Jean-Baptiste Antoine Marcelin MarbotLa forme complète de son nom, avec un seul « l » dans « Marcelin », est employée dans son acte de naissance et les documents officiels., plus couramment appelé Marcellin MarbotIl est plus couramment appelé « Marcellin Marbot » avec deux « l » dans « Marcellin ». Cette écriture, avec deux « l », commence progressivement à apparaitre dans les documents de ses états de service et sera celle qu'il emploiera au cours de sa vie. Il est également parfois connu sous le nom de « Jean-Baptiste Marbot », surtout dans les pays anglophones. (), baron de Marbot, né le à Altillac et mort le à Paris, est un militaire français du . Il est issu d'une ancienne famille de noblesse militaire du Quercy qui donnera en moins de cinquante ans trois généraux à la France. Il fait sa carrière dans les états-majors de l'armée française sous le Premier Empire, devenant lieutenant général sous la monarchie de Juillet. Ses Mémoires constituent un remarquable témoignage sur l'épopée napoléonienne..
Biographie vignette|gauche|Le colonel Marbot au commandement du de chasseurs à cheval (1812).
Jeunesse Jean-Baptiste Antoine Marcelin Marbot naît au château de La Rivière, à Altillac, sur les rives de la Dordogne. Il est le fils cadet du général Jean-Antoine Marbot, ancien aide de camp du lieutenant général de Schomberg, inspecteur général de cavalerie au sein de la maison militaire du roi de France..
Après des études au collège militaire de Sorèze (1793-1798)Marbot, Mémoires, Plon, 1891, , ., il s'engage comme volontaire le au de hussards, dit « de Berchény » commandé par son père. Affecté à la brigade du général Seras, il est nommé maréchal des logis par celui-ci à l'issue d'un brillant fait d'armesIbid., .. Promu au grade de sous-lieutenant le Ibid., ., il participe à la bataille de Marengo et au siège de Gênes, au cours duquel son père meurtJean-Antoine Marbot, général de division, meurt de ses blessures et du typhus durant le siège de Gênes, où il était enfermé avec Masséna...
Guerres napoléoniennes vignette|gauche|La bataille d'Eylau (1807), lors de laquelle le jeune capitaine Marbot a failli perdre la vie.
Il devient aide de camp du maréchal Augereau pendant de la campagne d'Allemagne de 1805, et se distingue à la bataille d'Austerlitz. Nommé capitaine en 1807, il est gravement blessé à la bataille d'Eylau en portant un ordre et sera laissé pour mort sur le champ de bataille. Passé dans l'état-major du maréchal Lannes en 1808, puis dans celui du maréchal Masséna en 1809, il participe aux deux premières campagnes d'Espagne, où il est blessé à Ágreda et à la prise de Saragosse. Fait chevalier de l'Empire le et colonel du de chasseurs à cheval en 1812, il prend part à la campagne de Russie, se signalant à l'occasion de plusieurs batailles. Chargé de la protection du passage de la Bérézina, il est blessé de deux coups de lance à la bataille de Yakoubowo, puis de nouveau lors des batailles de Leipzig et Hanau en . Le mois précédent, le , il est fait baron de l'Empire..
Cent-Jours Pendant les Cent-Jours, il rallie Valenciennes à l'Empereur et contraint son gouverneur, le général Dubreton, qui voulait livrer la ville aux Anglais, à la lui remettre. À la tête du de hussards, il est nommé général de brigade par Napoléon la veille de la bataille de Waterloo. Blessé en chargeant les carrés anglais à la tête de son régiment, il est compris dans la liste des bannis le . L'uniforme qu'il portait lors de la campagne est conservé par le musée de l'Armée dans la salle dédié aux Cent-Jours..
Monarchie de Juillet vignette|Le roi Louis-Philippe (1773-1850) charge le général Marbot de l'éducation militaire de son fils, le duc d'Orléans, puis de son petit-fils, le comte de Paris.
Retiré à Offenbach en Allemagne, il est rappelé en France par l'ordonnance du .. Il reçoit alors le commandement du de chasseurs à cheval. Le duc d'Orléans (futur Louis-Philippe ) le charge de l'éducation militaire de son fils aîné, le duc de Chartres, puis il est nommé aide de camp du comte de Paris. Sous la monarchie de Juillet, il est promu maréchal de camp (général de brigade) et participe au siège d'Anvers. Passé en Algérie, il assiste à l'expédition de Mascara en 1835 puis à celle des Portes de Fer en 1839 et à la prise de Mouzaia en 1840. Élevé au grade de lieutenant général le , il entre au comité de cavalerie en 1844, avant d'être nommé pair de France le ..
Commandeur de la Légion d'honneur le , Marbot est nommé Grand officier de l'ordre le . Après la chute du roi Louis-Philippe , il se retire de la vie publique et meurt à Paris le Ressources du Ministère de la Culture (Base Léonore) : Marbot, Jean-Baptiste Antoine Marcelin (Cote LH/1723/47)..
Famille vignette|Le général Jean-Antoine Marbot (1754-1800).
Son père, le général Jean-Antoine Marbot, a deux fils qui atteignent l'âge adulte : Antoine Adolphe Marcelin, l'aîné, maréchal de camp (général de brigade) sous la monarchie de Juillet, et Jean-Baptiste Antoine Marcelin, le cadet. Son grand-père et son arrière-grand-père étaient fils uniques. Par sa mère, il est le cousin de François Certain de Canrobert, maréchal de France sous le Second Empire.
vignette|Le château du Rancy à Bonneuil-sur-Marne.
Le , il épouse Angélique Marie Caroline Personne-Desbrières (née vers 1790 et décédée le à Paris)., et par cette alliance devient propriétaire du château du Rancy, à Bonneuil-sur-Marne.. Deux fils sont nés de leur union :
Adolphe Charles Alfred, dit Alfred (1812-1865) : peintre et historien spécialisé dans la réalisation de planches uniformologiques. ; Charles Nicolas Marcelin, dit Charles (1820-1882) : dont la fille Marguerite publiera les célèbres Mémoires de son grand-père.
Décorations Marbot reçoit les décorations suivantes :
20px|border Empire français Ordre national de la Légion d'honneur : 55px Chevalier : ; 55px Officier : .
20px|border Royaume de France Ordre royal et militaire de Saint-Louis : 55px Chevalier : Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis : Liste des membres de l'Ordre nommés de 1814 à 1830 - Marbot (Jean-Baptiste Antoine Marcelin)..
20px|border Royaume de France Ordre royal de la Légion d'honneur : 55px Commandeur : ; 55px Grand officier : .
20px|border Royaume de Belgique Ordre de Léopold : 55px Commandeur : Tarlier, Pasinomie, ou Collection complète des Lois, Décrets, Arrêtés, Avis du Conseil d’État et Règlements Généraux qui peuvent être invoqués en Belgique, Bruxelles, Tarlier, 1833 : Arrêté contenant l’état général des Français décorés de l’ordre de Léopold à l’occasion de la citadelle d’Anvers - Marbot (Jean-Baptiste Antoine Marcelin), aide-de-camp de le duc d'Orléans, p. 111.« Nous recevons un état officiel des nominations faites en Belgique à différents grades de l'Ordre de Léopold en faveur de l'armée française [...] Sont nommés commandeurs : les généraux Dejean, Jamia, Fabre, Achard, T. Sébastiani, Gentil-Saint-Alphonse, Schramm, Marbot, Baudrand, Rumigny, Harlet, Latour-Maubourg, de Riguy, Georges, Simonneau, Lawoestine, Rullière, Durocheret, d'Hincourt, Laffaille, Auvray et Gourgaud. », Journal des débats politiques et littéraires, (lire en ligne).</ref>.
20px|border Grand-Duché de Luxembourg Ordre de la Couronne de chêne : 55px Grand-croix : Guyot et Scribe, Almanach Royal et National pour l’an MDCCCXLVI, Présenté à Leurs Majestés et aux Princes et Princesses de la Famille Royale, Paris, Guyot et Scribe, 1846 : Français décorés de l'ordre de la Couronne de chêne - Bon Marbot (Jean-Baptiste Antoine Marcelin), Pair, Lieutenant-général, p. 345.<ref>« France. Paris, 9 sept. [...] Le roi de Hollande (et grand-duc de Luxembourg) a remis au lieutenant-général Marbot, aide-de-camp du comte de Paris, la décoration de l'ordre de la Couronne de chêne. », Diekircher Wochenblatt, (lire en ligne)..
État des services Services vignette|Le maréchal Augereau (1757-1816).
Du au : Entré au de hussards : ; Maréchal des logis : ; Sous-lieutenant : ; Passé au de chasseurs à cheval : ; Envoyé à l'école d'équitation de Versailles : ; Nommé aide de camp du général Augereau : ; Lieutenant : ; Capitaine : ; Passé aide de camp du maréchal Lannes : ; Chef d'escadron : ; Passé aide de camp du maréchal Masséna : ; Passé au de chasseurs à cheval : ; Passé au de chasseurs à cheval : ; Colonel : ;
vignette|Le maréchal Lannes (1769-1809).
Passé au de hussards : ; Porté sur la de l'ordonnance royale du ; Sorti de France d'après la loi du ; Rappelé par l'ordonnance du ; Admis au traitement de réforme : ; Rétabli en demi-solde avec rappel du ; Colonel du de chasseurs à cheval : ; Aide de camp de le duc d'Orléans : ; Maréchal de camp : ; Compris dans le cadre d'activité de l'état-major général : ; Commandant la de cavalerie au camp de Compiègne : ; Commandant une brigade de grosse cavalerie au camp de Compiègne : ; Lieutenant général maintenu dans ses fonctions d'aide de camp de le duc d'Orléans : ; Mis à la disposition du gouverneur de l'Algérie : ;
vignette|Le maréchal Masséna (1756-1817).
Rentré en France : ; Membre du comité d'état-major : ; Nommé inspecteur général pour 1842 du de cavalerie : ; Commandant les troupes destinées à figurer la ligne ennemie dans le corps d'opérations sur la Marne : ; Aide de camp de le comte de Paris : ; Inspecteur général pour 1843 du de cavalerie : ; Inspecteur général pour 1844 du de cavalerie : ; Membre du comité de cavalerie : ; Inspecteur général pour 1845 du de cavalerie : ; Inspecteur général pour 1846 du de cavalerie : ; Inspecteur général pour 1847 du de cavalerie : ; Maintenu dans la du cadre de l'état-major général : ; Admis à faire valoir ses droits à la retraite par décret du ; Retraité par arrêté du .
Campagnes vignette|Statue du général Marbot à Beaulieu-sur-Dordogne.
Il fait 13 campagnes : Armée d'Italie : 1799-1800 ; Armée de l'Ouest : 1800-1801 ; Armée de Gironde : 1801-1802 ; Camp de Bayonne : 1803-1804 ; Camp de Brest : 1804-1805 ; Grande Armée : 1805-1807 ; Espagne et Autriche : 1808-1809 ; Portugal : 1810-1811 ; Russie : 1812 ; Grande Armée : 1813-1814 ; Belgique : 1815 ; Armée du Nord : 1831-1832 ; Algérie : 1835, 1839-1840.
Blessures vignette|Le général Marbot en 1840.
Il reçoit 13 blessures : Un coup de baïonnette au bras gauche. Affecté d'étourdissements considérables par le passage d'un boulet, qui a enlevé la corne de son chapeau à la bataille d'Eylau : ; Un coup de sabre au front à Ágreda : ; Un coup de feu au travers du corps au siège de Saragosse : ; Un coup de biscaïen dans la cuisse droite à la bataille d'Essling : ; Un coup de feu au poignet gauche au combat de Znaïm : ; Un coup d'épée dans le visage et un coup de sabre dans le ventre au combat de Miranda de Corvo : ; Un coup de feu à l'épaule gauche au combat de Jakoubowo : ; Un coup de lance au genou droit au combat de Plieščanicy : ; Un coup de flèche dans la cuisse droite à la bataille de Leipzig : ; Un coup de lance dans la poitrine à la bataille de Waterloo : ; Une balle au genou gauche dans l'expédition de Médéah : .
Œuvres Publications vignette|L'empereur Napoléon (1769-1821).
Retiré en Allemagne depuis 1815, il revient en France en 1819 et publie deux ouvrages : Remarques critiques sur l'ouvrage de M. le lieutenant-général Rogniat, intitulé : Considérations sur l'art de la guerre (1820)Remarques critiques sur l'ouvrage de M. le lieutenant-général Rogniat, intitulé : Considérations sur l'art de la guerre, éd. Anselin et Pochard, Paris, 1820. ; De la nécessité d'augmenter les forces militaires de la France ; moyen de le faire au meilleur marché possible (1825)De la nécessité d'augmenter les forces militaires de la France ; moyen de le faire au meilleur marché possible, éd. Anselin et Pochard, Paris, 1825..
Le premier de ces deux livres parvient à Napoléon, alors en exil sur l'île de Sainte-Hélène. Son aide de camp, le général Bertrand, écrit dans son journal le :