Jean Baptiste Clément Le nom exact du chansonnier est Jean Baptiste Clément (sans trait d'union entre Jean et Baptiste, à la différence de son père qui avait le même prénom mais avec un trait d'union)., né à Boulogne-sur-Seine (Seine, désormais appelé Boulogne-Billancourt) le , mort à le , est un chansonnier montmartroisLe poète est ainsi qualifié dans les premières lignes de sa biographie écrite par Tristan Rémy : Le temps des cerises (Jean Baptiste Clément), Les Éditeurs Français Réunis, Paris, 1968., journaliste, syndicaliste et communard français. La plus grande partie de son répertoire est aujourd'hui oubliée, excepté quelques chansons et en particulier les très célèbres Le Temps des cerises et La Semaine sanglante. Dans un registre différent, il rédigea une version parodique de la célèbre ronde enfantine Dansons la capucineEugène Baillet faisant en 1880 la biographie de Jean Baptiste Clément écrit : Article Galerie de chansonniers : J. B. Clément, La Chanson, 5 septembre 1880, page 130, colonne., contre le Second Empire.
Jean Baptiste Clément était militant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR).
Biographie Né dans une famille aisée à Boulogne-sur-Seine le , fils d'un riche meunier de Montfermeil, Jean Baptiste Clément quitte très jeune le foyer familial. Dès l'âge de quatorze ans, il exerce le métier de garnisseur de cuivre, métier qu'il qualifiait lui-même de plus insignifiant de tous les métiers. Il exerce encore plusieurs autres professions, travaillant notamment chez ses grands-parents meuniers au moulin de cageJean Baptiste Clément ou La fraternité en chanson..., avant de se rendre dans la capitale où il se dit homme de lettres ; il vit auprès d'Isoline Laurence Marcillac, native de Saint-Malo, de trois ans sa cadette, avec qui il aura six enfants qui tous mourront en bas âge. À Paris, il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, notamment Le Cri du peuple de Jules Vallès. En 1867, il doit se réfugier en Belgique, où il publie la célèbre chanson Le Temps des cerises. Il laisse en garde à son « beau-père », Jean Baptiste Marcillac, artiste peintre, au 3, rue Germain-Pillond à , sa fille, Madeleine, qui mourra en à l'âge de trente-neuf mois.
Revenu à Paris, il collabore à divers journaux d'opposition au Second Empire, tels que La Réforme de Charles Delescluze et Auguste-Jean-Marie Vermorel. Jean Baptiste Clément est alors condamné pour avoir publié un journal non cautionné par l'empereur. Il est emprisonné à la prison Sainte-Pélagie jusqu'au soulèvement républicain du .
Devenu membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale le et le . Le , il est élu au Conseil de la Commune par le arrondissement, celui de la Butte-Montmartre, avec Auguste Blanqui (mais celui-ci est détenu en dehors de Paris), Auguste-Jean-Marie Vermorel, ou encore Théophile Ferré. Il est membre de la commission des Services publics et des Subsistances. Le , il est nommé délégué à la fabrication des munitions, puis, le , à la commission de l'Enseignement. Dans Le Cri du peuple, il proteste contre la fermeture de certains journaux d'opposition à la Commune. Combattant sur les barricades pendant la Semaine sanglante, il écrit peu après la chanson La Semaine sanglante qui dénonce la violente répression contre les communards.
Il réussit à fuir Paris, gagne la Belgique et se réfugie à Londres, où il poursuit son combat. Il est condamné à mort par contumace en 1874. Pendant cette période de à , il se réfugie clandestinement chez ses parents à Montfermeil. En attendant l'amnistie, prononcée en 1879, il se promène dans les bois et pêche dans les étangs de Montfermeil. Il rentre à Paris après l'amnistie générale de 1880.
En 1885, il est envoyé en mission par la Fédération des travailleurs socialistes de France pour observer et soutenir une grève dans une entreprise métallurgique ardennaise, la Grosse Boutique, déclenchée par des licenciements à la suite de la création d'un syndicat. Il reste sur place un mois et demi, écoute, organise des assemblées de travailleurs et des collectes de soutien financier aux grévistes, revient sur Paris informer la Fédération de la situation, puis retourne en Ardennes en 1887. Il y diffuse l'idée de syndicalisation, fonde le cercle d'études socialiste, l'Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes qui participe en 1890 à la création du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, ainsi que des coopératives. Fatigué après plusieurs années de lutte, il quitte les Ardennes en , où il est remplacé par Gaétan Albert-Poulain, pour revenir en région parisienne.
thumb|upright=0.8|Tombe de Jean Baptiste Clément au cimetière du Père-Lachaise. thumb|upright=0.8|Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, Éditions Alternative libertaire, 1996. Le , Jean Baptiste Clément est initié à la loge Les Rénovateurs du Grand Orient de France à Clichy. Il s'affilie, le , à la loge L'Évolution Sociale à Paris, où il passe compagnon et maître le même jour, le Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, Éditions Alternative libertaire, 1996, texte intégral.Le Temps des cerises, Musée virtuel de la musique maçonnique, lire en ligne..
Alors qu'il demeure 110, rue Lepic, il meurt à l'âge de 66 ans au 200, rue du Faubourg-Saint-Denis, Maison Dubois (devenu ensuite Hôpital Fernand-Widal) le . Lorsqu'il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le , entre quatre et cinq mille personnes assistent à la cérémonie.
Selon l'un de ses amis :
Toute sa vie, il est surveillé par la Sûreté nationale, son dossier aux archives de la préfecture de policeArchives de la préfecture de police : cote : BA 1013 et BA 1014 fait environ trente centimètres d'épaisseur. La surveillance de sa mémoire s'est continuée après sa mort, le dernier document du dossier est un programme de cabaret de 1963 organisant une soirée pour les soixante ans de sa mort.
Chansons Jean Baptiste Clément a écrit un grand nombre de chansons, dont certaines sont passées dans le répertoire enfantin :
Publication La Revanche des communeux, Jean Marie, Paris, 1884
Postérité Hommages artistiques Jean Ferrat en 1971 cite Jean Baptiste Clément aux côtés d'Eugène Pottier dans la chanson La Commune qu'il interprète sur une musique de Georges Coulonges : Il y a cent ans commun communeComme un espoir mis en chantierIls se levèrent pour la CommuneEn écoutant chanter PottierIl y a cent ans commun communeComme une étoile au firmamentIls faisaient vivre la CommuneEn écoutant chanter Clément. Michel Fugain lui rend hommage dans sa chanson Les Cerises de Monsieur Clément dans l’album Fugain et le Big Bazar édité en 1972 : De république en république Toujours cocu toujours content On applaudit les bons truands Au ventre rond, au ventre blanc Qui nous revendent les cerises Qu’avait rêvées Monsieur Clément Paul Louka lui rend hommage à son opposition à la guerre dans sa chanson Un, deux, trois : Va petit frère ! Bonjour “Cerises” Jean-Baptiste Clément N’a pas perdu son “temps”
Odonymes En France, dans de nombreuses villes, des places ou des voies portent le nom de Jean Baptiste Clément (par ordre alphabétique de villes) :
De même plusieurs établissements scolaires portent son nom (par ordre alphabétique de villes) :
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, Éditions Alternative libertaire, 1996, lire en ligne, pdf.
Notices biographiques
Articles connexes Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris
Liens externes
Biographie sur histoiredefrance.net Jean Baptiste Clément sur drapeaunoir.org Les chansons de Jean Baptiste Clément Jean-Baptiste Clément, chansonnier populaire (Vérecque, 1933) sur La Bataille socialiste
Catégorie:Chansonnier français Catégorie:Personnalité de la Troisième République Catégorie:Opposant au Second Empire Catégorie:Élu de la Commune de Paris Catégorie:Exilé communard Catégorie:Communard condamné à la peine de mort Catégorie:Socialiste français Catégorie:Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas Catégorie:Personnalité du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie française Catégorie:Montmartre Catégorie:Naissance en mai 1836 Catégorie:Naissance à Boulogne-Billancourt Catégorie:Décès en février 1903 Catégorie:Décès dans le 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 66 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 76)