L'empereur Huizong des Song ( ; - ), est le huitième empereur de la dynastie Song en Chine du au , ainsi qu'une personnalité importante de l'histoire de l'art chinois.
Biographie
L'empereur Huizong, de son nom personnel Zhao Ji (), était le onzième fils de l'empereur Shenzong. Cela signifiait qu'il n'avait pratiquement aucune chance de devenir empereur, et qu'il était ainsi libre de se consacrer aux vraies passions de sa vie, les arts (il fut un grand peintre de fleurs et d'oiseaux) et le taoïsme. Pourtant, contre toute attente, en 1100, Zhao Ji accéda au trône. Il avait alors dix-huit ans.
En 1125, les Jürchen envahirent la Chine du Nord. Malgré la résistance héroïque des administrateurs qui sacrifièrent leur vie, la capitale Bianjing, aujourd'hui Kaifeng, fut prise, et l'empereur emmené en captivité. Il resta captif dix ans durant, en Mandchourie, et mourut en 1135.
Portrait de l'empereur Le portrait assis de l'empereur Huizong [ci contre dans l'infobox] est classé comme . L'œuvre, due à un peintre anonyme, montre un homme dans sa réalité sociale, morale et globale. Assis de trois quarts, l'empereur pose dans une tenue de de lettré qui souligne sa fonction officielle : chapeau en gaze de soie noire empesée aux ailettes latérales très longues, et robe rouge d'apparat ne laissant apercevoir que l'extrémité des chaussures. Le personnage a une attitude de retenue, de simplicité et de sérieux attentionné. Ce dernier élément est souligné par l'unique élément de « décor » que forment la bande noire, légèrement oblique, des ailettes, qui coupe la composition : cette bande suit et fait ressortir l'axe des yeux et des oreilles, souligne l'attention du personnage et le relie à tout événement d'ordre sensible dans une atmosphère de simple tranquillité et d'équilibre. Dans ce costume de chef de l'administration, il porte l'image exemplaire de la très haute valeur sociale que les Song ont su donner à l'administration des lettrés, bien mieux que n'avaient pu ou voulu le faire les Han et les Tang.
Œuvre L'orientation artistique de Huizong a, semble-t-il, été déterminée par son éducation. Son père, l'empereur Shenzong, était lui-même l'exemple du mécène généreux, et de très grands peintres ont marqué son règne. Il avait choisi pour beau-fils deux peintres, Li Wei et Wang, qui initièrent Huizong à l'art. Il est probable que Huizong a pu admirer les peintures relevant de la culture du shanshui, et en particulier l'immense Début de printemps de Guo Xi , daté de 1072, ou encore le Voyageurs entre monts et torrents de Fan Kuan, toutes deux œuvres monumentales, simplement peintes à l'encre dans une très grande richesse d'effets de pinceau.
Mais sous son règne, Huizong aura accordé plus d'importance à des œuvres plus intimes comme le Double bonheur de Cui Bo, peint sous le règne précédent, dont il s'inspire pour ses propres compositions. Non seulement les sujets sont, avec lui, plus intimes (oiseaux et fleurs) mais les formats se font aussi plus réduits. Les rouleaux portatifs se couvrent de paysages aux belles couleurs dans des nuances de bleu, remettant au goût du jour une tradition oubliée depuis les Tang : Wang Ximeng, Mille lis de rivières et montagnes. Huizong se plait à recopier, quasiment à l'identique comme c'est la tradition en Chine, des peintures Tang qu'il apprécie. C'est le cas de Apprêts de la soie par les dames de la cour, peint à l'origine par Zhang Xuan et datant du .
Jusqu'à Huizong, les peintres nommés à la cour formaient une sorte de vague académie. L'empereur décida de la structurer, et d'élever ainsi la peinture au niveau de la calligraphie et de la poésie. Il incarna et personnifia cet idéal en tant que peintre, calligraphe et poète accompli, avec d'autres membres de la famille impériale. Il exigeait en outre des dignitaires des aptitudes de calligraphe et de peintre.
Huizong exigeait trois choses de la peinture chinoise : d'abord, le réalisme, notamment dans le rendu des petits oiseaux, des fleurs et des roches ; ensuite, une connaissance parfaite de la peinture passée (sa propre collection de peintures et de calligraphies était la plus grande jamais constituée avant lui, et son catalogue, le Xuan, est un document important qui retrace pour la première fois l'histoire de la peinture) ; enfin, l'accomplissement « d'une idée poétique » (shiyi) dans la peinture.
Ses peintures ont été appréciées pour leur qualité d'imagination et de poésie, leur raffinement aussi. En revanche, sa calligraphie est tendue : . Huizong a apparemment repris des Tang le fait d’associer la peinture figurative, la poésie et la calligraphie selon une composition simple. Cette combinaison, connue sous le nom des trois Perfections, les sanjue, connaîtra une longue postérité et sera un canon de la peinture chinoise.
Il a su aussi, dans son admiration pour la céramique chinoise, soutenu le renouveau et l'excellence jamais égalée des céladons jun, finement craquelés sur un grès fin et léger, à glaçure bleu ciel ou lavande, restés célèbres pour les taches violacées qui les distinguent, parfois, d'un pinceau rapide et vif. centré|vignette|350x350px|Grues de bon augure. Détail d'un rouleau mural. Encre et couleurs sur soie. 138,2 x 51 cm. Attribué à Huizong, 1112. Shenyang, Musée provincial du Liaoning.
Galerie
Notes et références
Annexes
Bibliographie
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Liens externes
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