Albert Ducrocq, né le à Versailles (alors en Seine-et-Oise) et mort le à ParisRelevé des fichiers de l'Insee, est un scientifique cybernéticien, enseignant, journaliste et essayiste français à qui on doit, entre autres, le « renard électronique », un des premiers dispositifs automatiques, préfiguration des machines robotisées.

Biographie Albert Ducrocq est le fils d'Armand Ducrocq, colonel d'infanterie coloniale, et Germaine Adam. Après ses études secondaires à Versailles, d'abord au collège Saint-Jean-de-Béthune, puis à l'école Sainte-Geneviève, il obtient sa licence à la Faculté des sciences de Paris (1942-44), puis suit les cours de l'École libre des sciences politiques (1945-46).

Il est l'un des pionniers de la cybernétique française et l'inventeur du « renard électronique ». Cette machine se situe dans la postérité des tortues de Bristol conçues par l'Anglais William Grey Walter : montées sur roulettes, elles se dirigeaient spontanément vers toute source lumineuse, étaient aussi capables de répondre à un son par identification de celui-ci via une lumière selon une reproduction artificielle du réflexe conditionné et dont une version ultérieure allait spontanément se rebrancher sur une prise de courant appropriée lorsque le niveau de leur batterie faiblissait. Mais, en plus de ces caractéristiques, Ducrocq avait doté son renard de ce qu'il avait appelé un « sens capacitif » par le moyen d'un dispositif de détection de masse récupéré dans un détecteur de mines. Ainsi équipé, le renard pouvait réagir à distance à la présence d'objets métalliques. D'aucuns y ont vu la préfiguration d'engins de sécurité automatiques utilisables dans certaines situations de catastrophes ou de conflits armés. Cette invention donna aussi naissance à plusieurs types de chariots de manutention automatiques, les « zébulons », conçus par Bruno Lussato.

Albert Ducrocq est toutefois beaucoup plus connu pour ses talents de vulgarisateur en tant que journaliste et écrivain scientifique.

Il fut un témoin privilégié des grands événements de la conquête spatiale. Il s'est notamment rendu en URSS à la fin des années 1950 et a commenté en direct les premiers pas de l'homme sur la Lune pour les auditeurs de la radio Europe 1 en 1969.

Outre ses nombreux ouvrages, il écrivit énormément d'articles, publiés dans les magazines Espace & Civilisation, Atomes, Sciences et Avenir et Air et Cosmos, ainsi que dans les pages scientifiques du quotidien Le Figaro.

Carrière Licencié es sciences, il enseigne d'abord la physique électronique de 1946 à 1955 puis entame parallèlement en 1949 une carrière d'ingénieur conseil qu'il poursuivra jusqu'en 2001.

Directeur de la Société française d'électronique et cybernétique de 1952 à 1958, il est ensuite nommé président de la Fédération nationale de l'automation de 1957 à 1963, puis enseigne à HEC de 1962 et 1965 et à la Fondation nationale des sciences politiques à partir de 1966.

Dans les années 1960, il devient un chroniqueur célèbre à Europe 1. Directeur scientifique de la revue Diagrammes de à , il collabore également à de nombreux journaux dont Le Figaro à partir de 1970 et est nommé directeur de Cosmos Encyclopédie.

Pendant plusieurs décennies, Albert Ducrocq a rédigé une chronique (rubrique Espace) dans le magazine hebdomadaire Air & Cosmos créé en 1963.

Il crée le Cosmos Club de France qui organise des expositions sur l'astronautique (Palais de la Découverte), anime des colloques et de nombreuses conférences.

À partir de 1972, il devient le collaborateur régulier du magazine français pour la jeunesse Pif Gadget, où il initie les jeunes lecteurs aux différents phénomènes naturels illustrés par les gadgets offerts avec la revue.

Au milieu des années 1980, il est appelé en tant que conseiller scientifique auprès du conseil général de la Vienne, dirigé par René Monory, pour un projet de parc du futur dont il inventera le nom : « Le Futuroscope ».

En 1982, il donne des conférences sur l'informatique en l'an 2000, où il déclare : , annonçant ainsi l’avènement de l'internet et la révolution numérique à sa suite.

Filiation du renard La conception du robot autonome à roues que Ducrocq avait fini par rendre familière au grand public inspira entre autres les « zébulons », chariots de manutention sans conducteurs munis d'une électronique embarquée et d'un guidage radio, mis au point par Bruno Lussato pour les entrepôts du Bazar de l'Hôtel de Ville (BHV) à Paris.

Distinctions

En 1969, il obtient le prix Henri Desgrange de l'Académie des sports pour ses commentaires scientifiques liés aux missions Apollo, sur Europe 1. Depuis le , l'astéroïde est nommé en son honneur..

Publications Les Armes secrètes allemandes, Berger-Levrault, 1947 L'Humanité devant la navigation interplanétaire, Calmann-Lévy, 1947 Les Horizons de l'énergie atomique, Calmann-Lévy, 1948 Les Armes de demain, Berger-Levrault, 1949 Théorie élémentaire des piles atomiques, Dunod, 1950 Destins industriels du monde, Berger-Levrault, 1950 L'Atome, univers fantastique, Hachette, coll. « La Bibliothèque des merveilles », 1950 Appareils et cerveaux électroniques, Hachette, coll. « La Bibliothèque des merveilles », 1952 L'ère des robots, Julliard, 1953 Découverte de la cybernétique, Julliard, 1955 La Science à la conquête du passé, Plon, 1955 Logique de la vie, Julliard, 1956 La Route du Cosmos, Julliard, 1957 Victoire sur l'espace, Julliard, 1959 Logique générale des systèmes et des effets - Introduction à une physique des effets - Fondements de l'intellectique, Dunod, 1960 L'Homme dans l'espace, les engins spatiaux de seconde génération, Julliard, 1961 Le Fabuleux Pari sur la Lune, Laffont, 1961

Plate-forme pour le cosmos, Julliard, 1962 Le Roman de la matière, Cybernétique et Univers I, Julliard, 1963 Le Roman de la vie, Cybernétique et Univers II, Julliard, 1966 Demain l'espace, Julliard, 1967 L'Homme sur la Lune, Julliard, 1969 Notre nouveau monde, la Lune, Sciences et Avenir, 1969 Collection Cosmos Encyclopédie (12 volumes), Sciences et Avenir – Bordas, 1970-1973 La merveilleuse machine humaine, Hachette, 1972 Le Roman des hommes, Julliard, 1973 La France vue de l'espace, Histoire, 1974

Les éléments au pouvoir, Julliard, 1976

Vers une société de communication, Hachette, 1981 Histoire de la Terre, Nathan, 1982

Le ciel, ill. J.B. Tournay, Collection : Albert Ducrocq raconte, Littérature de jeunesse, Paris, 1985, 59 p.

L'avion spatial américain, Colin, 1994

Notes et références

Liens externes

Hommage à Albert Ducrocq (site perso "Astronomie-Astronautique.com) Miso et le Renard électronique, sur le site cyberneticzoo.com

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