La tour Thiers est un immeuble de grande hauteur situé au 4-6 rue Piroux à Nancy, dans le département de Meurthe-et-Moselle et la région Grand Est. Il est l'oeuvre des architectes Michel Folliasson et Jacques Binoux. L'édifice marque la limite ouest du centre-ville de Nancy et est adjacent à la gare de la ville. Il se situe à l'emplacement d'anciens immeubles dont l'hôtel Thiers avec, en rez-de-chaussée, sa brasserie et son cinéma Le Thiers.
Histoire gauche|vignette|L'hôtel et la place Thiers en .
Origines Avant la construction de la tour, la place Thiers était entourée d'un ensemble de bâtiments datant des s, en partie de style Art nouveauCarte postale où l'on voit la statue de Thiers et l'entrée des Magasins réunis.. Outre L'Excelsior, s'y trouvaient la brasserie Thiers, les Magasins réunis, et la gare de Nancy-Ville, elle-même décorée d'une marquise en acier riveté. et fermée par des grilles... Parmi les autres commerces, on comptait également un cinéma, une pâtisserie et des brasseries avec leurs terrasses. L'atelier de typographie du quotidien l'Est républicain se trouvait côté sud-est de la place, à l'emplacement actuel d'une taverne irlandaise. Sur la place se trouvaient des emplacements de stationnement, de grands arbres, des pelouses. et une statue d'Adolphe Thiers par Ernest Guilbert... À l'angle entre la rue Raymond-Poincaré et la rue Mazagran était établi depuis un magasin de confiseries des établissements Lefèvre Georges., et rue Mazagran était installé un magasin des confiseurs Lalonde. Des projets de refonte de la gare et de son environnement avaient déjà été réalisés en .
Initié par les propriétaires de l'hôtel Thiers, la famille Hanus, et porté par la municipalité Marcel Martin, le projet initial de la tour, dit projet Foliasson du nom de son architecte, prévoyait la construction d'autres immeubles neufs aux alentours, avec en perspective la démolition de L'Excelsior et du siège de la Chambre de commerce et d'industrie, deux bâtiments Art nouveau, ainsi que de la salle Poirel.. Devant les nombreuses et fortes oppositions, seule une version amoindrie de la tour Thiers a vu le jour.
Construction et première polémique () gauche|vignette|redresse|Prospectus promotionnel de l'exposition Vie ou Mort de Nancy. Le réaménagement de la place Thiers a commencé en avec la démolition de l'hôtel Thiers. puis le démontage, en , de la statue. La construction de la tour Thiers s'est achevée en , avec l'inauguration officielle.
Lors du remodelage de la place et de la construction de la tour, les Nancéiens protestèrent contre ce qu'ils considéraient (et considèrent encore aujourd'hui) comme une verrue dans le paysage urbain., notamment à cause du fait que la tour bouche la perspective ouest de la place Stanislas, distante de . L'architecture en verre et béton de la tour est également anachronique au sein d'un quartier comportant majoritairement des immeubles anciens, dont certains de l'École de Nancy.
.
centré|redresse=2|vignette|Vente aux enchères puis démolition de l'hôtel Thiers en et .
Une controverse latente qui se perpétue ()
vignette|La tour en construction ().
L'inauguration du bâtiment, en , ne calme pas pour autant les critiques à l'égard de la mairie. Marcel Martin, maire de l'époque, fera notamment l'objet de soupçons d'affairisme dans le projet de construction de la tour puisqu'il siégeait au conseil d'administration de cette dernière. Devant l'opinion négative, la municipalité met un frein brutal et définitif à l'« américanisation » de Nancy. La tour Stanislas, un IGH de bureaux de de haut qui devait sortir de terre dans le quartier Saint-Sébastien est finalement abandonné au profit de la résidence du Trident (). Cet immeuble est le seul bâtiment de ce genre à être édifié après la tour Thiers et le dernier dans Nancy.
Le nouvel agencement généré par la tour a fait disparaître les brasseries et les terrasses animant ce côté de la place. En effet, toutes les ouvertures de la tour, à l'exception de sa galerie commerciale, se trouvent au niveau des rues Stanislas et Raymond-Poincaré. Pour compenser au mieux cette perte d'activité, la mairie décide l'implantation de petites cellules commerciales rassemblées sur la place Thiers. L'opération s’avérera être un échec d'un point de vue esthétique et sécuritaire et ne parviendra pas à redonner à la place l'activité qui était la sienne avant la construction de la tour, devenant ainsi, malgré tout, une zone de passage.
La dégradation progressive du secteur de la gare participe grandement à l'entretien d'une rancœur populaire à l'égard de la tour, en particulier chez les habitants ayant connu l'ancienne configuration de la place. À partir des années 2000, la reconversion du site de la gare dans le cadre du projet de rénovation urbaine Nancy Grand Cœur amène le sujet de sa reconversion voire de sa démolition. Sujet qui devient par la suite récurrent, même en dehors du projet Grand Cœur.
Changement d'actionnaire et nouvelles polémiques (depuis ) La reconfiguration de la place Thiers à partir de fait disparaître les cellules commerciales de la place et permet le retour de terrasses et de restaurants dans les bâtiments faisant face à la tour.
En , le promoteur immobilier Nouvel Habitat rachète les parts détenues par la famille Hanus au sein de la tour et en devient ainsi l'actionnaire majoritaire. La place Thiers est alors en pleine réorganisation et c'est la même année qu'apparaît un projet d'immeuble annexe à la tour qui sera ultérieurement nommé Emblème. Ce bâtiment de et de haut sera l'œuvre du cabinet d'architectes Beaudoin-Husson et s'élèvera à la place de la galerie marchande de la tour Thiers. Destiné à un usage mixte, il doit accueillir des logements haut de gamme, des bureaux et des commerces..
vignette|Panneau du projet Emblème juste devant la galerie marchande qu'il doit remplacer.
Le , le protocole foncier préliminaire à la vente des terrains de la Ville est soumis à la délibération du conseil municipal. En raison de l'atteinte que causerait le nouveau bâtiment aux abords directs de L'Excelsior et du document lui-même sujet à caution, Françoise Hervé, chef de file de l'opposition à la construction de la tour Thiers dans les années 1970, et désormais adjointe au patrimoine, exprime, seule, son opposition, le groupe d'opposition socialiste préférant s'abstenir. Le , la délibération de vente est présentée au conseil municipal. Le vote d'opposition socialiste est de 5 contre et de 8 abstentions, dont Mathieu Klein. Françoise Hervé vote à nouveau contre. Le , elle dépose un recours gracieux auprès du maire, Laurent Hénart.
Le , un volet judiciaire s'ouvre : . .
.
Faits divers associés Le , un des ascenseurs de la tour Thiers s'emballe et chute du au , activant brutalement le système de sécurité : un homme est transporté aux urgences sans séquelles physiques graves..
Caractéristiques L’édifice est constitué en réalité de l'addition de trois bâtiments de hauteur croissante, à savoir respectivement 45, 75 et 90 mètres, et encastrés les uns dans les autres, ce qui amène cet ensemble à se voir parfois désigner au pluriel : les tours Thiers ou plus simplement les Thiers. Elle tire son nom de la place Thiers (renommée place Simone-Veil en ) qui est l'esplanade de la tour, jadis ornée d'une statue du premier président de la Adolphe Thiers, actuellement déposée dans les réserves de la ville de Nancy.
Les dimensions qui sont retenues sont généralement celles de son plus grand élément qui, avec ses , culmine à de hauteur. Sur le toit de ce dernier se trouve un réseau d'antennes dont la cime de la plus haute est à du sol. C'est le plus haut gratte-ciel de Nancy et le deuxième de l'agglomération. En effet, au premier rang se trouve la Tour panoramique Les Aulnes à Maxéville dont la hauteur est de , côté aval, cette tour étant aussi coiffée d'antennes dont la pointe de la plus haute est à du sol.
À proximité des tours Thiers se trouvent d'autres immeubles de grande hauteur telles que les tours Joffre, Kennedy et Saint-Sébastien, créant un modeste cluster caractéristique de villes nord-américaines. La tour est visible de nombreux endroits de Nancy et de son agglomération, dont la place Stanislas.
L'usage des tours Thiers est mixte : elles abritent à la fois des bureaux et un hôtel (de la chaîne Mercure, puis Park Inn de à , puis à nouveau Mercure depuis .) qui profite du flux de voyageurs arrivant de la gare de Nancy-Ville toute proche.
Voir aussi
Notes et références
Articles connexes Gratte-ciel Place Simone-Veil Liste des plus hauts bâtiments de Nancy
Liens externes
Thiers Thiers Thiers Thiers