquelle s'est fondu le Conseil pour les affaires publiques de l'Église.

Dicastères

Les autres principaux dicastères sont les neuf anciennes congrégations romaines : Dicastère pour la doctrine de la foi, la plus importante (autrefois connue comme Saint-Office et auparavant Inquisition), dont dépendent : la Commission biblique pontificale, la Commission théologique internationale, La Commission interdicastèriale pour le catéchisme de l'Église catholique ; Dicastère pour les Églises orientales ; Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements ; Dicastère pour les causes des saints ; Dicastère pour les évêques, dont dépend la Commission pontificale pour l'Amérique latine ; Dicastère pour l'évangélisation, plus connue sous le nom de Propaganda Fide (« propagation de la foi »), dont dépendent les Œuvres pontificales missionnaires ; Dicastère pour le clergé ; Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique ;. Dicastère pour la Culture et l'Éducation

Secrétariats, conseils et autres dicastères Jusqu'en 2014, le gouvernement de l’Église, était constitué, en plus des congrégations, par des conseils pontificaux. La réforme de la curie engagée par le pape François a modifié cette structure en supprimant certains de ces conseils et en voyant l'apparition de secrétariat et de dicastères n'appartenant pas aux catégories traditionnelles.

Tribunaux L'Église catholique dispose aussi d'un certain nombre de tribunaux : La Pénitencerie apostolique : traite des affaires de conscience, ainsi que de la concession et de l'usage des indulgences ; Le Tribunal suprême de la Signature apostolique : veille à l'administration correcte de la justice dans l'Église ; Le Tribunal de la Rote romaine : instance supérieure d'appel auprès du Siège apostolique.

Bureaux la Préfecture de la Maison Pontificale ; le ; le Camerlingue de la Sainte Église Romaine.

Autres organismes de la Curie romaine Bien que n'ayant pas rang de dicastère, d'autres organismes appartiennent de droit à la Curie romaine. L'annuaire pontifical en donne une liste qui distingue quatre organismes plus ou moins anciens, différentes commissions ou comités, la garde suisse pontificale et l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. le bureau de presse du Saint-Siège ; le .

Commissions ou comité pontificaux la commission pontificale pour l'archéologie sacrée ; la commission biblique pontificale ; la commission pontificale Ecclesia Dei, rattachée à la congrégation pour la doctrine de la foi ; la commission pontificale consultative sur l’Institut pour les œuvres de religion ; la commission pontificale de référence d’étude et de proposition sur l’organisation de la structure économique et administrative du Saint-Siège ; la commission pontificale pour la protection des mineurs ; la commission théologique internationale ; le comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux ; le comité pontifical des sciences historiques ; le comité de sécurité financière ; la commission disciplinaire de la Curie romaine ; la commission d’examen des recours d’ecclésiastiques accusés de delicta graviora rattachée à la congrégation pour la doctrine de la foi ; la commission pontificale pour l'Amérique latine rattachée à la congrégation pour les évêques ; la commission pour les relations religieuses avec le Judaïsme rattachée au conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens ; la commission pour les relations avec les musulmans rattachée au conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux ; quatre commissions interdicastérielles permanentes : pour les Églises particulières ; pour l’Église en Europe orientale ; pour les religieux consacrés ; Pour la formation des candidats aux Ordres sacrés.

Histoire de la Curie Dérivé du volsque « covehria » (assemblée), le terme latin « curia » désigne depuis l'Antiquité romaine une des divisions du corps civique romain (les « curies »), réparti en phratries et curies, puis le lieu de leur rassemblement, finalement le siège du Sénat romain et le Sénat lui-même. Ce terme signifie par extension, dans toute la société médiévale occidentale la cour ou l'ensemble d'une administration civile ou ecclésiastique (Curie impériale, Curie épiscopale, etc.)http://ducange.enc.sorbonne.fr/curia "1-12 curia » (par les Bénédictins de St. Maur, 1733–1736), dans du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 2, col. 665a.. Ce n'est qu'en 1089 qu'apparaît pour la première fois l'expression de Curie romaine dans un document du pape .. Le sens du mot se restreint, dans la période moderne et contemporaine, pour désigner par excellence les dicastères et organismes au service de l'exercice du pouvoir pontifical romain.

Consistoires et congrégations temporaires Comme tout évêque, le pape, évêque de Rome, est entouré d'un collège de prêtres. Il les réunit pour former des conseils pour diriger son diocèse. Sa fonction ayant aussi une vocation étendue à l'Église universelle, pour les sujets graves touchant à celle-ci, il s'entoure des conseils des cardinaux. En dehors de ces consistoires, qui traitent de sujets généraux, le pape met en place des réunions (congrégations) cardinalices spécialisées sur tel ou tel sujet. Ces congrégations, d'abord à mandat temporaire, prennent de plus en plus d'importance et de stabilité. Peu à peu, les consistoires perdent de leur efficacité et ne deviennent plus que des réunions d'apparat. Le vrai travail se fait au sein des congrégations.

Réformes permanentes Depuis la papauté d'Avignon jusqu'au concile de Trente, l'ensemble de la société civile et ecclésiastique a fait de la réforme de la Curie romaine une question ouverte permanente. L'exigence de cette réforme devient l'enjeu de pratiquement chaque élection pontificale - sans parler des conciles de Bâle et de Constance - jusqu'au concile de Trente. À chaque élection, les candidats promettaient à leurs pairs (et aux puissances temporelles), souvent même par écrit, des réformes de la Curie (surtout administratives et fiscales) qu'ils mettaient ensuite en œuvre avec plus ou moins de bonheur en nommant des commissions et ou en prenant des mesures qui n'ont jamais été considérées comme efficaces ou suffisantesLouis Pastor, Histoire des papes depuis le Moyen Âge, Paris, 1925, t. 1-11 passim.

Les congrégations romaines permanentes Le , par la bulle Licet ab initio, le pape créé la première congrégation romaine permanente, la Sacrée congrégation de l'inquisition romaine et universelle, ancêtre de l'actuelle congrégation pour la doctrine de la foi pour lutter contre le protestantisme et les autres hérésies. Puis, la suite du concile de Trente, d'autres congrégations sont créées sur ce modèle : congrégation pour l'interprétation du concile (1564), congrégation de l'Index (1571), congrégation du cérémonial (1572).

Le , par la bulle Immensa aeterni Dei, le pape organise l'ensemble de la Curie romaine. Il crée quinze congrégations : six ont un champ d'action purement romain, les neuf autres ont une vocation universelle. Ces congrégations fonctionnent comme des ministères, chacune dans un champ d'action particulier, et sont titulaires de l'autorité déléguée par le pape.

Réforme du pape