Victoire Jean-Baptiste, née en et décédée le , est une Haïtienne influente sur le plan politique. Surnommée «La Belle Victoire», elle est connue comme la maîtresse du président Florvil Hyppolite, ayant exercé une grande influence durant le mandat de celui-ci. Avant cette relation, elle est la maîtresse de Tirésias Simon Sam, qui succède plus tard à Hyppolite et lui accorde l'immunité après la mort de ce dernier. Biographie

Origine et jeunesse Victoire Jean-Baptiste est une pauvre illettrée originaire de la campagne près de Cap-Haïtien. Elle naît en dans le village de Milot, situé au pied du palais Sans-Souci. Issue d'un milieu modeste, elle s'installe au Cap-Haïtien vers l'âge de 16 ou 17 ans. Sa beauté et son charisme attirent rapidement l'attention de l'élite locale, notamment celle du poète Oswald Durand avec qui elle entretient une liaison éphémère.

Ascension politique En , Victoire Jean-Baptiste est temporairement la maîtresse de Tirésias Simon Sam. Par la suite, elle devient servante chez Géline Hyppolite, épouse de Florvil Hyppolite et l'amante de Chéry Hyppolite, fils du général Florvil Hyppolite. Après le décès prématuré de Chéry en 1893, son père, alors président d'Haïti, veuf depuis plusieurs années, prend la jeune femme sous sa protection et l'installe au palais présidentiel de Port-au-Prince pour gérer l'intendance.

Devenue ainsi la maitresse du président, elle exerce ouvertement les fonctions de première dame d'Haïti lors des cérémonies officielles avec une influence considérable sur les affaires de l'État. Le président exige que sa volonté en matière politique soit respectée. Elle joue un rôle prépondérant dans la nomination des fonctionnaires et reçoit régulièrement d'importantes sommes d'argent de l'État pour ses projets privés, comme une plantation de canne à sucre. En 1894, elle favorise la nomination de son ex-amant Tirésias Simon Sam au poste de ministre de la Guerre.

Victoire Jean-Baptiste partage avec le président Hyppolite la pratique du vaudou haïtien et leur origine commune dans le nord d'Haïti. Durant la présidence d'Hyppolite, elle acquiert deux propriétés dans le nord: Bayeux et Pétro, ainsi que quelques maisons au Cap-Haïtien.

Refuge diplomatique et décès Après la mort de Florvil Hippolyte le , sa sécurité est menacée par l'instabilité politique. Elle se réfugie brièvement à l'ambassade de France avant de retourner s'installer au Cap-Haïtien sous la protection du nouveau président Tirésias Simon Sam. Elle y vit avec l'homme d'affaires Edward Jérôme, originaire de Martinique grâce à sa fortune. Elle décède le à l'âge de 62 ans munie des sacrements de l'Eglise. Elle reste longtemps dans l'histoire d'Haïti avec une très mauvaise réputation. Son influence sur la société haïtienne de l'époque est restée gravée dans la culture populaire, notamment à travers une célèbre méringue haïtienne qui porte son nom.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Marie-Madeleine Lachenais

Catégorie:Naissance en 1861 Catégorie:Vaudou haïtien Catégorie:Maîtresse royale du XIXe siècle