La régence de Tunis est une ancienne entité étatique d'Afrique du Nord, , date de l'avènement de la dynastie des Husseinites. Elle est placée sous souveraineté nominale de l'Empire ottoman au terme de la rivalité opposant ce dernier et l'Espagne. Située entre les régences d'Alger et de Tripoli, ses frontières correspondent à peu près à celles de l'actuelle Tunisie.
Pour gouverner la régence, les sultans ottomans la confient à un vassal. Cependant, sous le règne de la dynastie beylicale des Husseinites, les beys de Tunis acquièrent une indépendance de fait, faisant d'eux les véritables monarques du pays jusqu'à l'instauration du protectorat. Car, malgré leurs victoires, les Ottomans ne s'implantent guère en Tunisie et la conquête de l'intérieur des terres ne s'achève que sous les règnes d'Ali II Bey (1759-1782) et d'Hammouda Pacha (1782-1814).
Contexte
gauche|vignette|upright|Portrait du corsaire Khayr ad-Din Barberousse. vignette|upright|Vue de la bataille de Tunis de 1574 (en haut) et vue de Tunis depuis La Goulette au (en bas).
Les Hafsides de Tunis s'essoufflent et perdent peu à peu, après la bataille de Kairouan en 1348, le contrôle de leurs territoires au profit des Mérinides d'Abu Inan Faris., alors que, frappée de plein fouet par la pestePierre Pinta (La Libye, ) résume ainsi cette situation : . de 1384, l'Ifriqiya continue de subir une désertification démographique amorcée par les invasions hilaliennes..
C'est alors que commencent à arriver les Maures musulmans et juifs andalous. fuyant la déchéance du royaume de Grenade en 1492 et occasionnant des problèmes d'assimilation. À leur suite, les souverains espagnols Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille décident de poursuivre leur reconquête jusque sur les côtes maghrébines pour protéger leurs propres côtes.. En une dizaine d'années, ils prennent les cités de Mers el-Kébir, Oran, Bougie, Tripoli et l'îlot situé en face d'Alger. Pour s'en libérer, les autorités de la cité sollicitent l'aide de deux corsaires renommés, originaires de l'île de Lesbos en mer Égée : les frères Arudj et Khayr ad-Din. Barbaros ou Barberousse. Cette intervention est un événement majeur qui inaugure une période de confrontation entre l'Espagne et l'Empire ottoman pour la domination des territoires du Maghreb, hormis le Maroc, et celle du bassin occidental de la Méditerranée.
La Tunisie offre un environnement favorable et les frères Barberousse s'y illustrent particulièrement. Arudj reçoit en effet du souverain hafside aux abois l'autorisation d'utiliser le port de La Goulette puis l'île de Djerba comme base. Entourés de marins turcs, comme Dragut, calabrais, siciliens, corses ou danois, ces pirates se font connaître en Europe sous le nom de « barbaresques » en jouant sur les noms « barbares », « berbères » et « Barbaros ».
Après la mort d'Arudj, son frère Khayr ad-Din se place dans la vassalité du sultan de Constantinople. Nommé grand amiral de l'Empire ottoman, il s'empare de Tunis en 1534 mais doit se retirer après la prise de la ville par l'armada — — que Charles Quint mène en 1535. Le sultan hafside est alors rétabli dans ses droits sous la protection de Charles Quint. et le pays passe sous la tutelle du royaume d'Espagne.. Pendant ce temps, le gouvernement ottoman se dote de la flotte qui lui manquait. En 1560, Dragut parvient à Djerba et, en 1574, Tunis est définitivement reprise par les Ottomans..
Fonctions au sein de l'État beylical
Pachas, deys et beys de Tunis
Au cours du , le rôle des Ottomans ne cesse de décroître au profit des dirigeants locaux qui s'émancipent progressivement de la tutelle du sultan de Constantinople.. Au bout de quelques années d'administration turque, plus précisément en 1590, ces janissaires s'insurgent, plaçant à la tête de l'État un dey et, sous ses ordres, un bey chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Ce dernier ne tarde pas à devenir le personnage essentiel de la régence aux côtés du pacha, qui reste confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point qu'une dynastie beylicale finit par être fondée.
Autres fonctions
Rôle de la milice turque vignette|Milice turque de Tunis vers 1810 avec, de gauche à droite, un hamba (cavalier), un janissaire, un khodja (religieux turc) et un mamelouk de la garde du bey).
La milice turque de Tunis reste, jusqu'à sa mise à la retraite forcée vers 1828, le véritable pouvoir permanent. Elle regroupe près de , que ce soit des janissaires, des artilleurs, des spahis ou même des hommes du génie militaire, bien que leur nombre a pu varier d'une époque à l'autre. .
vignette|upright|gauche|Officier janissaire avec ses deux aides de camp ().
.
.
.
.
Administration régionale .
vignette|upright|gauche|Carte maritime ottomane de Piri Raïs représentant le golfe de Tunis au . vignette|upright|Carte maritime ottomane du représentant la côte sud-est de la Tunisie.
.
.
.
Beys mouradites
vignette|upright|Vue intérieure de la mosquée Sidi Mahrez à Tunis, l'édifice est construit à la fin du par le prince Mohamed Bey El Mouradi.
.
.
En 1699, Mourad III Bey, souverain violent et brutal, est déposé en 1702 sur ordre du sultan ottoman et assassiné par Ibrahim Cherif, l'agha des spahis.. .
Héritage Il est difficile de mesurer l'importance des influences turques qui demeurent en Tunisie. Quelques monuments affichent leur filiation ottomane : minarets polygonaux et cylindriques ou mosquées sous une grande coupole centrale comme celle de Sidi Mahrez à Tunis. Dans un autre domaine, l'art des tapis, qui existait pour certains avant l'arrivée des Ottomans, voit les productions de Kairouan présenter au des motifs purement anatoliens. Malgré ces influences perceptibles dans l'aspect des objets manufacturés, l'empreinte de l'Italie voisine se fait de plus en plus manifeste au cours du , tant dans l'architecture que dans la décoration, marquant ainsi une ouverture du pays à l'Europe.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . .
Liens externes