Auguste Engelspach-Larivière, né le à Bruxelles et décédé dans la même ville le , est un géologue et écrivain français, néerlandais puis belge au fur et à mesure de l'histoire de la Belgique.

Il est considéré comme l'un des pères de la géologie dans le Luxembourg.

Biographie Origines et vie privée Auguste Engelspach nait le à Bruxelles, chef-lieu de ce qui est alors le département de la Dyle dans la première République française. Son père, François Michel Engelspach (1757-1818), est un dramaturge alsacien originaire de Strasbourg arrivé à Bruxelles en 1773, où il est comédien et artiste lyrique au théâtre royal de La Monnaie. « Larivière » est son nom de scène, qu'il rajoute à son nom de famille. Sa mère Marie Ursule Bouly (1764-1818), est bruxelloise et tous deux se marient le à Bruxelles. Le couple a quatre enfants : Ferdinand (1786), Anne (1788-1801), Antoine (1793-1822) et Auguste.

À vingt ans, Auguste est admis à l’École des mines de Paris puis voyage à travers l’Europe du nord, la Scandinavie et la Russie, avec pour objectif de « s’avancer dans l’étude de la minéralogie et de la géologie ». À son retour, il se marie à Paris en 1823 avec Marie Josèphe Monnoye dite « Adèle », avec laquelle il a deux enfants: Théodore-Léon (1826-1864) et Emilia (1829) et une maison au numéro 28 de la rue de la Fiancée au recensement de 1829.

Carrière scientifique Après ses études, August Engelspach entame un long périple, mené le plus souvent à pieds, à travers le nord de l'Allemagne, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Russie, la Prusse, la Hollande, la France, la Suisse et l'Angleterre. Il recueille un nombre considérable de notes géognostiques et dessine de nombreux paysages. Lors de son séjour à Saint-Pétersbourg, capitale de l'empire russe, il se retrouve mêlé à des les luttes politiques. Pour assurer sa subsistance, il vit de petits travaux, comme dessinateur ou garçon de café.

À son retour dans ce qui est devenu le Royaume uni des Pays-Bas, le gouvernement souhaite l'envoyer à Bahia mais auguste préfère se diriger vers l'enseignement. Sa place au musée des sciences et des lettres de Bruxelles lui échappe de peu lorsque l'institution passe des mains du gouvernement dans celles de la régence de la ville, qui supprime le poste. Il devient professeur de géologie à l'école de commerce de Bruxelles et membre de diverses institutions comme la commission de statistique du Brabant méridional, de l'académie royale des sciences de Turin, de Naples, de Metz, de la Société géologique de France, de la Société grand-ducale de minéralogie d'Iéna, ou encore du lycée d'histoire naturelle de New-York.

Lors de ses travaux, il se consacre particulièrement à la géologie du Grand-Duché de Luxembourg en réponse à une question proposée par l'Académie de Bruxelles. Son ouvrage Description géognostique du grand-duché de Luxembourg lui vaut la médaille d'argent au concours académique de 1829 ainsi qu'une lettre de félicitations d'Alexander von Humboldt, reconnaissant ainsi son travail et ses qualités scientifiques.

Rôle dans la révolution belge Début des troubles vignette|gauche|Uniforme de la garde bourgeoise de Bruxelles.

Après la nuit d'émeutes du , Auguste Engelspach-Larivière décide de rejoindre la garde bourgeoise de Bruxelles, formée pour tenter de maintenir l'ordre public dans la ville. Il fait partie du premier détachement de bourgeois armés, commandés par Opdenberg et Brugmann, qui sort le 26 août à de la caserne des Annonciades, et qui patrouille en ville jusqu'à tomber sur un rassemblement devant l'ancien palais de justice de Bruxelles. Les révolutionnaires se dirigent vers la rue Montagne de la Cour et les bourgeois décident de les encadrer pour prévenir tout débordement. Cependant, le groupe est arrêté à hauteur de la rue du Musée par un détachement de grenadiers du Garderegiment Grenadiers en Jagers, le corps d'élite des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, en garnison à Bruxelles, qui menace de faire feu. Agitant un mouchoir blanc et accompagné du colonel Borremans, Auguste Engelspach se rend auprès de l'officier commandant le détachement, l'adjudant-major Van Swieten, afin de parlementer. S'y trouve également le commandant militaire de Bruxelles, le général Guillaume Théodore Wauthier, qui accepte que les bourgeois secondent ses troupes en accompagnant le peuple armé afin d'éviter les débordements et protéger les bâtiments des pillages et des attaques. Engelspach parvient au délicat équilibre de laisser la troupe qui grossit à chaque coin de rue, poursuivre sa marche vers la place Royale sans que l'armée n'intervienne, évitant un bain de sang et des dévastations dans la ville. Après l'arrivée d'un seconde détachement de la garde bourgeoise, commandé par Sylvain Van de Weyer, les soldats se retirent contre la promesse des bourgeois de protéger le palais de l'industrie.

Début septembre, le commandant de la garde bourgeoise, Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst nomme Engelspach à la tête de la section. Après l'accrochage entre les troupes royales et les hommes d'Auguste van der Meere à Tervuren, la garde du pavillon du prince héritier lui est confiée avec hommes. Là, il déjoue un complot visant à piller puis incendier l'édifice. À la mi-septembre, il rejoint le club de la Réunion centrale composés des révolutionnaires les plus radicaux. À la veille du déclenchement des Journées de Septembre, de nombreux meneurs patriotes belges ont fui Bruxelles. Le mercredi , Charles Plétinckx, commandant en second de la garde bourgeoise, qui venait d'être dissoute, convoque ses anciens chefs de section à l'hôtel de ville de Bruxelles vers . Seuls trois d'entre-eux répondent à l'appel : Michiels, de la section, Vander Stegen de Putte, de la section, et Engelspach-Larivière pour la . Accompagnés des quelques rares dirigeants des patriotes encore présents, ils décident de l'envoi d'une députation au prince Frédéric d'Orange-Nassau, le second fils du roi, nommé commandant du détachement de l'armée en campagne. Les deux émissaires, Édouard Ducpétiaux et monsieur Éverard sont fait prisonniers et emmenés à la citadelle d'Anvers où ils sont condamnés à mort, ne laissant rien augurer de bon quant au sort des meneurs belges en cas de victoire des troupes royales.

Quatre Jours de Bruxelles vignette|L'un des nombreux « bons » signé de la main d'Engelspach durant les Quatre Jours de Bruxelles.

L'attaque des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas se produit finalement le lendemain, jeudi , simultanément à Bruxelles et à Louvain. Ce jour-là, Engelspach participe à la mise en place d'une « commission d'ordre public » qui a pour rôle initial de traiter avec les autorités militaires et d'entamer des négociations. Cependant, contre toute attente, le peuple bruxellois et les quelques défenseurs de la ville résistent et remportent plusieurs victoires stratégiques, piégeant les troupes dans le parc de Bruxelles alors qu'elles sont totalement défaites devant Louvain. Face à cette résistance inattendue et aux victoires des volontaires belges, les meneurs qui avaient fui la capitale reviennent, Charles Rogier en tête, et se réunissent pour se concerter quant à la suite à donner aux évènements. Engelspach est de toutes les réunions à l'hôtel de ville de Bruxelles, quartier général des patriotes, et y assure le rôle de secrétaire, envoyant les convocations tout en pressant les notables d'organiser une autorité belge.

Ceux-ci se décident à former une Commission administrative dès le , qui devient l'antichambre du gouvernement provisoire de Belgique, mis sur pied dès le lendemain. Auguste Engelspach-Larivière en est nommé « agent général » et obtient les pleins pouvoirs en étant chargé de l'organisation de la logistique, de la signature des bons de commande, de la comptabilité des dons, de la gestion de la salubrité publique etc. C'est lui qui assure notamment la gestion des florins néerlandais octroyé par la banque subvenir aux besoins logistiques et utilisés poru acheter des armes et des munitions, payer les travaux des ouvriers ou les frais de route des émissaires envoyés chercher du renfort dans les provicnes. Concernant les communications, il donne l'ordre au directeur des postes de suspendre toute distribution de lettres ou de dépêches, et de ne laisser partir aucun courrier, aucun cheval, sans une autorisation expresse. Il s'inquiète également des réserves de vivres de la ville et envoie la circulaire suivante aux marchands de gains et aux boulangers :

vignette|Contre-signature d'Engelspach sous un ordre du commandant en chef des volontaires belges, Juan Van Halen. Après réceptions des retours, il calcule et conclut que Bruxelles est approvisionnée en farine pour dix jours. Il se charge également de l'inventaire de poudre et de munitions et, à dix heures du soir, il fait faire l'état des des lieux dans les quatre dépôts de la ville, constatant qu'il ne reste plus que cartouches. Il donne alors l'ordre de ne plus en distribuer sans un bon signé de sa main et fait partir immédiatement sept émissaires dans différentes directions afin de ramener de la poudre et des munitions à la capitale. Le , en attendant les renforts, il met sur pied des ateliers de fabrication en ville, aidé par monsieur Maréchal, ancien employé des poudres et salpêtre sous le gouvernement français. Ce jour-là, il s'oppose également à ses collègues de la commission administrative qui veulent faire afficher une proclamation annonçant leur intention de négocier avec le prince Frédéric. Celle-ci étant déjà composée, Engelspach envoie deux officiers faire briser les formes chez l'imprimeur et interpelle Charles Rogier en lui demandant si son intention était de les faire tous massacrer à l'hôtel de ville, car ce serait là, selon lui, le résultat que ferait au peuple une telle proclamation. Pour assurer la sécurité des membres du gouvernement provisoire alors que Bruxelles est assiégée et livrée à elle-même, Engelspach organise un corps d'une vingtaine d'hommes, dédié spécifiquement à cette cause. L'agent-général s'occupe également des mesures se salubrité et ordonnant par exemple aux employés de l'hôpital Saint-Jean d'inhumer les soixante cadavres en état de putréfaction les plus avancés afin de prévenir les risques d'épidémie. Après les terribles incendies de cette journée, il réorganise le corps des sapeurs-pompiers de Bruxelles, dont un grand nombre ont pris les armes et sont blessés, comme leur chef, le major Gillot, qui ne peut plus assurer le commandement le temps de sa convalescence.

Dans la nuit du au , il parvient à dissiper avec l'aide de monsieur Corouble, commandant de la Grande Garde, un rassemblement qui se forme devant la prison de l'Amigo avec pour but de mettre à mort les prisonniers les officiers de l'armée qui y sont écroués. Pendant ce temps, les troupes évacuent le parc de Bruxelles, offrant la victoire aux volontaires belges. Le peuple entend alors se venger des excès commis par l'armée et menace de piller ou d'incendier plusieurs hôtels particuliers, dont celui de l'ambassade d'Autriche, la maison du consul de Suisse et l'ambassade d'Angleterre. Dans l'urgence, l'agent général prend les mesures nécessaires au rétablissement de l'ordre public, mais ne peut empêcher l'incendie de la demeure de Ferdinand de Meeûs. Il ordonne ensuite de faire évacuer les cadavres d'hommes et de chevaux qui gisent encore dans et aux alentours du parc afin de les inhumer au grand cimetière de la ville, situé hors de la porte de Louvain.

Lorsque Louis de Potter fait son entrée à Bruxelles le , c'est Auguste Engelspach qui l'emmène au balcon de l'hôtel de ville, pour qu'il y pronocne son discours et y soit acclamé. Dans ses notes personnelles, l'agent-général prétend qu'aucun des membres du gouvernement provisoire n'avait voulu se charger de cette mission et que l'un d'eux lui dit : .