vignette|Le modem acoustique fut utilisé par les pionniers du

Le ou piratage téléphonique est un terme décrivant l'activité de personnes étudiant, testant, ou exploitant de manière frauduleuse les systèmes téléphoniques.

Étymologie

Le mot anglais est obtenu par la contraction de , pour téléphone, et , signifiant un marginal, ou personne appartenant à une contre-culture. Le pirate téléphonique est appelé un ou pirate du téléphone.

Dans certains cas, le peut utiliser le réseau téléphonique d'une manière non prévue par l'opérateur afin d'accéder à des fonctions spéciales, principalement afin de ne pas payer la communication et/ou de rester anonyme. Cette activité peut être illégale dans certains pays. Toutefois, les premiers phreakers, et un certain nombre de phreakers actuels, sont des passionnés cherchant juste à effectuer une prouesse technique sans mauvaises intentions, à la manière des premiers hackers.

Origine

Le est né aux États-Unis dans les années 1960. Un des mythes fondateur du est l'histoire de John Draper, alias Captain Crunch. Ce de renommée internationale avait utilisé un sifflet trouvé dans une boîte de céréales pour accéder à des fonctions spéciales de la centrale téléphonique. En effet, le son émis par ce sifflet avait une fréquence de , la même fréquence que le signal utilisé pour piloter le central téléphonique.

Actuellement, avec l'arrivée du numérique dans les systèmes téléphoniques (VoIP, DECT), les procédés utilisés sont beaucoup moins rocambolesques et demandent de sérieuses compétences en informatique.

En matière de publication légale sur le sujet, aux États-Unis, on trouve en librairie le magazine 2600 créé en 1984 par un portant le nom d'Eric Gordon Corley (alias Emmanuel Goldstein).

En France vignette|Beigebox Au début des années 1970, des chercheurs de l'IRIA (devenu depuis INRIA) avaient remarqué qu'en déclenchant du doigt un très bref raccrochage pendant quelques centièmes de seconde, le standard l'interprétait comme un 1 sans passer par le testeur de numéros. Cela permettait ainsi aux employés n'ayant pas l'accès au téléphone international (à l'époque, préfixe 19) de le composer tout de même.

Les télécartes furent l'objet d'actes de piratage pendant les années 1990 notamment pour une communication gratuite entre le et des BBS pirates distants via un coupleur acoustique. Mais depuis, France Télécom a mis en circulation un nouveau type de télécarte, la T2G, avec un nouveau système de chiffrement.

Le système de chiffrement de ces nouvelles T2G n'a été cassé (ou alors, la chose n'a pas été rendue publique) mais un phreaker prénommé John a trouvé un système ingénieux pour contourner cette protection et ainsi téléphoner gratuitement. En effet, il suffit d'utiliser une vraie T2G pour lui faire effectuer les authentifications puis d'utiliser un émulateur de T2G une fois la communication établie pour que la cabine ponctionne les unités sur une télécarte qui en fait n'existe pas. Cet émulateur porte le nom de Joséphina.

À la fin des années 2010, le en France n'a plus beaucoup d'adeptes. C'est en effet une discipline dangereuse, et les gens préfèrent s'intéresser au , beaucoup plus médiatisé. De plus, la généralisation de connexions Internet à haut-débit et la baisse des tarifs téléphoniques ont limité son intérêt même s'il reste encore techniquement possible dans quelques cas.

A l'heure actuelle (2020), en France, les techniques de piratage téléphonique filaire sont globalement totalement obsolètes (à cause des liaisons téléphonique via ADSL ou fibre optique (FTTH) et l'usage de téléphones sans fil numériques) ; les phreakers français n'explorent (espionnent) presque exclusivement que les très nombreux réseaux radioélectriques, terrestres et spatiaux (voir anecdote), en utilisant principalement des moyens techniques SDR (Software Defined Radio).

On peut donc désormais parler de "phreak-ing radio" puisque la majorité des réseaux de télécommunications (et de fait téléphoniques) font usage d'ondes hertziennes dans leurs chaînes de transmission.

Les box

Généralement, on appelle les systèmes capables de pirater un système téléphonique des box précédés d'un nom de couleur. Il en existe des centaines parmi lesquelles les plus connues sont la blue box, la beige box ou encore la red box.

Nous avons vu précédemment que le son émis par le sifflet du était de , on peut considérer cela comme une .

La consistait simplement à utiliser les fréquences des opérateurs, qui transitaient par les mêmes circuits des anciens systèmes CCITT5.

, les pays occidentaux utilisent le système SS7, et la ne fonctionne plus avec ces systèmes modernes.

Il y a encore , le blue boxing était encore possible. En effet, on pouvait appeler des numéros verts internationaux en direction de pays étrangers fonctionnant encore avec ce système en CCITT5 (pays du sud généralement), et de là envoyer une fréquence adéquate, et ainsi rappeler un numéro international.

La beige box consiste à brancher sur une ligne téléphonique un autre téléphone équipé de pince crocodile. Cette technique, tout comme les autres d'ailleurs, est totalement illégale, et passible de fortes amendes et peines de prison. Il était même possible de gagner de l'argent ou des cadeaux grâce à une technique similaire. Il fallait appeler un serveur Minitel, rester connecté le plus longtemps possible, et ensuite se faire envoyer des lots.

Cette arnaque est désormais caduque puisqu'il n'existe plus de serveurs Minitel qui proposent des lots de fidélité.

Le Black box : écouter une conversation téléphonique, ou alors ne pas faire payer celui qui appelle grâce à un montage (possible en France, mais un robot nommé SIRIUS« Piratage téléphonique : le phreaking », www.protegez-vos-donnees.fr. de France Télécom repère cette box, et les utilisateurs se faisant repérer risquent de lourdes peines).

Prévenir les attaques Les entreprises, privées comme publiques, sont nombreuses à être victimes de phreaking. Plusieurs mesures peuvent être prises pour limiter les attaques :

utiliser, dans la mesure du possible, des mots de passe sur les appareils téléphoniques ; mettre en place un accès sécurisé aux plateformes internet ; crypter les informations ; vérifier régulièrement les factures téléphoniques ; analyser le trafic.

Les smartphones étant de plus en plus présents au sein des entreprises, les attaques de phreaking se développent elles aussi à grande vitesse.

Anecdote

Notes et références

Voir aussi

Phreakers célèbres Josef Carl Engressia, Jr. () Captain Crunch (John Draper) Mark Bernay

Filmographie Des exemples plus ou moins crédibles de existent dans des films :

Cybertr@que

Articles connexes PABX Sécurité des systèmes téléphoniques Composeur (logiciel) Cryptel Noway Piratage informatique Hacker Cracker (déplombeur de logiciels) Phrack Madchat.org 2600 Sémaphore de signalisation n° 5

Liens externes Secrets of the Little Blue Box, dans Esquire Magazine. Jobs and Woz, partners in crime, . http://www.inmarsatdecoder.com/ Inmarsat C décodeur http://homepages.ihug.co.nz/~Sbarnes/pocsag/software.html POCSAG décodeur https://www.schneier.com/blog/archives/2010/04/cryptanalysis_o_2.html Cryptanalyse DECT http://www.backtrack-linux.org/wiki/index.php/DECT_Sniffing_Dedected DECT décodeur https://uhf-satcom.com/ Fréquences des satellites militaires

*