Le tell Al-Rawda (en arabe الروضة) est un tell ou tumulus, un site archéologique situé dans la steppe syrienne, à l'est de Hama.
Il s'agissait d'un vaste site urbain, entouré de remparts et comprenant plusieurs temples. Il est occupé entre 2500 et 2000 avant J.-C. environ, pendant le Bronze ancien IV.
Une mission franco-syrienne y mène des fouilles archéologiques depuis 2002, et révèle des rues circulaires, avec les autres rues rayonnant depuis le centre du site. La ville est ceinturée de double remparts, avec deux fossés, et occupe une superficie de . Les maisons sont de forme ronde puis orthogonales. Trois temples sont identifiés, dont un vaste temple avec enceinte sacrée. Un vaste réseau hydrographique captait les eaux à l'entour pour permettre une agriculture irriguée et l'élevage.
Historique de la recherche Le site d'Al-Rawda est découvert en 1996 dans le désert de Syrie par la mission de prospection archéologique des Marges arides de Syrie du Nord (dans la région située à l'est de Hama) qui en publie le premier plan. À la suite de cette prospection, un projet de fouilles est lancé, le projet Al-Rawda, par une mission franco-syrienne. Les fouilles sur le site débutent en 2002 et se concentrent sur les remparts circulaires, sur la porte nord de la ville, le temple et la nécropole voisine. En parallèle, une prospection magnétométrique, méthode permettant de détecter les vestiges de murs sans les fouiller, est réalisée à l'intérieur des remparts en 2003. Les travaux se poursuivent au moins jusqu'en 2010. Le projet Al-Rawda est financé par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français et la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie. Il est codirigé par Corinne Castel et Nazir Awad..
Le site et son environnement Al-Rawda est situé 80 kilomètres à l'est de Hama. Aujourd'hui comme par le passé, la région reçoit moins de 200 millimètres de précipitations annuelles, ce qui rend impossible une agriculture fiable sans une irrigation correcte. Une étude précise de la microrégion autour d'Al-Rawda est effectuée, et elle révèle que le site se situe dans une fayda, une dépression qui recueille les eaux de ruissellement d'une vaste région, et elle est à proximité d'un oued. Al-Rawda est entourée d'installations hydrologiques destinées à capter les eaux de ruissellement pour mettre en œuvre l'irrigation nécessaire. Le site lui-même est un tell presque circulaire d'une hauteur maximale de 2 mètres. La superficie à l'intérieur des remparts circulaires est de 11 hectares, et un total de 15 à en comprenant les remparts, avec en plus une ville extérieure de 4 hectares. La partie sud-ouest du site est occupée par des habitations modernes.
Historique de l'occupation Le site d'Al-Rawda est occupé pendant une période relativement courte, entre la fin du et le début du millénaire avant J.-C., coïncidant approximativement avec la période du Bronze ancien IV. La ville est fondée entre 2560 et mais elle est finalement abandonnée vers Olivier Barge, Corinne Castel et Jacques Élie Brochier, Human Impact on the Landscape around al-Rawda (Syria) during the Early Bronze IV: Evidence for Exploitation, Occupation and Appropriation of the Land, in Settlement Dynamics and Human–Landscape Interaction in the Dry Steppes of Syria, par Daniele Morandi Bonacossi (dir.), Studia Chaburensia 4, Wiesbaden, Harrassowitz, 2014, .. Le relevé magnétométrique révèle le plan de rues circulaires, avec les autres rues rayonnant depuis le centre du site. On retrouve des similitudes entre le temple et ce plan de rues en cercle à Tell Chuera, situé dans un environnement similaire au nord-est d'Al-Rawda. Au moins trois temples sont identifiés, dont un a été fouillé. Le plus grand temple fouillé possédait une entrée avec un porche à colonnes, une cella carrée et donnait sur un espace de 50 mètres, l'enceinte sacrée, s'étendant vers l'extérieur. Parmi les offrandes découvertes dans ce temple figuraient de l'albâtre venant d'Égypte, du lapis-lazuli d'Afghanistan et l'agate venant de l'Inde. La ville était défendue par un double rempart de briques en terre crue reposant sur des fondations en pierre, et par deux fossés. On y accédait par cinq portes.
Le site urbain indique qu'il faisait partie de plusieurs réseaux commerciaux d'envergure, à différentes échelles. Al-Rawda servait probablement d'étape aux caravanes traversant le plateau entre la vallée de l'Euphrate et la région de Qatna. Le site constituait aussi un centre religieux pour la région, avec un vaste sanctuaire dédié probablement au dieu protecteur de la ville. Il joua un rôle majeur dans le développement du pastoralisme extensif et de la production de laine à la fin du millénaire avant J.-C. .
La nécropole La nécropole est située à proximité du site, mais en dehors de la zone cultivée ou servant à l'élevage. Parmi les découvertes, 54 sont des tombes à puits – destinées à des inhumations multiples et creusées dans la croûte calcaire du plateau –, 25 sont des tombes à coffre simple et 17 sont des tombes circulaires.
Voir aussi Période des dynasties archaïques Préhistoire du Levant Cités de l'ancien Proche-Orient Liste de sites archéologiques par pays Désert de Syrie Âge du bronze
Notes et références
Bibliographie
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Liens externes
Mission archéologique franco-syrienne de Tell Al-Rawda
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