Frédéric Antonetti, né le à Venzolasca (Haute-Corse), est un footballeur français devenu entraîneur, consultant et dirigeant.
Après une carrière de joueur relativement modeste, il devient comme entraîneur un personnage notoire du football français. Pendant sa carrière à ce poste, qui s'étend de 1994 à 2023, il travaille successivement pour sept clubs français, et un club japonais.
Il est de 2024 à le directeur technique du SC Bastia, son club formateur, où il a terminé sa carrière de joueur, et dont il a été l'entraîneur à deux reprises, de 1994 à 1998 pour ses débuts à ce poste, puis de 1999 à 2001.
Biographie Footballeur professionnel Début en Corse puis à l’INF Vichy (1972-1983) Il prend sa première licence à l’AS Vescovato à l’âge de onze ans avant de rejoindre un an après le Sporting Étoile Club Bastia où il gravit les échelons jusqu’à l’équipe réserve avec laquelle il évolue en division 3 à partir de la saison 1977-1978.
Après la saison 1978-1979, Frédéric Antonetti décidera de quitter la Corse pour intégrer le centre de formation de l’INF Vichy. Pendant les trois années de formation, il aura entre autres pour partenaires de futurs grands joueurs comme Pascal Olmeta, Alain Casanova et Jean-Pierre Papin.
Sa formation terminée, Frédéric Antonetti retourne en Corse afin de réintégrer le Sporting Étoile Club Bastia mais sa saison 1982-1983 est maigre avec seulement deux matchs de Division 1 joués à cause d'une trop forte concurrence.
Départ pour Béziers (1983-1985) Voyant qu’il aura du mal à se faire une place dans le club, Frédéric Antonetti décide de descendre à l’échelon inférieur pour pouvoir plus facilement percer. Il rejoint l'AS Béziers en même temps que le nouvel entraîneur du club, Jean-Pierre Destrumelle. Là, l’ancien Bastiais devient un titulaire indiscutable en disputant 35 rencontres, mais sans avoir de poste défini entre la défense et le milieu de terrain. Il passe deux saisons dans l’Hérault, le club luttant a chaque fois pour le maintienFiche de Frédéric Antonetti, sur afterfoot.fr.
Le Puy (1985-1987) Après deux ans à l'AS Béziers, il s'engage avec le CO Le Puy, en Auvergne, qui a accédé à la Division 2 l'année précédente. Avec un effectif plus que correct, Frédéric Antonetti et son nouveau club réalisent une formidable saison 1985-1986 qui les verra terminer à une surprenante , ratant de cinq points la troisième place qui aurait permis de disputer les barrages pour l’accession en Division 1. La saison 1986-1987 est très différente, le club lutte pour éviter le bas du classement.
Retour à Bastia (1987-1990) Pendant l’été 1987, Frédéric Antonetti réalise son rêve de revenir au Sporting Étoile Club Bastia afin de devenir titulaire. L'entraîneur Roland Gransart le positionne comme sentinelle devant la défense et il réussit bien à ce nouveau poste, au point de marquer en . Pour la saison 1988-1989, Frédéric Antonetti perd sa place de titulaire et ne dispute que 22 rencontres, marquant . Lors de la saison suivante en 1989-1990, il est écarté du groupe professionnel et il évolue toute l’année avec la réserve bastiaise. Le cœur n’y est plus et à la fin de la saison, Frédéric Antonetti prend la décision de raccrocher, à presque , malgré les sollicitations de plusieurs clubs de Division 2.
Entraîneur Formateur puis entraîneur à Bastia (1990-1994) À la fin de sa carrière, en 1990, Frédéric Antonetti intègre le centre de formation de l'équipe bastiaise, en Division 2 depuis et échouant régulièrement en matches de barrage pour la montée. Beaucoup de jeunes joueurs renforceront l'équipe première, notamment après la catastrophe de Furiani () où l'équipe, sans stade et désargentée, doit s'appuyer sur la formation pour avancer : Morlaye et Ousmane Soumah, Mosali, Poggi, Maroselli, Casanova, Anziani, Rool et consorts sortiront l'équipe du piège prévisible, placé en de son groupe de Division 2 lui permettant d'accéder en 1993 à la nouvelle , à groupe unique (contre deux groupes auparavant).
Pendant ce temps-là, le Gazélec FC Ajaccio, dans le même groupe que le Sporting Étoile Club Bastia, finira en et devra redescendre en National. La saison suivante, sous la direction de Léonce Lavagne, le club arrache la derrière l'OGC Nice et le Stade rennais FC après une victoire face à l'AS Nancy-Lorraine, permettant au Sporting Étoile Club Bastia de réintégrer la Division 1 alors abandonnée depuis . Directeur du centre de formation, Frédéric Antonetti voit son travail reconnu au plus haut niveau.
Le travail de Frédéric Antonetti ne prend toutefois sa reconnaissance qu'en 1994-1995 : la première saison de Division 1 du club voit Léonce Lavagne débarqué en octobre, après une défaite à domicile contre le Stade rennais FC. Le Sporting Club de Bastia proche de la relégation, c'est Frédéric Antonetti qui prend le relais pour une aventure longue d'une demi-douzaine d'années. Cette première saison, Frédéric Antonetti emmène le club en finale de la nouvelle formule de la Coupe de la Ligue, ressuscitée par la Ligue nationale de football (LFP) avec une défaite jugée injuste (0-2) face au Paris Saint-Germain (avec un but pourtant valable d'Anto Drobnjak qui est refusé).
Deux fois maintenu à la , c'est sous sa direction que le club retrouve ses heures de gloire : avec son nez creux et son association avec Villanova au recrutement, le club arrive à la du championnat en 1996-1997 et accède à la Coupe Intertoto, qu'il remportera durant une finale aller-retour épique contre l'équipe suédoise d'Halmstads BK (1-0 en Suède et 1-1 après prolongation à Furiani sur un but d'Ousmane Soumah qui lui coûtera des fractures des cervicales). Après s'être qualifié contre le Benfica Lisbonne (0-0, 1-0, but de Pierre-Yves André), c'est devant le FCSB que le Sporting Club de Bastia s'arrête, au bénéfice des buts inscrits à l'extérieur (0-1, 3-2) pour les Roumains.
Cette saison fut la plus aboutie de Frédéric Antonetti à Bastia, qu'il amène à la du championnat et qualifie à nouveau pour la Coupe Intertoto, dont il se fera sortir sans gloire en 1/2 finale par les Yougoslaves du Vojvodina Novi Sad (2-0, 0-4).
Une expérience au Japon (1998-1999) De jusqu'à , il entraine le club du Gamba Osaka, évoluant en J1 League (la première division japonaise). Il y vient en compagnie d'Anto Drobnjak. Soucieux d'une nouvelle expérience, il y coachera Patrick Mboma, attaquant des Lions indomptables du Cameroun, et retient de cette saison en Asie un souvenir inoubliable malgré l'absence de titre.
Retour en Corse (1999-2001) Après une saison bastiaise 1998-1999 chaotique, où se succèdent Henryk Kasperczak, Laurent Fournier et José Pasqualetti sur le banc d'un Sporting Club de Bastia en pleine déliquescence, Frédéric Antonetti revient à Bastia, après son expérience à Osaka, ramenant avec lui du Japon Nebojša Krupniković et David Mazzoncini. Dès lors, le maintien sera toujours obtenu à quelques journées avant la fin du championnat, offrant de plus quelques matches références et l'intégration de jeunes joueurs actuellement titulaires en Division 1, formés ou non au club ou non, comme Pascal Berenguer, Nicolas Penneteau, François Modesto, Franck Jurietti, David Ducourtioux :
Victoire en prolongations face à l'Olympique lyonnais, en Coupe de la Ligue 2000, grâce à un but de Frédéric Née et un penalty stoppé à la par Éric Durand, lors d'une saison où le Sporting Club de Bastia n'a remporté aucun match à l'extérieur depuis .
Défaite 1-2 contre le Paris-Saint-Germain qui ferme la porte à une participation européenne à deux journées de la fin, alors que le Sporting Club de Bastia était et invaincu à domicile.
Victoire 3-0 contre l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie en 2000-2001, avec Albert Emon et Christophe Galtier sur le banc marseillais.
Ces matchs démontrent les qualités premières de Frédéric Antonetti : meneur d'hommes qui ne mâche pas ses mots et n'hésite pas à engueuler ses joueurs (par exemple Yann Lachuer totalement secoué par un Frédéric Antonetti fou de rage en 1999-2000), il leur demande un esprit combattant et un comportement guerrier dans lequel les qualités techniques permettent des contres rapides. Tactiquement, il a progressivement glissé du 4-3-3 au 5-3-2 avec deux ailiers de débordement et trois milieux défensifs-relayeurs pour jouer rapidement sur les phases de jeu non arrêtées.
En , face au relégable strasbourgeois, les Bastiais sont menés au score et réduits à 10 après de jeu, à la suite de l'expulsion injustifiée de Pierre-Yves André par l'arbitre, M. Viléo. Peu après ces faits de match, l'arbitre-assistant réprimande Frédéric Antonetti qui se lève de son banc et lui dit sa façon de penser, le bousculant légèrement l'arbitre-assistant, qui appelle l'arbitre central qui exclut Frédéric Antonetti, obligé de rejoindre les vestiaires. C'est son assistant Jean-Marie de Zerbi qui va alors gérer l'équipe en communiquant avec Frédéric Antonetti, installé dans les tribunes par talkie-walkie.
Les joueurs, eux, se révoltent sur le terrain, avec un Pierre Laurent transformé, qui permet au Sporting Club de Bastia de s'imposer 3-1 sur les Alsaciens. La commission de discipline de la Ligue nationale de football suspend l'entraîneur bastiais avec d'interdiction de touche, peine ramenée en appel à en avril. Durant cette période, l'équipe se délite, malgré une victoire prestigieuse au Stade rennais FC (1-2) (sur un magnifique lob de Frédéric Née qui fixe Bernard Lama), et se contente de la Coupe Intertoto après un festival contre le Toulouse FC (5-1) après avoir lutté pour une qualification en Coupe de l'UEFA toute la saison.
Mais au-delà de la sanction disciplinaire, c'est le manque d'ambitions du président François Nicolaï qui pousse Frédéric Antonetti à quitter le Sporting Club de Bastia.
Deux ans et demi à Saint-Étienne (2001-2004) En 2001, l'AS Saint-Étienne est en position de relégable et limoge son entraineur Alain Michel. Le club est aussi dans une mauvaise situation financière. La direction décide alors de faire appel à Frédéric Antonetti. Son arrivée va marquer une mue du club. Il arrive avec Christian Villanova qui va réussir à effectuer un recrutement convaincant à coup de prêts (à cause du déficit du club, les recrutements ayant été interdits par la DNCG). Sauvé de justesse d'une relégation en National à la fin de la saison 2001-2002, le club ne va cependant pas retrouver tout de suite la réussite.
En effet, malgré l'électrochoc, la saison suivante n'est pas exemplaire avec en point culminant une défaite 3-0 au stade Geoffroy-Guichard face au Football Club de Gueugnon en . Mais, alors que l'horizon semble de nouveau s'obscurcir, Frédéric Antonetti augmente encore sa pression sur ses joueurs et augmente sa confiance dans les jeunes joueurs (Hérita Ilunga, Julien Sablé et Jérémie Janot notamment). La tactique est payante et l'énergie insufflée par Frédéric Antonetti à des effets inespérés car les Verts sont champions de Ligue 2 dès l'année suivante, la saison 2003-2004, en accrochant notamment une demi-finale de Coupe de la Ligue (20° : (L2) AS Saint-Étienne 2-0 FC Sochaux-Montbéliard (L1), 120° : AS Saint-Étienne 2-3 FC Sochaux-Montbéliard).
Mais la différence de point de vue, jusqu'alors cachée, entre les actionnaires du club (Bernard Caïazzo en tête) et la direction en place Thomas Schmider (président de l'époque), Christian Villanova et Frédéric Antonetti, apparait au grand jour. Le divorce est rapide et la direction sportive quitte le club juste promu malgré les protestations des supporters (plus de 500 d'entre eux manifesteront devant le stade les jours suivants cette décision de départ). C'est le début de l'ère Caïazzo-Baup à l'AS Saint-Étienne. Malgré son départ du club, Frédéric Antonetti vivra à Saint-Étienne jusqu'à fin 2005, date de son départ pour l'OGC Nice.
OGC Nice (2005-2009)