Luciano Berio, né le à Imperia et mort le à Rome, est un compositeur italien. Il est réputé pour ses travaux expérimentaux et son travail de pionnier dans la musique électroacoustique.

Biographie

Luciano Berio naît à Oneglia, un quartier de la commune d'Imperia, dans l'ouest de la Ligurie, à proximité des Alpes-Maritimes françaises. Son père, pianiste et compositeur de musiques d'accompagnement de films muets et son grand-père, organiste, lui apprennent le piano.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est appelé aux armes, mais le premier jour, il se blesse à la main en apprenant à manipuler une arme à feu. Il est donc obligé de passer beaucoup de temps à l'hôpital militaire avant de fuir pour éviter la conscription.

De 1946 à 1951, Luciano Berio étudie au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan chez (contrepoint) et Giorgio Federico Ghedini (composition). La première exécution publique d'une de ses œuvres, une suite pour piano, a lieu en 1947. C'est à cette époque qu'il découvre les compositeurs modernes de la seconde école de Vienne (Arnold Schönberg, Alban Berg et Anton Webern), mais aussi Bartók, Stravinsky, Paul Hindemith et Darius Milhaud.

À cause de sa blessure à la main, il ne peut plus continuer ses études de piano et gagne sa vie comme accompagnateur de classes de chant. Il fait ainsi la connaissance de la soprano américaine Cathy Berberian qu'il épouse en 1950. Berio a écrit un certain nombre de pièces qui exploitent la voix particulière de sa jeune femme. Ils restent mariés jusqu'en 1964. Ils ont eu une fille, Cristina Berio (née en 1953).

En 1951, il se rend aux États-Unis, à Tanglewood, pour étudier chez Luigi Dallapiccola qui pousse son intérêt vers les principes du sérialisme. Il participe aux Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt où il fait la connaissance de Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, György Ligeti et Mauricio Kagel. Il commence à s'intéresser à la musique électronique et fonde en 1954 à Milan le avec Bruno Maderna et Luigi Nono. Il y invite de nombreux compositeurs comme Henri Pousseur et John Cage. Entre autres, il devient éditeur d'une revue consacrée à la musique expérimentale, les .

En 1960, il retourne à Tanglewood comme compositeur en résidence et, à l'invitation de Darius Milhaud en 1962, il devient professeur au Mills College à Oakland, Californie. À partir de 1965, il enseigne à l'université Harvard et à la Juilliard School of Music où il fonde le Juilliard Ensemble qui se consacre à la musique contemporaine (New York, 1967). En 1966, il se remarie, cette fois avec la célèbre philosophe des sciences . Ils divorcent en 1972. Parmi ses élèves figurent Louis Andriessen, Noah Creshevsky, Steven Gellman, Dina Koston, Steve Reich, Luca Francesconi, Giulio Castagnoli, Flavio Emilio Scogna, William Schimmel et Phil Lesh du groupe de rock Grateful Dead. Pendant tout ce temps, Berio n'a cessé de composer et de se forger une réputation : en 1966, il gagne le « Prix Italia » pour son œuvre Laborintus II, une composition pour voix, instruments et bande magnétique sur un texte de Edoardo Sanguineti commandée par la télévision française pour célébrer le 700e anniversaire de la naissance de Dante Alighieri.. En 1968 est présentée au public son œuvre la plus marquante, la Sinfonia.

En 1972, il retourne en Italie pour s'installer à Rome. De 1974 à 1980, il est directeur du département d'électro-acoustique de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM) à Paris. En 1977, il épouse la musicologue Talia Pecker.

À Florence, il fonde, en 1987, , un centre de même orientation que l'IRCAM. En 1988, il est nommé membre honoraire de la Royal Academy of Music, Londres.. L'année suivante, il reçoit le Prix Ernst-von-Siemens. Il est élu membre honoraire étranger de l'Académie américaine des arts et des sciences en 1994. . De 1994 à 2000, il est compositeur (Distinguished Composer) en résidence à Harvard. Il y compose jusqu'à la fin de sa vie.

En 1993-1994, il donne les conférences Charles Eliot Norton à Harvard, publiées plus tard sous le titre Remembering the Future.

Il est membre du jury du prix de composition Tōru Takemitsu en 1999.

En 2000, il est devenu Presidente et Sovrintendente de l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia à Rome.

Luciano Berio était actif en tant que chef d'orchestre et a continué à composer jusqu'à la fin de sa vie. Il est mort en 2003 dans un hôpital de Rome. Il était athéeGiovanni Arledler, La musica e la Bibbia, "La Civiltà Cattolica" no. 3372, 15 décembre 1990, pp. 593-594..

Berio était connu pour son sens de l'humour. Il a donné un séminaire de deux heures lors d'une université d'été aux États-Unis, analysant la Symphonie n°7 de Beethoven, démontrant qu'il s'agissait d'une œuvre d'un génie radical. Le lendemain, il a donné un autre séminaire de deux heures, avec un visage complètement droit, montrant pourquoi elle était désespérément imparfaite et une impasse créative. .

Œuvre L'œuvre électronique de Luciano Berio date pour l'essentiel de son séjour au Studio di Fonologia de Milan. L'une des œuvres les plus influentes qu'il y a produites est (1958), basée sur la lecture par Cathy Berberian du roman lUlysse de James Joyce, qui peut être considérée comme la première composition électroacoustique de l'histoire de la musique occidentale faite avec la voix et l'élaboration de celle-ci par des moyens technologiques.. Une œuvre ultérieure, Visage (1961) voit Berio créer un langage émotionnel sans paroles en découpant et en réarrangeant un enregistrement de la voix de Cathy Berberian ; La composition est donc basée sur la charge symbolique et représentative des gestes et des inflexions de la voix,

En 1968, Berio achève O King, une œuvre qui existe en deux versions : l'une pour voix, flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano, l'autre pour huit voix et orchestre. La pièce est écrite à la mémoire de Martin Luther King Jr. qui avait été assassiné peu de temps avant sa composition. La voix entonne d'abord les voyelles, puis les consonnes qui composent son nom, ne les enchaînant que pour donner son nom en entier dans les dernières mesures. vignette|Berio avec le violoniste Francesco D'Orazio. La version orchestrale de O King a été, peu après son achèvement, intégrée dans ce qui est peut-être l'œuvre la plus célèbre de Berio, Sinfonia (1967-69), pour orchestre et huit voix amplifiées. Les voix ne sont pas utilisées de manière classique traditionnelle ; souvent, elles ne chantent pas du tout, mais parlent, chuchotent et crient. Le troisième mouvement est un collage de citations littéraires et musicales. (1974) est un collage similaire, mais l'accent est mis plus directement sur la voix. À l'origine, il s'agissait d'un programme radiophonique pour cinq acteurs, qui a été retravaillé en 1975 pour huit chanteurs et une partie de clavier optionnelle. L'œuvre fait partie d'un certain nombre de collaborations avec le poète Edoardo Sanguineti, qui a fourni pour cette pièce un texte rempli de citations de sources telles que la Bible, T. S. Eliot et Karl Marx.

Un autre exemple de l'influence de Sanguineti est la grande œuvre (créée en 1977), écrite pour orchestre, voix solistes et grand chœur, dont les membres sont associés aux instruments de l'orchestre. L'œuvre dure environ une heure et explore un certain nombre de thèmes dans le cadre de la musique folklorique de diverses régions : Chili, Amérique du Nord, Afrique. Les thèmes récurrents sont l'expression de l'amour et de la passion, la douleur d'être séparé d'êtres chers, la mort d'une femme ou d'un mari. Un vers souvent répété est viens voir le sang dans les rues, une référence à un poème de Pablo Neruda, écrit dans le contexte de l'éclatement de la guerre civile en Espagne.

Dans la dernière période de sa production, Berio s'est également intéressé à l'utilisation de l'électronique en direct, appliquée dans certaines compositions comme Ofanìm (1988-1997) et Altra voce (1999) : la musique électronique et la partie technique de ces pièces étaient toujours exécutées par les musiciens de l'ensemble .

Œuvres dramatiques 1961 : Passagio 1965 : Laborintus II 1970 : Opera 1972 : Recital I (for Cathy) 1982 : La vera storia 1984 : Un re in ascolto 1994 : Twice upon ... théâtre sans paroles pour six groupes d'enfants 1994 : Compass ballet-récital pour piano et orchestre 1996 : Outis 1999 : Cronaca del luogo

Œuvres orchestrales 1949 : Concertino pour claviers, violons, violoncelle, harpe et cordes 1954 : Nones 1955 : Allelujah 1958 : Divertimento, en collaboration avec Bruno Maderna 1959 : Tempi concertati 1959 : Chemins sur Sequenza , pour harpe et orchestre 1967 : Chemins sur Sequenza pour alto et neuf instruments 1968 : Chemins sur Chemins , pour alto, neuf instruments et orchestre 1970 : Chemins b pour orchestre 1972 : Chemins c pour clarinette basse et orchestre 1974 : Points on the Curve to Find... pour piano et 20 instruments 1975 : Chemins sur Sequenza pour hautbois (ou saxophone soprano) et onze instruments à cordes 1977 : Ritorno degli snovidenia pour violoncelle et orchestre, Concerto pour deux pianos et orchestre et Concerto pour piano et orchestre 1981 : Corale 1984 : Requies pour orchestre de chambre 1987 : Formazioni 1990 : Continuo 1992 : Chemins sur Sequenza pour guitare et orchestre de chambre 1996 : Récit Chemins pour saxophone alto et orchestre 1996 : Kol Od Chemins pour trompette et ensemble 1996 : Ekphrasis (Continuo ) 2000 : SOLO pour trombone et orchestre

Œuvres concertantes 1973 : Concerto pour deux pianos et grand orchestre 1984 : Voci (Folk Songs ) pour alto et deux groupes d'instruments 1997 : Alternatim double concerto pour clarinette et alto 1989 : Concerto - Echoing curves pour piano et deux groupes instrumentaux

Œuvres vocales 1946 : Quatro canzoni populari pour piano et voix de femme 1949 : Magnificat 1952 : Opus number Zoo pour quintette à vent : flûte, hautbois, clarinette, basson et cor (texte de R. Levine récité par les instrumentistes) 1960 : Circles pour voix de femme, harpe et deux percussionnistes 1961 : 1964 : Folk Songs (pour petite formation instrumentale et voix, dont deux sont des reprises de Jacob Niles) 1966 : Sequenza 1968 : Sinfonia pour huit voix et orchestre 1968 : O King pour voix et cinq instruments 1969 : El mar la mar 1974 : Cries of London pour six voix 1976 : Cries of London version pour huit voix 1975 : A-Ronne documentaire radiophonique pour cinq acteurs sur un poème de Edoardo Sanguineti 1976 : Coro pour 40 voix et instruments 1985 : Naturale, su melodie siciliane pour alto, percussion et voix (ou enregistrées) 1989 : Canticum Novissimi Testamenti, Ballata, pour quatre clarinettes, quatuor de saxophones et octuor vocal 1992 : Epiphanies pour orchestre et voix de femmes 1993 : Orchestration pour Rage et Outrage de George Whyte pour voix et ensemble 1994 : There is no tune pour chœur de chambre 1995 : Shofar pour chœur et orchestre 1995 : Hör prologue pour le Requiem de la Réconciliation 2002 : E si fussi pisci chansons d'amour siciliennes pour chœur mixte a cappella 2003 : Stanze pour baryton, trois petits chœurs d'hommes et orchestre

Musique instrumentale et de chambre Quatuor à cordes 1952 : Study 1956 : Quartetto 1964 : Sincronie 1993 : Notturno, quatuor à cordes 1997 : Glosse

Sequenze

Autres 1951 : Due pezzi pour violon et piano 1953 : Strings in the Earth and Air pour clarinette, violoncelle et harpe 1953 : Monotone (All day I hear the noise of waters) pour clarinette, violoncelle et harpe 1953 : Winds of May pour clarinette, violoncelle et harpe 1955 : Les mots sont allés... pour violoncelle 1963 : Sincronie quintette à cordes 1966 : Gesti pour flûte à bec alto 1967 : Différences pour 5 instruments et bande 1973 : Linea, pour deux piano, Marimba et Vibraphone 1974 : Musica leggera, canone permoto contrario e al roverscio, con breve intermezzo pour flûte, alto et accompagnement de violoncelle