Philarète Euphémon Chasles, né à Mainvilliers (Eure-et-Loir) le , selon son acte de naissance établi avec le calendrier républicain.Table de correspondance des calendriers pour l'an VII., et mort à Venise le , est un homme de lettres et journaliste français, auteur de nombreuses études littéraires, en particulier sur la littérature de langue anglaise, qu’il a beaucoup contribué à faire connaître en France au .
Biographie alt=Philarète Chasles par Nadar|vignette|Philarète Chasles par Nadar
Fils de Pierre Jacques Michel Chasles, partisan déterminé des idées révolutionnaires, député à la Convention et commissaire près les armées sous la première République, Chasles fut élevé d’après les principes de Jean-Jacques Rousseau. Après avoir passé une partie de son enfance au Prytanée national militaire où il est bercé par le culte napoléonien, il fut, à l’âge de quinze ans, mis en apprentissage chez un vieux jacobin qui exerçait la profession d’imprimeur, et qui fut arrêté, avec son élève, comme prévenu de complot contre la Restauration. Mis en liberté sur les instances de Chateaubriand et en vertu d'un non-lieu, il passa en Angleterre, où il exerça diverses professions dont celle d’imprimeur, pour diriger pendant sept ans, dans l’imprimerie de , la réimpression des classiques grecs et latins. Il découvrira également, dans ce pays, la culture britannique, pour laquelle il se prendra de passion.
Rentré en France en 1818, il devient secrétaire d’Étienne de Jouy. En 1827, il partage avec Saint-Marc Girardin le prix, délivré par l'Académie française, d'éloquence pour le meilleur travail sur la marche et les progrès de la langue et la littérature française depuis le commencement du jusqu'en 1610Notice nécrologique d'Adelphe Chasles parue dans L'Union Agricole (journal publié à Chartres) du 24 juillet 1873.. Attaché au Journal des débats, il publie également des critiques littéraires dans différentes revues, parmi lesquelles notamment la Revue des Deux Mondes et la Revue britannique. Il apporta son concours au Bulletin du Bibliophile, que le libraire-éditeur Joseph Techener avait fondé avec Charles Nodier en 1834.
En 1837, il fut nommé conservateur à la bibliothèque Mazarine, poste qu’il conservera jusqu’à sa mort. En 1840, il prit le grade de docteur ès lettres, après avoir, dit-on, acquis tout d’un trait, par autorisation spéciale, et comme d’un seul examen, les grades de bachelier et de licencié. En 1841, la chaire de langues et littératures d’origine germanique et de la chaire de langues et littératures étrangères de l’Europe moderne, qui lui fut confiée par le Collège de France et qu’il occupa jusqu’à sa mort, lui permit de faire mieux connaître la littérature britannique au public français.
Philarète Chasles a publié un assez grand nombre de volumes, qui tous, ou peu s’en faut, sont des recueils d’articles et de dissertations auxquels il a donné le nom général d’Études de littérature comparée. Selon le Polybiblion, doué des qualités les plus brillantes de l’écrivain, de l’érudit et du professeur, il les a malheureusement gâtées et gaspillées.. L’extravagance de ses allures et l’affectation d’une excentricité de mauvais gout avaient enlevé tout sérieux à son caractère et à sa renommée. L’éducation à la Jean-Jacques, s’il en faut juger par lui, est en effet jugée. S’il y a beaucoup à laisser dans ses études, il y a dedans beaucoup à prendre grâce au fond de talent critique, d’études solides et sérieuses, dont on retrouve quelque chose jusque dans ses moindres travaux.
Lors d’un voyage à Venise en , Chasles se promenait, le 17 au soir, en gondole, encore plein de santé et de vie.. Il devait repartir pour Paris le 19 lorsque, vers minuit, il fut saisi des premières atteintes du choléra qui l’emporta en l’espace de quatorze heures. Après une première phase de crises violentes, il s’éteignit doucement et sans douleurs à l’âge de 74 ans, et fut inhumé, au cimetière Saint-Chéron de Chartres, dans un tombeau de famille.
Philarète Chasles était chevalier de la Légion d’honneur depuis le Victor Philarète Euphemon Chasles, base Léonore, notice n° L0499017..
Mariage et descendance Il épouse en premières noces à Paris le Clémence de Puibusque, baronne de Presles (1796-1857), dont est issu le philologue Émile Chasles.
Il épouse en secondes noces à Paris le Maria Moreau du Breuil (1818-1885), veuve d'Auguste Romieu (1800-1855).
Décoration
Hommages Une rue de la ville de Mainvilliers (Eure-et-Loir) et de la ville de Lucé (Eure-et-Loir) ont reçu son nom.
Papiers personnels La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède, grâce à une donation de 1991, ses papiers personnels, composés notamment de manuscrits de jeunesse, journaux intimes ou encore correspondances.
Principales publications alt=Philarète Chasles, professeur au collège de France (Littératures allemande et anglaise).|vignette|Philarète Chasles, professeur au collège de France (Littératures allemande et anglaise), avant 1844. vignette|Portrait de Philarète Chasles dans Philarète Chasles d’Eugène de Mirecourt, 1857. alt=Philarète Chasles portrait d'après une photo de Hentlinger, Le monde illustré, 1873.|vignette|Philarète Chasles portrait d'après une photo de Hentlinger, Le monde illustré, 1873.
Études littéraires et historiques Caractères et paysages, Paris, Mame-Delaunay, 1833. Révolution d’Angleterre. Charles I, sa cour, son peuple et son Parlement, 1630 à 1660, histoire anecdotique et pittoresque du mouvement social et de la guerre civile en Angleterre, au dix-septième siècle, Paris, , 1844. Le Dix-huitième siècle en Angleterre, 2 vol., Paris, Amyot, 1846. Études sur l’antiquité, précédées d’un essai sur les phases de l’histoire littéraire et sur les influences intellectuelles des races, Paris, Amyot, 1847. Études sur les premiers temps du christianisme et sur le moyen âge, Paris, Amyot, 1847. Olivier Cromwell, sa vie privée, ses discours publics, sa correspondance particulière, précédés d’un examen historique des biographes et historiens d’Olivier Cromwell, Paris, Amyot, 1847.
Études sur la littérature et les mœurs de l’Angleterre au , Paris, Amyot, 1850. Réédition : Slatkine, Genève, 1973. Études sur les hommes et les mœurs au . Portraits contemporains, scènes de voyage, souvenirs de jeunesse, Paris, Amyot, 1850. Études sur la littérature et les mœurs des Anglo-américains au , 1851. Études sur W. Shakespeare, Marie Stuart et l’Arétin. Le drame, les mœurs et la religion au , Paris, Amyot, 1852. Études sur l’Allemagne ancienne et moderne, Paris, Amyot, 1854. Réédition : Slatkine, Genève, 1973. . Scènes des camps et des bivouacs hongrois pendant la campagne de 1848-1849. Extraits des mémoires d’un officier autrichien, Paris, Eugène Didier, 1855. Souvenirs d’un médecin. Le Médecin des pauvres, d’après Samuel Warren (écrivain), Kingsby, Mayhew. Précédé d’un coup d’œil sur le paupérisme, la charité et les institutions charitables en Angleterre, Paris, Librairie Nouvelle, 1855. Le Vieux Médecin, pour faire suite aux Souvenirs d’un médecin, d’après Samuel Warren (écrivain), Crabbe, Grattan, etc. Paris A. Bourdilliat, 1859. Études sur l’Allemagne au , Paris, Amyot, 1861. Virginie de Leyva ou intérieur d’un couvent de femmes en Italie au commencement du dix-septième siècle, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1861. . .Texte en ligne 1 2 . Questions du temps et problèmes d’autrefois. Pensées sur l’histoire, la vie sociale, la littérature. Cours du collège de France, 1841-1867, Paris, G. Baillière, 1867. Études contemporaines. Théâtre, musique et voyages, Paris, Amyot, 1867. . . Études sur le seizième siècle en France, précédées d’une Histoire de la littérature et de la langue française de 1470 à 1610, et suivies d’une Chronologie de l’histoire littéraire et de l’histoire des arts de 1451 à 1610, Paris, G. Charpentier, 1876. La France, l’Espagne et l’Italie au , Paris, G. Charpentier, 1877.
Varia Le Père et la fille, avec Félix Bodin, Paris, Lecointe et Durey, 1824. La Fiancée de Bénarès, nuits indiennes, Paris, U. Canel, 1825. Quatorze ans et l’amour, ou la Danseuse et le peintre, 2 vol., Paris, Peytieux, 1829. Contes bruns (avec Honoré de Balzac et Charles Rabou, Paris, U. Canel ; A. Guyot, 1832. La Fille du marchand, fragment de la vie privée, imité de l’anglais, Paris Eugène Didier, 1855. Mémoires, 2 vol., Paris, Charpentier, 1876-1877. Réédition : Slatkine, Genève, 1973. Texte en ligne 1 2
Traductions Jeremy Bentham, Essais de Jérémie Bentham sur la situation politique de l’Espagne, sur la constitution et sur le nouveau code espagnol, sur la constitution du Portugal, etc., traduits de l’anglais, précédés d’observations sur la révolution de la péninsule et suivis d’une traduction nouvelle de la Constitution des Cortès, 1823. . Jean Paul : Œuvres, 2 vol., 1834-1835 Texte en ligne 1 2 William Shakespeare, Richard III, Roméo et Juliette et le Marchand de Venise (en collaboration avec Philippe Lebas et Édouard Mennechet, 1836. Hepworth Dixon, La Nouvelle Amérique, 1869. Ben Jonson, Épicène ou la femme silencieuse, comédie en cinq actes, [s. d.]
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie .
Articles connexes Famille Chasles
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